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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 00:00

 

 

blé (12)


Dans l'article Non, l'agriculture biologique ne peut pas nourrir l'humanité j’avais comparé les rendements français des cultures de blé, maïs et orge, en culture bio et tous modes de production confondus.


 

moissonneuse batteuse (27)

Les statisticiens français n’établissent pas encore de rendements isolément pour les seules cultures conventionnelles. Comme les surfaces en bio sont faibles, on peut considérer qu’elles influent peu sur le rendement moyen tous modes de production confondus et que celui-ci approxime de façon très satisfaisante le rendement en culture conventionnelle.





blé (22)

En tout état de cause, si je me trompais et que cette influence sur le résultat moyen soit significative, cela voudrait dire que le rendement en culture conventionnelle est plus élevé que cette moyenne relatée dans les statistiques.

 

J’ai trouvé une actualisation des données pour les années 2010 et 2011. J’ai donc pu constituer un tableau regroupant l’évolution de ces rendements pour les années 2008, 2010 et 2011.

 

  Quintaux par hectare et %

2008

2010

2011

Blé tendre

 

 

 

Bio / France

31

32

32

Tous modes de production / France

73

73

68

% rendt bio/rendt tous modes de prod.

   43 %

   44 %

   47 %

Maïs

 

 

 

Bio / France

66

58

54

Tous modes de production / France

95

90

105

% rendt bio/rendt tous modes de prod.

   70 %

   64 %

   51 %

Orge

 

 

 

Bio / France

29

31

30

Tous modes de production / France

69

64

60

% rendt bio/ rendt touss mode de prod.

   42 %

   48 %

    50 %

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On voit que depuis mon article d’octobre 2009 les choses n’ont pas fondamentalement changé et que ma conclusion d’alors reste valide :


Le Nain (3)


Comment nourrir le monde avec des rendements deux fois plus faibles ?


 




Je profite de cette mise à jour pour aborder un autre point que les écolos nous assènent régulièrement et qui est une contrevérité : les produits issus de l’agriculture biologique seraient plus sains et plus sûrs que les produits issus de l’agriculture conventionnelle.


chussettes

C’est une contrevérité pour une raison très simple : c’est faux et, de la même façon que les chaussettes de l’archiduchesse sont archi-sèches, c’est archi-faux !





Beaucoup de produits issus de l’agriculture biologique sont plus risqués que les mêmes produits issus de l’agriculture conventionnelle.

Exemples


Aspergillus flavus - 2Certains champignons qui s’attaquent aux céréales, sur pied, ou en grain dans les silos de stockage, produisent des toxines qui ont, selon les cas, des effets cytotoxiques, tératogènes et cancérigènes. Les plus célèbres sont les aflatoxines, cancérigènes à très faibles doses. L’aflatoxine B1, produite notamment par la moisisssure Aspergillus flavus est le plus puissant agent cancérigène connu du foie.




rouille-noire2-copie-1.jpg
Au champ, les attaques d’insectes, qui blessent les tissus végétaux favorisent le développement des moisissures.






silos à grain - CopieAu silo, les conditions de température et d’humidité sont déterminantes pour le développement des moisissures mais, ces conditions remplies, les insectes et les rongeurs facilitent les attaques.




pommes -

La patuline est un puissant neurotoxique produit par une moisissure s’attaquant notamment aux pommes. Le développement de cette moisissure est favorisé par les attaques de certains insectes. La patuline se retrouve dans le jus de pomme. Les jus contaminés n'ont ni goût particulier, ni modification d'aspect. Les jus fermentés, cidres, en sont exempts (décidément les alcoolophiles bénéficient de la bienveillance de dame nature car, si l’alcool tue lentement, ils ne sont pas pressés !)





DDT--3-.jpg
Il est clair que dans ces deux cas, s’interdire l’utilisation de fongicides, d’insecticides et de raticides efficaces ne peut que favoriser les accidents liés au développement opportuniste de moisissures.





potager - 4
Pour un certains nombre de produits, comme les légumes poussant au contact du sol ou les graines germées, l’utilisation de composts pas toujours confectionnés selon les règles de l’art, ou de façon pas toujours étroitement contrôlée, ne peut que favoriser le risque de contamination par des bactéries Escherichia coli, communément présentes dans les intestins des mammifères, dont certaines souches sont extrêmement nocives, voire mortelles, pour l’homme.


 

 

Fenugrec (2)
On devrait plus souvent se rappeler la contamination due aux graines germées de fenugrec bio, qui a fait récemment cinquante trois morts en Europe et plus de huit cents malades atteints de séquelles graves et irréversibles les condamnant à être dialysés le restant de leur vie.




Les militants de l’agriculture biologique prétendent qu’avec un mode de production moins intensif et sans pesticides un certain équilibre écologique s’établit, défavorisant le développement de moisissures nocives. Cela relève de la pensée magique. Il est bien établi que les accidents sanitaires dus à l’alimentation étaient considérablement plus fréquents aux époques où les moyens modernes, fondements de l’agriculture intensive, n’existaient pas.


DSC08660

Une étude réalisée aux Pays-Bas en 2001 a montré que les œufs bio dépassaient dans trois cas sur huit la norme autorisée pour les dioxines, alors que cela ne se présentait jamais pour les œufs de poules élevées en bâtiment.





plein air

Cela s’explique parce que les poules « bio » sont élevées en plein air et que le picorage en plein air les conduit à ingérer les dioxines issues de la pollution atmosphérique déposée sur le sol. Bon, il reste à prouver que le dépassement de la norme présente un danger. Personnellement j’en doute, mais les écolos-bios ?




logab
Je ne raconte pas tout ça pour propager un climat de peur ni pour dissuader de consommer des produits bio, juste pour relativiser la propagande des militants du tout bio, propagande injuste, jusqu’à en être diffamatoire, à l’encontre des produits de leurs concurrents de l’agriculture conventionnelle.



Bien entendu ce sont les militants du bio qui accusent les gens qui ne pensent pas comme eux de défendre des thèses au service d'intérêts économiques et commerciaux.

 

logo-footerIl est bien évident, en revanche, que La Vie Claire, Biocoop, Lemaire Boucher, les Amap bio, les agriculteurs bio, n’ont aucun intérêt économique ni commercial à défendre les thèses de l’agriculture biologique ! Ce sont les seuls agriculteurs, industriels et commerçants désintéressés au monde !

 

Pour en savoir plus

Enquête France Agrimer rendements et variétés céréales bio

Les mycotoxines du blé vues par l'Universisté du Havre

La patuline vue par le service régional de la protection des végétaux de Haute-Normandie

Lire aussi 

Non, l'agriculture biologique ne peut pas nourrir l'humanité

Pesticides, le chiffre du jour : 1 !

Pesticides, le chiffre du jour qui ne veut rien dire !

Pesticides, le chiffre du jour : 9000 !

Pesticides : une bonne nouvelle qu’on n’a pas entendue à la télé

Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides

 

Grenier, Asturies 2

Très beau grenier surélevé photographié en 1978 dans une ferme des Asturies

 


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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 01:00

 

 

Dans un forum à propos du projet de décret sur l’étiquetage « sans OGM », un participant glissait malicieusement : « (…) en attendant les hosties sans OGM. »

Je me préparais à répondre non moins malicieusement : « Et surtout, à quand les hosties bio ? » Avant de cliquer sur « envoyer », j’ai navigué un peu sur Internet pour voir ce qui était dit de cette question.


lavie.JPG


Je n’ai vraiment pas mis longtemps pour trouver un Appel aux évêques pour l'écologie, publié le 2 novembre 2011 dans La Vie.fr.




Après des considérations introductives, la première demande listée dans cette pétition est rédigée ainsi qu’il suit :

emmaus champaigne (2)1. Commencer par le plus saint, c’est-à-dire des hosties et du vin de messe issus de l’agriculture biologique est un premier pas essentiel. Le corps et le sang du Christ qui apportent la vie ne peuvent plus contenir des substances dont nous savons à présent qu’elles sont susceptibles de la détruire. Soutenir par un accompagnement la conversion des communautés qui s’engageront dans cette voie est nécessaire.



cène-champaigne2

Selon la foi catholique et la doctrine de l’Église, l’hostie consacrée est le corps du Christ.


 

Je pose donc la question très simple :


 ab - Copie 


Le Christ était-il certifié bio ?
De la marque Lemaire-Boucher ? La Vie Claire ? Biocoop ?







On aura compris que je ne me moque pas là de la foi catholique mais de la naïveté des signataires de cette pétition, qui n’ont pas saisi que le bio est une vaste fumisterie à objectif exclusivement commercial qui abuse les consommateurs en prétendant être meilleur pour la santé et pour l’environnement.



Saint-Sulpice chaire

Il semble, je ne suis pas expert en la matière, qu’ils n’aient pas non plus assimilé la doctrine de l’Église. Sur cette question, les lecteurs intéressés pourront se référer au très savant article de Stanislas de Larminat : Ecologie : « Ni un esthétisme de luxe, ni un vague naturalisme ! » (Mgr Vingt-Trois)





En un mot : Stanislas de Larminat qualifie cette prise de position de syncrétisme. Qu’est-ce que le syncrétisme ? C’est, en l'occurrence,  pour simplifier, servir à la fois Dieu et Gaïa ! Ce qui est tout aussi impossible que de servir Dieu et Mammon.



Vade retro Satanas !

 

l'ange rebel

 

Pour en savoir plus :

Appel aux évêques pour l'écologie

Ecologie : « Ni un esthétisme de luxe, ni un vague naturalisme ! » (Mgr Vingt-Trois)
 

larminat

 

Un excellent livre :

Les contrevérités de l’écologisme, Stanislas de Larminat, Éd. Salvator, avril 2011.


 

 

 

 

Ma touche personnelle.

gaïa (2)Cette demande d’hosties bio a profondément choqué les convictions philosophiques les plus intimes de l’agnostique que je suis, qui plongent leurs racines dans l’humanisme chrétien. Je partage, à ma façon, l’accusation de syncrétisme portée par Stanislas de Larminat. Je trouve assez lamentable, et ce d’autant plus venant de fidèles, d'assaisonner le plus sacré du christianisme d'une vinaigrette idéologique bassement mercantile et terrestre, relevant tout au plus du paganisme, pour ne pas dire de l’animisme.


Bon, enfin, on me dira, sans doute à juste titre, que ce n’et pas à un agnostique de donner des leçons de religion à des croyants ! Mais de raison, un peu, non ?

 



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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:30

 

OMS

 

Dans un bulletin du 15 juin dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recense 3362 cas de contamination par la bactérie Escherichia coli O104:H4, dans 14 pays européens, aux États-Unis et au Canada. Trente sept de ces cas ont été mortels.

 

 

 

hydroponie (2)

 

Samedi dernier, 11 juin, l'origine de la contamination a été confirmée par les autorités allemandes. Il s’agit de graines germées en provenance d'une ferme du nord de l'Allemagne pratiquant l'agriculture biologique .

 

 

concombres

 Je me suis fait attaquer vertement pour avoir prétendu que l’origine de la toxi-infection était due aux concombres bio en provenance d’Espagne. Je n’ai pas vraiment dit ça dans mon précédent article. Je ne tirerai donc aucune gloriole revancharde du fait que, cette fois, il est attesté que le produit incriminé provient d’une ferme bio.

 

 

E. coli (2)

 

En effet, selon Jean Daniel Flaysakier "Ces pousses sont mises (...) à des températures de 37°C. Et pour des bactéries à tropisme digestif, c’est le Club Med ! (...) Il suffit (…) que les pousses aient été légèrement souillées au départ pour que la mise en culture chaude fasse croître de façon exponentielle la quantité de bactéries. C’est cette énorme quantité ingérée, ce qu’on appelle l’inoculum, qui a fait que des adultes jeunes en pleine forme aient pu être malades à ce point."

 

 

thermostat--2-.jpgJe n’ai pas pu vérifier que ces graines sont bien mises dans une atmosphère à 37° pour les aider à germer, mais le Codex alimentarius* confirme qu’en général, les procédés de germination employés pour la production de germes exigent le maintien des graines dans un milieu chaud et humide pour une période de deux à dix jours.

Le facteur de risque principal pour ce produit est donc la température à laquelle on fait germer les graines. C’est pourquoi il faut être d’autant plus vigilant sur les sources possibles de contamination.

 

 

Dans le cas qui nous occupe on ignore, et on ne saura peut-être jamais, d’où vient la contamination qui a touché l’exploitation où les graines étaient mises à germer. Parmi les plus probables, il y a trois possibilités :

  

DSC06533

 

- défaut d’hygiène du personnel

 

 

 

eau--3-.jpg

 

- eau avec laquelle on humidifie les graines pour les faire germer, souillée par le bacille.

   

Soybean (4)

 

 - graines achetées porteuses du bacille.

 

 

 

 

Dans un document du Codex alimentarius* datant de 2003 on lit :

 

Soybeans (4)

Ces dernières années, les graines germées ont vu leur popularité s’accroître considérablement. Elles sont beaucoup appréciées pour leur valeur nutritive. Cependant, le nombre croissant de cas d’intoxication alimentaire associés aux germes crus soulève des inquiétudes chez les organismes de santé publique et les consommateurs quant à l’innocuité de ces produits.

 

Et encore :

Les enquêtes sur les flambées d’infection indiquent que les micro-organismes trouvés sur les germes proviennent généralement des graines.

 

AbreuvoirLa plupart des graines fournies aux producteurs de germes sont produites pour les cultures fourragères et les pâturages et n’ont donc pas fait l’objet des bonnes pratiques agricoles permettant de prévenir la contamination microbienne des graines destinées à la germination, notamment à cause de la mauvaise utilisation d’engrais naturels ou d’eau d’irrigation contaminée.

 

Mais enfin, quand même, en principe, les graines fournies pour faire des germes bio doivent elles-mêmes être des graines bio provenant d’exploitations bio.

 

Cet épisode infectieux a été l’occasion de fantasmes nombreux, multiples et infondés sur Internet. Je ne m’attaquerai qu’à un seul d’entre eux.

  

labo (4)

 

La souche du bacille en cause étant résistante à plusieurs antibiotiques, il ne pouvait donc s’agir, pour les esprits tordus, que de bactéries modifiées génétiquement dans des laboratoires fous et/ou militaires, relâchées volontairement ou accidentellement dans l’environnement. Certains ont été jusqu’à imaginer un complot pour discréditer l’agriculture bio au profit des multinationales comme Monsanto. En réalité la bactérie était effectivement résistante à plusieurs antibiotiques mais parfaitement sensible à beaucoup d’autres, couramment utilisés en médecine.

  

 

Hotel-Dieu---Copie--2-.jpgSi les antibiotiques n’ont pu être utilisés pour combattre la maladie, nous apprend la Société française de microbiologie, c’est tout simplement qu’il est fortement déconseillé de traiter massivement par antibiotiques les sujets atteints sous peine d’aggraver l’état clinique du patient. En effet, la lyse bactérienne observée lors d’un traitement antibiotique entraîne la libération d’endotoxines bactériennes aggravant la symptomatologie.

 

 

 

charolais.jpgPour ce qui est de l’infection par les steaks hachés, actuellement en cours en France, il ne s’agit pas de la même souche d’Escherichia coli. Un article de Jean-Daniel Flaysakier apportera au lecteur intéressé toutes les informations utiles sur les précautions à prendre pour consommer des steaks hachés, dont ont sait depuis fort longtemps qu'il s'agit  de produits à risque.

 

 

 

 

NB1 Personnellement je n'aime pas les pousses de soja et n'en mange quasiment jamais.

 

maïs épis

 

S'agissant de graines, je préfère nettement le pop-corn ! J'aime beaucoup les steaks hachés et comme j'ai le goût du risque, je les mange plutôt saignants !

  

 

 

 

NB2 Les écolos, les OGM, le bio

 

La surface mondiale cultivée certifiée bio est estimée à 37, 5 millions d’hectares fin 2009, selon Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, en hausse de 6% par rapport à 2008.

  

supergicies-GM.JPGEn 2010, 148 millions d’hectares ont été cultivés avec des OGM dans le monde (+10 % par rapport à 2009) ! Depuis quinze ans qu'on cultive des OGM dans le monde, aussi bien pour l'alimentation humaine que pour l'alimentation animale, on n'a pas détecté un seul cas de maladie lié à leur ingestion, encore moins un seul mort, mais les écolos  nous bassinent avec le principe de précaution.

 

morts--2-.jpg

 

Des germes bio font plus de trente morts en quelques semaines. A-t-on entendu les écolos ? Vive le bio, brevet qui met à l'abri de leurs imprécations !

 

 

 

 

* La Commission du Codex Alimentarius a été créée en 1963 par la FAO et l'OMS afin d'élaborer des normes alimentaires, dont les buts sont la protection de la santé des consommateurs, la promotion de pratiques loyales dans le commerce des aliments et la coordination de tous les travaux de normalisation ayant trait aux aliments entrepris par des organisations aussi bien gouvernementales que non gouvernementales.

 

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 00:15

 

 

Sans titre - 1

 

Escherichia coli est une bactérie qui colonise l’intestin de nombreux animaux à sang chaud. La très grande majorité des souches de ce germe sont d'inoffensives commensales des espèces dont elles sont les hôtes, mais quelques unes sont à l’origine de maladies très graves, qui peuvent être mortelles.

 

 

 

DSC06270

 

Hier soir dimanche, la souche virulente d’Escherichia coli responsable d’hémorragies intestinales, transmise par la consommation de concombres originaires d'Espagne, a fait au moins dix morts en Allemagne.

  

 

 

 

Hamburg

 

Le nombre de personnes infectées a augmenté au cours du week-end, avec au moins 467 cas d'infections intestinales pour la seule ville de Hambourg, dont 91 cas, plus graves, de syndrome hémolytique et urémique.

 

 

 

Des cas sont déclarés dans d’autres pays de l’union européenne, dont trois en France.

 

 

serres3

Le système d’alerte mis en place par l’Union européenne, très performant, a permis de remonter aux exploitations agricoles d’où sont originaires les lots de concombres incriminés. Les deux exploitations sous serres en causes, situées en Andalousie, ont été interdites de commercialisation.

 

 

logo

 

Ce qu’en France on a peu entendu dans les media et peu lu dans la presse, c’est que ces deux exploitations produisaient en agriculture biologique.

Hier soir, Le Monde, par exemple, n’en avait toujours pas informé ses lecteurs. Faut-il croire que l'idée que des produits « bio » puissent tuer des consommateurs exerce sur les journalistes un effet de sidération aussi puissant que l'affaire DSK sur l'opinion publique ?

 

 

étal (2)

 

Pour l’instant, les autorités espagnoles défendent la réputation des produits nationaux en arguant que ces concombres ont pu être contaminés en aval des exploitations d’origine, dans la chaîne de transport et de commercialisation, ce qui n'est pas exclu. 

 

 

DSC06243Il est néanmoins bien connu des professionnels qu’en production légumière, plus spécialement pour les légumes qui trainent par terre, comme les cucurbitacées, les épinards ou certaines salades, le risque de contamination par des germes d’origine fécale est accru en agriculture biologique, où seuls les engrais organiques, la merde, quoi, pour parler clair, sont autorisés.

 

En 2005, aux États-Unis, un épisode à Escherichia coli virulentes, transmises par des épinards « bio », a été responsable d’un décès, de vingt-trois cas d’insuffisance rénale et de plus de cent cinquante hospitalisations.

 

Hôpital

D’autres risques sanitaires accrus en production biologique sont bien documentés, notamment la présence de toxines naturelles produites par les champignons parasites insuffisamment éliminés par les méthodes biologiques. Il s’agit notamment des aflatoxines, hautement cancérigènes, fréquemment détectées dans les céréales et les arachides, ou des patulines, dans les pommes et les jus de pommes, responsables pour leur part de lésions congestives graves des poumons, des reins et de la rate ainsi que d'atteintes nerveuses et de paralysies.

 

 

Il ne sera pas question dans cet article des pesticides, sinon pour dire,

 

pesticides--22--copie-1.jpg- d’une part, qu’en agriculture conventionnelle, les résidus sont absolument sans danger pour la santé des consommateurs, compte tenu de la réglementation fixant les doses journalières admissibles (DJA) et du dispositif de contrôle mis en place dans l’Union européenne,

 

- d’autre part, que contrairement à ce qu’on fait croire à l’opinion, l’agriculture biologique fait elle aussi appel à des pesticides qui, pour être naturels*, n’en ont pas moins des inconvénients pour la santé.

  

* Et encore ! La bouillie bordelaise est-elle un produit naturel ?

 

Ma conclusion

Les produits de l'agriculture biologique ne sont peut-être pas plus dangereux que ceux de l'agriculture conventionnelle mais, ce qui est certain, c'est qu'ils ne le sont pas moins.

 

bonimenteur-copie-1

 

Je pense que « les allégations santé » qui consistent à faire croire que les produits « bio » sont plus sains ou ont de meilleures qualités nutritionnelles que les produits issus de l’agriculture conventionnelle est une des plus vastes arnaques à la consommation des temps modernes.

 

 

Lire aussi

Non, l'agriculture biologique ne peut pas nourrir l'humanité 

Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides

Pesticides, le chiffre du jour

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 19:01


DSCF2872Une étude réalisée par une équipe de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, pour le compte de la Food Standards Agency britannique, publiée au mois de juillet dernier par l'
American Journal of Clinical Nutrition, indique que les produits issus de l'agriculture biologique n'offrent pas d'avantages nutritionnels sur ceux issus de l'agriculture conventionnelle.



DSCF1793L’étude résulte d’un examen systématique des 162 études scientifiques publiées sur le sujet au cours des 50 dernières années. « Du point de vue de la nutrition, il n'y a actuellement aucun élément en faveur du choix de produits bio plutôt que d'aliments produits de manière conventionnelle», déclare Alan Dangour, l'un des auteurs. Les quelques différences relevées ne sont pas statistiquement significatives.


Cette étude à soulevé les protestations les plus vives du côté des militants du bio.


Afssa.JPGBis repetita non placent
, faut-il croire, puisque le rapport publié en 2003 par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) était arrivé à des conclusions similaires qui avaient déplu aux mêmes officines militantes.

Que peut-on lire dans les conclusions du rapport de l’Afssa sur les aspects nutritionnels ?

L’ensemble des données examinées dans le cadre de cette évaluation a montré, de manière générale, peu de différences significatives, et reproductibles, entre la composition chimique des matières premières issues d’agriculture biologique et celles issues d’agriculture conventionnelle.


grappes

Concernant les polyphénols, les études montrent un potentiel intéressant de l’agriculture biologique.





vaches laitières (2)

En ce qui concerne la composition chimique des produits animaux, l’impact de l’alimentation des animaux est un facteur plus discriminant que le mode de production en lui-même.





oliviers
Certaines technologies de transformation* sont susceptibles d’avoir des conséquences sur une meilleure préservation de la qualité nutritionnelle originelle des matières premières, notamment en ce qui concerne le pain et les huiles de première pression à froid.

* NB Ces technologies ne sont pas spécifiques aux produits bio. On trouve, par exemple, des huiles de première pression à froid conventionnelles dans tous les suprermarchés.


coupes (3)
L’effet de l’alimentation sur le statut nutritionnel ou la santé d’un individu ne peut être restreint à l’étude d’un nutriment ou d’un aliment en particulier, mais doit prendre en compte l’équilibre du régime global.



Dans l’état actuel des connaissances, les écarts, lorsqu’ils existent, semblent trop faibles, voire négligeables, pour pouvoir induire un effet sur le statut nutritionnel du consommateur, dans le cadre d’un régime alimentaire.


Staeck

Par ailleurs, si l’équilibre alimentaire est respecté, les besoins nutritionnels de la population générale sont couverts.





J’aborderai les questions liées à la sécurité sanitaire des aliments dans un article ultérieur. Une partie du sujet est d’ores et déjà traitée dans l’article
Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides




Bibliographie

Article du Figaro du 30 juillet 2009 : Les bénéfices du « bio » en question 

Rapport de l’Afssa (Cent trente pages pour le corps du rapport hors annexes, trois pages pour les conclusions nutritionnelles)


A lire aussi

Non, l'agriculture biologique ne peut pas nourrir l'humanité



pain (2)   Délicieuse baguette parisienne bien croustillante non bio





Van Gogh,2 champ de blé avec vol de corbeau, Amsterdam





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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 22:28

 

En 2007, Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, écrivait à propos de l’ouvrage de Roland Barthes, Mythologies : « Relisant aujourd’hui ces vignettes avec un peu de nostalgie pour un temps qui n’est plus – en cinquante ans, presque tout a changé –, on en vient à oublier presque la thèse qui servait de prétexte à leur réunion, puisqu’il s’agissait de dénoncer l’aliénation du peuple par l’idéologie. »


 


Si Antoine Compagnon ne se trompe pas et si Roland Barthes revenait parmi nous pour mettre à jour ses Mythologies, alors il ne pourrait faire autrement que d’ajouter l’agriculture biologique à la liste de ses mythes. Encore que ce sont plus les classes moyennes que le peuple que ce mythe aliène !

 



Les partisans de l’agriculture biologique prétendent qu’elle est la seule façon de produire qui respecte l’environnement, ce qui est fort contestable, mais c'est ce qu'ils ont réussi à faire croire à l'opinion publique. Il faut donc pouvoir prétendre que ce mode de production est généralisable. Sinon on aurait le choix entre, d’un côté, une population mondiale correctement nourrie et une planète polluée ou, de l’autre, une planète respectée et une population mondiale malnutrie. Une telle alternative ferait un peu désordre.


 

En 2007 le directeur général de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Jacques Diouf a dû aller jusqu’à se fendre d’un communiqué pour démentir la rumeur selon laquelle la FAO estimait possible de nourrir toute la planète avec l’agriculture biologique.



Comme toutes les rumeurs, celle-ci a un point de départ erroné, voire malhonnête, que saisissent ensuite les idéologues pour conforter leurs thèses auprès du public et qu’ils font circuler à qui mieux-mieux. En l’occurrence, il s’agissait d’un communiqué dont l’en-tête de la FAO avait été usurpé. Jacques Diouf a donc été conduit à déclarer :
« Ce document n’émane pas de la FAO ».


 

Les statistiques des rendements des cultures « bio » sont rares. L’établissement public français chargé de la gestion des marchés agricole, FranceAgriMer, publie une évaluation des rendements de quatre cultures en mode de production biologique. La dernière publication concerne la récolte de l’année 2008.


Pour trois de ces productions il est possible de comparer ces rendements à ceux des cultures conventionnelles, évalués par l’Institut techniques des grandes cultures Arvalis.

      

 

Rendements en quintaux/hectare (récolte 2008)

 

Tous modes de production - France

 

Mode de production agriculture bio - France

 

 

%

Blé tendre

73

31,4

43%

Orges

69

29,3

42%

Maïs

95

66,3

70%

 

 



Comment penser pouvoir nourrir la population mondiale en diminuant de 30 à 60 % les rendements agricoles ?

 





La meilleure preuve du contraire est que l’Asie est sortie des famines récurrentes par ce qu’on appelle la révolution verte, laquelle s'est traduite, à partir du début des années soixante, par une augmentation substantielle des rendements agricoles, en mettant en œuvre des moyens qui n’ont rien à voir avec les méthodes de l’agriculture biologique.

 



Norman Borlaug, agronome américain, est décédé à Dallas le 12 septembre dernier. Ses découvertes ont valu à Norman Borlaug le surnom de « père » de la Révolution verte et le prix Nobel de la paix en 1970. C'est en grande partie grâce à ses travaux que des pays comme le Mexique ou l'Inde sont devenus autosuffisants dans la production de céréales.

 




Norman Borlaug est un des bienfaiteurs de l’humanité, qu’il convient de mettre au rang des plus grands tels que Louis Pasteur ou Alexander Fleming, l’inventeur de la pénicilline.



Il est pourtant devenu la cible des critiques des écologistes, dont les plus virulentes viennent des malthusiens, ce qui est bien compréhensible. L’application sur le terrain des résultats des travaux scientifiques de Norman Borlaug sont venus contredire de plein fouet les prédictions de Malthus.

 

Je reviendrai ultérieurement sur d’autres idées fausses que mettent en avant les partisans de l’agriculture biologique. Pour le moment :

 

C’est tout pour aujourd’hui !


Bibliographie


Agriculture bio : les origines d'une rumeur

Communiqué du 10 décembre 2007 de Jacques Diouf directeur général de la FAO

Évaluation rendements bio FranceAgriMer

Évaluation des rendements des céréales par Arvalis

Évaluation du rendement du maïs par Arvalis


Norman Borlaug est mort

Un écolo-malthusien parle de Norman Borlaug

 

 

 

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Published by Laurent Berthod - dans Bio
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  • : Le blog de Laurent Berthod
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  • : Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
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