Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 23:30

 

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Certains accusent la consommation de viande d’être responsable du développement de l’obésité dans les populations. Dans l’article  Viande et obésité, encore un mythe on a vu ce qu’il en est en réalité.




Munch,le cri2

Les adversaires de la consommation de viande cherchent aussi à nous angoisser en la prétendant responsable de cancers mais en oubliant de nous parler de ses vertus nutritionnelles.



Qu’en est-il ?


Cancer


Sur une vingtaine d’études de cohorte, une sur cinq seulement met en lumière un lien entre risque accru de cancer colorectal et consommation élevée de viande rouge et de charcuterie. Quatre études sur cinq ne démontrent aucun lien.


tourteaux5 En s’appuyant sur deux grandes méta-analyses (analyses raisonnées de nombreuses études épidémiologiques) , le World cancer research fund (WCRF) admet la probabilité d’un  risque accru de cancer de 30 % pour le quart des gens qui consomment le plus de viande rouge et de charcuterie et recommande, par précaution, de limiter la consommation de viande rouge à 70 g par jour.


obésité1

Selon plusieurs enquêtes de consommation, seuls 20 % des français consomment plus de 70 g de viande rouge par jour. Ces 20 % de Français consomment un total de 200 g de viande rouge et de charcuterie par jour, mais une autre étude, sanitaire, montre que ce sont les mêmes qui consomment un régime une fois et demi plus riche en calories et font moins d’exercice physique. La mortalité par cancer et par accident cardiovasculaire y est plus élevée.



legumes-12-.jpg Comme l’expérimentation sur des humains n’est pas pensable et qu’il est impossible d’éliminer dans les enquêtes les facteurs de confusion, il est difficile d’attribuer spécifiquement à l’un de ces facteurs la cause de la surmortalité. En outre la consommation de fruits et légumes est facteur de diminution du risque de cancer colorectal. Il n’est donc pas du tout évident que ce soient les facteurs nutritionnels présents dans la viande qui soient nocifs, cela pourrait bien être les autres facteurs associés, parmi lesquels peut figurer une sous-consommation de fruits et légumes.



Valeur nutritionnelle


Les besoins journaliers d’un adulte en protéines sont de 60 g.


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100 g de viande contiennent 25 g de protéines. Les aliments végétaux les plus riches en protéines, les pois, les haricots et les lentilles, seulement, 9 g pour 100 g, les céréales 7,8 g.




Steak
Sont présents dans la viande la plupart des acides aminés qui sont dits essentiels parce que l’organisme humain ne peut les synthétiser. Les protéines de la viande présentent un équilibre en acides aminés proche des besoins de l’homme.




Sang globules rouges- Les viandes sont riches en fer héminique, la forme présente dans les globules rouges et la myoglobine, c'est-à-dire la forme de fer la plus assimilable. Le fer contenu dans les végétaux n’est assimilé qu’en de faibles proportions. C’est ainsi qu’il y a cent fois moins de fer assimilables (0,06 mg) dans 100 g de lentilles cuites (aliment végétal le plus riche en fer) que dans 100 g de boudin.



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Comme le fer, le zinc animal est bien plus absorbé que le zinc végétal. C’est un élément qui intervient dans une centaine d’enzymes. En particulier il intervient dans l’appétit, d’où le cercle vicieux lorsqu’une perte d’appétit apparaît, comme celle que l’on observe chez les personnes âgées : la perte d’appétit diminue la consommation de zinc qui accroit la perte d’appétit.




fromages--le-marche-de-Hania.jpg

Avec les fromages, les œufs et le poisson, la viande fait partie des aliments les plus riches en sélénium, qui joue un rôle dans la protection des cellules et la réparation de l’ADN.




cerveau coupe

La viande contribue de façon importante aux apports en vitamines B3, B6 et B12. Les viandes de ruminants (bœuf, mouton) sont particulièrement riches en vitamine B12 qui intervient dans la formation des cellules nerveuses et présente une activité anti-anémique car elle joue aussi un rôle dans la formation des globules rouges.



La teneur en lipides des viandes est très variable selon le morceau. Voir l'article Viande et obésité, encore un mythe.


Mangeons nous trop de viande ?


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La recommandation du World cancer resaerch fund et de ne pas dépasser 500 g de viande rouge (bovins, ovins, porcins) cuite par semaine, soit 700 g de viande pesée crue (la différence est due à l’eau et aux déchets dans l’assiette).



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45 % des Français consomment moins de 45 g de viande rouge (pesée crue) par jour, 20 % plus de 70 g, soit seulement 490 g par semaine.






DSC08432En France la consommation moyenne de produits carnés couvre 50 % des besoins en protéines, 30 % en fer, 20 % en sélénium, 70 % en vitamine B12 et seulement 10 % des besoins en énergie. Par ou l’on voit qu’un aliment faiblement énergétique, ce qui est recherché dans la lute contre le cancer, le diabète et les maladies cardio-vasculaires, est riche en d’autres éléments nutritionnels indispensables.


Continuons donc à manger de la viande sans excès et sans angoisse, c’est bon pour la santé ! Et cela préserve de carences difficiles à éviter avec un régime végétarien ou, a fortiori, végétalien.



Pour en savoir plus


la viande voit rouge
J’ai trouvé les données de cet article dans l’ouvrage La viande voit rouge, de Pascal Mainsant et René Laporte aux éditions Fayard. Je ne saurais trop en recommander la lecture. Les auteurs montrent en quoi les discours des tiers-mondistes, écologistes, philosophes, éthologues, défenseurs de la protection animale et du végétarisme qui forment le front anti-viande sont dangereux et infondés. Il est écrit pour le grand public dans un style alerte, avec juste ce qu’il faut de chiffres pour étayer le discours sans assommer le lecteur.





Lire aussi

Viande et obésité, encore un mythe

Par Laurent Berthod - Publié dans : Progrès
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 23:01

 

Grignan

 

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Par Laurent Berthod
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 18:00

 

CapturerLe 29 avril 2010, soit précisément, à quelques jours près, il y a deux ans, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) remettait à la présidence du Sénat et à la présidence de l’Assemblée Nationale un rapport intitulé Pesticides et santé.


Ce rapport qui faisait le point sur les connaissances scientifiques sur les pesticides et la santé ne pouvait bien évidemment pas satisfaire les préjugés et les idées préconçues des écologistes.


Le Luxembourg
Depuis lors la majorité du Sénat est passée à gauche. Il a bien fallu donner quelques satisfactions aux dix sénateurs écologistes qui n’auraient pourtant jamais été élus à cette magistrature si le PS ne la leur avait offerte.




bonnefoy nicole - Copie
Aussi la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy a-t-elle eu l’idée de lancer une « mission commune d’information portant sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement ».


Bon, reconnaissons qu’aux relations entre la santé et les pesticides, déjà traitées par l’Opecst, cette mission a ajouté la problématique environnementale.

La mission, qui devrait durer six mois, procède à des auditions et des visites sur le terrain.

Axe environnement3La mission entend Monsieur Émeric Oudin. Monsieur Oudin est chef d’une entreprise spécialisée dans la fourniture d'équipements de protection individuelle pour l’épandage des pesticides. Ce chef d’entreprise déclare qu’à son étonnement, outre les agriculteurs, ses clients sont aussi des collectivités territoriales.


À ce sujet Monsieur Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, lui oppose « De moins en moins… » Ce à quoi le chef d’entreprise rétorque « ...sur le papier mais pas sur le terrain ! » Le sénateur ne peut supporter un tel blasphème de lèse-majesté et lui répond de façon péremptoire : « Sur le terrain aussi ! »


labbe joel

Le sénateur, plein de la suffisance de celui qui sait, enfin, de celui qui croit savoir, ne peut laisser passer de s’être fait moucher par un petit chef d’une petite entreprise. Aussi, un peu plus loin dans la discussion, avec beaucoup de morgue, celle des ignorants, entraine-t-il son interlocuteur sur un terrain qui n’est pas le sien :  « Je souhaite que l'on ait de moins en moins besoin de vos produits ! Vous avez parlé tout à l'heure de "mauvaises herbes" mais cela n'existe pas en matière de biodiversité ! »




Emeric-Oudin6.JPGLa biodiversité et la science des mauvaises herbes, la malherbologie (oui, oui, la malherbologie existe, il y a des chaires de malherbologie dans les écoles d'agronomie et des unités de malherbologie dans les instituts de recherche) ce n’est pas le rayon de Monsieur Oudin. Aussi, devant tant de science, se sent-il obligé de s’excuser : « J'aurais dû parler d'adventices, d'herbes concurrentes aux productions. »




En matière de biodiversité, les mauvaises herbes, ça n’existe pas ?

Il est certain qu’en biologie et en botanique, les mauvaises herbes, ça n’existe pas. La biodiversité, je ne sais pas ce que c’est, j’en attends toujours la définition scientifique.

Ce qui est également certain c’est que pour Monsieur Joël Labbé, assistant de laboratoire de sa profession avant d’avoir embrassé la carrière politique, la biodiversité est une notion qui s’oppose aux intérêts et au bien-être de l’humanité.



Bourdichon

Car la science de Monsieur Joël Labbé est peut-être grande, mais elle ne va pas jusqu’à savoir que l’agriculture, qui nourrit les hommes depuis environ dix mille ans, c’est la lutte quotidienne contre la biodiversité, du moins telle que l’entend ce petit Monsieur.




Pour la clarté de l'exposé, je distinguerai l’agriculture au champ et l’agriculture en tant que secteur d’activité économique.


L'agriculture au champ


DSC08063-Au champ, quel est l’objectif de l’agriculteur ? Faire pousser, sauf quelques cas agronomiquement justifiés, une seule plante, en obtenir le rendement optimal et pour cela combattre ses concurrents (mauvaises herbes) et ses ennemis (insectes ravageurs, champignons et moisissures, bactéries, virus).

Dans ce combat, les pesticides sont une arme indispensable, même si elle n’est pas la seule.

DSC02734--2--copie-1.jpgParmi les autres armes on peut compter des techniques anciennes, comme la rotation des cultures qui rompt, plus ou moins bien, le cycle de reproduction des parasites, la sélection variétale, dont les techniques efficientes sont relativement récentes (années cinquante en France) et, dernière en date, la transgénèse (OGM).




L'agriculture en tant que secteur d'activité

 

cerisiers en fleurs (4)Pour ce qui concerne l’agriculture en tant que secteur d’activité, on entend la vox ecologistorum prétendre que l’agriculture moderne met en danger la biodiversité en ce sens que seraient cultivées de moins en moins de variétés et que les variétés traditionnelles seraient condamnées à disparaître.

Or, dans ce sens du mot biodiversité, les écolos nous racontent une fois de plus des calembredaines.

Qui fait le plus pour la diversité variétale ? Les sélectionneurs. Pour les seules plantes agricoles ou potagères le catalogue européen compte plus de 34 000 variétés .


variétés2De 1969 à 2005, le nombre de variétés de blé tendre dont plus de cent tonnes sont vendues annuellement sur le territoire français est passé de 30 à 150 et le nombre de celles dont moins de cent tonnes sont vendues annuellement est passé d’une vingtaine à 190.

Et la part de marché des vingt premières variétés vendues est passée de  presque 100 %  en 1974 à moins de 70 % en 2007.

collection2

En outre, au-delà du nombre de variétés commercialisées, les sélectionneurs savent que la création de nouvelles variétés, plus résistantes à telle ou telle maladie, plus adaptées à telle ou telle condition de sol et de climat, plus adaptées à l’évolution du goût des consommateurs, les conduit à conserver le plus grand nombre possible de variétés sauvages ou anciennes, dans lesquelles on ira un jour puiser les caractères recherchés.



coupe (5)


C’est ainsi qu’ont été créées récemment la pomme Ariane et la fraise Gariguette, deux réussites remarquables des sélectionneurs français, variétés ultramodernes auxquelles on a trouvé ces si jolis noms antiques ou fleurant bon le terroir qui plaisent tant aux bobos.


On a du mal à imaginer le nombre de collections de variétés sauvages ou anciennes ainsi constituées et l’âpreté des luttes pour la définition de leur statut, c’est-à-dire du droit d’y accéder. C’est dire si la biodiversité, je veux dire celle des variétés, est considérée comme un enjeu économique et stratégique important, donc comme une source de richesse pour l’humanité.

Comme d’habitude, les écologistes nous bourrent le mou*.

 

* Et le PS leur a offert contre moins qu’un plat de lentilles, à vrai dire contre rien, trente députés dans la prochaine Assemblée Nationale. Pauvre France ! Ajoutez-y une politique économique néokeynésienne totalement inadaptée à une économie mondialisée et vous obtenez un désastre annoncé. Ou bien elle sera appliquée et ce sera la misère, ou bien elle ne le sera pas et cela fera de nombreux déçus. Dans cinq ans la Marine nationale fera aux environs de 25 % au premier tour. Je prends date, et pas pour dans cinquante ans, contrairement aux prédicateurs de l’apocalypse giecienne !

 

NB Maj du 9 mai 2010

Les pop-up qui apparaissent avec certains mots du texte et qui renvoient à une publicité pour Apple ne sont pas de mon fait et sont publiés à l'insu de mon plein gré. Je tacherai de régler ça au plus vite, mais pas demain, avec mon prestataire, Over-blog. Toutes mes excuses à mes lecteurs.


 

Pour en savoir plus

Audition de Monsieur Oudin par la mission d'information sur les pesticides

Présentation de son entreprise par Monsieur Oudin (vidéo, durée 1' 23" )

Le catalogue des variétés sur le site du Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis).

Espace pédagogique du Gnis

Lire aussi

Pesticides, un remarquable rapport parlementaire

Pesticides, le rapport parlementaire (suite)

Chronique des boniments anti-OGM ‒ OGM, brevets, multinationales et agriculteurs

 

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  Rencontre d'une mauvaise herbe et d'un insecte  

 


Par Laurent Berthod - Publié dans : Pesticides et contaminants chimiques
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Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 00:00

 

 


Le concours Lépine s'est ouvert, hier 27 avril 2012, à la foire de Paris



Au palmarès


United States
Nation la plus médaillée : États-Unis d’Amérique, quatre médailles

Inventeurs médaillés : Bill Gates, Steve Jobs, Mark Zuckerberg, Monsanto

Inventions : nombreuses dans le secteur des nouvelles technologies, maïs Mon810 Bt (OGM)

Prix décerné : taux de chômage le plus bas depuis trois ans




France
Nation ayant obtenu une médaille : France

Inventeurs se partageant l’unique médaille : José Bové, Jacques Chirac 1er

Invention : une seule, la version française du principe de précaution

Prix décerné : taux de chômage record depuis douze ans

 


  coq

  Cocorico !


Par Laurent Berthod - Publié dans : Progrès
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Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 23:00

 


Sans titre - 2
Il faut bien reconnaître que depuis la sortie d’Yves Cochet en 2009 à propos de l’empreinte écologique respective des enfants et des vols transatlantiques où il prônait sa fameuse « grève du troisième ventre », la peur néo-malthusienne de la croissance démographique n’a guère eu de succès sur Internet.



Malgré des recherches, sinon minutieuses, du moins soigneuses, je n’ai trouvé de significatif et de récent qu’un site sur le web.


DR (2)Il est tenu par des gens qui cherchent à se donner un air de respectabilité raisonnable sous lequel perce néanmoins une idée fixe à résonance paranoïde.



Euro4
Puisque cette peur de la démographie ne fait plus trop recette en ce moment*, détrônée, ce qui est bien compréhensible, par les appréhensions liées aux effets de la crise financière et économique qui abat le vieil Occident, le moment est peut-être venu de l’occire définitivement, bien que je n’y croie pas trop.



* La crise écologique n’existe pas, c’est un mensonge, au mieux un fantasme, mais je crois bien, qu’à 2,3 %, la « crisse écolochiste excisste pien, elle ! »



Serpent de mer (2)

Cette peur est comme un serpent de mer et, un jour ou l’autre, elle sortira la tête de l’eau. Des visionnaires nous feront alors pour la énième fois l’effrayant portrait de Nessie.





foule - Copie

Au 1er siècle avant J.-C. il y avait environ 250 millions d’habitants sur terre. En 1750, 750 millions. En 1800, 954 millions. En 1900, 1650 millions et en 2011, 7000 millions (sept milliards).




L’accroissement annuel de la population mondiale était donc


Hans Bol

D’environ 1,1 pour mille dans les 1750 premières années de l’ère chrétienne.





fête

De 4,8 pour mille entre1750 et 1800.






Frankfurt Wäldchestag 1871

De 5,5 pour mille de 1800 à 1900.






Ilya Repin(adumbration 1906)

Et de 13,1 pour mille de 1900 à aujourd’hui.





Munch,le cri, Nal Gal, Oslo - Copie

Ceci dénote une accélération de la croissance de la population. C’est ce qui suscite l’effroi des néomalthusiens.





Mais au-delà de cette tendance apparente il y a une réalité plus complexe, donc plus difficile à comprendre pour les esprits simplistes, qui s’appelle la transition démographique.

Depuis la fin du XVIIIe siècle la mortalité a baissé dans des proportions spectaculaires.


massacre des innocents Giotto

Au XVIIIe siècle, un enfant sur quatre décédait avant l’âge d’un an. Le taux de mortalité dans la première année était donc de 250 pour mille. Le taux de mortalité dans l'enfance et l'adolescence était à la même époque de 250 pour mille. Un nouveau né sur deux seulement vivait donc jusqu'à l'âge de pouvoir procréer.




nouveau né

Aujourd’hui, en France, la mortalité avant l'âge d'un an est de 4 pour mille. Le taux de mortalité dans l’enfance et l’adolescence est de 50 pour mille. 94,6 % des nouveaux nés vivent donc jusqu'à l'âge de pouvoir être parents.






Le Nain (2)
Dans un premier temps, alors que les taux de mortalité des enfants et des jeunes diminuent, le taux de natalité hérité des comportements passés ne diminue pas. Le taux d’accroissement de la population est alors au plus haut.





Le Nain
Puis, à la longue, les familles se rendent compte qu’avec une procréation moins nombreuse elles obtiennent le même nombre de descendants. Les taux de fécondité et de natalité diminuent alors. C’est ainsi que le taux de natalité dans le monde qui était de 37,2 pour mille en 1950 n’était plus que de 20,3 pour mille en 2005.



L’accroissement de la population se ralentit, passant, dans le monde, de 20,2 pour mille par an entre 1965 et 1970 à 11,8 pour mille par an entre 2005 et 2010.

Ce phénomène est ce qu’on appelle la transition démographique.


Transition démographique

Première phase

Baisse de la mortalité infantile et juvénile et maintien d’une natalité élevée : taux d’accroissement de la population plus rapide que jamais.

Deuxième phase

Baisse de la natalité : retour du taux d’accroissement de la population à des niveaux antérieurs voire plus faibles.




coupe
La transition démographique ne se passe pas en même temps dans tous les pays, cela dépend du moment où se manifestent les progrès de l’alimentation, de l’hygiène et de la médecine, qui déclenchent le processus.





Ste Anne3

D'autre part, la vitesse avec laquelle apparaît la deuxième phase dépend notamment du niveau d’éducation de la population, particulièrement des femmes.




Aujourd’hui, la grande majorité des zones du globe sont entrées dans la deuxième phase de la transition démographique, et les quelques pays qui restent en retard ne manqueront pas d’y arriver bientôt.


oldman (2)
C’est pourquoi les prévisions actuelles tablent sur un plafond de 9 milliards d’habitants en 2050, suivi d'une stabilisation. Le problème majeur sera alors d’arriver à faire face au vieillissement de la population, lequel fera peser sur les actifs le poids croissant de l’entretien des plus âgés.




tubiana
J’ai trouvé les chiffres illustrant le phénomène de la transition démographique dans l’excellent livre du grand scientifique et éminent cancérologue, Maurice Tubiana, intitulé
« Arrêtons d’avoir peur », dont je recommande chaudement la lecture.



Deux chapitres ont été pour moi particulièrement instructifs : celui concernant les bénéfices et les risques des rayonnements ionisants (ces rayonnements étant couramment utilisés en cancérologie sont un sujet dont le professeur Tubiana est familier) et celui rapportant les conditions, sous le règne de Chirac
1er, de l’élaboration et de l’adoption du principe de précaution tel qu’il est maintenant inscrit dans notre Constitution.

 

Pour en savoir plus

tubiana001 (2)


Maurice Tubiana, Arrêtons d'avoir peur, Ed. Michel Lafon








Lire aussi

L'explosion démographique, une peur vieille comme l'humanité

Les écologistes n'aiment pas l'humanité

À la faute morale, les écologistes ajoutent la faute intellectuelle



Par Laurent Berthod - Publié dans : Progrès
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