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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 21:31

 

 

Galerie

 

Le musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon est bâti dans la colline de Fourvière.

  

 

 

 

Le muséeConstitué d’une sorte de longue allée qui serpente sous terre en pente douce, il est très agréable à visiter et son architecture intérieure est plutôt belle et très originale. Les quelques baies vitrées qu’il possède dominent le théâtre romain. Il mérite bien un album.

 

 

Casque-grec-en-bronze-copie-1.jpg

 

 

La période couverte par le musée commence à l’âge du bronze.

 

 

 

 

 

 

Dieu lare

 

 

On y admire beaucoup d’objets à vocation cultuelle, de diverses dimensions, et des ornements funéraires.

 

 

 

 

 

Main, doigts, anneau

 

Beaucoup d’objets de la vie quotidienne aussi, tels qu’amphores, clés, lampes à huiles, verreries, bijoux.

 

 

 

 

Caracalla

 

 

On n’a droit qu’à deux bustes d’empereurs.

 

 

 

 

 

 

Table claudienne

 

Mais la table claudienne reste le témoignage d’un acte politique majeur : le discours que l’empereur Claude prononça en 48 au Sénat pour accorder aux Gaulois de la Gaule dite chevelue, l’éligibilité aux magistratures romaines, notamment au Sénat.

 

 

 

Ce discours fut gravé dans le bronze par les Gaulois pour l’immortaliser et l’afficher dans un lieu hautement symbolique, qui devait être le sanctuaire fédéral.

 

Tacite Annales2

 

La table a été brisée en son milieu et on n’a retrouvé que sa partie inférieure. Nous ne connaissons donc qu’une partie du discours de Claude, d’un style passablement amphigourique. Dans Les Annales, Tacite nous a donné sa version de ce discours, réécrite par lui, d’une limpidité lumineuse. 

 

 

 

 

Mosaïque

 

De nombreuses mosaïques admirables et des motifs décoratifs en bas reliefs.

 

 

 

 

Trésor de Vaise L'Abondance

 

 

Et puis le fameux trésor de Vaise, découvert en 1992 à l’occasion de fouilles archéologiques préventives, qui comporte un nombre impressionnant d’objets en métaux précieux, presque tous en argent.

 

 

 

 

 

 

Voir l'album.

 

 

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 06:00

 

 

tsunami8

 

J’ai commencé la rédaction de cet article un peu avant le tremblement de terre au Japon, le tsunami et l’accident nucléaire de Fukushima.

 

 

 

tcehrnobyl nuage2

 

Je me demandais alors si l’actualité ne commandait pas de traiter un sujet moins vieilli que Tchernobyl et son fameux « nuage arrêté à la frontière ».

 

 

tele

 

Par exemple, pourquoi Tchernobyl plutôt que le prétendu documentaire, charlatanesque, de Marie-Monique Robin, intitulé Notre poison quotidien, qui sera diffusé ce 15 mars sur Arte ? Ce machin chimiocondriaque accuse – une fois de plus, c’est tellement facile – l’alimentation d’être à l’origine d’une prétendue et inexistante épidémie de cancers. Pseudo-documentaire dont une campagne de promotion magistralement conduite m’a amené à ne pas trouver l’ombre d’un cheveu d’une critique dans les articles de presse annonçant sa diffusion.

 

 

mmr10 (2)

 

 

Un charlatan qui veut nous faire croire que les cancers sont causés par notre alimentation, alors qu’elle-même, selon son propre aveu, fume comme un pompier depuis trente ans.

 

 

 

Fukushima4

 

Une fois connu l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, je me suis demandé s’il était bien décent de maintenir mon sujet, dont l’actualité était pourtant soudainement redevenu brûlante...

 

 

tsunami-enfant2.jpg

 

... compte tenu des souffrances et des angoisses encourues par le peuple japonais, manifestant une fois de plus un stoïcisme qui force l’admiration.

 

 

 

Tout bien réfléchi, j’ai répondu : oui.

 

Fukushima2

 

Dans les jours, semaines et mois qui viennent, nous allons être abreuvés d’interprétations sur cet accident, alors, autant savoir sur qui nous pouvons compter pour nous conter mensonges et calomnies ou pour nous dire la vérité.

 

 

L’accident catastrophique de Tchernobyl a eu lieu le 26 avril 1986.

 

pierre pellerin 1986 (6)

Le 29 avril, le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), dirigé par le professeur Pierre Pellerin, communiquait à l’Agence France Presse la composition du nuage, qu’il connaissait grâce aux moyens mis en œuvre à sa diligence. Le 30 avril, lorsque le nuage arrivait aux frontières de la France, le SCPRI adressait un communiqué aux agences de presse. Le vendredi 2 mai, lendemain du 1er mai, jour le plus universellement chômé en France, ces informations étaient reprises par la presse.

 

 

Sans titre - 5

 

Ce jour-là Libération titrait : « La longue dérive européenne d'une nuée radioactive ». Dans l’article on lisait : « Pierre Pellerin, le directeur du service central de protection contre les radiations ionisantes (SCPRI), a annoncé hier que l'augmentation de radioactivité était enregistrée sur l'ensemble du territoire, sans aucun danger pour la santé. »

 

 

Bien que le SCPRI ait informé l’opinion du « passage du nuage sur l’ensemble du territoire », le 6 mai 1986, un communiqué incohérent et contradictoire du ministère de l’Agriculture déclarait : « Le territoire français, en raison  de son éloignement a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl  » ; affirmation fausse, immédiatement suivie d’une affirmation contraire : « À aucun moment les hausses de radioactivité observées n’ont posé le moindre problème d’hygiène publique ». La contradiction est évidente, s’il y a eu « hausses de la radioactivité », c’est bien qu’il y a eu passage du nuage !

  

 

Sans titre - 6

 

Le 12 mai, le journal Libération titrait : « Le mensonge radioactif ». Avec, en sous-titre : « Le nuage radioactif a bien survolé une partie de l'hexagone » et  « Les pouvoirs publics ont menti, le nuage radioactif de Tchernobyl a bien survolé une partie de l'hexagone : le professeur Pellerin en a fait l'aveu deux semaines après l'accident nucléaire. »

 

 

 

pierre pellerin 1986 (8)En dépit du communiqué du ministère de l’Agriculture qui portait à confusion, cette affirmation est fausse, puisque l’autorité officielle en charge de cette question, le SCPRI, dirigé par le professeur Pellerin, avait publié l’information dès le 30 avril.  Elle est aussi contraire à ce que le journal Libération lui-même écrivait dix jours plus tôt.

 

Six ans plus tard, le 9 mai 1990, Monsieur Roger Fauroux, Ministre de l’Industrie et de l’Aménagement du territoire, déclarait à l’Assemblée nationale : 

Assemblée nationale« Je dois préciser, parce  qu’il y a, me semble t-il, une légende noire qu’il importe d’exorciser, qu’au cours du fameux week-end du 1er mai 1986, le Service Central de Protection contre les  Rayonnements Ionisants a donné, heure par heure, aux populations des informations concernant le passage du nuage radioactif. J’ai là une chronologie, que je tiens à la disposition des membres de cette Assemblée, qui indique que rien n’a été dissimulé. »

 

Par la suite les calomnies contre le professeur Pellerin se sont multipliées.

  

nucleaire.jpg

 

Dans le livre Ce nucléaire qu'on nous cache, publié chez Albin Michel en 1993, Mesdames Hélène Crié et Michèle Rivasi l’accusent d'avoir « menti aux Français ». Le professeur Pellerin a porté plainte contre les auteurs.

Le 8 décembre 1999 le tribunal de Paris s'est déclaré incompétent, parce qu'à l'époque des faits le Professeur Pellerin était fonctionnaire public : en conséquence, il aurait dû intenter son action devant le tribunal correctionnel. Sur le fond le tribunal a cependant reconnu la diffamation.

 

 

Le 23 octobre 1999, au cours de l’émission de télévision « Tout le monde en parle » sur France 2, Monsieur Mamère traitait le professeur Pellerin de « sinistre personnage (…) qui n’arrêtait pas de nous raconter que la France était tellement forte (…) que le nuage de Tchernobyl n’avait pas franchi nos frontières ».

 

Daumier-Les-deux-avocats-copie-1.jpgLe 11 octobre 2000, la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris a condamné Monsieur Mamère pour avoir accusé le Professeur Pellerin de « mensonge », ainsi que le président de France 2, Marc Tessier. Le tribunal a reconnu le caractère « incontestablement diffamatoire » des propos tenus, et a condamné Monsieur Mamère à 10 000 francs d’amende et 50 000 francs de dommages et intérêts.

Le 3 octobre 2001 la Cour d’appel de Paris confirmait la condamnation de Monsieur Mamère et de Marc Tessier pour diffamation envers le Professeur Pellerin,

 

Par jugement du 22 octobre 2002, la Cour de cassation rejetait le pourvoi de Monsieur Mamère et de Marc Tessier contre l’arrêt du 3 octobre 2001 de la Cour d’appel de Paris.

 

Monsieur Mamère a saisi la Cour européenne des doits de l’homme qui, par un jugement du 7 novembre 2006, a condamné la France, au motif qu’en ce cas d’espèce la liberté d’expression était plus importante que la protection de la réputation d’une personne.

 

Centrale-nucleaire---Saint-Vulbas.jpgJe ne crois pas que ce jugement ait pour l’instant en rien effacé les conséquences des jugements des tribunaux français, tant en ce qui concerne l’amende que les dommages et intérêts. Ni même l’inscription de la condamnation de Monsieur Mamère à son casier judicaire, motif qu’il avait invoqué publiquement pour justifier sa saisine de la Cour européenne. Sinon, il n’aurait pas manqué de s’en vanter.

 

Centrale nucléaire Cruas (3)

 Les adversaires de Pierre Pellerin ne désarment pas : la Commission indépendante de recherche sur la radioactivité (Criirad), un machin nucléocondriaque, fondé en 1986 par la formidable Michère Rivasi, a déposé une plainte en février 2001 contre les ministres qui, à l'époque, étaient en charge directement ou indirectement de la santé.

 

 La Criirad a ensuite lancé un appel à témoins, pour trouver tous ceux qui, souffrant d'un cancer de la thyroïde, pouvaient avoir intérêt à lier leur affection au fameux « nuage » de Tchernobyl. Elle se portait partie civile, en mars 2001, au nom des 171 personnes réunies dans une association de malades de la thyroïde.

 

bertella (2)

 Le lien entre les retombées du nuage de Tchernobyl et le cancer de la thyroïde des plaignants étant impossible à prouver, le 31 mai 2006, le juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy a mis en examen le professeur Pellerin, soupçonné d'avoir minimisé l'impact sanitaire de ces retombées, pour "tromperie aggravée".

Depuis cette date, aucune nouvelle, sinon des fuites du genre fax du cabinet du juge ou des avocats des parties civiles à des journalistes se prétendant d’investigation. Pas d’annonce de renvoi devant un tribunal.

 

 

madone 0Il est vrai que Madame Bertella-Geffroy est une habituée des instructions qui n’en finissent pas car elle n’arrive pas à les clore. La seule fois qu’elle y est arrivé depuis qu’elle a en charge les dossiers lourdement médiatisés du pôle santé, tous les accusés qu’elle avait renvoyés devant la cour ont été innocentés. Mais ce juge d’instruction est adulé par les victimes ou leurs familles, car « elle les écoute ». Plutôt que la madone des sleepings, la madone des victimes, en quelque sorte !

 

St George et le dragon, musée de Kerkyra

 

En attendant, le professeur Pellerin doit être âgé de 91 ans, et cet homme qui a, entre autres services éminents rendus à l’humanité en matière de radioprotection, découvert qu’on pouvait éviter, par l’ingestion préventive d’iode, les cancers de la thyroïde dus à la pollution de l’atmosphère par de l’iode radioactif, risque d’être enterré sans que son innocence ait pu être défendue dans un débat contradictoire et  public. Mais ça ne doit pas être la préoccupation de madame le juge. Quand on se prend pour Zorro, on se prend pour Zorro.

 

Gageons que l’instruction et – en cas de renvoi devant un tribunal – la cour, auront pour le moins du mal à mettre en évidence les conséquences sanitaires de la « tromperie aggravée », si celle-ci s’avérait prouvée.

En effet, les données épidémiologiques ne vont pas dans ce sens. L’Institut national de veille sanitaire déclare en effet ceci :

« Les cancers de la thyroïde représentent près de 7000 nouveaux cas par an en France en 2005 avec un taux d'évolution du taux d'incidence standardisé de l'ordre de 6 % par an entre 1980 et 2005. Leur augmentation est ancienne, continue depuis 1975. Elle a commencé avant 1986 et ne semble pas s’être accélérée après 1986. Cette augmentation est également constatée dans la plupart des pays d’Europe de l’Ouest mais aussi aux États-Unis, non touchés par cet accident, avec une augmentation très similaire en France et aux États-Unis. La répartition Est-Ouest sur notre territoire rend peu plausible l’hypothèse d’un effet Tchernobyl. »

  

Je tire de tout cela trois conclusions.

 

bouc emissaire3

 

1° Un bouc émissaire, en l’occurrence le professeur Pellerin, est utile aux idéologues militants de l’écologisme pour incarner une notion abstraite comme « le lobby nucléaire ».

 

 

1984--4-.jpg2° L’expression « Le nuage s’est arrêté à la frontière » est devenu l’équivalent en langage écolo-alarmiste, de la vieille expression populaire, si bien illustrée par Jacques Dutronc dans sa chanson « On nous cache tout, on nous dit rien ! », alors que le sens donné à la première expression, devenu quasiment un tic de langage écolo, est purement et simplement un mensonge. C’est un des sommets de la perversité de la novlangue écologiste.

 

cruas.jpg3° Demain, quand il s’agira de comprendre ce qui se sera passé au Japon, il vaudra mieux écouter les professionnels du nucléaire que les militants écolos, armés de leurs préjugés et de leurs idées reçues. Je n’ai pas écrit « UN professionnel… » mais « LES professionnels… », avec leurs avis nuancés, divers et éventuellement contradictoires.

 

Pain (4)En effet, quand on souhaite savoir comment on fait du bon ou du mauvais pain, il vaut mieux s'adresser à des boulangers – bien qu’ils aient un intérêt économique à l’exercice de leur métier, un lobby donc – qu’à son conseiller général !

 

 

Mon hommage au peuple japonais et à son courage

 tsunami2 (2) 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tsunami3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tsunami6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tsunami enfant2

 

 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 09:00

 

 

mediaCeux qui fréquentent un peu mon blog connaissent la sévérité avec laquelle je juge le journalisme à la française.

 

 

Alexis de tocqueville (3)

 

Dans De la Démocratie en Amérique, déjà, Alexis de Tocqueville repérait que la liberté de la presse, qui ne peut exister sans concurrence entre les titres, conduisait ceux-ci à rechercher le sensationnel, à exacerber ce faisant les passions plutôt qu'à faire appel à la raison. Il jugeait néanmoins que ce défaut inéluctable ne devait pas conduire à remettre en cause la liberté de la presse, sans laquelle la démocratie ne peut être.

  

 

 

Independance day bicentenaire (4)

 

Le journalisme à la française présente donc ce défaut, comme dans tous les pays où la liberté de la presse existe.

 

 

 

Mais il a aussi une spécificité bien nationale :  plutôt que de chercher honnêtement la vérité, le journalisme à la française est certain de la détenir  et  estime devoir la faire partager à ses lecteurs.

  

Lyssenko, Staline

 

C'est en pensant au journalisme à la française que j'ai écrit : Les journalistes ne sont pas des journalistes, ce sont des militants. Les journaux ne sont pas des journaux, ce sont des tracts.

 

 

Juste une illustration en image du militantisme de la presse française.

  

Il y a quelques temps Villepin rend sa carte de l'UMP. L'article qui en rend compte dans deux journaux très français est illustré par une photo de Dominique de Villepin.

 

 Villepin Libération 

 

 

 

L'une est flatteuse.

 

 

 

 

 

 

 

Villepin Le Figaro 

 

 L'autre est dévalorisante.

 

 

 

 

On perçoit d'instinct quel titre est antisarkozyste et lequel est sarkozyste !

 

CQFD

 

 

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 18:30

 

 

Il y a une obsession chez beaucoup d’écologistes : la démographie.

 

foule--5-.jpgC’était le cas de  pères fondateurs tels Julian Huxley, Aurelio Peccei, le commandant Cousteau, René Dumont - pour les défunts les plus connus - mais aussi d'autres encore bien en vie, comme James Lovelock, le Prince Philip, duc d'Édimbourg, Hubert Reeves, et pour un des plus jeunes d’entre eux, soixante cinq ans déjà, quand même, l’honorable parlementaire Yves Cochet.

 

Il n’y a pas que des vieux plus ou moins cacochymes qui redoutent une jeunesse trop nombreuse.

  

La Tour, le nouveau né, Musée des Beaux Arts, Rennes

 

Il y en a qui se sont constitués en secte, dont certains sont même venus protester véhémentement contre un ou deux articles de mon blog. Je pense ici à la secte Démographie responsable qui, ignorant la transition démographique et son universalité, se livre à une propagande antinataliste.

 

 

 

essai

 

 

 

Le fondateur de la crainte moderne de l’expansion démographique de l’humanité est sans conteste le vieux pasteur anglican Malthus, dont la première édition de l’Essai sur le principe de population date de 1798.

 

 

 

 

Mais cette crainte est bien plus ancienne. Elle est déjà présente dans un mythe mésopotamien, dont la première version écrite remonte à 1700 ans avant notre ère et dont les versions orales sont certainement bien antérieures.

 

diable

 

 

Selon ce récit, les dieux régnaient sur un univers dont s'occupaient des dieux inférieurs, les Igigi. Ces derniers se révoltèrent contre leurs conditions de travail et cherchèrent à détrôner le dieu suprême.

 

 

 

 

 

La mort d'Adam

 

 

Un des conseillers de celui-ci, Ea, lui suggéra de créer des remplaçants aux Igigi. Ce sera les hommes, qui seront mortels.

 

 

 

 

 

bataille-de-carnaval.jpg

 

Mais, les hommes se reproduisaient trop vite. Ils se multipliaient et se disputaient, et les bruits de leurs disputes étant devenus insupportables aux dieux, ils décidèrent de les éliminer. Ni les épidémies ni les sécheresses ne vinrent à bout de l’humanité.

 

 

arche

 

Alors, les dieux décidèrent de provoquer le déluge. Ea, pris de pitié pour un homme nommé Atrahasis, lui commanda de construire un bateau et de s'y réfugier, avec les siens et des animaux.

  

 

 

noe

 

 

 

La terre entière fut engloutie sous les eaux, seul surnageait le bateau d'Atrahasis, dont les passagers survécurent au déluge.

 

 

 

 

 

 

Brueghel Le triomphe de la mort (11)

 

Le dieu suprême était furieux que des hommes aient survécu. Son conseiller Ea lui expliqua alors que les hommes étaient nécessaires à la Terre, et qu'il fallait seulement en limiter le nombre. C'est pour cela que, depuis lors, certaines femmes sont stériles et que la mort fauche beaucoup d’enfants et nombres d’hommes et de femmes avant l’âge.

 

 

morts

 

 

C'est ainsi, qu’il y a plusieurs millénaires, ce mythe a tenté d'expliquer le mystère de la vie et de la mort et l’origine des maux de l’humanité.

 

 

 

 

foule (2)

 1700 ans avant J.-C, ce mythe exprime la crainte de la démographie « galopante ». Les malthusiens contemporains se rendent-ils compte qu’ils ne font que perpétuer une angoisse qui remonte à la nuit des temps et qui est certainement moins justifiée aujourd’hui que du temps d’Atrahasis ?

 

 

 

Lire aussi

Les écologistes n'aiment pas l'humanité

À la faute morale, les écologistes ajoutent la faute intellectuelle

 

Pour en savoir plus

 

Frédéric Lenoir

 

 

Frédéric Lenoir, Petit traité d'histoire des religions, Plon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 00:00

 

Highlanders

 

Il y a des moments où je me demande si, pour l’image de l’agriculture, il ne vaudrait pas mieux supprimer le Salon de l’agriculture, compte tenu de l'occasion qu'il présente de diffuser un nombre incalculable de calomnies à l'encontre de ce secteur d'activité, pourtant plus honorable que bien d'autres. 

 

Je crois bien qu’il n’y a eu que lundi soir, au Téléphone sonne, qu’on n’a pas entendu trop de bêtises et qu’on a abordé les vrais problèmes de l’agriculture : comment nourrir demain le monde ? On était en tout cas bien loin des rêves « bio » et des cauchemars anti-productivistes des bonobos dénoncés par Iegor Gran.

 

image006 (2)

 

 Il y a eu beaucoup de réactions contre la campagne de France Nature Environnement. Il me semble qu’elles se sont toutes limitées à l'accuser de dénigrement.

  

 

 

 

Porcs

 

Les professions de la production, de l’industrie et du commerce du porc ont intenté une action en référé pour la faire interdire, au nom de la stigmatisation des élevages de porcs. Ils ont été déboutés par le tribunal.

 

 

 

image005 (2)

 

La régie publicitaire de la RATP a néanmoins jugé plus prudent de ne pas placarder deux affiches dont une sur les algues vertes, parce qu'elle vise une profession bien identifiée, celle des éleveurs de porcs.  L'affiche a aussi été jugée violente et agressive avec la mise en scène d'un enfant.

 

 

Pointe du Grouin

 

Le président du Conseil régional de Bretagne a annoncé qu’il portait plainte pour atteinte à l’image de la Bretagne, relayant ainsi les inquiétudes des professionnels du tourisme breton.

  

 

 

Sans titre - 4

 

Dans une tribune publiée dans Libération le Ministre de l’agriculture reproche seulement, certes vertement, à France Nature Environnement de « se livrer à des raccourcis inacceptables ».

  

 

sarkosalon

 

Au salon de l’agriculture Nicolas Sarkozy a déclaré : « Les agriculteurs n'ont pas à être insultés ». Et aussi, une des choses les plus intelligentes à propos de cette campagne : « Répondez en étant sérieux, avec des arguments. »

 

 

 

diable (5)

 

Mais enfin, quand on a réveillé le diable avec le Grenelle de l’environnement, lequel a été l’occasion de flatter toutes les bassesses intellectuelles et morales de l’idéologie écologiste, faut-il s’étonner de ce renvoi d’ascenseur ?

 

 

lambert-4.jpg

 

Quels sont les arguments de la FNSEA ? En gros : c’est excessif, ce sont des anathèmes qui ne tiennent pas compte de tous les efforts entrepris depuis de longues années par la profession.

 

  

 

Personnellement je regrette qu’aucune de ces réactions n’ait mis en cause la véracité des affirmations de France Nature Environnement.

 

Saint-Michel-en-Grève, les algues vertes

 

Les algues vertes : les nitrates issus de l’agriculture et de l’élevage sont-ils vraiment la cause de la prolifération des algues vertes ? Ne serait-ce pas plutôt les phosphates, dont l’origine est essentiellement domestique et industrielle ?

 

 

 

maïs épi (2)Les OGM : partout dans le monde les procédures d’autorisation de culture et de mise en marché des OGM sont bien plus sévères que celles en vigueur pour n’importe quelle variété obtenue par les voies « traditionnelles » de la sélection végétale. En 2010, plus de quinze millions d'agriculteurs dans vingt-neuf pays ont planté des OGM sur 148 millions d'hectares. Des millions de consommateurs de par le monde consomment des OGM depuis des dizaines d’années. S’il y avait vraiment des problèmes de sécurité sanitaire, ça ce saurait. Alors, quand, en plus, il s’agit de consommer seulement de la viande d’animaux nourris avec des OGM, cela est de la pure imposture.

  

abeilleLes pesticides : les scientifiques de par le vaste monde nous disent que le syndrome d’effondrement des colonies d’abeille et les mortalités massives constatées depuis quelques années ne sont pas dues aux nouveaux pesticides qu’accuse un des cinq syndicats français d’apiculteurs, celui qui regroupe surtout des amateurs qui, malgré cet amateurisme, ou peut-être plutôt grâce à lui, a su développer une communication dans l’air du temps.

  

À part ici-même, où a-t-on pu lire que la campagne de France Nature Environnement reposait sur trois mythes qui ne sont, en vérité, que des mensonges fabriqués pour la cause de l'idéologie écologiste ?

 

Sans titre - 1

 

Le « politiquement correct » eût exigé que je disse « contrevérité » plutôt que « mensonge », mais voilà, je ne suis pas « politiquement correct ». Je crois au progrès et suis donc un affreux réactionnaire, une espèce de vieux con en voie de disparition. Mais je n’ai pas encore disparu. Il faudra qu’on me supporte encore le temps que Dieu voudra bien !

 

 

 

DSC03439 (2)Je ne compte que sur lui, parce que si j'attends que l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) mette les vieux cons réactionnaires qui croient encore au progrès sur sa liste des espèces en voie de disparition et à sauvegarder, je serai enterré depuis longtemps !

 

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 20:00

 

ieg gr

 

Ce n’est pas à l'indignation qu’appelle Iegor Gran dans son dernier livre, L’écologie en bas de chez moi, c’est à la révolte.

Avec verve et humour, ce livre traite de l’omniprésence de la nouvelle religion écologiste, de la morale qu’elle prétend nous imposer, de l’exploitation commerciale sans vergogne qui en est faite. Il nous conte les démêlés de l'auteur avec ses voisins d’immeuble auxquels elle conduit et le délitement d’une vieille amitié que provoque la mal-pensance de l'hérétique.

 

 Sur ce terrain proprement littéraire, se déploient des analyses intéressantes et, pour certaines, originales. On appréciera tout particulièrement sa mise en pièce des modèles et des autres sortes de prédictions de l'avenir.

 

Quelques extraits pour donner envie

DSC05375

 

« Un voisin durable, c'est un voisin qui trie ses déchets et me surveille pour que j'en fasse autant. »

 

  

 

DSC05383« Depuis quelques années j’avais remarqué la pandémie, l’encombrement de vélos en bas de chez moi, les poubelles de tri sélectif et leurs mollahs, la dame du 3, escalier C, et le généraliste crétin, toujours aux avant-postes de la surveillance, du contrôle, et, bientôt de la rééducation forcée des récalcitrants… »

 

Nanook

« Home, en particulier, et le prurit écolo, en général, ne manquent pas non plus d’Africains ni d’Esquimaux, qu’ils appellent « populations su Sud », et qu’ils invitent à rester à l’état de sous-développement – message implicite du film ‒ parce que : 1) Ces braves bêtes réduisent leur empreinte carbone au strict minimum, en ne gaspillant pas les ressources fossiles comme le fait l’homme blanc, 2) ils ont appris à se contenter de peu – ils mangent très peu de viande, et 3) ils montrent l’exemple de ce que l’on peut obtenir avec un peu d’ingéniosité, d’huile de coude et de jeûne si l’on fait l’effort de dompter ses besoins consuméristes primaires. »

 

 

HomeOn apprend aussi pourquoi Iegor Gran avait commencé son article paru dans Libération le 4 juin 2009 à propos du film Home de Yann Arthus Bertrand par : « Leni Riefenstahl en avait rêvé, Yann-Dieu l’a fait ».

 

Et que cette entrée en matière sans ménagement a été censurée.

 

sucreDans le palmarès des ventes d’Amazon, L’écologie en bas de chez moi  occupe la 142ème place et la vingt-septième pour la catégorie de la seule litterature française . Si, comme Iegor Gran et moi-même, vous ne supportez plus ce totalitarisme qui nous enveloppe de sa sucrerie poisseuse quotidienne, vous pouvez faire progresser son livre dans le palmarès en l'achetant. À sa lecture vous ne vous ennuierez pas !

 

 

Lire aussi

Culpabilité postmoderne

Les écologistes n'aiment pas l'humanité

Villeurbanne, la ville dont le maire voulait sauver la planète

 

 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 00:04

 

Le Salon de l’agriculture ouvrira ses portes samedi prochain, 19 février, à Paris, porte de Versailles.

 

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À compter de ce jour, mardi 15 février, et jusqu’au lundi 21 février, les usagers du métro parisien, sauf imprévu, devraient se voir infliger une campagne d’affichage de France Nature Environnement, aux stations Odéon, Saint-Lazare et Montparnasse, mettant en cause l’agriculture avec une violence inouïe.

 

 

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Élevage porcin, OGM dans l’alimentation animale et pesticides sont mis en accusation.

 

 

 

 

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Le budget de France Nature Environnement, de 2 700 000 € en 2009, est financé à hauteur de 56 % par des subventions de l’État ou d’établissements publics (hors aides à l’emploi).

 

 

 

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La RATP aurait-elle accepté une campagne publicitaire dénigrant de cette façon l’industrie automobile durant le Mondial de l’automobile ou le secteur de l’aviation pendant le Salon de l’aéronautique du Bourget ?

 

 

 

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Et l’État, que fait-il, lui qui subventionne France Nature Environnement sans contrôle, alors que l’agriculture reste un des rares secteurs bénéficiaires de notre balance commerciale, laquelle enregistre globalement des déficits de plus en plus abyssaux ?

 

 

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Gageons que tout ce qui est excessif étant insignifiant, les Parisiens, ceux qui ne se sentiront pas révoltés, n’accorderont pour le moins que mépris à un tel propos et que France Nature Environnement n’aura fait que se discréditer dans une telle aventure.

 

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 21:37

 

 

service publicMardi dernier, l’émission Service public, d’Isabelle Giordano, sur France Inter, était consacrée à la polémique relancée récemment par Réseau environnement santé à propos de l’aspartame.

 

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L’aspartame est l’édulcorant, substitut du sucre, parmi les plus utilisés au monde, par exemple sous la marque bien connue Canderel, ou encore dans de nombreux produits light de l’industrie alimentaire.

 

 

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Il a été mis sur le marché en 1974 aux États-Unis, autorisé en France en 1981 et consommé depuis longtemps dans un très grand nombre de pays.

 

 

Cette émission opposait André Cicollella, président du Réseau environnement santé (RES) et Jean-René Buisson, président de l’Association Nationale des Industries de l’alimentation (ANIA).

 

Sans titre - 3Malgré son nom pompeux, Réseau environnement santé n’est que le regroupement d’un ramassis d’organisations écologistes, dont le but est de susciter l’inquiétude dans les populations, au service de la notoriété de ses membres, de ses dirigeants et de ses porte-parole, dont André Cicolella, lanceur d’alerte professionnel.

  

AniaJean-René Buisson, lorsqu’il a été élu en 2004 président de l’Association nationale des industries de l’alimentation a démissionné de sa fonction de secrétaire général du groupe Danone.

 

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Le but de ce billet n’est pas de faire le point sur la polémique à propos de l’aspartame, qui est, dans mon esprit, classée depuis longtemps.

 

 

aspartame (3)Au début de l'émission, après dix bonnes minutes accordées aux détracteurs de l’aspartame, pour l’essentiel à Monsieur Cicolella, Jean-René Buisson oppose une défense percutante, susceptible de convaincre nombre d'auditeurs. Jusque là les arguments, de part et d’autre, ne portent que sur le cas de l’aspartame.

 

En difficulté, déstabilisé, Cicolella lance alors une manœuvre couramment utilisée par les écolos de mauvaise foi dans ce genre de situation. Il change de terrain, il passe à une généralité n'ayant un rapport que très indirect avec la question des propriétés cancérogènes de l’aspartame.

  

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Cicolella déclare : « Aujourd’hui nous sommes face à une épidémie de cancers, un homme sur deux, une femme sur trois, le taux de cancer a doublé en vingt-cinq ans et qu’est-ce qu’on fait pour arrêter cette épidémie ?  Et bien pour l’instant nous n’avons pas les moyens, nous n’avons pas réussi à arrêter cette épidémie. Et c’est là le vrai problème, éliminer de notre environnement tout ce qui génère un risque cancérogène ».

 

Non seulement cette généralité ne peut tenir lieu de preuve de l’effet cancérogène de l’aspartame, mais elle est en outre parfaitement fausse. Il n’y a pas d’épidémie de cancers, affirmer le contraire est un mensonge (voir mon article Il n'y a pas d'explosion des cancers).

 

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Jean-René Buisson est un honnête homme. Il oppose à Cicolella des arguments qui ressortissent de sa spécialité professionnelle. Le point de vue des scientifiques sur l’aspartame, il le connait, il en parle, il argumente.

 

 

 

biberon2Plus tard, quand la discussion bifurque momentanément vers le bisphénol A, le machin avec lequel on affole les populations à propos des biberons, les bébés c’est tellement émouvant, il démentira les accusations de Cicolella.

 

Mais l’épidémie de cancers, ce n’est pas son domaine, il n'est pas cancérologue, il n'est pas épidémiologiste, c'est juste un industriel qui connait ses dossiers. On n’entendra donc dans l’émission aucun démenti à l'assertion mensongère sur l'épidémie de cancers.

  

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Bon, voilà ma conclusion en forme de morale à la façon du bon Jean de La Fontaine :

« Opposez un menteur généraliste à un spécialiste honnête, il en sortira plus de mensonges que de vérités !  »

C’est malheureusement ce qui arrive trop souvent dans ce genre d’émission radio ou télé.

 

 

 

 

Lire aussi

Il n'y a pas d'explosion des cancers

Écologisme et cancer : mythologie et réalités

 

 

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 00:05

 

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Un article paru dans Le Monde Magazine du 29 janvier dernier est consacré à Jean-Paul Jaud, cinéaste documentariste, réalisateur du film Nos enfants nous accuseront, sorti en novembre 2008, dans le synopsis duquel on peut lire ‒ attention cher lecteur, pour ne pas tomber à la renverse, asseyez-vous d’abord : « 70 % des cancers sont liés à l’environnement dont 30 % à la pollution et 40 % à l’alimentation ».

 

Dans le rapport* publié en 2007 sur Les causes du cancer en France il est écrit noir sur blanc :

rapportContrairement à certaines allégations, la proportion de cancers liés à la pollution de l’eau, de l’air et de l’alimentation est faible en France, de l’ordre de 0,5%, elle pourrait atteindre 0,85% si les effets de la pollution de l’air atmosphérique étaient confirmés.

 

Pr TubianaLa question est donc : pourquoi Monsieur Jean-Paul Jaud, cinéaste de formation et de métier, croit-il mieux connaître l’origine des cancers que le Professeur Maurice Tubiana, le Centre international de recherche sur le cancer et l’Institut national du cancer réunis ?

 

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Parce que ses films à sensation sont présentés à Cannes et font de nombreuses entrées ? Cela est sans doute pour quelque chose dans le fait qu’il persiste dans la thématique écolo-anxiogène militante.

 

Mais c’est depuis qu’il a développé un cancer du côlon en 2004 et qu’il en a attribué la cause à son alimentation qu’il est devenu militant de l’alimentation bio.

 

 

En général il est très difficile aux victimes d’attribuer leur malheur à la fatalité. Elles sont soulagées par le fait de pouvoir désigner un coupable.

 

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J’illustrerai cette composante quasi universelle de la psychologie humaine par deux exemples et une citation.

 

 

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Dans des populations où se pratique encore la sorcellerie, l’explication que le rationaliste apporte à l’effondrement de la toiture d’une maison par l’action des termites n’est pas suffisante : « Oui, certainement, mais pourquoi justement à cet instant précis, tuant telle personne ? Quelqu’un a jeté un sort à la victime ! »

  

 

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Le troisième procès de Patrick Dils, alors emprisonné depuis quinze ans pour le meurtre de deux enfants, s’est achevé par son acquittement. La seule vraie question qui vaille était de savoir si Patrick Dils était vraiment coupable du crime pour lequel il avait été condamné par deux fois. Les familles des victimes, parties civiles, ont plaidé la culpabilité de Patrick Dils. Il leur était difficile de ne plus avoir de coupable. On peut les comprendre, bien que la justice ne soit pas d’avoir un coupable mais de punir le vrai coupable.

 

 

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Je rapporte ce cas un peu ancien parce que, malgré le temps passé, il est resté bien vivant dans mon esprit. Mais il est emblématique de bien d’autres procès criminels. Combien de fois n’a-t-on pas vu, au JT, les avocats des parties civiles chercher à nous démontrer la culpabilité de l’accusé ?

 

 

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L’émission Le téléphone sonne du 25 février 2010, sur France Inter, était consacrée aux cancers et aux leucémies de l’enfant.

 

 

Un auditeur s’interroge sur l’origine génétique de ces maladies. Une auditrice affirme sa croyance dans le rôle prépondérant de leur origine environnementale.

 

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Dans sa réponse circonstanciée sur les plans scientifique et médical, le Professeur André Baruchel, chef du service d’hématologie pédiatrique de l’hôpital Robert Debré, glisse avec beaucoup d’humanité : « Il est important de dire aux gens que, oui, c’est normal, quand on subit un drame pareil, on a besoin d’un coupable et on cherche le coupable dans sa génétique familiale ou dans son environnement et malheureusement les réponses ne sont pas univoques ».

 

 

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Monsieur Jaud a besoin d’un coupable de son cancer du côlon. Il l’a trouvé dans son alimentation, ce pourquoi il s’est converti aux aliments bio et cherche à y convertir son public. Ça doit tellement le soulager !

 

 

Mais peut-être les gens raisonnables n’ont-ils pas besoin de croire que l’alimentation conventionnelle a jeté un sort à tous ceux qui développent un cancer du tube digestif !

 

caravageLe bouc-émissaire est un coupable désigné par une communauté en crise ou en voie de dissolution, qui se ressoude sur son dos. Le « besoin de coupable » dont il est question ici est le coupable dont a besoin une victime d’un drame individuel. Les manipulateurs d’opinion, parmi lesquels je range les écologistes, savent jouer sur ces deux ressorts de l’âme humaine.

 

 

*Rapport établi par le Centre international de recherche sur le cancer, l’Académie nationale de médecine, l’Académie nationale des sciences, la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer avec le concours de l’Institut National du Cancer et de l’Institut de Veille Sanitaire.

  

Pour en savoir plus 

Rapport sur les causes du cancer en France

 

Lire aussi

On a toujours besoin d'un bouc émissaire

Écologisme et cancer : mythologie et réalités

Il n'y a pas d'explosion des cancers

 

 

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 20:00

 

 

Caspar David FriedrichDans un commentaire à propos d’un précédent article de ce blog, un lecteur, Rémi, se demandait comment expliquer l’ambiance de catastrophisme et de « culpabilisme aigu » qui irrigue un large courant d’opinion, que je qualifierais volontiers de postmoderne (j’entends par là, qui rejette les valeurs de la modernité).

  

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Sur un autre forum, un intervenant disait que le secret de la réussite des lanceurs d’alerte « c’est que le public aime avoir peur, le public veut de la peur. La peur éprouvée en commun crée du lien social. »

 

 

 

C’est incontestable.

 

Mais, pourquoi la peur crée-t-elle du lien social ?

 

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Parce qu'elle désigne à la communauté un bouc émissaire qui la soude dans la haine d'un ennemi dangereux reconnu comme tel par tous.

  

 

 

Le bouc émissaire

 

 

René Girard explique de façon assez convaincante comment, dans des situations de crise ou de dissolution, la désignation d’un bouc émissaire ressoude la communauté. Il en démonte le mécanisme.

  

 

 

cambodge.jpgPour se convaincre de la valeur de cette explication, il n’y a qu’à lire dans les forums sur Internet les sentiments exprimés à propos des pesticides, des "contaminants" chimiques, récemment de l’affaire de la dioxine à Gilly-sur-Isère : haine des industriels, des scientifiques « à la botte » de ces derniers, des gouvernants, etc. accusés d’être des assassins, des complices, des criminels contre l’humanité…

 

L'histoire montre que les totalitarismes utilisent la haine du bouc-émissaire.

  

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Communisme

 Bouc-émissaire : le koulak en URSS, l'intellectuel en Chine pendant la révolution "culturelle", le citadin dans le Cambodge des Khmers rouges.

 

 

 

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Nazisme

Bouc émissaire : le Juif.

 

  

  

 

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Islamisme

Bouc émissaire : l'infidèle.

 

 

 

Par où l'on voit que :

 

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Le communisme est plus opportuniste que le nazisme. Selon les circonstances, il a plusieurs boucs émissaires sous la main, ce qui l'a sans doute aidé à s'acclimater sous divers cieux et à perdurer plus longtemps.

 

 

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Le bouc-émissaire le plus "universel" est celui que l’islamisme désigne à la vindicte de la communauté, car il n'y a pas autant de Juifs, de koulaks, d'intellectuels ou de citadins que d'infidèles !

 

 

Les écolos qui, dans leurs discours, usent et abusent des boucs émissaires sont, d’une certaine façon, les plus ou moins lointains héritiers ou collatéraux, des Rouges, des Bruns et des Verts !  Disons que, jusqu’ici,  leur totalitarisme est resté surtout verbal, mais enfin, on trouve des passages à l’acte chez un certain nombre de militants : arraisonnements violents par Greenpeace, intimidation par des destructions de récolte, destructions de plusieurs années de travaux de recherche par les faucheurs volontaires, etc.

  

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Rémi, notre commentateur, se demande aussi pourquoi le "culpabilisme" aigu tend à reprocher à l'activité humaine son existence même, autrement dit notre trop grand nombre – sans pour autant aller au bout du raisonnement malthusien, un génocide.

 

 

Tout d’abord, je dirai que certains ne sont pas très loin de l’idée de génocide. Dans mon article Les écologistes n'aiment pas l'humanité on trouvera plusieurs déclarations qui vont dans ce sens.

  

Mais, revenons à la question, la raison de ce sentiment de culpabilité.

 

Je pense qu’il s’agit plus d’une peur  que d’une culpabilité. La peur de la démographie n’a pas été inventée par les écolos postmodernes, mais par Malthus.

 

Rembrandt, La guilde des drapiers RijkmuseumElle a été remise au goût du jour au XXe siècle par des aristocrates, comme le prince Philipp, et des hommes d’affaires, pour certains milliardaires, tels que David Rockfeller, Maurice Strong, Ted Turner, Rupper Murdoch, qui les ont reformulées dans le cadre de groupes comme le Club de Rome, la Commission trilatérale et le Groupe de Bilderberg.

  

La Nain Famille de paysansQuand on consulte la littérature issue de ces cénacles, comme d’ailleurs celle, originelle, de Malthus, on trouve le plus souvent la peur de la prolifération des pauvres, susceptibles, par leur nombre même et leur marche vers un niveau de vie équivalent à celui des pays riches, de remettre en cause les fondements du confort des pays développés et, surtout, de leurs élites sociales.

 

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Cette motivation est très bien décrite dans le roman de Jean-Christophe Rufin Le parfum d’Adam.

 

 

 

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Ensuite, pour faire passer dans les masses ce message fort peu charitable, on joue sur la corde sensible de la culpabilité envers la nature, qui trouve ses racines dans le romantisme allemand et le "conservationnisme" américain.

 

 

 

Antoine Arnauld

 

 

Ajoutez un zest de "Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer au royaume de Dieu", très janséniste, donc très français, et vous obtenez l'idéologie de la décroissance.

 

 

 

Pour en savoir plus

 

Le bouc émissaire

 

 René Girard, Le Bouc émissaire, Le livre de poche, coll. biblio essais

 

 

 

Des choses cachées depuis la fondation du monde

 

René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde, Le livre de poche, coll. biblio essais

 

 

 

La violence et le sacré (2)

 

René Girard, La violence et le sacré,  Hachette Littératures, coll. Pluriel

 

 

 

le parfum d'adam (2)

 

Jean-Christophe Rufin, Le parfum d'Adam, Folio

 

 

 

Lire aussi

Culpabilité postmoderne

Les écologistes n'aiment pas l'humanité

À la faute morale les écologistes ajoutent la faute intellectuelle

La nouvelle religion : l'écologisme

  

 

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