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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 00:07

 



Le progrès de la productivité du travail humain remonte aux origines de l’humanité.




Les paléontologues ont montré qu’au paléolithique, déjà, sa vitesse n’était pas constante et qu’il allait toujours s’accélérant. Comme la productivité du travail humain à ces époques reculées ne peut être mesurée directement on l’a mesurée indirectement par l’efficacité ou la maniabilité des outils : c’est ainsi que les paléontologues ont constaté que le rapport entre la longueur utile du tranchant et la masse de la pierre taillée allait en augmentant et ceci de façon accélérée.

 


Lorsque j’entends les éternelles jérémiades contre le souci de rentabilité, contre la productivité, le règne de l’argent roi, etc. j’aime bien répondre :

 


L'homme est ainsi fait qu'il est
cupide et paresseux.

 

Il veut toujours consommer et posséder plus tout en travaillant le moins possible.

 

C'est le moteur du progrès technique, économique et social.

 

C'est à cela qu'on doit la richesse de nos sociétés actuelles et l'espérance de vie qui s'accroît sans cesse.


Evidemment il ne faut pas entendre ici par cupidité le désir de voler ce qui appartient à son prochain, ni par paresse celui de ne rien faire. Bien entendu, il s’agit là de la volonté d’économiser la peine et la sueur des hommes et de la volonté de lui procurer toujours plus d’aisance et de confort.

 

Au stade de développement dit des cueilleurs-chasseurs une chose est à peu près certaine : l’humanité était en équilibre écologique avec son milieu extérieur. Elle prélevait sur la nature fort peu de choses et si elle prélevait trop pour que le milieu se renouvelle, la survie des groupes devenait précaire et leurs effectifs étaient ramenés à un niveau assez bas pour permettre la reconstitution des ressources.

 

Certains paléontologues prétendent qu’à cette période bénie de l’histoire de l’humanité, le jardin perdu d’Eden, le temps de travail était faible et les famines n’existaient pas. On peut douter de ces deux affirmations : tout chasseur sait qu’il y a des bonnes saisons de chasse et de moins bonnes. Ce dont on peut être à peu près sûr c’est que le chômage n’existait pas et que l’espérance de vie était faible et, surtout, condamnée à le rester à travers les générations.

 


Lorsque l’humanité invente l’élevage et l’agriculture, que fait-elle ? Grâce à son génie elle trouve le moyen d’intensifier la production de la nature. L’intensification préside à l’activité agricole dès sa naissance.


 



L’agriculture et l’élevage permettent de dégager des surplus, qui sont eux-mêmes à l’origine du développement des villes et des premières grandes civilisations de l’antiquité, que ce soit en Amérique, au Moyen-Orient ou en Asie. Les surplus dégagés permettent dans un premier temps de ne nourrir en sus des producteurs agricoles qu’un relativement faible nombre de non-agriculteurs ; c’est néanmoins, sans doute, le début de la division du travail ou, sinon sa naissance, du moins la possibilité de son essor.





Ce sera aussi de grandes cités et de grands travaux, pour certains dits « pharaoniques ». Les ziggourats, les pyramides, les temples égyptiens : impossibles sans l’agriculture. Si la culture est fille de la ville, l’agriculture en est la mère.

 







Avec les progrès de l’agriculture, donc son intensification, la part de la population urbaine peut croître. Elle connaît même au cours du xxe siècle une véritable explosion, amorcée dans les pays développés dès les xviiie et xixe siècles. Cette explosion démographique des villes est-elle un bien ou un mal ? Chacun est libre de son opinion. Mais c’est un fait « incontournable » comme on dit dans le jargon d’aujourd’hui. Il faut bien nourrir cette population.





La population mondiale est globalement en croissance. On ne voit guère comment la nourrir sans une certaine intensification de l’agriculture mondiale. Remarquons au passage que grâce aux progrès de l’agriculture, les grandes famines ont disparu de la surface du globe. Il reste encore une certaine malnutrition à résorber et on voit mal comment l’extensification de la production agricole pourrait y aider.

 


Malgré la malnutrition persistante d’un peu plus de 10 % de la population mondiale, on peut dire sans aucune restriction, que l’agriculture moderne est, avec la médecine et l’hygiène publique, une des trois grandes réussites technologiques de l’histoire de l’humanité, enfin débarrassée du spectre de la disette et de la famine qui l’a accompagnée dans ses cauchemars depuis des millénaires.



 

 

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Published by Laurent Berthod - dans Progrès
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commentaires

Olivier 26/05/2012 08:58

Une petite vidéo qui va dans le sens de votre article...

http://www.ted.com/talks/louise_fresco_on_feeding_the_whole_world.html

Olivier 10/04/2012 22:00

Après avoir fini ma salade (sans vinaigrette), je me suis rendu sur votre blog. Et je dois reconnaître qu’après la lecture de cet article passionnant, je commençais enfin à me sentir mieux. Mais en
lisant ces derniers commentaires, la peur est revenue au galop comme la mort vous tombe dessus sans prévenir ! Vous n’auriez pas une ou deux clopes à m’avancer monsieur Berthod car quand
j’angoisse, j’ai envie de fumer…

Laurent Berthod 10/04/2012 22:20



Ben, c'est-à-dire, je dois avoir encore une dizaine de clopes qui trainent dans un vieux paquet, quelque part dans un tiroir, je ne sais plus lequel, oublié depuis 1998, quand je me suis arrêté
de fumer ! Désolé ! Si je tombe dessus par hasard, je vous fais signe ?



Vegetalizer 24/06/2009 13:41

L'espérance de vie va chuter brutalement et les cancers, alzeimer et autres explosent car les enfants qui consomment des pesticides depuis les années 60 et après (11 kg par an et par personne) vont tomber malade, les pesticides étant des substances bio accumulables.Donc arrêtez de dire des conneries pour le seul plaisir de croire que "tous des cons, sauf moi".

Patrick Garnon 06/05/2009 08:41

Simplement deux petites remarques: intensive ne veut pas dire grand chose en soi: intensive en capital, en travail, en productivité à la surface? Les agricultures sur brûlis "traditionnelles" sont très intensives en travail et à la surface par exemple, et on n'a pas fait beaucoup mieux depuis.

Quant à productiviste, je ne peux pas être d'accord. Cela ne veut pas dire destiné à produire ( ce que fait toute agriculture!), mais veut dire avec comme seul objectif et critère d'appréciaition la production en ignorant tout le reste, et notamment le renouvellement des facteurs de production. Les moyens modernes, et notamment l'agro-chimie, font que cette logique réductrice aboutit à des catastrophes sur de nombreux plans. Mais la discussion détaillée de ce sujet sera pour une autre fois.

Amitiés

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