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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 00:03

 

Une pétition signée à cette date par plus de 500 chercheurs français a été adressée à Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, au président de l'Académie des sciences et à divers responsables d'organismes ou d'instances scientifiques. Par cette pétition les signataires se plaignent du dénigrement de leurs travaux par Claude Allègre et Vincent Courtillot et sollicitent le soutien des destinataires.

Le présent article est inhabituel pour mon blog. Il présente au lecteur l'intégralité de deux textes qui ne sont pas de ma plume : la lettre ouverte-pétition, publiée dans plusieurs journaux et en ligne sur Internet, qui a un caractère public indéniable, et la lettre ouverte que Benoît Rittaud adresse en réponse à ses collègues et qu'il a publié sur son blog, après qu'il m'y ait autorisé.

Je pense que ces deux textes éclaireront le lecteur sur la controverse en cours dans la presse et dans les media.

À la fin du présent article je donnerai les liens vers les sites originaux qui ont mis ces deux textes en ligne, un lien vers une interview sous forme audio de Vincent Courtillot, et je dirai un mot du documentaire sur les travaux d'Henrik Svensmark qu'Arte a diffusé ce vendredi soir.

 

La lettre-ouverte pétition

Destinataires :

img006Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN)
M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ces ouvrages n'auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu'à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.

Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.

Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS)

 

La lettre ouverte en réponse à ses collègues de Benoît Rittaud.

Sans titre - 1

 

Lettre ouverte aux signataires de l’appel « Éthique scientifique et sciences du climat »

Messieurs les Académiciens,
Mesdames et messieurs les directeurs de centres de recherches,
Chers collègues,

 

 

 

Vous êtes à présent environ cinq cents à avoir signé cette pétition dont l’objet est d’obtenir une mise à l’index des livres de Claude Allègre et Vincent Courtillot de la part de vos ministres et organismes de tutelle. Vous invoquez pour cela le « pacte moral » qui lie les scientifiques à la société, et vous vous indignez d’accusations d’impostures, qui constituent pour vous une insulte à votre intégrité.

Le débat qui nous agite autour du climat est un débat fondamental, car de la manière dont la société décidera de le trancher pourrait découler une modification profonde de notre organisation sociale. La rigueur scientifique y est donc plus que jamais indispensable, et vous avez raison de parler de pacte moral entre la science et la société. L’un des éléments les plus essentiels de ce pacte est la stricte séparation entre le travail scientifique et la parole politique. Comme l’histoire des sciences le montre aisément, et comme l’avait déjà compris Max Weber, le mélange entre science et politique conduit immanquablement à un affaiblissement de la première. Personne parmi vous, sans doute, ne souhaite voir se répéter les errements auxquels a parfois conduit un tel mélange.
C’est pourtant à cela que, de manière sûrement involontaire, votre initiative conduit inévitablement. Votre pétition, en effet, demande expressément une réaction des structures référentes de la recherche publique. Qui donc, parmi vous, pense que l’honneur des scientifiques repose dans une prise de position que pourrait prendre un ministre sur la théorie scientifique que vous défendez ? À l’évidence, tout appui que vous pourriez recevoir sera logiquement interprété comme étant de nature partisane, ne faisant que refléter la réalité de jeux de pouvoir qui vous échappent. Où est donc la science dans tout cela ?

La forme de votre initiative est donc une double méprise. La première méprise consiste à demander au pouvoir politique de prendre parti contre des personnes ayant publié des livres. Cela s’apparente fort à une tentative d’entrave à la liberté d’expression. Plus grave encore, cette velléité de censure qui ne dit pas son nom s’appuie sur une invocation du « filtre standard des publications scientifiques », rapprochant ainsi de façon coupable les procédés de revue par les pairs d’une censure légale.
Comment a-t-il pu vous échapper que les éditions Plon, qui publient le livre de Claude Allègre, aussi bien que les éditions Odile Jacob, qui publient celui de Vincent Courtillot, ne sont pas, n’ont jamais été, et n’ont pas à être soumis au processus de revue par les pairs ? Ces deux éditeurs ont leur propre politique éditoriale, qu’ils délimitent de la manière qu’ils veulent. Ils n’ont en aucune manière à rendre des comptes au CNRS, au ministère de la Recherche, ou à n’importe quelle autre structure institutionnelle. Ces dernières n’ont pas davantage à donner leur avis dessus, sollicité ou non.
Bien sûr, la liberté d’expression n’est pas absolue, et un cadre existe pour en délimiter les contours. C’est cela qui amène à votre seconde méprise : avoir ignoré le rôle de la justice. Celui qui estime être l’objet d’une diffamation peut demander réparation à la justice, seule habilitée à trancher ce type de litige. Si celle-ci n’a certes pas pour rôle de trancher un débat scientifique, elle a en revanche celui de déterminer si telle ou telle déclaration a un caractère infamant. Il existe des cadres pour régler certains différents ou infractions à la loi, des espaces pour débattre (les médias) mais il n’existe heureusement plus un quelconque « droit divin » en vertu duquel on pourrait sanctionner pour délit d’opinion.

En dévoyant le sens du processus de relecture par les pairs, aussi bien qu’en soumettant votre travail à l’imprimatur de structures politiques, vous ne réalisez sans doute pas la portée de votre geste. Votre assaut dérisoire se fait au prix d’un précédent extrêmement dangereux, qui fragilise la science dans son ensemble et va contribuer à affaiblir plus particulièrement la climatologie. Nous touchons là à des idées qui vont bien au-delà du seul débat sur le climat : la place de la science, la liberté d’opinion.
Ainsi, vous avez fait un pas de trop. S’il est parfaitement légitime de votre part de vouloir défendre la justesse de votre cause et la rigueur de vos travaux, en aucun cas tout cela ne peut justifier un appel à la censure et à l’arbitraire. Il n’y a pas de science officielle dans ce pays, fut-elle publique. En invoquer une ne peut qu’accroître le doute et la confusion. La légitimité des travaux menés en climatologie passe par d’autres voies que la désignation à la vindicte de boucs émissaires, et il nous revient à tous de faire en sorte que ne s’éteigne pas une certaine idée de la science.

Benoît Rittaud.

 

Lire la lettre pétition sur son site d'origine.

Lire la lettre de Benoît Rittaud sur son Blog

Interview de Vincent Courtillot sur RTL (6' 15")

 

HenrikSvensmark

 

Le documentaire diffusé par Arte ce vendredi 2 avril sur les travaux du danois Henrik Svensmark est, malgré quelques défauts de traduction, remarquable. Aurait-il pu être diffusé il y a seulement quelques mois, avant le climategate et les éclats de voix de Claude Allègre ? Les thèses d'Henrik Senvsmark sont résumées dans mon article Climatologie politiquement incorrecte . Un bref entretien avec Henrik Svensmark en suivant ce lien

 

 

 

Dans ce documentaire Henrik Svensmark indique le refus de publication injustifié qu'il a subi a plusieurs reprises de la part de revues scientifiques à comité de lecture, pratique dénoncée par Richard Lindzen, dont j'ai parlé dans mon article Réchauffement climatique : la science sacrifiée sur l’autel de la pensée unique

 

Et puis, cerise sur le gâteau, un éditorial très raisonnable de Laurent Joffrin, dans Libération. Sylvestre Huet devrait lire les éditoriaux de son patron avant de jeter ses articles fielleux sur la toile !

 

Le-proc-s.jpgLe titre que j'ai donné au présent article vient de ce que 500 scientifiques, qui devraient être les héritiers de la tradition maintenant multiséculaire qui revendique l'indépendance de la science vis-à-vis de tous les pouvoirs, politiques ou religieux, et qui font cependant appel à leur ministre de tutelle pour les défendre contre leurs contradicteurs, me font penser à Galilée qui demanderait au Saint-Office de le défendre contre les critiques de ses collègues. (Il y a cependant deux différences de taille à cette comparaison : sur le plan scientifique Galilée avait raison, ce qui est rien moins que certain pour ces quelques chercheurs, et Valérie Pécresse s'est refusée à jouer le rôle de censeur).

 

Le présent article est plus long, moins illustré et sûrement plus ardu que ce à quoi je m'essaye d'habitude, mais j'espère qu'en donnant les éléments essentiels de la controverse il aura néanmoins aidé les lecteurs à décrypter une chaude actualité !

  

Sans-titre---6.jpg

 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 19:20


Quiconque s’est intéressé à l’épistémologie, même de loin,  a entendu parler :

popper
Du critère de réfutabilité de Karl Popper, permettant de distinguer les énoncés scientifiques de ceux qui ne font que prétendre l’être.





Kuhn
Des changements de paradigmes qui, selon Thomas Kuhn, scandent l’histoire des sciences.





DSC02554 (3)

Et d’un principe bien plus ancien, puisqu’il remonte au XIVe siècle, le rasoir d’Occam.




Le livre de Benoît Rittaud, Le mythe climatique, dont j’ai parlé dans un précédent articles, suscite la critique fréquente que, s’agissant d’un mathématicien, l’auteur ne saurait se prononcer dans le domaine de la climatologie.

Galilée
Ce à quoi d’autres opposent que, puisque selon Galilée il est vrai que  « La nature est un livre écrit en langage mathématique », les mathématiciens sont autorisés à jeter un coup d’œil sur les calculs et les raisonnements de leurs collègues de toutes spécialités scientifiques.
Ce n’est pas sur ce terrain polémique que je veux aller aujourd’hui.


Je souhaite porter à la connaissance de mes lecteurs les considérations que Benoît Rittaud développe à propos du rasoir d’Occam.


Occam
Ce principe veut qu’entre deux théories expliquant aussi bien un phénomène, il convient de retenir la plus simple. Ce principe ne peut être démontré. Comme l’écrit Benoît Rittaud, il a donc mauvaise presse. Il n’en a pas moins guidé la science. Je me suis souvent demandé ce qui pouvait justifier pragmatiquement cet axiome.

J’ai trouvé la réponse aux pages 99 et 100 du Mythe climatique.




La dangereuse puissance de l'imagination

Pise (6)
Cette histoire des carottes de glace est riche d'enseignements. Le premier est que l'imagination est sans limite lorsqu'il s'agit de
défendre un point de vue. Les scientifiques disposent de moyens quasiment infinis pour défendre une théorie et son contraire. C'est à cette aune que doit être jugé l'intérêt d'un critère comme le fameux « rasoir d'Occam », du nom de Guillaume d'Occam, qui passe pour en être l'inventeur au début du XIVe siècle (bien que diverses variantes soient plus anciennes, et se trouvent même chez Aristote, au IVe siècle avant notre ère). Dans sa présentation courante, le rasoir d'Occam stipule qu'entre deux théories, il vaut mieux retenir la plus simple en accord avec les observations.


Commode à première vue, ce critère
souffre de plusieurs graves défauts théoriques qui font qu'il n'a pas bonne presse : d'une part, il n'est pas toujours possible de se mettre d'accord sur la simplicité relative de deux théories concurrentes ; d'autre part, cette « prime à la simplicité » est difficile à soutenir en dehors d'un jugement esthétique extrascientifique.


Centaure2
Malgré ces problèmes, le rasoir d'Occam n'est pas sans intérêt. Le premier de ses défauts ne se manifeste pas dans le cas qui nous concerne car, pour ce qui est de l'analyse des courbes données par
les carottes de glace, la simplicité choisit très clairement son camp. Quant au second, il peut se résoudre dans certains cas en prenant du recul et en comprenant le rasoir d'Occam comme un garde-fou. Puisque l'imagination est sans limite - c'est sans doute même l'une des plus puissantes forces de l'esprit humain -, il est parfois nécessaire de la canaliser.


Le rasoir d'Occam fournit une manière de le faire, en proposant une méthode pour confronter nos constructions intellectuelles à un critère neutre (1). Une exégèse du rasoir d'Occam pourrait être : « puisque vous parviendrez toujours à concevoir des explications cohérentes à tout, lorsque viendra le moment de faire le tri, demandez-vous si vous avez vraiment fait autre chose que tordre vos raisonnements ou vos interprétations dans le but de faire l'économie d'une remise en cause ».

1. Je dis « neutre », et non pas « objectif». La simplicité est une notion subjective, mais on peut la considérer comme neutre dans la mesure où elle transcende le contexte auquel il s'agit d'appliquer le rasoir d'Occam.
 
Lumineux, non ?


Bibliographie

SokalBricmont
On trouvera une présentation de différentes théories épistémologiques dans Impostures intellectuelles d'Alan Sokal et Jean Bricmont, Le Livre de Poche, biblio essais.









img002
Le mythe climatique
, Benoît Rittaud, Éd. du Seuil, coll. Science ouverte.

 








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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 22:40


20100318
J’ai suffisamment dit le mal que je pensais du journalisme « à la française » pour signaler l’excellent article de Claude Weill dans le dernier numéro du Nouvel Observateur.


img001
Cet article fait honnêtement le point de l’état actuel de la controverse scientifique. Synthétique et clair, il est écrit dans un style agréable et facile à lire. Il expose les différents points de vue sur cinq questions essentielles :

La Terre se réchauffe-t-elle ?
Ce réchauffement est-il exceptionnel ?
Quelles en sont les causes ?
Les projections sont-elles fiables ?
Le Giec est-il un organisme scientifique ?



Un souffle d’air frais dans l’atmosphère étouffante de la presse française sur le réchauffement climatique !

J
e ne saurais trop en recommander la lecture.

img006
Dans le même numéro du Nouvel Observateur, il y a un autre article sur le même sujet, consacré à un débat entre Jean Jouzel, paléoglaciologue, vice-président du Giec, et Benoît Rittaud, mathématicien, auteur de l’ouvrage Le Mythe climatique. S’il n’y avait qu’une idée à retenir de cet échange, je choisirais celle-ci, de Benoît Rittaud :




Sans titre - 1
« Après la parution de mon livre,
« le Mythe climatique », des élus viennent m'apporter leur soutien sur mon blog. Ils souhaitent cependant rester anonymes. Ils attendent leur heure. Ils savent que le premier qui aura le courage de contester la thèse du réchauffement risque d'être cloué au pilori. »




Lire aussi :

Les articles publiés dans la rubrique Climat 

Ainsi que :

Du danger des modèles en sciences 




 

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 23:20



Couture

Dans le monde de la mode, il y a les collections automne-hiver et les collections printemps-été.












solstice equinoxe
En astronomie, l’hiver court du solstice d’hiver à l’équinoxe de printemps.

Dans l’hémisphère boréal, l’hiver météorologique court, conventionnellement, du mois de décembre au mois de février.







Illuminations
J’ai appelé cet album Collections d’hiver, parce que les photos ont toutes été prises du début du mois de décembre à la fin du mois de mars, durant l’hiver astronomique ou météorologique.



S’agissant des années 2008 à 2010, le mot Collections mérite donc bien d’être au pluriel.

Hiver 2 janvier 2010
L’album a été conçu pour le plaisir des yeux et non pour faciliter la démonstration du refroidissement des hivers sur cette période de quelques années.




Il est donc classé par ordre strictement chronologique. Toutefois les dates des clichés sont indiquées, afin que le visiteur puisse faire, en ayant quelque patience, les rapprochements qu’il souhaite d’une année à l’autre. Il constatera alors que rien ne vient contredire la thèse argumentée dans mon article précédent, bien au contraire.


Gustave Courbet, La remise des chevreuils, c. 1866A propos d’un article déjà ancien, un commentateur s’est étonné qu’un virulent opposant à l’écologisme comme moi puisse présenter de belles photos de la nature. Il n’est pas nécessaire d’être écologiste pour aimer la nature.  Les sectaires de l’écologisme pensent être les seuls détenteurs de l’amour de la nature. Une fois de plus ils sont dans l’erreur. Point n'est besoin d’hypostasier la nature pour l’aimer.


2 Santorin, OiaJ’ajoute cependant que mes goûts personnels, qui n’engagent que moi, comme toujours en matière de goût, font que j’aime d’autant plus un paysage que l’homme y a imprimé sa marque. Que seraient les falaises de Santorin sans les villages qui s’y accrochent ? Sûrement beaucoup moins émouvantes. Et la floraison d’un arbre fruitier est autant l’œuvre de l’arboriculteur qui le soigne que de la nature.


Dans l’album je me suis tenu à des photos prises durant l’hiver météorologique ou astronomique. C’est donc ici, en conclusion de ce petit mot, que je présente une photo d’automne que j’aime bien.


Autome Fontaine de Vaucluse

                                                                           Automne à Fontaine-de-Vaucluse



Mistral automne


                                                                                        










                                  Mistral d'automne



1er avril 2007 printemps













                                                                                                                                         Eclosion de printemps  



                         

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 18:33

 


img002 (2)
Le titre du présent article m’est venu de la lecture du livre de Benoît Rittaud intitulé Le Mythe climatique. Page 189, on peut y lire :



« Le réchauffement, c’est le refroidissement. En anglais, cela donne Global warming can cause global cooling (un réchauffement global peut causer un refroidissement global), qui est le titre d'un entrefilet de Jeff Poling en 1999, résumant un article paru dans la revue Nature en juillet de la même année (…). Nulle trace d'ironie dans cet article qui explique en substance qu'un réchauffement global ferait fondre la glace de la banquise et provoquerait l'arrêt du Gulf Stream qui réchauffe les côtes de l'Europe de l'Ouest, abaissant brutalement et durablement la température de cette partie du monde. (Notons que, malgré encore quelques annonces sporadiques, plus personne ne craint pour de bon la réalisation d'un tel scénario à l'échelle des prochains siècles.) »

J’en ai conclu que si le réchauffement global avait le pouvoir de refroidir une bonne partie de l’hémisphère nord, il pouvait aussi bien refroidir la petite vallée du Rhône.

vendredi-19-decembre-2008-Vaison.jpgLe contenu du présent article, quant à lui, se veut une réponse, que je sais très imparfaite, à la critique formulée par un commentateur à l’article Mon village à l'heure du réchauffement climatique. A propos de cet article, qui se voulait surtout humoristique, ce commentateur me reprochait d’utiliser une démarche non quantitative et basée seulement sur des impressions subjectives, lorsque j’affirmais que depuis 2007 les hivers sont de plus en plus froids dans le Haut-Vaucluse, et de n' apporter à l’appui de ma thèse ni chiffres ni moyennes.


Je ne dispose pas de thermomètre enregistreur dans ma maison de campagne, ni même de thermomètre à minima et maxima. Mais, s’agissant du village de Richerenches et de ses environs, dans le Haut-Vaucluse, dans la Drôme méridionale et dans la vallée du Rhône, je possède des photos, répertoriées et datées.

2010---7-mars--l-autoroute-aire-de-la-Bouterne-Mercurol--6-.jpg

L’épisode neigeux très important de ce dimanche 7 mars 2010 m’a donné l’idée de faire une petite rétrospective.




On pourra ainsi observer à des moments semblables de l'année la floraison des arbres fruitiers et l’enneigement sur les sommets et en plaine.

2008 - 19 février Montségur sur Lauzon, amandier en fleur

19 février 2008 - Montségur-sur-Lauzon, amandiers en fleurs.

44° 21′ 41″ Nord
  4° 51′ 37″ Est

Altitude : 112 m




2010 - 11 février (3)

11 Février 2010 – Richerenches, vignes sous la neige

44° 21′ 37″ Nord
  4° 54′ 47″ Est
Altitude : 152 mètres



2010-14-fevrier--14-.jpg

14 Février 2010 – Marsanne sous la neige

44° 38′ 40″ Nord
  4° 52′ 25″ Est
Altitude : 140 mètres





2008 - 8 mars Nyons, mimosa


8 mars 2008 – Nyons, mimosa en fleurs

44° 21′ 37″ Nord
  5° 08′ 23″ Est
Altitude : 234 mètres








2008 - 14 mars Valréas, pêchers en fleurs (5)

14 mars 2008 – Valréas, pêchers en fleurs

44° 23′ 06″ Nord
  4° 59′ 28″ Est
Altitude : 158 mètres

 



2009 - 13 mars 2009 Valréas, abricotiers en fleurs (2)


13 mars 2009 – Valréas, abricotiers en fleurs






2010 - 7 mars, Richerenches

7 mars 2010 – Richerenches sous la tempête de neige







2010 - 7 mars, l'autoroute aire de la Bouterne Mercurol (2)7 mars 2010 – Autoroute A7, aire de repos de la Bouterne – Arbres fruitiers en fleurs (de neige) !

Près de Mercurol
45° 04′ 37″ Nord
  4° 53′ 30″ Est
Altitude : 110 mètres


2009 - 13 mars 2009 Valréas, abricotiers en fleurs (1)
13 mars 2009 – Au fond, derrière les abricotiers, la montagne de la Lance, presque entièrement "déneigée".

44° 27′ 27″ Nord
       5° 06′ 03″ Est
Altitude : 1338 mètres






2010 - 6mars La montagne de la Lance
6 mars 2010 – La montagne de la Lance. Avec l’épisode neigeux de ce dimanche et la météo de la semaine, il n’y aura pas photo entre les couvertures neigeuses de la montagne de la Lance le 13 mars 2010 et le 13 mars 2009.



2008 - 4 mai Le Ventoux
4 mai 2008 – Le Ventoux

44° 10′ 28″ Nord
  5° 16′ 44″ Est
Altitude : 1912 mètres





2009 - 2 mai, Le Ventoux sous la neige (2)

2 mai 2009 – Le Ventoux







2009 - 16 mai, dernier jour de neige sur le Ventoux (3)


16 mai 2009 – Le Ventoux, dernière neige de l’année.






UK sous la neige 07-01-2010
Personnellement, je pense que le refroidissement des hivers dans le Haut-Vaucluse depuis 2007 est bien réel. J’ai trouvé sur un forum, sans avoir pu recouper l’information, qu’un tel refroidissement était constaté en Grande-Bretagne. Les derniers hivers ont été aussi très froids en Asie centrale. Deux hypothèses peuvent être avancées pour expliquer ce refroidissement apparent de l’Europe et de l’Asie : l’oscillation nord atlantique ou le cycle solaire de faible activité dans lequel nous sommes entrés.



23 janvier 2010

Compte tenu de la périodicité et de la durée de ces deux phénomènes cycliques, si l’une ou l’autre de ces explications est exacte, alors nous avons encore quelques hivers désagréables à passer. Vive le réchauffement climatique ! Je peux vous garantir que c’est en tout cas ce que pensent tous les forains frigorifiés sur leurs marchés !



           C’est tout pour aujourd’hui !


Bibliographie

img002 (2)Le mythe climatique, Benoît Rittaud, Éd. du Seuil, coll. Science ouverte

Je recommande chaudement cet ouvrage écrit par un mathématicien, maître de conférences à l’université Paris-XIII. Il met en perspective, d’un point de vue méthodologique et épistémologique, la thèse du réchauffement climatique d’origine anthropique, de façon claire et accessible à un vaste public. On y trouve en outre des considérations passionnantes sur des sujets comme le rasoir d’Occam, le pari de Pascal ou encore sur le bon et le mauvais usage des statistiques.


Les partisans de la thèse du réchauffement climatique anthropique, qu’il dénomme carbocentristes, qui lui opposeraient qu’il n’est pas climatologue, le verraient leur apporter la réponse suivante, que je partage totalement, surtout après la lecture de son livre :

En l'espèce, puisque les carbocentristes affirment l'existence d'un
consensus parmi les scientifiques, ils doivent être à même d'emporter l'adhésion non seulement du grand public ou des décideurs, mais également des spécialistes des disciplines connexes. « La science est une et indivisible », et les mathématiques en font partie. Loin d'éloigner du débat sur le carbocentrisme, elles en constituent un point d'appui essentiel. Cela n'a d'ailleurs rien d'étonnant car, pour ce qui est des prévisions météorologiques ou climatiques, les mathématiciens sont chez eux depuis l'Antiquité. Dès la Grèce ancienne, en effet, c'est l'astronomie mathématique qui permet de décrire avec précision des phénomènes comme le retour des saisons. Le plus grand traité antique de description du ciel, celui de Ptolémée, porte le titre de Grande Syntaxe mathématique. Plus près de nous, au milieu du xxe siècle, c'est bien à un mathématicien, Milutin Milankovitch, que nous devons la théorie aujourd'hui la mieux à même de décrire le retour des périodes glaciaires. Plus près de nous encore, les origines de la « théorie du chaos » ont mêlé les modèles climatiques d'Edward Lorenz aux mathématiques d'Henri Poincaré, de Steven Smale et d'autres. Et l'on se doit enfin, bien sûr, d'évoquer les nombreux outils statistiques utilisés en permanence par les climatologues pour l'analyse de leurs données.
 

 

  

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 21:50



DSC02172
Le 2 mars 2010, la Commission européenne a autorisé la culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée, la pomme de terre Amflora, de la société BASF, destinée à l’industrie non alimentaire
     

         Pommes de terres OGM transpercées par les terribles
                    transgènes bien visbles sur la photo

Mais (3)
Le même jour la Commission a aussi autorisé la commercialisation de différentes variétés de maïs MON 863, résistantes à un redoutable ravageur, la chrysomèle du maïs.




KempfOn a vu une fois de plus se déverser le flot de sottises des anti-OGM, dont l’article d’Hervé Kempf est un véritable concentré. La qualité de journaliste de ce Monsieur se réduit à être porteur de la carte professionnelle car il est avant tout un militant altermondialiste et, comme il le déclare lui-même à ses lecteurs, dans un édito où il assimile le climatoscepticisme au lepenisme, un militant de la décroissance. Le Monde a eu tellement honte de cet édito qu'il en a rendu l'accès payant bien avant le terme habituel de quinze jours !



Le MondeLe militantisme est incompatible avec le journalisme, car le militantisme conduit à présenter les choses sous l'angle le plus favorable à la cause qu'on défend, y compris par le mensonge.

C4
Dans un monde normal cette autorisation de la Commisison européenne ne serait qu'un mini-évènement qui passerait plus inaperçu que le lancement d’un nouveau modèle de voiture par Citroën, Peugeot ou Renault.


C'est donc une excellente occasion pour inaugurer sur ce blog un petit feuilleton, celui des bêtises et des mensonges avancés par les anti-OGM.

David

Le présent article, qui en est le premier épisode, vous racontera la fabuleuse aventure du héros, Percy Schmeiser, agriculteur canadien, le petit David qui a fait vaciller le méchant Goliath Monsanto, c’est du moins comme ça que cela est présenté par les anti-OGM, notamment par Greenpeace et même par Radio Canada.




En 1998 Percy Schmeiser, un fermier canadien du Saskatchewan, est accusé par Monsanto d'avoir utilisé des graines d'un colza génétiquement modifié pour résister au désherbant Roundup et d’avoir ainsi violé le brevet de Monsanto.


cour3Condamné en première instance, puis en appel par la Cour fédérale canadienne, Percy Schmeiser en a appelé à la cour suprême du Canada.


Pour sa défense Percy Schmeiser a constamment fait valoir que le colza transgénique était arrivé dans son champ de façon inopinée et sans son intervention.


colzaMais le tribunal de première instance, confirmé en dernier ressort par un jugement de la Cour suprême du Canada, rendu en 2004, a établi qu’il y a eu dans un second temps des actes délibérés de sélection par l’agriculteur, qu’il a ressemé sur 1030 acres, soit environ 400 hectares, un colza contenant entre 95 et 98 % de graines résistantes au Roundup, et a ainsi échappé à la redevance due à l’inventeur, en l’occurrence Monsanto.


La Cour suprême a donc reconnu Percy Schmeiser coupable de contrefaçon.


cour2Sans doute parce qu’il savait ce moyen fragile, Percy Schmeiser a-t-il aussi contesté à divers titres la validité du brevet déposé par Monsanto. Sur ce point, dans le même arrêt de 2004, la Cour suprême du Canada, a réfuté tous les moyens de défense de Percy Schmeiser. Elle a notamment confirmé que la Loi canadienne sur les brevets protégeait non seulement les gènes et les cellules obtenues en laboratoires mais aussi les graines, quelle que soit leur génération, contenant les gènes protégés par le brevet.



courLa Cour a cependant invalidé la condamnation en première instance de Percy Schmeiser à verser des dommages et intérêts à Monsanto. En effet la loi canadienne sur les brevets stipule que le détenteur du brevet doit choisir entre la demande d’être indemnisé de ses pertes, notamment en redevance non perçue, ou bien des profits illicites réalisés par le contrefacteur. Monsanto a choisi depuis le début de la procédure cette deuxième solution.

Or, Percy Schmeiser n’a pas utilisé de Roundup sur ses 1030 acres (bien qu’il ait pu en avoir l’intention si cela s’était avéré utile). Il n’a pas vendu son colza comme semence mais comme aliment du bétail et ne l’a donc pas vendu à un prix supérieur à celui d'un colza non résistant au Roundup. Il n’a donc pas réalisé de profit lié à l’invention de Monsanto.

Ce jugement est important pour au moins deux raisons :

Il établit qu’un agriculteur n'est coupable de contrefaçon et ne doit donc une redevance pour un gène breveté que s’il utilise frauduleusement des semences contenant le gène breveté, pas s’il ressème des graines fortuitement pollinisée par des plantes transgéniques cultivées par ses voisins. Pendant longtemps c’est pourtant l’intention que les organisations anti-OGM ont imputée à Monsanto.

DSC02168-copie-1.JPG
C’est bizarre, maintenant que le jugement définitif a déclaré Percy Schmeiser coupable de contrefaçon délibérée, cette accusation portée contre Monsanto est devenue introuvable sur les sites anti-OGM : le ménage a été bien fait !




chrysomeleAu bout d’une solide argumentation juridique la Cour suprême canadienne a confirmé que la loi canadienne sur les brevets protégeait les plantes transgéniques et leur descendance, offrant ainsi une solide protection à la propriété intellectuelle, indispensable au progrès technique. A cet égard, Percy Schmeiser n’est pas le petit David de la vulgate écologiste. David, lui, avait  terrassé Goliath !
                                                                                                           Diabrotica virgifera virgifera : la chrysomèle du maïs



Bibliographie

Jugement de la Cour suprême du Canada

Les actes délibérés de Percy Schmeiser pour utiliser des semences portant le gène protégé de Monsanto sont énoncés dans les articles 59 à 68 de l'arrêt de la cour. Les articles concernant la validité du brevet de Monsanto sont également très intéressants pour ceux qui s'intéressent aux aspects juridiques et politiques de ce sujet. 

NB Pour comprendre le jugement de la Cour suprême canadienne et certains articles de presse il faut savoir que les colzas à faible teneur en acide érucique ont été rebaptisés "canola" par les Canadiens.



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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:18



img008---Copie.jpgEn France, le loup n'est plus cantonné aux alpages de haute montagne exploités par quelques bergers hurluberlus passéistes opposés à la moderne biodiversité. On le rencontre à midi en faisant une randonnée en moyenne montagne. On le rencontre aux portes de villes comme Montélimar ou Valence. Et l'on compte de plus en plus de victimes parmi les doux agneaux et les maternelles brebis.


Rétrospective 2009

Marsanne le vieux villageMarsanne est un village de la Drôme d’un peu plus de mille habitants, situé précisément à 15 kilomètres du centre de Montélimar, dans la direction de l’Est-nord-est. C’est un village viticole de longue date, puisqu’il a donné son nom au cépage éponyme, bien connu dans la vallée du Rhône. Le village est situé en plaine, au pied de collines s’étageant jusqu’à un peu plus de cinq cents mètres d’altitude.

Marsanne le bourg moderne au pied de la colline2Christophe Hugon est agriculteur dans la commune de Marsanne. Sa ferme est située à l’entrée du village, sur la route venant de Montélimar, en plaine, juste au pied de la colline. Le vendredi 6 mars 2009, à 7 h 30, il constate que deux de ses huit agneaux avaient disparu.


Il les recherche et un peu plus loin il tombe nez-à-nez avec le loup. Selon ses propres déclarations : « Il était à l'intérieur du parc, moi à l'extérieur de la clôture. Peut-être à deux mètres de moi, pas plus. Je l'ai vu très distinctement.»

canis-lupus.jpgAprès avoir donné l’alerte, il est rejoint par un garde de la fédération départementale de chasse, un lieutenant de louveterie et deux voisins. « On était en train de constater, et on s'est aperçu que le loup était toujours là. Au bout d'un moment il a sauté l'enclos et il s'est enfui. Tout le monde l'a bien identifié, ça ne fait aucun doute. » Le lendemain 7 mars Christophe Hugon a retrouvé les restes des deux agneaux.


Vercors (5)Le 13 juin 2009, un samedi, après-midi, Daphné se promenait avec sa marraine dans le Vercors, sur la commune de Bouvante, entre Font-d'Urle et le col de l'Infernet, soit à une altitude comprise entre 1400 et 1600 mètres. Après deux heures de marche, elles déjeunent assises sur un rocher.



USA---Copie.jpgLa marraine de Daphné lui signale un animal passant « juste à côté ». Daphné photographie l'animal. En zoomant la photo sur son appareil, elle s’aperçoit qu'il s'agit d'un loup. Sa marraine a alors cette réaction : « Mais tu plaisantes ! Il n'y en a pas ici ! » Prenant peur, elles décident de plier bagages et remontent sur les crêtes. « Nous avons essayé par tous les moyens de nous rassurer en se persuadant que ce n'était qu'un chien égaré. »

L'Office national de la chasse et de la faune sauvage confirme bien la présence dans ce secteur d'une meute comprenant au maximum six loups. L'animal croisé dans le Vercors par Daphné et sa marraine est très probablement, un loup.

Comps commune limitrophe d'Orcinas2Dans le pays de Bourdeaux, entre Bourdeaux et Dieulefit, quatre attaques de brebis ont eu lieu, le 23 octobre à Orcinas, les 1er et 6 novembre à Mornans - Bézaudun-sur-Bîne et le 9 novembre à Félines-sur-Rimandoule. Les analyses effectuées par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage concluent à la possibilité de présence du loup dans trois des quatre attaques, et même à sa probabilité pour l'une d'entre elles.

Une réunion qui a eu lieu en Pays de Dieulefit le lundi 1er février 2010 entre les éleveurs drômois et le préfet, et le "comité loup" qui a suivi, ont été l'occasion de faire le point sur la présence du loup dans la Drôme.

Troupe à Montségur, DrômeEn 2009, on a enregistré soixante-douze attaques attribuées au loup dans le département et un total de 218 victimes ovines et caprines. Les années précédentes on avait compté 45 attaques en moyenne annuelle, mais le nombre de victime par attaque n'a pas augmenté de manière significative.
La nouveauté de l'année 2009 est le rythme des attaques : il y en a eu tous les mois de l'année, sauf en février, avec, comme auparavant, un pic de juin à octobre.


Saint-Nazaire-le-desert.jpgEn 2009 on a compté des attaques dans des zones jusqu’alors épargnées : une attaque à Marsanne, une à Pont-de-Barret, deux à Aouste-sur-Sye et, en octobre-novembre, six dans le secteur de Bourdeaux/Dieulefit (37 victimes) et cinq dans celui de Saint-Nazaire-le-désert (14 victimes). Ce sont notamment les éleveurs de cette partie de la Drôme qui ont rencontré le préfet.

Après cette rencontre, trois cent quatre-vingts éleveurs d'ovins et caprins des cantons de Bourdeaux et Dieulefit ont écrit au préfet de la Drôme pour le mettre en garde : si l'on n'élimine pas la présence du loup sur leurs terres d'ici l'été prochain, ils fermeront les sentiers qui passent sur leurs propriétés.

Patou.jpg« La présence nouvelle du loup impose la mise en place de moyens de protection, expliquent-ils. Mais, nos pâturages sous forêt, les autres activités des exploitations, la taille modeste des effectifs, et le coût de la main-d'œuvre rendent la garde impossible. Reste donc la mise en place des chiens de protection (...). Les informations qui nous sont données par ceux qui, avant nous, ont vécu le retour du loup, montrent que les morsures de chiens de protection sont nombreuses et parfois graves. En autorisant les randonneurs à traverser nos propriétés, nous nous rendons responsables de leur sécurité. »

Et certains évoquent le stress, voire le traumatisme, d’être trainé devant le tribunal, même si on en sort au bout du compte innocenté.

Valence-Voie-rapide.JPG
NB. Une preuve supplémentaire que le loup est maintenant aux portes de nos villes, en décembre 2008 un loup a été trouvé mort sur la rocade routière rapide de Valence, probablement des suites d’une collision avec une voiture.



Lire aussi

Le berger et le loup, le promeneur et le patou


Sources

Articles parus dans Le Dauphiné Libéré, édition de la Drôme :

MARSANNE (DRÔME) - Il se retrouve nez-à-nez avec un loup !


MARSANNE (DRÔME) - Les restes des agneaux retrouvés : plus de traces du loup


FONT-D'URLE (VERCORS) - Inquiétante rencontre au cours d'une promenade : ont-elles croisé un loup ?

FONT-D'URLE (VERCORS) C'était bien un loup !

PAYS DE BOURDEAUX - 33 brebis attaquées en 15 jours : l'hypothèse du loup renforcée

DROME - 72 attaques de loups en 2009


DROME - Loup: les éleveurs menacent de fermer les sentiers de randonnée



Gustave Doré

 

                                                           Écologiste zoophile peu rassurée couchant avec un loup







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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:09



Palis Saint-Pierre le jardin

Pour notre deuxième visite au Musée des Beaux-arts de Lyon, je vous propose, après une promenade dans les jardins du Palais Saint-Pierre, de nous rendre dans la salle consacrée à la sculpture, puis de déambuler dans les galeries vouées à la peinture du XIXe siècle.





Antoine-Louis Barye Lion au serpent 1832
Les sculptures sont, pour l’essentiel, rassemblées dans l’église de l’abbaye bénédictine des Dames de Saint-Pierre, appelée aussi au Moyen-âge Saint-Pierre-les-Nonnains, dont l’emplacement remonte à l’époque carolingienne mais dont les parties les plus anciennes aujourd’hui conservées ne sont pas antérieures au XIIe siècle.



Laurent marqueste, Persée et la Gorgone, 1890
Au cours des âges cet édifice a subi de multiples aménagements, remaniements et embellissements. Pendant la révolution elle devient fabrique de salpêtre. Elle est rendue au culte en 1803. En 1907 l’église Saint-Pierre est désaffectée et la ville de Lyon l’attribue au musée des Beaux-arts. En 1934 Édouard Herriot inaugure la première présentation de la collection de sculptures.



Gustave Courbet, La remise des chevreuils, c. 1866
Lors de notre première visite du musée, nous avons fait une brève incursion dans la peinture du XIXe siècle avec La Remise des Chevreuils de Gustave Courbet et La Lecture d'Henri Fantin Latour.



Cette fois nous l’explorerons plus à fond. Nous y côtoierons les plus grands noms et ferons connaissance avec des artistes moins célèbres, voire complètement démodés, qui n’en possèdent pas moins un charme certain et pour lesquels je ressens une certaine fascination.


Henri Fantin Latour, La lecture 1877

Bonne visite !







 Gustave Courbet, La remise des chevreuils détail


L'album de photos de la visite est ici

Lire aussi :
Promenade au musée des Beaux-arts de Lyon


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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 19:01


DSCF2872Une étude réalisée par une équipe de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, pour le compte de la Food Standards Agency britannique, publiée au mois de juillet dernier par l'
American Journal of Clinical Nutrition, indique que les produits issus de l'agriculture biologique n'offrent pas d'avantages nutritionnels sur ceux issus de l'agriculture conventionnelle.



DSCF1793L’étude résulte d’un examen systématique des 162 études scientifiques publiées sur le sujet au cours des 50 dernières années. « Du point de vue de la nutrition, il n'y a actuellement aucun élément en faveur du choix de produits bio plutôt que d'aliments produits de manière conventionnelle», déclare Alan Dangour, l'un des auteurs. Les quelques différences relevées ne sont pas statistiquement significatives.


Cette étude à soulevé les protestations les plus vives du côté des militants du bio.


Afssa.JPGBis repetita non placent
, faut-il croire, puisque le rapport publié en 2003 par l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) était arrivé à des conclusions similaires qui avaient déplu aux mêmes officines militantes.

Que peut-on lire dans les conclusions du rapport de l’Afssa sur les aspects nutritionnels ?

L’ensemble des données examinées dans le cadre de cette évaluation a montré, de manière générale, peu de différences significatives, et reproductibles, entre la composition chimique des matières premières issues d’agriculture biologique et celles issues d’agriculture conventionnelle.


grappes

Concernant les polyphénols, les études montrent un potentiel intéressant de l’agriculture biologique.





vaches laitières (2)

En ce qui concerne la composition chimique des produits animaux, l’impact de l’alimentation des animaux est un facteur plus discriminant que le mode de production en lui-même.





oliviers
Certaines technologies de transformation* sont susceptibles d’avoir des conséquences sur une meilleure préservation de la qualité nutritionnelle originelle des matières premières, notamment en ce qui concerne le pain et les huiles de première pression à froid.

* NB Ces technologies ne sont pas spécifiques aux produits bio. On trouve, par exemple, des huiles de première pression à froid conventionnelles dans tous les suprermarchés.


coupes (3)
L’effet de l’alimentation sur le statut nutritionnel ou la santé d’un individu ne peut être restreint à l’étude d’un nutriment ou d’un aliment en particulier, mais doit prendre en compte l’équilibre du régime global.



Dans l’état actuel des connaissances, les écarts, lorsqu’ils existent, semblent trop faibles, voire négligeables, pour pouvoir induire un effet sur le statut nutritionnel du consommateur, dans le cadre d’un régime alimentaire.


Staeck

Par ailleurs, si l’équilibre alimentaire est respecté, les besoins nutritionnels de la population générale sont couverts.





J’aborderai les questions liées à la sécurité sanitaire des aliments dans un article ultérieur. Une partie du sujet est d’ores et déjà traitée dans l’article
Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides




Bibliographie

Article du Figaro du 30 juillet 2009 : Les bénéfices du « bio » en question 

Rapport de l’Afssa (Cent trente pages pour le corps du rapport hors annexes, trois pages pour les conclusions nutritionnelles)


A lire aussi

Non, l'agriculture biologique ne peut pas nourrir l'humanité



pain (2)   Délicieuse baguette parisienne bien croustillante non bio





Van Gogh,2 champ de blé avec vol de corbeau, Amsterdam





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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 00:20



LindzenRichard Lindzen est titulaire de la chaire de météorologie au prestigieux Massachuchetts Institute of Technology (MIT). Il est membre de l’académie nationale des sciences, titulaire d'un grand nombre de prix et de récompenses académiques. Ses recherches portent sur les grandes questions de la climatologie actuelle auxquelles il a apporté une contribution majeure dans plusieurs domaines. Son Curriculum vitae et la liste de ses publications sont impressionnants
.


Un article de vulgarisation de sa plume a récemment été mis en ligne
.

J’en donne ici un résumé. Je n’aborde que la partie exposant les arguments scientifiques. Les considérations idéologiques, contrairement à ce qu’a dit un commentateur de ce blog, ne concernent pas un quart de l’article.

Navstar-2
Richard Lindzen déroule une série d’arguments à l’appui de sa thèse sur le climat. Le plus récent résulte d’un article qu’il a publié en 2009 avec Choi, interprétant les données satellites recueillies dans le cadre du programme ERBE (Earth Radiation Budget Experiment, Expérience sur le budget radiatif de la Terre) (Barkstrom, 1984, Wong et al., 2006).



mammouth2
Le climat change perpétuellement. Il y a eu l’alternance des ères glaciaires et des interglaciaires. Il y a eu des périodes qui semblent avoir été plus chaudes qu’aujourd’hui avec des niveaux de CO2 plus faibles qu’aujourd’hui.



glacier Aletsch

Plus récemment il y a eu l’optimum climatique médiéval et le petit âge glaciaire. Durant la petite période glaciaire, les glaciers alpins s’étendirent au grand dam des habitants des villages ensevelis, alors que depuis le début du dix-neuvième siècle, ces glaciers reculent.



                                                                                                                                                   Aletsch, le plus grand glacier d'Europe


Algarve cote vicentine (4)La Terre n’est jamais réellement en équilibre. Les mouvements thermiques au sein des océans, où la chaleur est transférée entre les couches profondes et la surface, causent des variations sur des échelles temporelles pouvant aller de quelques années à des siècles. Les travaux les plus récents suggèrent que cette variabilité est suffisante pour expliquer l’ensemble des changements climatiques observés depuis le dix-neuvième siècle.

img008 (2)Mais ce qui s’oppose à l’assertion que l’homme est la cause de ces changements usuels de température, c’est surtout le fait que le réchauffement causé par l’effet de serre possède sa propre signature : le réchauffement de la surface devrait être accompagné d’un réchauffement sous les tropiques à une altitude approximative de neuf kilomètres qui soit 2,5 fois plus élevé qu’en surface. Or, les mesures montrent que le réchauffement n’y est que d’environ trois quarts de ce qui est observé en surface, ce qui implique que tout au plus un tiers environ du réchauffement en surface pourrait être lié à l’effet de serre ; il est probable que même ce réchauffement infime ne soit pas dû dans sa totalité à l’activité humaine.

Par conséquent, l’ensemble des modèles prédisant un réchauffement planétaire important surestiment très largement le phénomène.

L’exagération des modèles quant à la sensibilité du climat au CO2 apparaît sans équivoque si l’on tient compte du rôle fondamental des rétroactions. L’augmentation de CO2 à elle seule ne contribue que modestement au réchauffement.

NuagesLes prédictions d’un réchauffement plus élevé des modèles climatiques sont dues au fait qu’ils supposent que les substances à effet de serre les plus importantes, comme la vapeur d’eau et les nuages, amplifient les variations dues au CO2. On appelle cela une rétroaction positive.


planete bleue
Or, les observations par satellite de la radiation de la Terre nous permettent de déterminer le signe de la rétroaction. Il s’avère que les données satellite recueillies dans le cadre du programme ERBE  (Earth Radiation Budget Experiment, Expérience sur le budget radiatif de la Terre) montrent une forte rétroaction négative – réduisant sensiblement l’effet du CO2 en parfaite contradiction avec les modèles.



grand-bretagne-neige 07-01-2010 (2)À en croire le Groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique des Nations Unies (Giec), l’effet de serre provenant des gaz à effet de serre d’origine humaine atteindrait déjà 86% de ce que l’on pourrait attendre d’un doublement du CO2. Les prédictions alarmistes dépendent de modèles qui prévoient que la sensibilité du climat à un doublement du CO2 est supérieure à deux degrés Celsius. Or, si c’était exact, nous aurions dû logiquement observer un réchauffement beaucoup plus important que cela n’a été le cas jusqu’ici, et ceci même en supposant que le réchauffement observé ait été causé entièrement par l’homme.

Cette contradiction est aggravée par le fait qu’il n’y a pas eu de réchauffement global net statistiquement significatif ces 14 dernières années.
Les alarmistes répondent que certaines des années les plus chaudes jamais observées ont eu lieu durant la dernière décennie. Étant donné que nous nous trouvons effectivement dans une période relativement chaude, cela ne saurait surprendre. Cela ne permet pas, néanmoins, de tirer des conclusions sur les tendances futures.

Les quelques observations résumées dans cet article indiquent que le réchauffement de cause anthropique a été lourdement exagéré par le passé. L’alarmisme à propos du réchauffement causé par l’homme en est d’autant moins justifié.

Source :

L’article de Richard Lindzen : Résister à l'hystérie sur le climat

Lire aussi :

Réchauffement climatique : la science sacrifiée sur l'autel de la pensée unique


au dessus du glacier Aletsch


vers le glacier Aletsch



 

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  • : Le blog de Laurent Berthod
  • : Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
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