Le numéro 2082 du Point, en date du 9 août 2012, consacre un reportage de trois pages à la puberté précoce.

Chez les filles la puberté commence normalement à dix ans et demi. Si elle démarre entre huit et dix ans, les médecins parlent de puberté avancée. Si elle commence avant huit ans on parle de
puberté précoce*. Pour les garçons, l’âge moyen de la puberté est légèrement plus tardif et les termes de puberté avancée et de puberté précoce sont retardés d’autant. La puberté précoce
toucherait six fois plus de filles que de garçons (une question de genre, certainement !)

Les pubertés avancées, et surtout précoces, induisent des perturbations, qui peuvent être graves, tant sur la psychologie des sujets concernés, que sur leurs relations dans ou hors de la famille,
et sur leur état et leur santé futurs (petite taille à l’âge adulte, susceptibilité à certaines maladies). La puberté avancée ou précoce peut être traitée par voie hormonale.
Un endocrinologue de Montpellier estime qu’en quinze ans le nombre de cas de pubertés précoces a augmenté de 100 %.
À l’hôpital Necker, le nombre de cas enregistrés aurait augmenté de 75 % en seulement cinq ans !
Ces chiffres ne sont pas forcément contradictoires mais, à supposer qu'ils soient statistiquement représentatifs, reflètent une accélération étonnante du phénomène. Ils ne conduisent pourtant pas
le journaliste à se questionner, qui ne fait que les rapporter et n’effectue aucune tentative, même timide, de rapprochement.
Il nous dit qu’en 2006, une étude danoise démontrait que le nombre de pubertés précoces semble
littéralement exploser dans tous les pays développés.

Démontrer qu’il semble que quelque chose arrive, relève d’une rhétorique formidable ! Ou bien une chose est démontrée et alors il ne semble pas qu’elle arrive, elle
arrive. Ou bien, s’il semble seulement qu’elle arrive, c’est qu’il n’est pas démontré qu’elle arrive.

Dans sa conclusion, revenant à plus de raison, l’article dit qu’alors que l'alarme a été sonnée en Scandinavie, les pouvoirs publics français, malgré les appels de nombreux médecins, font comme
si le problème n'existait pas et qu’au minimum, on serait en droit d'attendre une enquête de l'Institut de veille sanitaire pour déterminer si épidémie il y a.
En fin de compte, le lecteur est légitimement en droit de se poser la question de savoir si cette épidémie est bien réelle.
Or, à la page précédente, qu’a-t-il pu lire, en intertitre, en caractères gras, bien mis en évidence entre deux colonnes ?
"En cause, les perturbateurs endocriniens,
phthalates(**), pesticides, phénols
et autres horreurs chimiques
qui saturent notre environnement."

Conclusion du lecteur qui a pris le temps de se livrer à une critique interne de l’article :
Les horreurs chimiques qui saturent notre environnement
sont la cause certaine
d’une épidémie incertaine !
Ma conclusion personnelle.
Un journal qui a plutôt moins tendance que ses
concurrents à se livrer au marketing du sensationnel et de la peur, s’y livre néanmoins.

Il faut donc toujours prendre, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, un article journalistique avec des pincettes et, plus qu'en toute autre occasion, exercer sa vigilance et son esprit critique.
Sur les sujets où l’on n’a pas les informations ou la culture qui permettent de les exercer, il nous faut suspendre notre jugement.
Au-delà de cette conclusion générale sur l’utilité de procéder à une critique interne des textes, j’ajouterai deux considérations particulières.
Le principal perturbateur endocrinien de notre environnement, c’est la pilule contraceptive ! Outre le fait qu’elle est
susceptible d’affecter les femmes à qui elle est prescrite, ses résidus se retrouvent dans les eaux usées, ne sont pas éliminés dans les stations d’épuration et sont susceptibles d’avoir des
effets sur les populations. Chut ! Tabou !

L’effet éventuel de la multiplication des traitements hormonaux dans le cadre de la procréation médicalement assistée, en pleine expansion, est évacué par l’article du Point d’un coup de
cuiller à pot qui a plus à voir avec le micro-trottoir qu’avec une enquête journalistique rigoureuse.
________________
* Dans cette affaire l’âge d’apparition des règles n’est pas en cause mais seulement
l’apparition précoce de caractères sexuels secondaires.
** Faute d’orthographe dans le texte original.
NB L'article est en ligne ici. La présentation et les insertions graphiques sont différentes de
ce qu'elles sont dans la version papier. En particulier la mise en cause de la pollution chimique apparaît sous forme interrogative, au début de l'article, en première page dans la version
papier, et la réponse affirmative à cette question, mise en évidence en deuxième page de la version papier, ne figure pas en intertitre gras dans la version en ligne mais est seulement rapportée
dans le corps de l'article comme une opinion de l'endocrinologue de Montpellier, opinion qui est, selon lui, "sans aucun doute".
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Les pesticides ont été
diabolisés par la vulgate écologiste, diabolisation assez massivement adoptée par l’opinion.


Parmi les autres armes on peut compter des techniques anciennes, comme la rotation des cultures qui rompt, plus ou moins bien, le cycle de reproduction des parasites, la
sélection variétale, dont les techniques efficientes sont relativement récentes (années cinquante en France) et, dernière en date, la transgénèse (OGM).


L’Anses vient de publier les résultats d’une étude nationale concernant l’exposition alimentaire aux substances chimiques. Cette étude a
consisté à rechercher l’exposition des consommateurs français à un certain nombre de produits chimiques non pas du fait de la consommation de tel ou tel aliment, mais du fait de leur consommation
alimentaire globale.
Cette étude a concerné 212 familles d’aliments qui recouvrent 90 % de l’alimentation des Français.

Pour 15 % des substances évaluées, le risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence ne peut être écarté pour
certains groupes de consommateurs.

Les gros consommateurs de fritures et les gros buveurs de café pour l’acrylamide.





En effet, les ennemis des cultures sont très nombreux : champignons, bactéries, virus, arthropodes, nématodes,
oiseaux, rongeurs, mollusques, mauvaises herbes, etc. Ils sont susceptibles de diminuer fortement les récoltes et d’en altérer la qualité.

Aujourd’hui, une substance n’arrive entre les mains de l’utilisateur que dix à douze années après sa découverte, délai minimum nécessaire à la réalisation d’une longue série d’études
concernant l’homme et l’environnement. Ces précautions mettent les consommateurs à l’abri d’intoxications chroniques. Néanmoins la manipulation est l’épandage de ces substances ne sont pas
anodins pour l’applicateur.
La population mondiale qu’il faudra nourrir passera de 6,5 milliards d’habitants aujourd’hui à 9,5 milliards avant 2050. Il faudra
accroitre encore plus rapidement la production alimentaire, afin de mieux nourrir une fraction importante de l’humanité actuellement sous-alimentée et éviter de mettre en culture trop d’espaces
vierges. Cela implique non seulement le maintien de rendements élevés mais leur augmentation sur les terres déjà cultivées.
C'est ce qui s'est passé au Danemark où, a
L’intensification des travaux mécaniques voire le recours à des sarclages manuels pour remplacer le désherbage chimique, des
réfactions à la récolte, une augmentation des pertes au transport, la moindre tenue des produits frais à l’étalage, impacteraient les coûts alimentaires et toucherait d’abord les fruits et
légumes, productions fragiles dont les nutritionnistes conseillent au Français, pour leur santé, d’augmenter la consommation.
Or, dans tous les pays développés, les enquêtes sur les résidus dans les produits frais montrent des taux de dépassement
plus élevés sur les produits importés, très souvent en raison des différences de réglementation d’un pays à l’autre. Le nombre de cas de dépassement devrait donc s’accroître.
Avec la croissance des échanges intercontinentaux, la pression des organismes nuisibles est en constante évolution. Pour les
seuls ravageurs des cultures, quarante-et-une espèces nouvelles ont été introduites sur le territoire français entre janvier 2000 et juin 2005. Cette mondialisation du parasitisme nécessite de
maintenir disponible une gamme de produits diversifiés pour faire face à des situations imprévues.
La difficulté d’obtenir l’autorisation pour de nouveaux produits de protection des plantes et les coûts de la recherche ont beaucoup
ralenti la création de nouveaux moyens ces dernières années. En 2000, les industriels estimaient qu’amener sur le marché une seule substance active coûtait aux alentours de 184 millions de
dollars US et signalaient le net ralentissement de l’innovation depuis cinq ans.
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