Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 23:30

 

 

Le Point
Le numéro 2082 du Point, en date du 9 août 2012, consacre un reportage de trois pages à la puberté précoce.



Munch, puberté, Nal Gal, Oslo (2)

Chez les filles la puberté commence normalement à dix ans et demi. Si elle démarre entre huit et dix ans, les médecins parlent de puberté avancée. Si elle commence avant huit ans on parle de puberté précoce*. Pour les garçons, l’âge moyen de la puberté est légèrement plus tardif et les termes de puberté avancée et de puberté précoce sont retardés d’autant. La puberté précoce toucherait six fois plus de filles que de garçons (une question de genre, certainement !)




Velazquez, Les menines, Prado (2)

Les pubertés avancées, et surtout précoces, induisent des perturbations, qui peuvent être graves, tant sur la psychologie des sujets concernés, que sur leurs relations dans ou hors de la famille, et sur leur état et leur santé futurs (petite taille à l’âge adulte, susceptibilité à certaines maladies). La puberté avancée ou précoce peut être traitée par voie hormonale.




Hopital Necker Laennec (2)Un endocrinologue de Montpellier estime qu’en quinze ans le nombre de cas de pubertés précoces a augmenté de 100 %.

À l’hôpital Necker, le nombre de cas enregistrés aurait augmenté de 75 % en seulement cinq ans !

Ces chiffres ne sont pas forcément contradictoires mais, à supposer qu'ils soient statistiquement représentatifs, reflètent une accélération étonnante du phénomène. Ils ne conduisent pourtant pas le  journaliste à se questionner, qui ne fait que les rapporter et n’effectue aucune tentative, même timide, de rapprochement.


Il nous dit qu’en 2006, une étude danoise démontrait que le nombre de pubertés précoces semble littéralement exploser dans tous les pays développés.


Raffaello Sanzio L'école d'Athènes (1)
Démontrer qu’il semble que quelque chose arrive
, relève d’une rhétorique formidable ! Ou bien une chose est démontrée et alors il ne semble pas qu’elle arrive, elle arrive. Ou bien, s’il semble seulement qu’elle arrive, c’est qu’il n’est pas démontré qu’elle arrive.





Médecin contre la peste
Dans sa conclusion, revenant à plus de raison, l’article dit qu’alors que l'alarme a été sonnée en Scandinavie, les pouvoirs publics français, malgré les appels de nombreux médecins, font comme si le problème n'existait pas et qu’au minimum, on serait en droit d'attendre une enquête de l'Institut de veille sanitaire pour déterminer si épidémie il y a.

En fin de compte, le lecteur est légitimement en droit de se poser la question de savoir si cette épidémie est bien réelle.



Or, à la page précédente, qu’a-t-il pu lire, en intertitre, en caractères gras, bien mis en évidence entre deux colonnes ? 

"En cause, les perturbateurs endocriniens,
phthalates(**), pesticides, phénols
et autres horreurs chimiques
qui saturent notre environnement."

DDT (2)

Conclusion du lecteur qui a pris le temps de se livrer à une critique interne de l’article : 

Les horreurs chimiques qui saturent notre environnement

sont la cause certaine

d’une épidémie incertaine ! 

 

Ma conclusion personnelle.

mediaUn journal qui a plutôt moins tendance que ses concurrents à se livrer au marketing du sensationnel et de la peur, s’y livre néanmoins.



Raffaello Sanzio L'école d'Athènes (8)
Il faut donc toujours prendre, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, un article journalistique avec des pincettes et, plus qu'en toute autre occasion, exercer sa vigilance et son esprit critique. Sur les sujets où l’on n’a pas les informations ou la culture qui permettent de les exercer, il nous faut suspendre notre jugement.




Au-delà de cette conclusion générale sur l’utilité de procéder à une critique interne des textes, j’ajouterai deux considérations particulières.

DSC09763 (2) - Copie

Le principal perturbateur endocrinien de notre environnement, c’est la pilule contraceptive ! Outre le fait qu’elle est susceptible d’affecter les femmes à qui elle est prescrite, ses résidus se retrouvent dans les eaux usées, ne sont pas éliminés dans les stations d’épuration et sont susceptibles d’avoir des effets sur les populations. Chut ! Tabou !



Zurbaran
L’effet éventuel de la multiplication des traitements hormonaux dans le cadre de la procréation médicalement assistée, en pleine expansion, est évacué par l’article du Point d’un coup de cuiller à pot qui a plus à voir avec le micro-trottoir qu’avec une enquête journalistique rigoureuse.


________________


DSCF3294 (2)

*  Dans cette affaire l’âge d’apparition des règles n’est pas en cause mais seulement l’apparition précoce de caractères sexuels secondaires.



** Faute d’orthographe dans le texte original.


NB L'article est en ligne ici. La présentation et les insertions graphiques sont différentes de ce qu'elles sont dans la version papier. En particulier la mise en cause de la pollution chimique apparaît sous forme interrogative, au début de l'article, en première page dans la version papier, et la réponse affirmative à cette question, mise en évidence en deuxième page de la version papier, ne figure pas en intertitre gras dans la version en ligne mais est seulement rapportée dans le corps de l'article comme une opinion de l'endocrinologue de Montpellier, opinion qui est, selon lui, "sans aucun doute".
 

 


Repost 0
8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 22:50

 

ministre

Il y a juste une semaine, le 1er juin, le ministre de l’agriculture a annoncé son intention d’interdire à brève échéance le Cruiser, insecticide utilisé pour la protection du colza.



Qu’est-ce que le colza ?

292 Chemin du Moulin, la fleur de colza

C’est une plante oléo-protéagineuse. Elle est cultivée en vue de produire de l’huile utilisée dans alimentation humaine ou dans l’industrie.




colza-grains2.jpg
Par l'opération par laquelle on en tire de l'huile, on obtient également un tourteau riche en protéines, utilisé dans l’alimentation animale.





colzas--2-.jpg
C’est une plante bien adaptée aux climats tempérés de beaucoup de régions européennes, contrairement au soja, autre oléo-protéagineux, qui demande un climat plus chaud et humide.



Fleur-de-Colza.jpg

L’huile de colza avait fait parler d’elle il y a quelques années, accusée, à tort ou à raison, d’être nocive pour le cœur parce qu’elle contenait trop d’acide érucique.





45 Colza
Très vite les sélectionneurs ont réussi à créer dès variétés à faible teneur en cet acide, variétés dites zéro-érucique. Plus tard ils ont réussi à créer des variétés dont les tourteaux sont exempts d’agents antinutritionnels (glucosinolates) qui posaient des problèmes en alimentation animale. On parle donc de variétés double-zéro.



Qu’est-ce que le Cruiser ?

grosse altiseLe Cruiser est une préparation insecticide et fongicide, produite par la firme suisse Syngenta, qui, utilisée en enrobage des semences, protège le colza dans les premiers stades de sa vie végétative contre les attaques de certains ravageurs, tels que pucerons, tenthrèdes, petites altises, grosses altises adultes et contre le mildiou et la fonte du colza.



Colza-fleur3.jpg

Le principe actif insecticide du Cruiser est le thiaméthoxam. C’est un insecticide dit systémique, autrement dit qui pénètre les tissus de la plante ce qui rend sa protection persistante. Lorsque le colza arrive au stade le la floraison il y a un peu de thiaméthoxam dans le nectar des fleurs.






abeille butinant

Le thiaméthoxam est toxique pour les abeilles ; cela est écrit en toutes lettres dans la notice technique du Cruiser éditée par Syngenta.

Néanmoins le Cruiser a été homologué, car les essais préalables à son homologation ont montré qu’à la faible dose présente dans le nectar du colza on ne constatait pas de mortalité induite, autrement dit d’effet létal, chez les abeilles.




CaptureINRA.JPGDes essais conduits récemment par l’INRA ont montré que, nourries avec un sirop sucré contenant du thiaméthoxam en concentration inférieure aux doses létales, les abeilles transportées à distance de leur ruche avaient du mal à en retrouver le chemin.


Fort légitimement, les pouvoirs publics ont sollicité l’agence officielle habilitée à leur donner un avis, l’Anses, afin de savoir si cette étude remettait en cause l’homologation du Cruiser.


Que dit l’avis de l’Anses ?

anses1.JPG

L'avis de l’Anses est très argumenté (15 pages). Il est élogieux sur certains aspects novateurs de l’expérience conduite par l’Inra, notamment l’utilisation de puces RFID miniaturisées pour évaluer le nombre d’abeilles revenues à la ruche.



X-2.JPG
Il est critique sur les tests statistiques utilisés pour évaluer la significativité des écarts observés entre les lots d’abeilles exposées au thiaméthoxam et les lots témoins. Les tests utilisés ne sont pas les bons. Le nombre d’écarts significatifs diminue si l’on utilise les bons tests.




ruches4.jpg
Le modèle utilisé pour évaluer les conséquences démographiques sur la colonie des non retours d’abeilles est simpliste, purement théorique, n’est pas vérifié empiriquement et son utilisation dans le cas d’espèce n’est pas validée.





abeilleCependant la principale critique que l’on trouve résumée dans la conclusion de l’avis de l’Anses est la suivante : l’exposition des abeilles au thiaméthoxam dans la réalité au champ est inférieure à la dose à laquelle elles ont été exposées dans cette expérimentation, bien qu’une exposition à des doses de ce niveau ne puisse être totalement exclue dans des circonstances exceptionnelles.



En outre on n’a constaté aucune conséquence démographique négative sur les colonies d’abeilles que ce soit dans les essais préalables à l’homologation du Cruiser ou depuis son utilisation commerciale, et ce malgré la mise en place de dispositifs d’observation.

289 Chemin du Moulin, les colzasL’Anses propose donc de poursuivre les expérimentations sur la base de la technologie RFID en faisant varier les niveaux d’exposition pour se rapprocher davantage des doses auxquelles les abeilles sont communément exposées, et en approfondissant les conséquences des effets observés sur la dynamique de la colonie d’abeilles.


OSR.JPG

L’Anses ne propose en rien de revenir dans l’immédiat sur l’homologation du Cruiser.



Que dit le ministre ?

Ministre1Alors que l’Anses émet les plus grands doutes sur les effets du Cruiser sur les abeilles en situation réelle, qu’il convient de distinguer de la situation expérimentale, le ministre déclare : L’avis de l’Anses confirme l’effet néfaste observé d’une dose sublétale du produit concerné sur le retour à la ruche des abeilles butineuses.



Ministre (3)

Le ministre joue sur les mots. Dans l’expérimentation de l’Inra la dose à laquelle les abeilles ont été exposées est bien sublétale, mais ce n’est pas la dose à laquelle elle sont exposées en situation réelle.



Le ministre se propose donc, après le délai légal de quinze jours accordé au fabricant pour répondre, d’interdire le Cruiser.

Chacun jugera.


Mon jugement personnel

diable (4)Les pesticides ont été diabolisés par la vulgate écologiste, diabolisation assez massivement adoptée par l’opinion.

Lorsqu’on est ministre d’un gouvernement issu d’une alliance entre un parti se prétendant encore progressiste et EELV, mouvement rétrograde et réactionnaire, trahissant ainsi les idéaux de progrès dont il se réclame, alors Vox populi, vox dei. J’appelle ça de la démagogie. Et ce n’est pas comme cela qu’on opérera le moindre redressement productif.
                      Ministre de l'agriculture terrassant le diable



Pour en savoir plus


Avis de l'Anses

Déclaration du minsitre de l'agriculture (communiqué)


Lire aussi

Pesticides et contaminants chimiques

Repost 0
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 23:30

 

bacchus2
Certains accusent la consommation de viande d’être responsable du développement de l’obésité dans les populations. Dans l’article  Viande et obésité, encore un mythe on a vu ce qu’il en est en réalité.




Munch,le cri2

Les adversaires de la consommation de viande cherchent aussi à nous angoisser en la prétendant responsable de cancers mais en oubliant de nous parler de ses vertus nutritionnelles.



Qu’en est-il ?


Cancer


Sur une vingtaine d’études de cohorte, une sur cinq seulement met en lumière un lien entre risque accru de cancer colorectal et consommation élevée de viande rouge et de charcuterie. Quatre études sur cinq ne démontrent aucun lien.


tourteaux5En s’appuyant sur deux grandes méta-analyses (analyses raisonnées de nombreuses études épidémiologiques) , le World cancer research fund (WCRF) admet la probabilité d’un  risque accru de cancer de 30 % pour le quart des gens qui consomment le plus de viande rouge et de charcuterie et recommande, par précaution, de limiter la consommation de viande rouge à 70 g par jour.


obésité1

Selon plusieurs enquêtes de consommation, seuls 20 % des français consomment plus de 70 g de viande rouge par jour. Ces 20 % de Français consomment un total de 200 g de viande rouge et de charcuterie par jour, mais une autre étude, sanitaire, montre que ce sont les mêmes qui consomment un régime une fois et demi plus riche en calories et font moins d’exercice physique. La mortalité par cancer et par accident cardiovasculaire y est plus élevée.



legumes-12-.jpgComme l’expérimentation sur des humains n’est pas pensable et qu’il est impossible d’éliminer dans les enquêtes les facteurs de confusion, il est difficile d’attribuer spécifiquement à l’un de ces facteurs la cause de la surmortalité. En outre la consommation de fruits et légumes est facteur de diminution du risque de cancer colorectal. Il n’est donc pas du tout évident que ce soient les facteurs nutritionnels présents dans la viande qui soient nocifs, cela pourrait bien être les autres facteurs associés, parmi lesquels peut figurer une sous-consommation de fruits et légumes.



Valeur nutritionnelle


Les besoins journaliers d’un adulte en protéines sont de 60 g.


cosse2
100 g de viande contiennent 25 g de protéines. Les aliments végétaux les plus riches en protéines, les pois, les haricots et les lentilles, seulement, 9 g pour 100 g, les céréales 7,8 g.




Steak
Sont présents dans la viande la plupart des acides aminés qui sont dits essentiels parce que l’organisme humain ne peut les synthétiser. Les protéines de la viande présentent un équilibre en acides aminés proche des besoins de l’homme.




Sang globules rouges-Les viandes sont riches en fer héminique, la forme présente dans les globules rouges et la myoglobine, c'est-à-dire la forme de fer la plus assimilable. Le fer contenu dans les végétaux n’est assimilé qu’en de faibles proportions. C’est ainsi qu’il y a cent fois moins de fer assimilables (0,06 mg) dans 100 g de lentilles cuites (aliment végétal le plus riche en fer) que dans 100 g de boudin.



old-man3.jpg

Comme le fer, le zinc animal est bien plus absorbé que le zinc végétal. C’est un élément qui intervient dans une centaine d’enzymes. En particulier il intervient dans l’appétit, d’où le cercle vicieux lorsqu’une perte d’appétit apparaît, comme celle que l’on observe chez les personnes âgées : la perte d’appétit diminue la consommation de zinc qui accroit la perte d’appétit.




fromages--le-marche-de-Hania.jpg

Avec les fromages, les œufs et le poisson, la viande fait partie des aliments les plus riches en sélénium, qui joue un rôle dans la protection des cellules et la réparation de l’ADN.




cerveau coupe

La viande contribue de façon importante aux apports en vitamines B3, B6 et B12. Les viandes de ruminants (bœuf, mouton) sont particulièrement riches en vitamine B12 qui intervient dans la formation des cellules nerveuses et présente une activité anti-anémique car elle joue aussi un rôle dans la formation des globules rouges.



La teneur en lipides des viandes est très variable selon le morceau. Voir l'article Viande et obésité, encore un mythe.


Mangeons nous trop de viande ?


DSC08417

La recommandation du World cancer resaerch fund et de ne pas dépasser 500 g de viande rouge (bovins, ovins, porcins) cuite par semaine, soit 700 g de viande pesée crue (la différence est due à l’eau et aux déchets dans l’assiette).



DSC08404
45 % des Français consomment moins de 45 g de viande rouge (pesée crue) par jour, 20 % plus de 70 g, soit seulement 490 g par semaine.






DSC08432En France la consommation moyenne de produits carnés couvre 50 % des besoins en protéines, 30 % en fer, 20 % en sélénium, 70 % en vitamine B12 et seulement 10 % des besoins en énergie. Par ou l’on voit qu’un aliment faiblement énergétique, ce qui est recherché dans la lute contre le cancer, le diabète et les maladies cardio-vasculaires, est riche en d’autres éléments nutritionnels indispensables.


Continuons donc à manger de la viande sans excès et sans angoisse, c’est bon pour la santé ! Et cela préserve de carences difficiles à éviter avec un régime végétarien ou, a fortiori, végétalien.



Pour en savoir plus


la viande voit rouge
J’ai trouvé les données de cet article dans l’ouvrage La viande voit rouge, de Pascal Mainsant et René Laporte aux éditions Fayard. Je ne saurais trop en recommander la lecture. Les auteurs montrent en quoi les discours des tiers-mondistes, écologistes, philosophes, éthologues, défenseurs de la protection animale et du végétarisme qui forment le front anti-viande sont dangereux et infondés. Il est écrit pour le grand public dans un style alerte, avec juste ce qu’il faut de chiffres pour étayer le discours sans assommer le lecteur.





Lire aussi

Viande et obésité, encore un mythe

Repost 0
Published by Laurent Berthod - dans Progrès
commenter cet article
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:00

 

CapturerLe 29 avril 2010, soit précisément, à quelques jours près, il y a deux ans, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) remettait à la présidence du Sénat et à la présidence de l’Assemblée Nationale un rapport intitulé Pesticides et santé.


Ce rapport qui faisait le point sur les connaissances scientifiques sur les pesticides et la santé ne pouvait bien évidemment pas satisfaire les préjugés et les idées préconçues des écologistes.


Le Luxembourg
Depuis lors la majorité du Sénat est passée à gauche. Il a bien fallu donner quelques satisfactions aux dix sénateurs écologistes qui n’auraient pourtant jamais été élus à cette magistrature si le PS ne la leur avait offerte.




bonnefoy nicole - Copie
Aussi la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy a-t-elle eu l’idée de lancer une « mission commune d’information portant sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement ».


Bon, reconnaissons qu’aux relations entre la santé et les pesticides, déjà traitées par l’Opecst, cette mission a ajouté la problématique environnementale.

La mission, qui devrait durer six mois, procède à des auditions et des visites sur le terrain.

Axe environnement3La mission entend Monsieur Émeric Oudin. Monsieur Oudin est chef d’une entreprise spécialisée dans la fourniture d'équipements de protection individuelle pour l’épandage des pesticides. Ce chef d’entreprise déclare qu’à son étonnement, outre les agriculteurs, ses clients sont aussi des collectivités territoriales.


À ce sujet Monsieur Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, lui oppose « De moins en moins… » Ce à quoi le chef d’entreprise rétorque « ...sur le papier mais pas sur le terrain ! » Le sénateur ne peut supporter un tel blasphème de lèse-majesté et lui répond de façon péremptoire : « Sur le terrain aussi ! »


labbe joel

Le sénateur, plein de la suffisance de celui qui sait, enfin, de celui qui croit savoir, ne peut laisser passer de s’être fait moucher par un petit chef d’une petite entreprise. Aussi, un peu plus loin dans la discussion, avec beaucoup de morgue, celle des ignorants, entraine-t-il son interlocuteur sur un terrain qui n’est pas le sien :  « Je souhaite que l'on ait de moins en moins besoin de vos produits ! Vous avez parlé tout à l'heure de "mauvaises herbes" mais cela n'existe pas en matière de biodiversité ! »




Emeric-Oudin6.JPGLa biodiversité et la science des mauvaises herbes, la malherbologie (oui, oui, la malherbologie existe, il y a des chaires de malherbologie dans les écoles d'agronomie et des unités de malherbologie dans les instituts de recherche) ce n’est pas le rayon de Monsieur Oudin. Aussi, devant tant de science, se sent-il obligé de s’excuser : « J'aurais dû parler d'adventices, d'herbes concurrentes aux productions. »




En matière de biodiversité, les mauvaises herbes, ça n’existe pas ?

Il est certain qu’en biologie et en botanique, les mauvaises herbes, ça n’existe pas. La biodiversité, je ne sais pas ce que c’est, j’en attends toujours la définition scientifique.

Ce qui est également certain c’est que pour Monsieur Joël Labbé, assistant de laboratoire de sa profession avant d’avoir embrassé la carrière politique, la biodiversité est une notion qui s’oppose aux intérêts et au bien-être de l’humanité.



Bourdichon

Car la science de Monsieur Joël Labbé est peut-être grande, mais elle ne va pas jusqu’à savoir que l’agriculture, qui nourrit les hommes depuis environ dix mille ans, c’est la lutte quotidienne contre la biodiversité, du moins telle que l’entend ce petit Monsieur.




Pour la clarté de l'exposé, je distinguerai l’agriculture au champ et l’agriculture en tant que secteur d’activité économique.


L'agriculture au champ


DSC08063-Au champ, quel est l’objectif de l’agriculteur ? Faire pousser, sauf quelques cas agronomiquement justifiés, une seule plante, en obtenir le rendement optimal et pour cela combattre ses concurrents (mauvaises herbes) et ses ennemis (insectes ravageurs, champignons et moisissures, bactéries, virus).

Dans ce combat, les pesticides sont une arme indispensable, même si elle n’est pas la seule.

DSC02734--2--copie-1.jpgParmi les autres armes on peut compter des techniques anciennes, comme la rotation des cultures qui rompt, plus ou moins bien, le cycle de reproduction des parasites, la sélection variétale, dont les techniques efficientes sont relativement récentes (années cinquante en France) et, dernière en date, la transgénèse (OGM).




L'agriculture en tant que secteur d'activité

 

cerisiers en fleurs (4)Pour ce qui concerne l’agriculture en tant que secteur d’activité, on entend la vox ecologistorum prétendre que l’agriculture moderne met en danger la biodiversité en ce sens que seraient cultivées de moins en moins de variétés et que les variétés traditionnelles seraient condamnées à disparaître.

Or, dans ce sens du mot biodiversité, les écolos nous racontent une fois de plus des calembredaines.

Qui fait le plus pour la diversité variétale ? Les sélectionneurs. Pour les seules plantes agricoles ou potagères le catalogue européen compte plus de 34 000 variétés .


variétés2De 1969 à 2005, le nombre de variétés de blé tendre dont plus de cent tonnes sont vendues annuellement sur le territoire français est passé de 30 à 150 et le nombre de celles dont moins de cent tonnes sont vendues annuellement est passé d’une vingtaine à 190.

Et la part de marché des vingt premières variétés vendues est passée de  presque 100 %  en 1974 à moins de 70 % en 2007.

collection2

En outre, au-delà du nombre de variétés commercialisées, les sélectionneurs savent que la création de nouvelles variétés, plus résistantes à telle ou telle maladie, plus adaptées à telle ou telle condition de sol et de climat, plus adaptées à l’évolution du goût des consommateurs, les conduit à conserver le plus grand nombre possible de variétés sauvages ou anciennes, dans lesquelles on ira un jour puiser les caractères recherchés.



coupe (5)


C’est ainsi qu’ont été créées récemment la pomme Ariane et la fraise Gariguette, deux réussites remarquables des sélectionneurs français, variétés ultramodernes auxquelles on a trouvé ces si jolis noms antiques ou fleurant bon le terroir qui plaisent tant aux bobos.


On a du mal à imaginer le nombre de collections de variétés sauvages ou anciennes ainsi constituées et l’âpreté des luttes pour la définition de leur statut, c’est-à-dire du droit d’y accéder. C’est dire si la biodiversité, je veux dire celle des variétés, est considérée comme un enjeu économique et stratégique important, donc comme une source de richesse pour l’humanité.

Comme d’habitude, les écologistes nous bourrent le mou*.

 

* Et le PS leur a offert contre moins qu’un plat de lentilles, à vrai dire contre rien, trente députés dans la prochaine Assemblée Nationale. Pauvre France ! Ajoutez-y une politique économique néokeynésienne totalement inadaptée à une économie mondialisée et vous obtenez un désastre annoncé. Ou bien elle sera appliquée et ce sera la misère, ou bien elle ne le sera pas et cela fera de nombreux déçus. Dans cinq ans la Marine nationale fera aux environs de 25 % au premier tour. Je prends date, et pas pour dans cinquante ans, contrairement aux prédicateurs de l’apocalypse giecienne !

 

NB Maj du 9 mai 2010

Les pop-up qui apparaissent avec certains mots du texte et qui renvoient à une publicité pour Apple ne sont pas de mon fait et sont publiés à l'insu de mon plein gré. Je tacherai de régler ça au plus vite, mais pas demain, avec mon prestataire, Over-blog. Toutes mes excuses à mes lecteurs.


 

Pour en savoir plus

Audition de Monsieur Oudin par la mission d'information sur les pesticides

Présentation de son entreprise par Monsieur Oudin (vidéo, durée 1' 23" )

Le catalogue des variétés sur le site du Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis).

Espace pédagogique du Gnis

Lire aussi

Pesticides, un remarquable rapport parlementaire

Pesticides, le rapport parlementaire (suite)

Chronique des boniments anti-OGM ‒ OGM, brevets, multinationales et agriculteurs

 

DSC08168--2-.jpg

  Rencontre d'une mauvaise herbe et d'un insecte  

 


Repost 0
28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 00:00

 

 


Le concours Lépine s'est ouvert, hier 27 avril 2012, à la foire de Paris



Au palmarès


United States
Nation la plus médaillée : États-Unis d’Amérique, quatre médailles

Inventeurs médaillés : Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Monsanto

Inventions : nombreuses dans le secteur des nouvelles technologies, maïs Mon810 Bt (OGM)

Prix décerné : taux de chômage le plus bas depuis trois ans




France
Nation ayant obtenu une médaille : France

Inventeurs se partageant l’unique médaille : José Bové, Jacques Chirac 1er

Invention : une seule, la version française du principe de précaution

Prix décerné : taux de chômage record depuis douze ans

 


  coq

  Cocorico !


Repost 0
Published by Laurent Berthod - dans Progrès
commenter cet article
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 23:00

 


Sans titre - 2
Il faut bien reconnaître que depuis la sortie d’Yves Cochet en 2009 à propos de l’empreinte écologique respective des enfants et des vols transatlantiques où il prônait sa fameuse « grève du troisième ventre », la peur néo-malthusienne de la croissance démographique n’a guère eu de succès sur Internet.



Malgré des recherches, sinon minutieuses, du moins soigneuses, je n’ai trouvé de significatif et de récent qu’un site sur le web.


DR (2)Il est tenu par des gens qui cherchent à se donner un air de respectabilité raisonnable sous lequel perce néanmoins une idée fixe à résonance paranoïde.



Euro4
Puisque cette peur de la démographie ne fait plus trop recette en ce moment*, détrônée, ce qui est bien compréhensible, par les appréhensions liées aux effets de la crise financière et économique qui abat le vieil Occident, le moment est peut-être venu de l’occire définitivement, bien que je n’y croie pas trop.



* La crise écologique n’existe pas, c’est un mensonge, au mieux un fantasme, mais je crois bien, qu’à 2,3 %, la « crisse écolochiste excisste pien, elle ! »



Serpent de mer (2)

Cette peur est comme un serpent de mer et, un jour ou l’autre, elle sortira la tête de l’eau. Des visionnaires nous feront alors pour la énième fois l’effrayant portrait de Nessie.





foule - Copie

Au 1er siècle avant J.-C. il y avait environ 250 millions d’habitants sur terre. En 1750, 750 millions. En 1800, 954 millions. En 1900, 1650 millions et en 2011, 7000 millions (sept milliards).




L’accroissement annuel de la population mondiale était donc


Hans Bol

D’environ 1,1 pour mille dans les 1750 premières années de l’ère chrétienne.





fête

De 4,8 pour mille entre1750 et 1800.






Frankfurt Wäldchestag 1871

De 5,5 pour mille de 1800 à 1900.






Ilya Repin(adumbration 1906)

Et de 13,1 pour mille de 1900 à aujourd’hui.





Munch,le cri, Nal Gal, Oslo - Copie

Ceci dénote une accélération de la croissance de la population. C’est ce qui suscite l’effroi des néomalthusiens.





Mais au-delà de cette tendance apparente il y a une réalité plus complexe, donc plus difficile à comprendre pour les esprits simplistes, qui s’appelle la transition démographique.

Depuis la fin du XVIIIe siècle la mortalité a baissé dans des proportions spectaculaires.


massacre des innocents Giotto

Au XVIIIe siècle, un enfant sur quatre décédait avant l’âge d’un an. Le taux de mortalité dans la première année était donc de 250 pour mille. Le taux de mortalité dans l'enfance et l'adolescence était à la même époque de 250 pour mille. Un nouveau né sur deux seulement vivait donc jusqu'à l'âge de pouvoir procréer.




nouveau né

Aujourd’hui, en France, la mortalité avant l'âge d'un an est de 4 pour mille. Le taux de mortalité dans l’enfance et l’adolescence est de 50 pour mille. 94,6 % des nouveaux nés vivent donc jusqu'à l'âge de pouvoir être parents.






Le Nain (2)
Dans un premier temps, alors que les taux de mortalité des enfants et des jeunes diminuent, le taux de natalité hérité des comportements passés ne diminue pas. Le taux d’accroissement de la population est alors au plus haut.





Le Nain
Puis, à la longue, les familles se rendent compte qu’avec une procréation moins nombreuse elles obtiennent le même nombre de descendants. Les taux de fécondité et de natalité diminuent alors. C’est ainsi que le taux de natalité dans le monde qui était de 37,2 pour mille en 1950 n’était plus que de 20,3 pour mille en 2005.



L’accroissement de la population se ralentit, passant, dans le monde, de 20,2 pour mille par an entre 1965 et 1970 à 11,8 pour mille par an entre 2005 et 2010.

Ce phénomène est ce qu’on appelle la transition démographique.


Transition démographique

Première phase

Baisse de la mortalité infantile et juvénile et maintien d’une natalité élevée : taux d’accroissement de la population plus rapide que jamais.

Deuxième phase

Baisse de la natalité : retour du taux d’accroissement de la population à des niveaux antérieurs voire plus faibles.




coupe
La transition démographique ne se passe pas en même temps dans tous les pays, cela dépend du moment où se manifestent les progrès de l’alimentation, de l’hygiène et de la médecine, qui déclenchent le processus.





Ste Anne3

D'autre part, la vitesse avec laquelle apparaît la deuxième phase dépend notamment du niveau d’éducation de la population, particulièrement des femmes.




Aujourd’hui, la grande majorité des zones du globe sont entrées dans la deuxième phase de la transition démographique, et les quelques pays qui restent en retard ne manqueront pas d’y arriver bientôt.


oldman (2)
C’est pourquoi les prévisions actuelles tablent sur un plafond de 9 milliards d’habitants en 2050, suivi d'une stabilisation. Le problème majeur sera alors d’arriver à faire face au vieillissement de la population, lequel fera peser sur les actifs le poids croissant de l’entretien des plus âgés.




tubiana
J’ai trouvé les chiffres illustrant le phénomène de la transition démographique dans l’excellent livre du grand scientifique et éminent cancérologue, Maurice Tubiana, intitulé
« Arrêtons d’avoir peur », dont je recommande chaudement la lecture.



Deux chapitres ont été pour moi particulièrement instructifs : celui concernant les bénéfices et les risques des rayonnements ionisants (ces rayonnements étant couramment utilisés en cancérologie sont un sujet dont le professeur Tubiana est familier) et celui rapportant les conditions, sous le règne de Chirac
1er, de l’élaboration et de l’adoption du principe de précaution tel qu’il est maintenant inscrit dans notre Constitution.

 

Pour en savoir plus

tubiana001 (2)


Maurice Tubiana, Arrêtons d'avoir peur, Ed. Michel Lafon








Lire aussi

L'explosion démographique, une peur vieille comme l'humanité

Les écologistes n'aiment pas l'humanité

À la faute morale, les écologistes ajoutent la faute intellectuelle



Repost 0
Published by Laurent Berthod - dans Progrès
commenter cet article
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 00:49

 

Capturebanquise2 - Copie
Qui n’a vu les images d’un ours blanc à la dérive sur un bout de banquise en train de fondre ?






green peace
Ces images sont fournies en abondance par les organisations militantes écologistes, pour illustrer les méfaits du réchauffement climatique qui, selon elles, menacerait l’espèce. Ces images en sont même devenues le symbole.




NOAAPhotoLibrary---Copie.jpg

Le discours n’est pas toujours clair et navigue entre une menace à venir et une menace déjà bien réelle, qui se traduirait par la disparition actuelle de nombreux ours réduits à mourrir de faim.





wwf (2)




C'est cette dernière thèse que soutient cette campagne du WWF.












Capture phoque
L’ours blanc se nourrit essentiellement de phoques qu’il chasse sur la banquise. La banquise rétrécissant du fait du prétendu réchauffement planétaire, le terrain de chasse des ours se réduirait d’autant.




Petite enquête documentaire

maxisciencesDans cet article de Maxiscience on trouve que « Selon les chiffres dévoilées par le gouvernement du Nunavut, 1013 ours polaires vivaient en août dans cette région du monde alors qu'ils étaient 935 en 2004. Les prévisions établies prévoyaient que la population d'ours serait de 610 d'ici 2011. »


Bon, mais dans la région du Nunavut ne vit qu’un millier d’ours sur les quinze mille que compte le grand nord canadien.


population.JPGSur ce blog on apprend que la population des ours blancs dans le monde serait passé de 5000 en 1945 à entre 20 000 et 25 000 en 2006. Mais à part la fourchette donnée pour l’année 2006, les sources sont difficilement vérifiables.





Copesac2
En cherchant bien, on finit par trouver le très scientifique rapport du très officiel Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (Cosepac). Le Cosepac a été créé en 1977 pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. Le rapport date de 2008, j’en suis désolé, mais il n’y en a pas de plus récent de cet organisme.





De la lecture de ce rapport il ressort que l’effectif des ours blancs du grand nord canadien se monte à environ quinze mille cinq-cents pour une population mondiale de vingt à vingt-cinq mille individus.



Ursus-maritimus-copie-1.jpg

On y apprend des choses fort intéressantes sur la biologie, la physiologie, la reproduction et le mode de vie des ours blancs.






chasse-traditionnelle---Copie.jpg
Actuellement, la chasse réglementée est de loin la plus importante cause de mortalité chez l’ours blanc. La chasse sportive est interdite. Des quotas sont établis pour la chasse traditionnelle.





souspopulations.JPG

Dans l’aire canadienne on compte treize sous-populations occupant chacune une aire géographique principale. Ces populations ne sont pas des sous-espèces dans la mesure où elles ne divergent pas génétiquement. Elles constituent des sous-populations par les caractéristiques des zones géographiques qu’elles occupent et par la dynamique démographique propre à chacune.





NOAAPhotoCertaines sont en régression, d’autres en progression, d’autre stables et le statut démographique de certaines n’est pas établi. L’évolution de ces treize sous-populations est abondamment commentée. La pression exercée par la chasse est un facteur déterminant, même si pour certaines sous-populations, le rétrécissement de la banquise spécifique à leur zone peut avoir un certain rôle.


Le rapport indique que « pour la plupart des sous-populations faisant l’objet de relevés répétés, les données semblent indiquer une légère augmentation depuis les 10 à 25 dernières années. »


NOAA Photo (3) - CopieMais surtout, on lit qu’en 2006 l’ours blanc a été retiré du groupe des « espèces présentant une préoccupation mineure » pour être placé dans le groupe des « espèces vulnérables » par la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).




arctique.JPG

Ce changement a été effectué en raison des résultats de la modélisation des tendances de l’étendue, de l’épaisseur et de la date d’apparition de la glace de mer, qui prévoient des réductions très marquées du couvert saisonnier de glace de mer au cours des 50 à 100 prochaines années en raison du réchauffement climatique et de preuves récentes ainsi que d’hypothèses concernant les incidences de ce phénomène sur les ours blancs.



Et le rapport indique que si le climat continue de se réchauffer conformément aux projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), toutes les populations d’ours blancs finiront par être touchées.


NOAA-Photo--2----Copie.jpgSi l’on revient au début de mon article, on se souvient que les écolos nous suggèrent, et pour certains nous affirment, que le déclin des ours blanc est la preuve de la réalité du réchauffement climatique, alors que l’ours blanc n’est considéré comme potentiellement menacé que parce que ce réchauffement est prédit par le Giec !



Ce serpent qui se mord la queue n’est qu’un mensonge de plus des escrologistes et environnementeurs. Un mensonge de plus, un mensonge de moins, est-ce si grave que ça, puisqu’on n’arrive plus à les compter ?

 

Pour en savoir plus

Rapport du Cosepac

Une vidéo de Radio Canada d'octobre 2009 (6' 38"). Des scientifiques ne sont pas d'accord avec les écolos.


Repost 0
Published by Laurent Berthod - dans Climat
commenter cet article
3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:40

 

 

Saint-Marcel (1)


Près d’Argenton-sur-Creuse, charmant bourg du Berry, sur le territoire de la commune de Saint-Marcel, le site gallo-romain d’Argentomagus a donné lieu à des fouilles et suscité la création d’un remarquable petit musée.


 

fontaine--1-.jpg


On trouve à Argentomagus les restes d’un théâtre et ceux, bien conservés, d’une fontaine, dont on ignore si elle ne jouait qu’un rôle d'approvisionnement en eau ou avait aussi une fonction rituelle.




fontaine--3-.jpgJe ne sais pourquoi, sa contemplation m’a évoqué la piscine de Bethesda à Jérusalem, où je ne suis jamais allé, dont il est question dans les Évangiles, où Jésus guérit un paralytique en prononçant cette parole : « Lève-toi, prends ton grabat, et marche ». Une histoire racontée avec beaucoup de talent par Jean (5, 1-16).


Dans le musée ont admire toutes sortes d’objets de la période gallo-romaine.



stèle funéraire3

Stèles funéraires,






Mercure

 



Statuettes de dieux

 

 






déesse mère (1) - Copie

Et de déesses.








0137-Argentomagus 2357 (4)

Objets de la vie quotidienne.







DSC07727

Objets décoratifs.






La région étant riche en sites archéologiques préhistoriques, le musée leur est également consacré, d’une façon fort évocatrice du mode de vie de nos ancêtres. Il court du paléolithique ancien au néolithique, soit d’il y a plus d'un million d’années à il y a seulement quelques milliers d’années.

Un petit film remarquable montre le façonnage des outils de ces époques, façonnage réalisé sous nos yeux par un archéologue de notre temps.


biface2

Façonnage d’un biface (paléolithique ancien).






paleolithique

Fabrication d’outils selon la technique dite du nucléus (paléolithique un peu plus récent).





hache polie (3)

Façonnage d’une hache polie (néolithique) et abattage d’un arbre avec cette hache.





feu3
Allumage du feu par la percussion de marcassite par un silex (paléolithique, il y a environ quatre à cinq cent mille ans) ou par la technique, plus récente, de la friction de deux morceaux de bois.




Sagaies
Façonnage d’une sagaie.





De ce petit film très simple et très parlant, on tire le sentiment que le désir d'améliorer son sort et le bien-être des siens par le progrès technique est constitutif de l'humanité depuis l'origine la plus reculée.



Grotte Chauvet


L'ingéniosité apparait ainsi comme un attribut du seul genre humain, au même titre que le langage articulé, les rites funéraires, le sens esthétique, la conscience réflexive ou l’aptitude au sens moral, toutes choses qui le distinguent radicalement de nos amies les bêtes.




Une morale qui ne concerne que moi

Homo rudolfensis

Homo erectus
avait une capacité crânienne d’environ 60 à 80 % de celle d’Homo sapiens (nous) et présentait un front fuyant. Malgré ce handicap, il cherchait à améliorer le sort des siens en faisant fonctionner ses neurones. Je ne dirai donc plus d’un imbécile, par circonlocution et euphémisme poli, qu’il a le front bas !

 

 

Pour en savoir plus

Entretien avec le philosophe Etienne Bimbenet pour son ouvrage L'animal que je ne suis plus (9') dans l'émision de François Noudelemann du 2 avril 2012 sur France Culture

Lire aussi

Vive l'agriculture intensive et productiviste

Remerciements

Je remercie chaleureusement Claude et Jean-Pierre Choquet qui m'ont fait connaître le musée d'Argentomagus et ont complété utilement mon iconographie

 

déesse mère (3)





acrotère














 

 

DSC07729

 


Repost 0
Published by Laurent Berthod - dans Homme-animal
commenter cet article
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 18:50

 

MLP7

 

Ces derniers temps, les responsables politiques y ont été de leurs idées et de leurs propositions électorales concernant l’abattage rituel.


 

 

mediaBeaucoup de chiffres fantaisistes et d’approximations ont été prononcées. Pour la pêche aux voix tout est bon, dans tous les camps. Les journalistes en ont rajouté.




lemaire - Copie

Dans cette affaire, s’il n’y en avait qu’un à sauver, ce serait Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, qui connaît le sujet, il a signé un décret et un arrêté sur cette question le 28 décembre dernier. Mais dans le concert glapissant de klaxons, qui l’a entendu ?




Dans cet article je ne prendrai pas parti sur la question de savoir si un animal égorgé sans étourdissement préalable souffre plus, ou non, qu’un animal qui l’a été. Bien qu’il soit raisonnable de le penser, il ne me semble pas, en toute sincérité, que cela soit aujourd’hui solidement et scientifiquement établi.



leonardo (2)

Et quand bien-même cela le serait, je me garderais bien de me prononcer sur des pratiques religieuses qui ne concernent pas le seul être sacré à mes yeux, l’être humain.






Venons-en aux faits.

Les chiffres.

abattoir (3)Alors que compte tenu des populations concernées, la demande de viande abattue rituellement ne devrait guère dépasser 10 % (estimation très approximative, les statistiques ethniques étant interdites en France) une enquête conduite dans quinze abattoirs établit que 40 % des bovins et 60 % des ovins y sont abattus rituellement et que la proportion d'animaux abattus rituellement a eu tendance à augmenter ces dernières années.


Comment cela peut-il s’expliquer ?


Steak3.jpgDans la presse on a lu que la consommation des arrières étant, selon les cas pour des raisons d’habitude de consommation ou pour des raisons religieuses, moins consommées que les avants par les populations concernées, les premières se retrouvaient dans les circuits de commercialisation des viandes non rituelles et que le consommateur lambda non religieux mangeait ainsi de la viande abattue rituellement.



Cela est vrai, mais cela ne suffit pas à expliquer que l’on abatte selon les rites religieux proportionnellement beaucoup plus d’animaux que la part de la population concernée dans la population totale.


abattoir (4)La raison en est la suivante. Un abatteur, lorsqu’il fait abattre des animaux, ne sait pas à qui il les vendra plusieurs jours plus tard, après achèvement de la maturation de la carcasse en frigo. Il ne sait pas quelle sera sa demande en viande rituelle, problème d’autant plus compliqué que la demande ne porte pas que sur ce critère, mais aussi sur  la race de l’animal, son sexe, son âge, son état d’engraissement, son gabarit. Pour être prêt à satisfaire toute demande et ne pas perdre de marché, l’abatteur se couvre, il fait donc abattre rituellement plus d’animaux qu’il n’en écoulera dans le circuit religieux. Les carcasses surnuméraires se retrouveront sur le marché ordinaire.



Voilà, c’est tout simple. Voilà pourquoi, Madame, Monsieur, vous achetez de la viande abattue rituellement sans le savoir.


logoRéglons maintenant son sort au journalisme à la française. Je m’appuierai sur deux articles du Point, et me garderai donc, sur notre sujet d’aujourd’hui, de critiquer les autres organes de presse.


 

Le N° 2012 du jeudi 8 mars 2012 consacre deux articles à cette affaire d’abattage rituel
.

Image1J’ai trouvé deux affirmations parfaitement erronées, dans l’éditorial de Franz-Olivier Giesbert, intitulé Halalisation à la française (ce n’est pas que le directeur du Point soit particulièrement islamophobe, il est végétarien).

Ce n'est pas une affaire anecdotique, mais une sorte de scandale d'État, enfanté par (…) la cupidité extrême de l'industrie de la viande ou de la grande distribution.

(…)

Les Français mangent halal sans le savoir, puisque leur industrie produit beaucoup plus de viande de ce type que nécessaire.(…) On supprime un poste de la chaîne d'abattage, celui de l'étourdissement, et qu'importe si l'on saigne directement les bêtes, avec toutes les souffrances(…) afférentes. L'essentiel n'est-il pas de gagner davantage ?


abattage porc2Or la vérité c’est que, pour les bovins et les ovins, si l'on n'étourdit pas l'animal, il faut le mettre dans une cage de contention spéciale, ce qui prend plus de temps et présente plus de difficultés que de l'étourdir. Cela n’économise aucun poste de travail et coûte plus cher que de l’étourdir. (Compte tenu des méthodes d’étourdissement adaptées à chaque espèce on pourrait en discuter pour les porcs, mais les cochons ne font pas l’objet d’abattage rituel).



Capture2

Quand à la cupidité extrême de l’industrie de la viande, Monsieur Giesbert devrait se renseigner sur la situation économique et financière précaire de cette industrie avant de prononcer un tel jugement moral infondé.




Rembrandt, boeuf écorché, Louvre (2)
En France on ne cesse de fermer des abattoirs − et pas pour cause de délocalisation à l’étranger. Les résultats nets des entreprises de ce secteur ramenés au chiffre d’affaire sont très faibles et, certaines années, globalement en France, nuls ou négatifs. Les entreprises voient continuellement leurs coûts alourdis par de nouvelles normes. Secteur relativement atomisé, la concurrence y joue pleinement et le principal client, très concentré, la grande distribution, fait sa loi, au nom du consommateur. Alors, la cupidité, Monsieur Giesbert, ce mot vous fait mériter un zéro pointé !





Dans l’article publié dans le même numéro du Point, intitulé Halal, ce que nous cachent les abattoirs, de Mélanie Delattre et Christophe Labbé, on peut lire :

rapport (2)

Un rapport confidentiel que Le Point s’est procuré jette une lumière crue sur l’abattage rituel (…). Remis aux autorités en novembre 2011, le document (…) a été soigneusement enterré.




Ceci est parfaitement inexact. Un peu d’histoire.

campagne mars 2011 (2)Au début de l’année 2011 une violente campagne d'opinion est conduite par les militants de la cause animalière contre l’abattage rituel. J’insiste sur ce point : pas contre le fait que des animaux abattus rituellement soient commercialisés dans la filière conventionnelle sans que les consommateurs soient informés, mais contre l’abattage rituel.



Le ministère entreprend un examen approfondi de cette question, d’où il ressort l’excellent rapport qui lui est remis en novembre 2011.



Non, Madame Mélanie Delattre et Monsieur Christophe Labbé, ce rapport n’a pas été soigneusement enterré.

Décret6


Le 28 décembre 2011 Monsieur Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture, signe un décret et un arrêté qui transcrivent dans la réglementation une conclusion implicite du rapport : sont seuls autorisés à pratiquer l’abattage rituel les abattoirs disposant d’un système d’enregistrements permettant de vérifier que l’abattage rituel correspond à des commandes commerciales qui le nécessitent*.




anses2Par ailleurs, en application d'une recommandtion explicite du rapport, une expertise sur la souffrance animale selon les différentes méthodes d'abattage est demandée à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dont les résultats sont attendus dans l'année 2012. Sans compter que rien ne permet à ces journalistes d'exclure qu'un certain  nombre d'autres recommandations seront sans doute mises en oeuvre. Pour le savoir il aurait fallu faire correctement son travail et interviewer les reponsables du dossier au ministère de l'Agriculture.


*NB Ce dispositif, appelé à entrer en vigueur le 30 juin prochain, délai permettant aux abattoirs de prendre leurs dispositions, rendra plus difficile l'ajustement de l'offre à la demande de viande rituelle et aura donc sans doute des conséquences sur les coûts des entreprises d’abattage. Ces coûts supplémentaires seront-ils répercutés sur la seule viande abattue rituellement ou sur l’ensemble des viandes, nul ne peut le prédire.


C'est tout pour aujourd'hui !

Pour en savoir plus

Le rapport confidentiel

Le décret du 28 décembre 2011

L'arrêté du 28 décembre 2011

Quelques chiffres de Blezat consulting sur l'industrie de la viande

L'éditorial du Point de Franz-Olivier Giesbert

Un résumé en ligne de l'article du Point version papier

 


Repost 0
Published by Laurent Berthod - dans Homme-animal
commenter cet article
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 21:00


Fin février, une information avait été publiée dans la presse professionnelle, ici ou .


fi2Le grand public en a été informé, sur France Inter, dans le journal de Denis Astagneau du samedi 3 mars à huit heures (écouter à partir de 6' 30'').



Pénurie sur les œufs 


poulailler

 

Les travaux de mise aux normes prescrites par la directive européenne sur le bien-être des poules pondeuses ont pris du retard, ne sont pas terminés et beaucoup de poulaillers se retrouvent sans poules.




cpo.gif
Le président du Comité national pour la promotion de l’œuf déclare :




pénurie (1)Il manque presque 10 % d’œufs sur le marché français. Il en manque autant sur le marché européen. Bien sûr, les importations d’Amérique du nord, du sud ou d’Inde pourraient approvisionner le marché, mais avec des œufs provenant de poulaillers non-conformes aux normes européennes de bien-être animal ni dans une situation sanitaire équivalente à celle prévalant en France.



mayonnaise2

Le journaliste nous indique que le prix des œufs a augmenté de 75 %, augmentation pour l’instant répercutée seulement sur les œufs vendus aux industriels (pâtes, mayonnaise,  desserts lactés, pâtisseries, etc…) et pas sur les boîtes d’œufs vendues aux consommateurs.





FALa France Agricole nous apprend que les industriels et professionnels de l'œuf craignent que la lourde et sévère pénurie d'œufs actuelle se poursuive sur toute l'année 2012.


Les mêmes professionnels pensent que les risques sont réels de voir disparaître des industriels fabricants d'ovoproduits, incapables de subir la hausse du prix de l'œuf qui découle de cette situation.


Mes conclusions purement personnelles

DSC07518
Ceux des RMistes qui, faute de pouvoir se payer des protéines animales plus nobles, avaient la chance de pouvoir encore manger des pâtes aux œufs risquent de devoir bientôt se rabattre sur les pâtes « pur farine ».



macaronis
Ils seront bientôt rejoints par les chômeurs de l’industrie des ovoproduits.






Mais, réconfortons nous, à toute chose malheur est bon

 

Murillo-Jeune-mendiant2.jpg
Les pauvres satisferont ainsi aux injonctions morales des végétaliens, antispécistes et autres militants du veganisme et à celles des environnementeurs qui prétendent que l’élevage contribue à un réchauffement climatique qui est, depuis 1998, purement imaginaire.





Pour en savoir plus

Journal de France Inter du 3 mars 2012 (à partir de 6’ 30’’)

La France Agricole

LSA


Lire aussi

Poules pondeuses, le retour

Les poules pondeuses ou le suicide économique de l'Europe


Repost 0
Published by Laurent Berthod - dans Homme-animal
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Laurent Berthod
  • Le blog de Laurent Berthod
  • : Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
  • Contact

Recherche