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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 00:04



D'après Malthus (1766–1834), la population s’accroit selon une progression géométrique (aujourd’hui au mot « géométrique » les mathématiciens préfèrent souvent celui « d’exponentiel ») tandis que les ressources alimentaires s'accroitraient seulement selon un rythme « arithmétique ». Cela doit aboutir à une restriction de la population, soit en application d’une politique volontariste soit selon un ajustement « naturel », par la faim ou la maladie. Bien que constamment démentie par les faits depuis deux siècles, cette théorie sert encore de fond intellectuel à la plupart des écologistes, qui selon les cas, osent ou non l’avouer.

Dans leur ouvrage La nouvelle écologie politique, Jean-Paul Fitoussi & Éloi Laurent  donnent les chiffres suivants :

POPULATION MONDIALE ET NIVEAU DE VIE, de l'an 1 à l'an 2000

Année

Population (en milliers)

Production par tête (en « dollar international »)

 1

225 000

467

1000

267 000

453

1500

438 000

566

1820

1 041 000

667

1900

1 563 000

1262

1950

2 525 000

2113

1970

3 685 000

3736

2000

6 061 000

6055


Les auteurs précisent : « Le niveau de vie moyen de l’humanité a davantage augmenté entre 1990 et 2000 qu’entre l’an 1 de notre ère et 1820. Plusieurs milliards d’individus sont ainsi sortis de la misère ou sont sur le point de s’en extraire. »


Par où l'on voit que non seulement la population mondiale, avant et après Malthus, n'a cessé de s'accroître, mais encore de s'enrichir.

 



L’erreur des malthusiens modernes est de considérer que les ressources sont limitées alors qu’en vérité l’accroissement des connaissances et des techniques disponibles ne cesse de repousser les frontières des ressources exploitables.





Selon le rapport inaugural du club de Rome intitulé « Halte à la croissance ? » datant de 1968, le mercure aurait dû s'épuiser en 1983, l'or en 1984, l'étain en 1987, le zinc en 1990, le pétrole en 1992, le cuivre et le plomb en 1993, le gaz naturel en 1994 ! Pour l'uranium c'était « avant la fin du siècle » !





Autre illustration : le coût d’opé-rations telles que les additions et les multiplications a été évalué à 19 700 dollars par million d’opérations en 1890, contre 30,5 dollars en 1950 et 0,0000000729 dollar en 2000.

 






C’est aussi oublier que plus l’humanité s’enrichit, plus la croissance est composée de services plutôt que de biens matériels.

 





Lors d’un choc pétrolier, un dirigeant arabe de l’OPEP avait déclaré que l’humanité ne viendrait pas à manquer un jour de pétrole ; à l'appui de sa thèse il rappelait que dans les temps préhistoriques l’humanité n’avait pas fini par manquer de silex, parce qu’avant que cela n'arrive la métallurgie avait été inventée.

 


Cette déclaration rejoint la sagesse ancestrale de l'histoire des deux hommes de Cro-Magnon qui, revenant de la chasse aux mammouths, bavardent. L’un dit : « Tu sais, je crois qu’il y aura six milliards d’être humains dans 40 000 ans. » – « Tu es fou. Il n’y aura jamais assez de mammouths. Il faudrait au moins 1000 planètes ! »

 


À
la faute morale, les écologistes ajoutent donc la faute intellectuelle. Si cette faute était encore excusable du temps de Malthus, elle ne l'est plus !




                                                                        Centrale nucléaire du Tricastin
                                                                 L'avenir est à la nouvelle génération EPR


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Published by Laurent Berthod - dans Histoire des idées
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commentaires

Fabio 11/09/2012 23:22

Je voulais aussi saluer votre combat contre les mass media et les convictions qui en découlent, vote blog est très instructif, sans pédantisme, et les réponses aux commentateurs parfois impolis
(dont j'ai pu faire partie) sont toujours claires et empreintes d'humour. Cela ne doit pas être facile tous les jours d'aller a contre courant de ce que la plupart des gens peuvent penser, et de
faire le tri dans tout ça. Je voulais simplement vous dire bravo et vous inciter à continuer ce blog qui m'a beaucoup appris, et notamment à aiguiser mon esprit critique. Bien a vous

Laurent Berthod 13/09/2012 23:02



MERCI !


NB Je ne vois pas où vous avez pu être impoli dans vos commentaires sur mon blog (sauf à ce que vous soyez intervenu sous un autre pseudo).


Je ne suis moi même pas toujours poli dans mes réponses mais, disons, que j'essaye que cela soit limité à  mes réponses à des commentaires insultants.



Fabio 11/09/2012 23:08

J'aimerais beaucoup savoir d'où vous tenez les chiffres du traité du club de Rome :)

Laurent Berthod 13/09/2012 22:59



Merci de votre excellente question.


Je les tiens d'un article d'un journaliste, publié sur un site, dans
lesquels j'ai plutôt confiance.


Il est vrai que, selon Jean-Marc Jancovici, le rapport Meadows ne prétendait pas que le pétrole serait épuisé à cette date, mais seulement que les réserves connues couraient jusqu'à
cette date.


Pour vérifier ces interprétations divergentes, il faudrait pouvoir consulter le rapport Meadows lui même. Il n'est apparemment pas consultable sur Internet, mes récentes recherches
approfondies confirmant les résulats de celles que j'avais effectuées il y a un ou deux ans déjà.


Le rapport n'est pas disponible non plus en librairie, sauf sous forme de livre d'occasion. Pour en avoir le coeur net j'en ai donc commandé un, au prix d'antiquité de luxe de 45 € (traduction
française).


Quand je l'aurai reçu et dépouillé, je ne manquerai pas de vous retranscire ce que j'y aurai trouvé.


Je me demande si je ne vais pas finir par abandonner la tenue de ce blog qui commence à me coûter la peau des fesses, une bouteille de champagne et un livre au prix d'un papyrus égyptien !


Bien à vous.



Jean-Gabriel Mahéo 20/03/2011 21:21


@ Thierry Andraud :

Allez donc faire un tour sur les côtes du Finistère, de l'Alaska ou du golfe du Mexique, et vous verrez bien qu'une marée noire non seulement disparaît toute seule, mais qu'après elle la faune et
la flore se porte aussi bien - si ce n'est mieux - qu'avant. Une marée noire n'a jamais posé d'autres problèmes qu'économiques, parfois sanitaires, et très temporaires. Quelques oiseaux, quelques
poissons y passent, mais la nature s'en moque ! Elle est très bien équipée pour digérer les hydrocarbures.
Ecologiquement, une marée noire, c'est une toute petite éraflure sur la biosphère, qui cicatrise très vite et naturellement. Pensez, elle résiste bien à l'activité volcanique permanente de la
croûte terrestre !

D'ailleurs, cette activité volcanique permanente, de surface et sous-marine, que rejette-t-elle dans la biosphère ? Des hydrocarbures ? oui. Du monoxyde et dioxyde de carbone ? oui. Du soufre, du
chlore et autres "poisons" ? oui. Rejette-t-elle des matières radioactives ? oui, en grande quantité. Bien plus que ne se le permet l'humanité, d'ailleurs...

Et pourtant, nous sommes toujours vivants, alors que nous sommes irradiés en permanence. Peut-être qu'effectivement la nocivité des radiations ne commence qu'à un certain niveau et que, sous ce
niveau, celles-ci sont bénéfiques à la santé du biotope et des êtres vivants ? Cela s'appelle l'hormesis. Jetez un coup d'oeil là-dessus, vous pourriez apprendre quelque chose.

Il y a eu un chouette reportage, il y a 6 ou 8 mois, sur la faune et la flore actuelles de Tchernobyl : c'était frappant ! Une végétation luxuriante, des bestioles partout, des cerfs, des
sangliers, des musaraignes, des pinsons, tous en excellente santé. Passées au conteur Geiger, elles seraient considérées en France comme des créatures gravement irradiées, du matériel radioactif
dangeureux. Alors ?

Ce qui se passe à Fukushima est grave, mais ce n'est pas encore une catastrophe, ce n'est pas Tchernobyl. Pour l'instant. Les ingénieurs et techniciens de TEPCO font un travail extraordinaire pour
calmer la machine, et je crois bien qu'ils vont réussir à rétablir la situation. Quant à nous, en France, nous ne risquons ABSOLUMENT rien, même si Fukushima vire à la catastrophe "Tchernobylienne"
: nous sommes aux antipodes du Japon.

Mon p'tit Thierry, il faut arrêter de se chatouiller le kiki avec des théories débiles décroissancistes : la planète n'est pas un système fermé, et ce qui compte, ce n'est pas la quantité de
matière, mais la quantité de travail/puissance, c'est-à-dire la vitesse à laquelle nous la pouvons transformer, transporter, associer et dissocier. Tiens, je viens de vous donner le secret de la
véritable économie politique !

Tant qu'il y aura des hommes, il y aura volonté de perfectionner l'univers, il y aura donc croissance (non pas du PIB, mais du bonheur commun). Y a-t-il une limite au bonheur ?

Et arrêtez de croire au Père Fouettard...

Salutations,
Jean-Gabriel


Thierry Andraud 20/03/2011 17:34


@ jean gabriel et laurent
Vous êtes aveugles et sourds ou quoi?
Je crois rêver quand je lis des phrases comme "on maîtrise très bien la dépollution après une marée noire" c'est simplement que les chimistes de BP ont fait couler le pétrole entre deux eaux (où il
est toujours et loin de se dégrader vu la profondeur) pour qu'on ne le voit plus...et donc couper l'herbe sous le pied de leurs détracteurs:"un problème de marée noire? où ça?"
Je suppose que pour les composés hautement radioactifs émis par une centrale nucléaire dont les concepteurs ou gestionnaires ont perdu le contrôle, c'est pareil:on ne les voit pas donc ils ne
doivent pas être un soucis...
"zut y'a des abrutis d'écolos qui possèdent des compteurs Geiger, bon on va dire que les radiations à petite dose c'est pas dangereux, suffit de payer grassement quelques experts qui nous sortiront
des études idoines" (Servier pourra leur proposer les siennes)
Franchement les gars faut se réveiller et arrêter de croire au père Noël, la planète est finie et pour croire en une croissance infinie dans un système fini il faut être fou ou économiste...


antianthropocentriste 12/05/2010 10:38


Essayons de revenir à une polémique courtoise.
Même en admettant que Malthus s'était trompé, nous ne sommes effectivement plus à l'époque ce ce dernier : les bras et les cerveaux des hommes, jusqu'à présent facteurs de progrès, ne semblent plus
suffire désormais, dans une situation économique faite de transgression absolue et qui appartient à un ordre ignoré dans le passé : celui de la démesure (déjà anticipé jadis par le film de Fritz
Lang, "Métropolis"), l'hubris de la sagesse Grecque..
Des ressources qui, quoi que certains disent, s'épuisent progressivement, la profanation renouvelée des écosystémes pour y accéder (massacre de la forêt vierge en Amazonie, en Afrique, à Bornéo par
exemple), la raréfaction des terres, de l'eau, de l'air...on ne peut être qu'empreint d'une grande tristesse à voir l'état du monde, à plus forte raison si on est philantrope comme vous le
prétendez sur ce blog!
Bien sûr on jouera aux grands équilibristes, à coups de parcs d'éoliennes, de barres d'immeubles et de marées noires, pour rendre "possible" ce monde à nos petits-enfants, mais à quel prix ?
On nous dit qu'il ne faut pas "écouter les sirènes du passé" (Malthus): d'accord, alors écoutons les voix d'aujourd'hui, celles des populations compressées, confinées dans diverses favelas : la
lutte pour un peu d'espace, un bout de vraie nature (autre qu'un "parc urbain"), un vrai oiseau aperçu au bord d'un étang, un bout de mer non envahi et pollué, la lutte pour desserrer l'étau des
surcontraintes qui régulent les masses humaines (principe de précaution mis à toutes les sauces, normes draconiennes d'hygiène et sécurité, société orwelienne avec des caméras partout, coupes-gorge
de certains quartiers, etc)
On peut certes reprocher à Malthus ses analyses : question de forme et d'époque...mais alors ne faut il pas reconsidérer aujourd'hui la question démographique dans une démarche non malthusienne,
humaniste, anthropologique, sans tabou? une démarche responsable finalement!
Au cours de ma relativement jeune existence (50 ans), j'ai pu observer l'avancée des espaces bétonnés, goudronnés à la périphérie des villes, la floraison des lotissements sur les anciennes terres
agricoles. Aujord'hui, c'est officiel, aprés 2 siécles de progression, la surface forestière, même en France, commence à régresser.
Objectivement, l'existence des orang-outangs, des salamandres ou des orchidées sauvages ne changent rien à ma vie. Mais leur disparition suscite une question philosophique : dans quel monde voulons
nous vivre? la perspective d'une planète où nous resterions entre nous, les humains, avec quelques commensaux soigneusement choisis, n'est pas trés engageante. On pourra peut-être en cloner
quelques uns et aller les montrer à ses enfants au zoo, me direz vous : ah, ce "génie humain"!


Laurent Berthod 12/05/2010 22:04



Aux XIIe et XIIIe siècles les Cisterciens et les Templiers ont entamé le cycle du grand massacre, pour reprendre votre expression, de la forêt celtique. Vit-on mieux en France au Xe ou
au XXe siècle ?


 



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