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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 00:32

 

Le Luxembourg

 

Le 29 avril 2010 la présidence du Sénat et la présidence de l’Assemblée Nationale ont enregistré un rapport que leur a remis l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, signé par MM. Claude Gatignol, député, et Jean-Claude Étienne, sénateur, intitulé PESTICIDES ET SANTÉ

 

 

Capturer

 

À tous ceux qui s’intéressent à la question des pesticides, je ne saurais trop en recommander la lecture, longue certes, mais la qualité de sa rédaction en fait un document dans l’ensemble facile à lire.

 

 

 

Sans titre - 3Ce rapport a été vilipendé par les organisations environnementalistes pour qui le militantisme obtus tient lieu d’intelligence. Les parlementaires chargés de ce rapport ont entendus les meilleurs spécialistes du sujet, scientifiques, fonctionnaires, professionnels.

 

 

Sans titre - 2Ils on rapporté des informations intéressantes sur la façon dont la question est traitée en Californie, État à la pointe du progrès scientifique, technique, réglementaire et administratif en la matière.

 

 

fruits2

 

Très grossièrement résumé, mais j’y reviendrai de façon plus approfondie à d’autres occasions, les inquiétudes sanitaires soulevées par les pesticides ne concernent pas les consommateurs mais les utilisateurs, c'est-à-dire, le plus souvent, les agriculteurs.

 

 

 

vigneConcernant les utilisateurs, dans le très bref résumé présenté par le site de l’Assemblée nationale, on peut notamment lire :

« Contre toute attente, les analyses biologiques prouvent que le niveau d'exposition aux pesticides ne dépend pas de la quantité de pesticides utilisée ou de la surface traitée mais de la méthode d'application et du niveau de protection des utilisateurs. »

 

Les parlementaires de l’OPECST ont entendu les Professeurs Maurice Tubiana, André Aurengo et Paolo Boffetta qui ont participé à la rédaction du rapport « Les causes du cancer en France », publié en 2007 par le Centre international de recherche sur le cancer.

 

Hermes au caducee

 

Après leur audition ces trois personnalités ont créé un groupe de travail composé de membres de l’Académie nationale de Médecine et de membres de l’Académie d’Agriculture de France et ont remis la contribution de celui-ci, qui n’engage que les membres de ce groupe.

 

Les parlementaires ont jugé bon de reproduire intégralement (pages 60 à 78 du rapport) cette contribution qui aborde cinq questions, d’ordre sanitaire et agricole.

 

 

Bles

 

En effet « Les risques pour la santé des produits phytosanitaires utilisés en France sont souvent très surestimés, alors que leurs avantages sont très sous-estimés. En effet, il est pratiquement impossible de ne pas les utiliser sous peine d’une baisse massive des rendements. »

 

 

Aujourd’hui, je vais tâcher de résumer le plus clairement possible la première question, celle de l’impact sanitaire des pesticides.

 

Rat.jpg

 

 Concernant la toxicité aiguë, les substances les plus toxiques appartiennent aux familles des organophosphorés et des carbamates, plus rarement des anticoagulants utilisés comme raticides. Ce sont ces produits qui sont à l’origine de la plupart des intoxications professionnelles en France.

  

 

Hôtel DieuLes enquêtes de la Mutualité sociale agricole (MSA) révèlent que 20 % des applicateurs ont été victimes un jour ou l’autre de troubles imputés aux pesticides. Le bilan établi par la MSA pour l’année 2004 comptabilise 195 cas d’intoxication dus aux insecticides, aux fongicides et aux herbicides. En tout, 22 % avaient dû être hospitalisés.

Les centres anti-poison relèvent 5000 à 10 000 alertes par an concernant les pesticides.

La toxicité aiguë résultant d’une mauvaise utilisation ou d’un usage accidentel des pesticides ne concerne donc qu’un contingent faible des maladies professionnelles et des accidents domestiques.

 

Les effets tardifs, résultant notamment de la toxicité chronique, sont plus difficiles à cerner. En dehors des effets cancérogènes, trois types d’effets sont l’objet d’attention particulière : les troubles neurologiques, les troubles de la reproduction et du développement, les perturbations endocriniennes.

 

DDTLa neurotoxicité est le mécanisme d’action toxique majeur de beaucoup d’insecticides organophosphorés, carbamates, pyréthrinoïdes, et historiquement des organochlorés. Ces effets aigus n’ont été observés chez l’homme qu’après des intoxications massives (suicides notamment).

 

fecondation

 

Des effets toxiques sur la spermatogenèse ont été observés chez les professionnels appliquant différents produits actuellement interdits d’usage.

 

 

 

Des effets perturbateurs endocriniens pourraient théoriquement être à l’origine de pathologies tumorales, de la reproduction ou du système immunitaire. Bien que cette hypothèse soit biologiquement plausible, aucune preuve n’existe actuellement que certains pesticides présents dans l’environnement puissent être à l’origine de ces pathologies chez l’homme.

 

crabes

 

L’étude des effets cancérogènes des pesticides fait l’objet d’une abondante littérature scientifique et de nombreux rapports.

 

 

vigne (2)

 

Très peu de pesticides actuellement utilisés sont cancérogènes chez l’animal ; à part l’arsenic, aucun n’a fait la preuve de sa cancérogénicité chez l’homme, même après exposition massive.

  

 

Les données disponibles ne mettent en évidence aucun pesticide pour lequel une relation de cause à effet serait établie selon les critères habituellement utilisés : forte relation dose-effet, absence démontrée de facteurs de confusion ou de biais, résultats concordants dans plusieurs études.

 

millet l'angelus

 

 

Aux États-Unis on observe globalement un déficit du nombre de cancers d’environ 10 % chez les agriculteurs et leurs conjoints comparés à la population générale.

 

 

 

tabac

 

Cette sous-incidence concerne des cancers liés au tabac (poumons, œsophage, vessie) mais également les cancers du foie, du colon et des reins.

 

 

 

 On observe une sur-incidence des cancers cutanés et des lèvres (exposition au soleil), de l’estomac, du cerveau, de la prostate, des lymphomes, des myélomes multiples et de certaines leucémies.

 

boucherie-charcuterie.jpg

 

Ces variations sont probablement multifactorielles, avec un rôle possible de virus provenant de contacts avec les animaux, la sur-incidence des lymphomes étant également retrouvée chez les personnels des abattoirs et les bouchers. On espère que des études en cours, notamment en France, apporteront un éclairage sur ces questions.

 

 

 

 

Lire aussi :

Pesticides, le chiffre du jour : 9000 !

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 15:58

 

 

 

agriculteurJe me souviens de cet agriculteur bourguignon qui croyait en son métier et avait consacré sa vie à mener son exploitation sur les chemins du progrès. Je me souviens qu’à l’âge de dix ans, pendant la guerre, il avait été traité d’affameur. Je me souviens que, soixante ans ayant passé, il en avait encore des sanglots dans la voix.

 

  

usineJe me souviens de l’air catastrophé de Claire Chazal annonçant la fermeture définitive de l’usine AZF de Toulouse, fermeture contre laquelle des salariés avaient manifesté. Je me souviens de n’avoir pas douté qu’une décision de maintenir l’usine en activité, contre laquelle auraient manifesté des habitants inquiets, aurait été présentée sur le même ton accablé.

 

 

 

agricultureJe me souviens d’Albert Jacquard prétendant que la guerre avait été inventée avec l’agriculture, avant laquelle il n’y avait pas de possessions à défendre ou à conquérir. Je me souviens que Monsieur Jacquard est un grand enfant, son jeune âge l’a sans doute empêché d’entendre parler des guerres menées pour le contrôle des territoires de chasse.

 

 

 

NON (2)Je me souviens que Bernard Oudin a écrit en 1996 :

    En une vingtaine d’années, le mouvement écologiste est devenu un gigantesque lobby, qui s’est ingénié à décourager l’initiative, à réfréner l’imagination, à empêcher ou retarder les projets. Bref une formidable machine à dire non.

    Non à quoi ? La réponse tient en un seul mot : non à tout.

 

 

Le Bon MarchéJe me souviens d’un type d’Attac Lorraine déclarant : « Si on entend par mondialisation la généralisation de notre mode de consommation à l’ensemble de la planète, alors là, c’est clair, à Attac nous sommes contre ! » Je me souviens qu’en somme ce type nous a dit : « Que les pauvres du monde restent pauvres. Il n’y a aucune raison qu’ils deviennent aussi riches que nous, en tout cas je suis contre ! »

 

 

TER

 

 

Je me souviens qu’Antoine Waechter a déclaré un jour que, s’il y avait eu des écologistes au XIXe siècle, ils se seraient opposés au chemin de fer.

 

 

  

 

 

TGVJe me souviens qu’il y a déjà plusieurs années Antoine Waechter a déclaré : « Si l’on veut préserver l’avenir de la planète, il faut une croissance zéro. Si l’ont veut que cette croissance zéro soit effective et que les pays pauvres puissent avoir une croissance, il faut que les pays riches acceptent une croissance négative ». Je me souviens qu’à cette époque Monsieur Waechter était tenu pour réactionnaire par ses concurrents en écologisme. Je me souviens qu’aujourd’hui des écolos se prétendant à la pointe du progressisme ne tarissent pas d’éloges sur la décroissance. Je me souviens donc que Monsieur Waechter n’était pas un réactionnaire, mais un précurseur.

 

 

 

Michel Foucault

 

Je me souviens que Michel Foucault a apporté son soutien à la révolution iranienne des ayatollahs parce qu’elle était proche des pauvres. Je me souviens que les mollahs se sont soulevés contre le Shah parce que celui-ci avait entrepris une réforme agraire qui aurait dépouillé le clergé iranien des terres qu’il possède en grande quantité.

  

 

Sans-titre---4.jpgJe me souviens d’un article du journal Libération jugeant que la réforme accordant l’autonomie de gestion aux musées nationaux relevait d’un libéralisme tempéré et qu’elle était frappée au coin du bon sens. Je me souviens qu’avoir vu Libération défendre ainsi le libéralisme au nom du bon sens ne manquait pas de sel !

  

 

 

Pearl Harbor

 

Je me souviens d’une philosophe contestant que la guerre en Afghanistan fût une guerre, au motif que l’Afghanistan n’avait pas déclaré la guerre. Je me souviens qu’à Pearl-Harbor le Japon n’a pas déclaré la guerre non plus.

 

 

 

 

À suivre...

 

 

 

je me souviens  

 

 

 

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Published by Laurent Berthod - dans Progrès
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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 22:07

 

 

Sans titre - 3

 

Le Roundup est un herbicide à large spectre, dit « herbicide total », dont la molécule active est le glyphosate.

 

 

Sans titre - 1Cet herbicide a été mis au point par Monsanto, mais le brevet du glyphosate ayant expiré en 2000, cette molécule est maintenant dans le domaine public et utilisée dans des formulations mises sur le marché par des concurrents.

 

maïs (2)

 

Le glyphosate pénètre dans la plante par ses parties vertes. Aussi, épandu après levée, s’attaque-t-il non seulement aux mauvaises herbes mais également à la culture. C’est pourquoi Monsanto a mis au point des plantes OGM résistantes au Roundup (Roundup Ready), notamment soja, colza, maïs, betterave.

 

 

fleur-de-colza.jpg

À ce que je sache, et si je me trompe j’espère bien qu’un lecteur mieux informé me démentira, à ce jour aucune plante génétiquement modifiée Roundup Ready n’est autorisée à la culture sur le territoire de l’Union Européenne. Cela n’empêche pas le glyphosate, compte tenu des avantages qu'il offre par ailleurs, d’être largement utilisé par les agriculteurs européens.

  

 

Sans titre - 2

 

En outre, dans n’importe quelle jardinerie, vous trouverez pour votre jardin, vos allées dallées, votre terrasse, votre toiture, vos murs, vos escaliers extérieurs, des désherbants à base de glyphosate ; bien pratiques, ils éradiquent toutes les mauvaises herbes !

 

 

 

 

DSC03136

 Concernant les pesticides, la directive européenne 98/83/CE du Conseil fixe les paramètres chimiques de l’eau de boisson uniformément à 0,1 µg par litre quelle que soit la molécule en cause (sauf pour l’aldrine, la dieldrine, l’heptachlore et l’heptachloreépoxyde, pour lesquels la valeur paramétrique est 0,030 μg/l) et à 0,5 µg par litre pour la totalité des pesticides présents.

  

 

OMS

 

Bien que les considérants de cette directive expliquent que ces valeurs sont généralement établies en fonction des valeurs guide de l’OMS, cela est tout à fait inexact pour les pesticides, les valeurs guides de l’OMS étant spécifiques à chaque molécule et le plus souvent plus élevées que la norme européenne de 0,1µg/l.

 

 

Les valeurs guide de l’OMS sont fixées, par exemple, à 2 µg/l pour l’atrazine, le lindane et la simazine, soit vingt fois la norme européenne, à 7 µg/l pour le carbofuran, soit soixante-dix fois, mais à seulement 0,2 µg/l pour le chlordane.

  

Caillebotte, Rue de Paris, temps de pluie 

« Principe de précaution » de l’Union européenne et limite de détectabilité des molécules en question sont sans doute à l’origine de cette directive un peu ubuesque ! Si un lecteur en sait plus sur l’origine de ce chiffre quasiment magique de 0,1 µg/l, qu’il nous fasse partager ses connaissances, je lui en saurai vraiment gré.

  

Revenons-en au glyphosate. L’OMS a constaté que le glyphosate ne pouvait avoir d'effets toxiques chroniques sur l’homme en dessous de 0,9 milligramme par litre d’eau, soit  9000 fois plus que la norme de 0,1 microgramme par litre de la directive européenne ! Étant rapidement dégradé dans le sol, le glyphosate n'est présent dans les eaux de captage qu'à des concentrations bien inférieures à celle considérée comme pouvant être nocive. L'OMS a donc estimé INUTILE de fixer une valeur guide pour le glyphosate dans l’eau de boisson.

 

En conséquence des informations relatant des dépassements de la norme européenne pour le glyphosate, telles que celles signalées par Tony dans son commentaire et que l’on peut consulter dans l’article L’eau du robinet polluée par un pesticide encore très peu traité d’un site environnementaliste, ne doivent pas conduire à un alarmisme infondé, alarmisme qui n’est d’ailleurs pas dans ledit article auquel il faut, à cet égard, rendre hommage.

 

DSC03144Je ne parle évidemment pas du prétendu documentaire "audimatesque" et à sensation, Du poison dans l’eau du robinet, diffusé ce soir par France 3 et que je n’ai pas regardé. Je vieillis et mon cœur supporte de plus en plus mal l’indignation que suscite en moi le mensonge diffusé à grande échelle.

 

George Orwell, Arthur Koestler, revenez-nous vite ! Il n’y a plus de communistes sur terre, mais les autres sont tous devenus fous !

 

Bibliographie

 

1984

 

1984, George Orwell

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le zero et l infini

 

Le zéro et l'infini, Arthur Koestler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire aussi :

Pesticides : une bonne nouvelle qu’on n’a pas entendue à la télé

Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides

Pesticides, le chiffre du jour 

Le médiatique Professeur Belpomme, lanceur de fausses alertes 

 

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 21:25

 

 

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Le dernier numéro du magazine de la municipalité socialiste de Villeurbanne était accompagné d’un supplément intitulé Villeurbanne Ville durable

Quelques extraits avec mes commentaires.


Rubrique

Extrait

Commentaire


 

  

Éditorial (signé du maire)

Dans un monde fragilisé par des décennies de consumérisme, le pillage des ressources naturelles, la disparition de la diversité des espèces, nous ne pouvons plus attendre.

 

Sans-titre---3.jpg

 

Un maire socialiste voue aux gémonies le consumérisme ! Et moi qui croyais que les socialistes défendaient l’élévation du niveau de vie des classes populaires et des classes moyennes, donc l’augmentation de la consommation !

 

 

Rose (4)

 Le pillage des ressources naturelles et la perte de diversité des espèces sont des ritournelles infondées, répétées comme une incantation par les écologistes. Quand on lit cette phrase sous sa plume on se demande pourquoi le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, n’a pas rendu sa carte du PS pour prendre celle d’Europe-écologie !

 

 

C’est le témoignage d’une ville inscrite dans son temps et qui recherche l’exemplarité.

Villeurbanne-hotel-de-ville.jpg

Inscrite dans son temps ou dans les idées à la mode ? Demande-t-on à une municipalité d’être exemplaire ? Exemplaire pour qui ? Exemplaire en quoi ? Exemplaire dans le souci qu’elle a du bien être de ses habitants et dans la façon d’être économe des deniers de ses contribuables, c’est tout ce qu’on lui demande, pas de donner, par l’exemple, des leçons de morale et de maintien au monde entier.


 

Plan climat : le compte à rebours

Le dérèglement climatique est une réalité impossible à ignorer.

 

Vilelurbanne-4-janvier-2010-copie-1.jpg

 

Tiens ! Le dérèglement climatique ! Pourquoi pas le réchauffement ? Sans doute après l’hiver que nous avons connu se serait-on ridiculisé en employant le mot de réchauffement !

 

 

Suit un long article sur les réalisations, publiques, ou privées aidées par la municipalité, de bâtiments économes en énergie grâce à des techniques de pointe. Aucun chiffre concernant la rentabilisation de ces surcoûts à la construction par les économies sur les dépenses d’énergie.

 Villeurbanne, Stalingrad (2)

Ce serait pourtant intéressant de connaître le délai de retour sur investissement. Mais non, ça ne peut intéresser le lecteur puisque ces dépenses sont faites au nom du Bien, la lutte contre le réchauffement, pardon, dérèglement, climatique ! Et puis, ces économistes et ces ingénieurs, qu’est-ce qu’ils viennent nous casser les pieds ? Nous, on fait de la com. coco !

 

Ah, là, là, c’était le bon temps quand Allègre était socialiste !

 

Bilan des travaux d’isolation de la maison des sports : 20 % d’économie d’énergie ! L’équivalent des émissions de huit voitures par an.

 

Villeurbanne.JPG

 

Quelle belle image ! On a envie de demander : et la superficie de Villeurbanne, c’est combien de terrains de foot ? On prend le lecteur pour un demeuré !

 

 

 


 

Plus belle la ville

Multiplication des espaces naturels.

Untel, délégué à la Nature en ville.

Parc naturel de la Feyssine.

 

Parc-naturel-regional-de-Camargue.jpgDans la novlangue écolo-municipale les espaces verts deviennent des espaces naturels ! Il y a même un parc naturel (La Feyssine) en pleine ville (40 ha !). Moi qui croyais que les parcs naturels c’était autre chose, bien différent, comme les parcs naturels régionaux… Mais non, c’est très simple, la municipalité de Villeurbanne a inventé un nouveau concept, le parc naturel en ville !

 


 

Interview de l’adjointe à la qualité de la ville, parcs et jardins.

Notre bien-être passe par une relation avec le vivant : quoi de plus agréable que d’entendre un oiseau chanter ou se reposer à l’ombre d’un arbre.

Une déclaration digne de Madame Cuculapraline !

 

Sans-titre---5.jpg

 

Auparavant, il s’agissait de faire des beaux jardins fleuris. Désormais nous aménageons des espaces naturels !

  

 

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Des espaces naturels d’une tristesse ! Le parc René Dumont ressemble à un terrain en friche ! Ils n’ont même pas osé en montrer une photo. Moi, je vous en montre une.

 

 

Et puis, déjà qu’on a tendance à confondre campagne et nature, alors les espaces naturels en ville ! Laissez-moi rire !


 

Manger bio, oui mais comment ?

 

DSC03049

 

La mairie a son AMAP*

La paroisse a ses pauvres, la mairie a son AMAP !

*Association pour le maintien d’une agriculture paysanne

 

 

 

 

… sans compter les traditionnels magasins bios où l’on peut acheter des produits exempts de pesticides et autres produits nocifs.

Je me demande ce qui autorise une municipalité à militer pour les produits bio, encore moins pour les boutiques traditionnelles bio. Les produits bio seraient ils moins bio dans les rayons bio des grandes surfaces ?

 

Les halles de LyonEn outre, comme à chaque fois que leurs thuriféraires nous parlent des produits bio, on a droit à une diffamation contre les produits conventionnels, lesquels sont parfaitement exempts de produits nocifs contrairement à ce que le texte fait plus qu’insinuer ! De la part des militants du bio, on en a l’habitude, mais de la part d’une municipalité c’est parfaitement insupportable.

 

38 Honoré Daumier Les deux avocats

 

 

Je ne puis prétendre être une partie lésée par une telle diffamation, aussi n’ai-je guère de chance de l’emporter devant un tribunal, mais j’aimerais bien qu’un jour une marque de produits conventionnels y aille ! 

 

 

 

 


 

Enfin, last but not least, une interview de la présidente de la FRAPNA du Rhône.

 

« Il faut avoir le courage d’essayer de changer nos habitudes »

Monsieur le maire, si vous aimez donner des leçons de morale, vous auriez mieux fait de vous faire curé.

Villeurbanne, avenue Henri Barbusse

 

 

Monsieur le maire, dans l’ensemble il fait plutôt bon vivre à Villeurbanne, alors, s’il vous plaît, arrêtez de nous gâcher la vie avec ces discours, lâchez nous les baskets, laissez nous à notre sérénité, rangez votre logomachie au vestiaire (et aussi vos prétendus jardins naturels, très moches).

 

 

 


 

J’épargne à mes lecteurs toutes les autres guimauves poisseuses à la sauce verte qui imprègnent littéralement chaque ligne de cette feuille de chou de 32 pages sur papier glacé (recyclé ?)

Clair de lune, Villeurbanne

 

On ne peut plus vivre peinard, l’écologie politique nous traque dans les moindres recoins de notre vie quotidienne, et avec nos impôts encore ! L’écologisme, la nouvelle religion qui nous promet l’enfer sur terre si nous n’obéissons pas à ses dix-mille commandements.

 

 

 

espace naturel (2)

Espace naturel dans un appartement villeurbannais

 

 

Villeurbanne, les Gratte Ciel (4)

 

 

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Published by Laurent Berthod - dans Progrès
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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 01:50

 

Bolivie

Récemment, dans une réunion internationale de militants, le président de la Bolivie Evo Morales a déclaré : Le poulet que nous mangeons est chargé d'hormones féminines. C'est pour cela que lorsque les hommes mangent de ce poulet, ils ont des déviations dans leur identité en tant qu'homme.

 

Cette déclaration a soulevé un tollé de certains bien-pensants postmodernes qui l'ont taxée d'homophobie.

 

Il y a quelques jours, avec un ami, la polémique à propos de cette déclaration est venue dans la conversation.

 

j0406601

Comme je disais que ce qui était le plus étonnant était que personne n’ait relevé que le poulet aux hormones n’était qu’un mythe, mon ami s’est montré fort étonné de mon affirmation : « Mais comment fait-on pour obtenir aujourd’hui des poulets en six semaines sans les pousser aux hormones ? »

 

 

Eh bien, oui ! Sans hormones, on fait des poulets abattus à six semaines et même à 40 jours, voire 39. Ces dernières décennies, c’est principalement la sélection de souches performantes qui a permis ce résultat.

 

poulet de chairSélection de souches de poulets pour leur appétit, l'instinct qui les pousse à picorer, leur bon coefficient de transformation alimentaire, ainsi qu’amélioration des techniques d’alimentation et progrès en santé animale ont permis de réduire chaque année d’environ un jour la durée d’élevage des poulets standards.

 

 

Les hormones dans l’élevage des volailles sont interdites depuis belle lurette en France et, plus généralement, dans l’Union européenne.

 

Antraigues sur Volane

 

Le mythe du poulet aux hormones doit beaucoup à la chanson de Jean Ferrat qu’on fredonne encore de nos jours, plus de quarante ans après sa sortie.

 

 

 

Mon ami n’en croyait pas ses oreilles. « Tu devrais raconter ça sur ton blog, car beaucoup de gens l'ignorent ! ».

 

Sans-titre---1.jpgMoi non plus je n’en croyais pas mes oreilles. Je pensais bien qu’il y avait encore quelques personnes un peu paumées qui croyaient que les poulets basiques étaient produits à coup d’hormones mais que, pour la plupart des gens, l’expression « poulet aux hormones » n’était qu’une figure de rhétorique, une métaphore pour dire « malbouffe ».

 

Commission parlementaireDans mes recherches sur Internet j’ai trouvé qu’Edgar Morin, ancien grand esprit tombé avec l’âge dans l’écolo-gâtisme, déclarait, il n’y a pas plus loin que le 11 octobre 2007, devant une commission de l’Assemblée nationale :

 

 "Mieux vaut un poulet fermier qu’un poulet aux hormones, un fromage fermier qu’un fromage industriel, etc." 

 Morin poulet aux hormones

 

 

poulailler2

 

Et puis, d’autres amis m’ont confirmé que dans leur entourage il y avait beaucoup de gens qui croyaient que les poulets standard sont produits grâce aux hormones.

 

 

poulet roti

 

Avant cette petite enquête, j’hésitais beaucoup à faire un article pour dire cette évidence : les poulets que vous consommez, même basiques, n’ont pas été engraissés à coup d’hormones !

 

 

Et bien voilà, je m’y suis résolu :

  

NON, EN AUCUN CAS, VOUS NE MANGEZ DE POULETS AUX HORMONES !

 

Et maintenant, un petit complément historique dont je ne suis pas certain, car je le tiens d’une tradition orale que je n’ai pu vérifier.

Sans titre - 3

 

Le poulet aux hormones de la chanson de Jean Ferrat ne serait pas le fruit de sa pure imagination. Une affaire ayant défrayé la chronique quelques temps avant sa création, en 1964, aurait inspiré le chanteur.

 

 

24 2 Vénus

 

Un volailler du marché Mouffetard à Paris aurait connu quelques problèmes de féminisation de sa morphologie pour avoir consommé des poulets hormonés. Il s’agissait de poulets issus d’expérimentations que l’institution qui conduisait cette recherche aurait commercialisés par son intermédiaire. Ce volailler était gros consommateur de volailles et se nourrissait en grande quantité de ces poulets à la tendreté très développée !

 

 

Rue Mouffetard

 

Une affaire qui remonte à la fin des années cinquante ou au début des années soixante, et qui traîne encore dans les discours d’Evo Morales et d’Edgar Morin ! Merci Jean Ferrat !

 

 

 

Je ne sais si les hormones pour l’élevage des poulets de chair furent seulement officiellement autorisées en France. En tout cas elles sont explicitement interdites depuis presque une cinquantaine d’années. (Au Canada il semble qu’elles furent utilisées de 1958 à 1962, abandonnées bien avant leur interdiction).

 

j0150058Je ne connais pas le statut officiel des hormones dans l’élevage des poulets de chair en Bolivie. Mais il me semble peu probable qu’elles soient effectivement utilisées, car le coût de leur utilisation (implant ou injection individuelle) ne compense sans doute pas le gain obtenu par leur utilisation. Je dis sans doute, parce que si cela est évident dans les pays développés, je ne sais pas vraiment ce qu’il en est dans des pays où le coût de la main-d’œuvre est faible.

 

Toute information complémentaire ‒ confirmation, infirmation, précisions ‒ que des lecteurs pourraient apporter sur ces derniers points, historiques et réglementaires, serait vraiment intéressante. Merci d’avance.

 

Bibliographie

 

Audition d’Edgar Morin par le groupe de suivi du « Grenelle de l’environnement » de l’Assemblée nationale 

Le poulet du Québec 

Point de vue d’un diététicien sur la viande de poulet 

Volaille, la fin des idées reçues 

Tout sur la volaille, foire aux questions (groupe Doux)

 

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 22:35

 

 

DSC02936

 

Le ministère en charge de la santé publie chaque année depuis 2003 un état des lieux de la conformité des eaux distribuées à l’égard des pesticides.

 

 

 Capturer 

 

Le dernier rapport concerne les observations conduites en 2008.

Je ne sais pas exactement quand il a été publié. Les journalistes ne lui ayant pas fait beaucoup de publicité j’en ai pris connaissance presque par hasard.

 

 

DSC02946

  

En 2008 les informations recueillies ont concerné plus de 25 000 unités de distribution, soit neuf unités sur dix, desservant près de 99,3 % de la population française.

 

 

Les situations de conformité de l’eau

 

DSC02937

 

 

En 2008, la situation de conformité permanente a concerné 91,9 % de la population entrant dans le champ d'observation, soit 56,4 millions d’habitants.

 

 

 

 

 

 

Les situations de non-conformité

DSC02943Les dépassements de la limite de qualité des pesticides dans l’eau ont concerné 4,98 millions d’habitants, soit 8,1 % de la population française,  pour lesquels l’eau du robinet a été au moins une fois non-conforme au cours de l’année 2008.

 

 

Le nombre de personnes concernées par ces non-conformités a diminué faiblement par rapport à 2007 (environ 0,3 %, soit 81 000 habitants).

 

tournesols

 

Cependant, un seul dépassement, très ponctuel, en Île-de-France, a conduit à classer en situation de dépassement environ 2,3 millions d’habitants ‒ ou encore 3,7 % de la population française ‒ soit presque la moitié de l’effectif classé dans cette catégorie.

 

 

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Sur les 4,98 millions d’habitants dont l’eau a dépassé les limites de qualité, 4,92 millions (98,8 %) ont été alimentées par de l’eau non conforme n’ayant pas nécessité une restriction d’utilisation d’eau pour les usages alimentaires du fait que les dépassements  étaient limités soit au niveau des teneurs en pesticides mesurées (teneur inférieure à la valeur sanitaire maximale)  soit dans le temps (moins de 30 jours en 2008).

 

 

 

statsLes situations où la présence de pesticides a conduit à une restriction de l'utilisation de l’eau pour les usages alimentaires, ont concerné 96 unités de distribution alimentant environ 61 600 personnes (soit 0,1 % de la population française). La population concernée par ces restrictions d’usage a diminué de 31 300 personnes par rapport à l’année 2007 soit de 33,6 %.

  

 

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 Dans sa conclusion le Ministère de la santé estime donc qu’au cours de l’année 2008, l’eau distribuée en France a été de bonne qualité eu égard aux pesticides et rappelle que l’alimentation (aliments solides et eaux de boisson) est le principal mode d’exposition aux pesticides, hors contexte professionnel.

 

 

DSC02924Mais comme il faut bien sacrifier à l’idole verte du moment, le Ministère ajoute que cette amélioration de la qualité de l’eau distribuée au robinet ne doit pas occulter la contamination des ressources en eau par les pesticides et qu’en complément de solutions curatives, la mise en œuvre de mesures de prévention doit permettre d'assurer de manière pérenne la reconquête de la qualité de ces ressources.

  

Ma conclusion à moi 

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Une bonne nouvelle, même soigneusement cachée à l’opinion, ça se fête, non ? Mais pas au Château-Lapompe !

 

 

 

  

DSC02939N.B. Bien entendu on ne peut pas tout lire ni tout écouter. Donc, si un lecteur a lu dans la presse grand-public ou vu ou entendu à la télé ou à la radio un compte-rendu de ce rapport, je serai heureux de l'inviter à partager une bouteille de champagne et de faire connaître aux autres lecteurs de mon blog le très honorable titre en cause.

 

 

Bibliographie

Le rapport du Ministère de la santé est richement illustré de cartes et de graphiques.

On peut trouver les rapports des années précédentes ici. 

 

Lire aussi

Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides

Pesticides, le chiffre du jour  

Le médiatique Professeur Belpomme, lanceur de fausses alertes 

 

 

colza

 

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 01:18

 

Récemment, Greenpeace a mené une intense campagne censée sauver le thon rouge de l'Atlantique, espèce prétendument en voie de disparition.

 

Thon

 

La principauté de Monaco, relayée par l'Union Européenne, a proposé d’inscrire le thon rouge de l'Atlantique dans la liste des espèces dont la commercialisation est interdite.

 

 

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Cette position a été rejetée le jeudi 18 mars 2010, à Doha, par les parties prenantes à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) parrainée par l'Onu.

 

 

Japon (3)Que n'a-t-on pas entendu, à propos de ce rejet, sur le lobbying du Japon, premier pays consommateur de thon rouge au monde ! ''En pleine année internationale de la biodiversité, qu'une espèce aussi emblématique que le thon rouge soit sacrifiée au profit d'intérêts économiques de court terme est une véritable honte'', a déploré le WWF France.

 

Au détour d'un article du Monde ou même, in extremis, d'une page de Greenpeace, annonçant ainsi discrètement la prochaine cible de son activisme, on apprend l’existence d’une organisation internationale dont on n'a sans doute jamais entendu parler au JT de 20 heures.

espadon

 

Il s'agit de la Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique (Iccat). L'Iccat est responsable de la conservation des thonidés et des espèces apparentées (dont l’espadon) dans l’océan Atlantique et ses mers adjacentes.

 

 

Peche en MéditerranéeActuellement, quarante-huit États et l'Union européenne adhèrent à la convention ayant institué l’Iccat. Ce sont des États intéressés par la pêche de ces espèces, que ce soit à titre de pêcheurs ou de consommateurs. Ils sont donc intéressés par le fait de ne pas les voir disparaitre, mais aussi de ne pas en restreindre au-delà du nécessaire la pêche et la consommation.

 

Bien entendu les conflits d'intérêts entre ces États existent et, s'ils peuvent ralentir la prise de certaines décisions, ils sont aussi la garantie qu'elles ne résulteront pas de pures positions idéologiques militantes. Toutes les mesures de conservation et de gestion adoptées par l’Iccat proviennent des recommandations formulées par son Comité permanent pour la recherche et les statistiques, lequel rassemble plus d’une centaine des meilleurs halieutes du monde.

 

Qu'a défendu officiellement l'Iccat, à propos des thons de l'Atlantique, devant les instances de la Cites à Doha ?

 

Thon2

 

Par une déclaration de son président à la Cites, l’Iccat a fait valoir qu’elle a adopté un programme destiné à rétablir le stock de thons rouges d’ici à 2023.

 

  

  

bateau de peche à l'agonie

  

Ce programme prévoit plusieurs mesures, telles que la taille minimum de capture et la réduction de la saison de pêche.

 

 

 

 

Or, lors de l’année initiale de mise en œuvre, la prise totale autorisée fut dépassée en raison du dépassement des quotas par certains adhérents à la convention qui furent par la suite sanctionnées. Un plan de remboursement fut adopté en 2007 pour faire face à ces dépassements. Au cours de cette même année, un dispositif de surveillance des captures fut adopté.

 

bateau de peche coule

 

Une nouvelle révision intervenue en 2008 a considérablement renforcé le programme par le biais de mesures de contrôle plus strictes et la réduction de 20% de la prise totale.

 

 

 

Malgré cela, la prise totale adoptée cette année-là n’était pas conforme à l’avis du comité scientifique, situation qui a été revue l’année suivante. Au mois de novembre 2009, l’Iccat a décidé de réduire la prise totale autorisée à 13 500 tonnes pour la saison de pêche, conformément aux recommandations de son comité scientifique.

 

La surveillance des captures de thon rouge a fonctionné efficacement en 2009 : des importations de plus de 2 300 tonnes de thon rouge ont été refusées par les douanes et plus de 800 tonnes de thon rouge mis en cage ontt été remises en mer, au motif que les documents de capture n'avaient pas été émis dans le strict respect des exigences du programme.

 

japon (2)

 Dans un courrier de l’Iccat au WWF démentant les assertions « incorrectes » (qu’en termes diplomatiques ces choses là sont dites !) relevées dans un document émis par cette organisation, on apprend que les douanes ayant refusé les 2300 tonnes sont les douanes japonaises.

 

 

poissons séchés

 

Par où l'on voit que les Japonais ne sont pas plus idiots que n'importe qui et qu'ils savent que leur intérêt bien compris de consommateurs n'est pas d'épuiser la ressource. Mais, dans les media, nous n'aurons entendu parler que du lobbying intense du Japon !

 

 

Sans titre - 4

 

A l’issue de la rencontre de Doha, Greenpaece a déclaré :  "Cette conférence était une chance historique de sauver l’espèce, menacée d’extinction. Aucune mesure de protection n’a été prise pour la sauvegarde de l’espèce."

 

 

Cette déclaration ne fait pas que s’apparenter à de la mauvaise foi. C’est un mensonge.

 

thonsLa Cites n’a pas interdit la commercialisation du thon rouge de l’Atlantique, mais elle a entendu les mesures appliquées par l’Iccat et a pu, à juste titre, estimer qu’elles étaient suffisantes pour juguler une surpêche observée dans le passé, et que rien ne justifie donc l’interdiction de la commercialisation d’une espèce qu’aucun scientifique ne considère comme menacée d’extinction.

 

Quant on prétend vivre du militantisme, pour vivre, il faut faire feu de tous bois, y compris de l’exagération et du mensonge.

 

Pour paraphraser le regretté Bourvil : « Le professionnalisme, oui ! Le militantisme, non ! »

 

Bibliographie 

Un article passionnant de l'Ifremer sur le thon rouge de l'Atlantique

 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 22:40

 

 

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Plusieurs lecteurs m'ont demandé comment visionner le documentaire consacré aux travaux du physicien danois Henrik Svensmark diffusé par Arte vendredi dernier.

 

 

La vidéo de ce documentaire intitulé "Le secret des nuages", réalisé en 2007 par Lars Oxfeldt Mortensen, est en ligne sur Dailymotion, en cinq parties.

  

 

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Première partie  (33,9 Mo - 10' 17")

 

 

 

 

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 Deuxième partie   (34,1 Mo - 10' 21")

 

 

 

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Troisième partie  (34,0 Mo -  10' 20")

 

 

 

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 Quatrième partie  (33,7 Mo - 10' 14 ")

 

 

 

 

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Cinquième partie  (33,6 Mo - 10' 12 ")

 

 

 

 

Ce documentaire est très riche. Il ne se contente pas d'exposer les thèses de Svensmark mais en retrace l'histoire (de façon forcément un peu simplifiée). Ceux qui voudraient savoir en quoi les refus de publication des résultats de Svensmark par des revues à comité de lecture étaient injustifiés n'ont qu'à visionner le documentaire, Svensmark expose les motifs invoqués à l'appui de ces refus.

 

Si on me demandait de ne retenir que deux phrases de ce documentaire, je choisirais celles-ci, de Svensmark lui-même :

 

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 "... au lieu de considérer les nuages comme étant le résultat du climat terrestre il faut inverser les choses et voir le climat comme le résultat des changements dans la couverture nuageuse."

 

 

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"Ce sont des forces extérieures à notre planète qui contrôlent le climat".

  

 

 

 Je le répète, je n'ai aucune compétence pour trancher entre les thèses de Svensmark et celles des tenants de l'effet de serre du gaz carbonique. Je me contente de poser la question : pourquoi a-t-il fallu attendre le 2 avril 2010 pour entendre dans un media français, que l'on peut à peine qualifier de "grand public", une théorie alternative au "carbocentrisme" (il y en a d'autres). Je ne crois pas que les grands gourous de la bien-pensance climatique, Stéphane Foucart, du Monde, et Sylvestre Huet, de Libération, nous en aient jamais parlé, ou alors c'était pour nous dire que c'est "pipi-caca".

 

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C'est peut-être parce qu'on a fait tellement de misères à ce pauvre, éminemment sympathique  et trop jeune Henrik Svensmark, qu'il a été foudroyé par une crise cardiaque en pleine conférence sur le climat à Copenhague, en direct sur une chaîne de télévision danoise (29")*.

  

Les thèses d'Henri Svensmark sont résumées dans la première partie de l'article Climatologie politiquement incorrecte

PS en date du 22/04/2010

On peut aussi visionner et télécharger le documentaire Le secret des nuages, consacré aux travaux d'Henrik Svensmark, sur cette page. Le documentaire y est présenté en une seule fois au lieu d'être tronçonné en cinq parties comme dans les vidéos auxquelles renvoie le présent article. Le volume est de 300 Mo, au lieu de 5 x 10 soit 50 Mo, mais la qualité, notamment de la bande son, est plus confortable.

*Crise cardiaque dont il a réchappé.

 

 

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 00:03

 

Une pétition signée à cette date par plus de 500 chercheurs français a été adressée à Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, au président de l'Académie des sciences et à divers responsables d'organismes ou d'instances scientifiques. Par cette pétition les signataires se plaignent du dénigrement de leurs travaux par Claude Allègre et Vincent Courtillot et sollicitent le soutien des destinataires.

Le présent article est inhabituel pour mon blog. Il présente au lecteur l'intégralité de deux textes qui ne sont pas de ma plume : la lettre ouverte-pétition, publiée dans plusieurs journaux et en ligne sur Internet, qui a un caractère public indéniable, et la lettre ouverte que Benoît Rittaud adresse en réponse à ses collègues et qu'il a publié sur son blog, après qu'il m'y ait autorisé.

Je pense que ces deux textes éclaireront le lecteur sur la controverse en cours dans la presse et dans les media.

À la fin du présent article je donnerai les liens vers les sites originaux qui ont mis ces deux textes en ligne, un lien vers une interview sous forme audio de Vincent Courtillot, et je dirai un mot du documentaire sur les travaux d'Henrik Svensmark qu'Arte a diffusé ce vendredi soir.

 

La lettre-ouverte pétition

Destinataires :

img006Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN)
M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ces ouvrages n'auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu'à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.

Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.

Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS)

 

La lettre ouverte en réponse à ses collègues de Benoît Rittaud.

Sans titre - 1

 

Lettre ouverte aux signataires de l’appel « Éthique scientifique et sciences du climat »

Messieurs les Académiciens,
Mesdames et messieurs les directeurs de centres de recherches,
Chers collègues,

 

 

 

Vous êtes à présent environ cinq cents à avoir signé cette pétition dont l’objet est d’obtenir une mise à l’index des livres de Claude Allègre et Vincent Courtillot de la part de vos ministres et organismes de tutelle. Vous invoquez pour cela le « pacte moral » qui lie les scientifiques à la société, et vous vous indignez d’accusations d’impostures, qui constituent pour vous une insulte à votre intégrité.

Le débat qui nous agite autour du climat est un débat fondamental, car de la manière dont la société décidera de le trancher pourrait découler une modification profonde de notre organisation sociale. La rigueur scientifique y est donc plus que jamais indispensable, et vous avez raison de parler de pacte moral entre la science et la société. L’un des éléments les plus essentiels de ce pacte est la stricte séparation entre le travail scientifique et la parole politique. Comme l’histoire des sciences le montre aisément, et comme l’avait déjà compris Max Weber, le mélange entre science et politique conduit immanquablement à un affaiblissement de la première. Personne parmi vous, sans doute, ne souhaite voir se répéter les errements auxquels a parfois conduit un tel mélange.
C’est pourtant à cela que, de manière sûrement involontaire, votre initiative conduit inévitablement. Votre pétition, en effet, demande expressément une réaction des structures référentes de la recherche publique. Qui donc, parmi vous, pense que l’honneur des scientifiques repose dans une prise de position que pourrait prendre un ministre sur la théorie scientifique que vous défendez ? À l’évidence, tout appui que vous pourriez recevoir sera logiquement interprété comme étant de nature partisane, ne faisant que refléter la réalité de jeux de pouvoir qui vous échappent. Où est donc la science dans tout cela ?

La forme de votre initiative est donc une double méprise. La première méprise consiste à demander au pouvoir politique de prendre parti contre des personnes ayant publié des livres. Cela s’apparente fort à une tentative d’entrave à la liberté d’expression. Plus grave encore, cette velléité de censure qui ne dit pas son nom s’appuie sur une invocation du « filtre standard des publications scientifiques », rapprochant ainsi de façon coupable les procédés de revue par les pairs d’une censure légale.
Comment a-t-il pu vous échapper que les éditions Plon, qui publient le livre de Claude Allègre, aussi bien que les éditions Odile Jacob, qui publient celui de Vincent Courtillot, ne sont pas, n’ont jamais été, et n’ont pas à être soumis au processus de revue par les pairs ? Ces deux éditeurs ont leur propre politique éditoriale, qu’ils délimitent de la manière qu’ils veulent. Ils n’ont en aucune manière à rendre des comptes au CNRS, au ministère de la Recherche, ou à n’importe quelle autre structure institutionnelle. Ces dernières n’ont pas davantage à donner leur avis dessus, sollicité ou non.
Bien sûr, la liberté d’expression n’est pas absolue, et un cadre existe pour en délimiter les contours. C’est cela qui amène à votre seconde méprise : avoir ignoré le rôle de la justice. Celui qui estime être l’objet d’une diffamation peut demander réparation à la justice, seule habilitée à trancher ce type de litige. Si celle-ci n’a certes pas pour rôle de trancher un débat scientifique, elle a en revanche celui de déterminer si telle ou telle déclaration a un caractère infamant. Il existe des cadres pour régler certains différents ou infractions à la loi, des espaces pour débattre (les médias) mais il n’existe heureusement plus un quelconque « droit divin » en vertu duquel on pourrait sanctionner pour délit d’opinion.

En dévoyant le sens du processus de relecture par les pairs, aussi bien qu’en soumettant votre travail à l’imprimatur de structures politiques, vous ne réalisez sans doute pas la portée de votre geste. Votre assaut dérisoire se fait au prix d’un précédent extrêmement dangereux, qui fragilise la science dans son ensemble et va contribuer à affaiblir plus particulièrement la climatologie. Nous touchons là à des idées qui vont bien au-delà du seul débat sur le climat : la place de la science, la liberté d’opinion.
Ainsi, vous avez fait un pas de trop. S’il est parfaitement légitime de votre part de vouloir défendre la justesse de votre cause et la rigueur de vos travaux, en aucun cas tout cela ne peut justifier un appel à la censure et à l’arbitraire. Il n’y a pas de science officielle dans ce pays, fut-elle publique. En invoquer une ne peut qu’accroître le doute et la confusion. La légitimité des travaux menés en climatologie passe par d’autres voies que la désignation à la vindicte de boucs émissaires, et il nous revient à tous de faire en sorte que ne s’éteigne pas une certaine idée de la science.

Benoît Rittaud.

 

Lire la lettre pétition sur son site d'origine.

Lire la lettre de Benoît Rittaud sur son Blog

Interview de Vincent Courtillot sur RTL (6' 15")

 

HenrikSvensmark

 

Le documentaire diffusé par Arte ce vendredi 2 avril sur les travaux du danois Henrik Svensmark est, malgré quelques défauts de traduction, remarquable. Aurait-il pu être diffusé il y a seulement quelques mois, avant le climategate et les éclats de voix de Claude Allègre ? Les thèses d'Henrik Senvsmark sont résumées dans mon article Climatologie politiquement incorrecte . Un bref entretien avec Henrik Svensmark en suivant ce lien

 

 

 

Dans ce documentaire Henrik Svensmark indique le refus de publication injustifié qu'il a subi a plusieurs reprises de la part de revues scientifiques à comité de lecture, pratique dénoncée par Richard Lindzen, dont j'ai parlé dans mon article Réchauffement climatique : la science sacrifiée sur l’autel de la pensée unique

 

Et puis, cerise sur le gâteau, un éditorial très raisonnable de Laurent Joffrin, dans Libération. Sylvestre Huet devrait lire les éditoriaux de son patron avant de jeter ses articles fielleux sur la toile !

 

Le-proc-s.jpgLe titre que j'ai donné au présent article vient de ce que 500 scientifiques, qui devraient être les héritiers de la tradition maintenant multiséculaire qui revendique l'indépendance de la science vis-à-vis de tous les pouvoirs, politiques ou religieux, et qui font cependant appel à leur ministre de tutelle pour les défendre contre leurs contradicteurs, me font penser à Galilée qui demanderait au Saint-Office de le défendre contre les critiques de ses collègues. (Il y a cependant deux différences de taille à cette comparaison : sur le plan scientifique Galilée avait raison, ce qui est rien moins que certain pour ces quelques chercheurs, et Valérie Pécresse s'est refusée à jouer le rôle de censeur).

 

Le présent article est plus long, moins illustré et sûrement plus ardu que ce à quoi je m'essaye d'habitude, mais j'espère qu'en donnant les éléments essentiels de la controverse il aura néanmoins aidé les lecteurs à décrypter une chaude actualité !

  

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 19:20


Quiconque s’est intéressé à l’épistémologie, même de loin,  a entendu parler :

popper
Du critère de réfutabilité de Karl Popper, permettant de distinguer les énoncés scientifiques de ceux qui ne font que prétendre l’être.





Kuhn
Des changements de paradigmes qui, selon Thomas Kuhn, scandent l’histoire des sciences.





DSC02554 (3)

Et d’un principe bien plus ancien, puisqu’il remonte au XIVe siècle, le rasoir d’Occam.




Le livre de Benoît Rittaud, Le mythe climatique, dont j’ai parlé dans un précédent articles, suscite la critique fréquente que, s’agissant d’un mathématicien, l’auteur ne saurait se prononcer dans le domaine de la climatologie.

Galilée
Ce à quoi d’autres opposent que, puisque selon Galilée il est vrai que  « La nature est un livre écrit en langage mathématique », les mathématiciens sont autorisés à jeter un coup d’œil sur les calculs et les raisonnements de leurs collègues de toutes spécialités scientifiques.
Ce n’est pas sur ce terrain polémique que je veux aller aujourd’hui.


Je souhaite porter à la connaissance de mes lecteurs les considérations que Benoît Rittaud développe à propos du rasoir d’Occam.


Occam
Ce principe veut qu’entre deux théories expliquant aussi bien un phénomène, il convient de retenir la plus simple. Ce principe ne peut être démontré. Comme l’écrit Benoît Rittaud, il a donc mauvaise presse. Il n’en a pas moins guidé la science. Je me suis souvent demandé ce qui pouvait justifier pragmatiquement cet axiome.

J’ai trouvé la réponse aux pages 99 et 100 du Mythe climatique.




La dangereuse puissance de l'imagination

Pise (6)
Cette histoire des carottes de glace est riche d'enseignements. Le premier est que l'imagination est sans limite lorsqu'il s'agit de
défendre un point de vue. Les scientifiques disposent de moyens quasiment infinis pour défendre une théorie et son contraire. C'est à cette aune que doit être jugé l'intérêt d'un critère comme le fameux « rasoir d'Occam », du nom de Guillaume d'Occam, qui passe pour en être l'inventeur au début du XIVe siècle (bien que diverses variantes soient plus anciennes, et se trouvent même chez Aristote, au IVe siècle avant notre ère). Dans sa présentation courante, le rasoir d'Occam stipule qu'entre deux théories, il vaut mieux retenir la plus simple en accord avec les observations.


Commode à première vue, ce critère
souffre de plusieurs graves défauts théoriques qui font qu'il n'a pas bonne presse : d'une part, il n'est pas toujours possible de se mettre d'accord sur la simplicité relative de deux théories concurrentes ; d'autre part, cette « prime à la simplicité » est difficile à soutenir en dehors d'un jugement esthétique extrascientifique.


Centaure2
Malgré ces problèmes, le rasoir d'Occam n'est pas sans intérêt. Le premier de ses défauts ne se manifeste pas dans le cas qui nous concerne car, pour ce qui est de l'analyse des courbes données par
les carottes de glace, la simplicité choisit très clairement son camp. Quant au second, il peut se résoudre dans certains cas en prenant du recul et en comprenant le rasoir d'Occam comme un garde-fou. Puisque l'imagination est sans limite - c'est sans doute même l'une des plus puissantes forces de l'esprit humain -, il est parfois nécessaire de la canaliser.


Le rasoir d'Occam fournit une manière de le faire, en proposant une méthode pour confronter nos constructions intellectuelles à un critère neutre (1). Une exégèse du rasoir d'Occam pourrait être : « puisque vous parviendrez toujours à concevoir des explications cohérentes à tout, lorsque viendra le moment de faire le tri, demandez-vous si vous avez vraiment fait autre chose que tordre vos raisonnements ou vos interprétations dans le but de faire l'économie d'une remise en cause ».

1. Je dis « neutre », et non pas « objectif». La simplicité est une notion subjective, mais on peut la considérer comme neutre dans la mesure où elle transcende le contexte auquel il s'agit d'appliquer le rasoir d'Occam.
 
Lumineux, non ?


Bibliographie

SokalBricmont
On trouvera une présentation de différentes théories épistémologiques dans Impostures intellectuelles d'Alan Sokal et Jean Bricmont, Le Livre de Poche, biblio essais.









img002
Le mythe climatique
, Benoît Rittaud, Éd. du Seuil, coll. Science ouverte.

 








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