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Pesticides et contaminants chimiques

Mercredi 15 août 2012 3 15 /08 /Août /2012 23:30

 

 

Le Point
Le numéro 2082 du Point, en date du 9 août 2012, consacre un reportage de trois pages à la puberté précoce.



Munch, puberté, Nal Gal, Oslo (2)

Chez les filles la puberté commence normalement à dix ans et demi. Si elle démarre entre huit et dix ans, les médecins parlent de puberté avancée. Si elle commence avant huit ans on parle de puberté précoce*. Pour les garçons, l’âge moyen de la puberté est légèrement plus tardif et les termes de puberté avancée et de puberté précoce sont retardés d’autant. La puberté précoce toucherait six fois plus de filles que de garçons (une question de genre, certainement !)




Velazquez, Les menines, Prado (2)

Les pubertés avancées, et surtout précoces, induisent des perturbations, qui peuvent être graves, tant sur la psychologie des sujets concernés, que sur leurs relations dans ou hors de la famille, et sur leur état et leur santé futurs (petite taille à l’âge adulte, susceptibilité à certaines maladies). La puberté avancée ou précoce peut être traitée par voie hormonale.




Hopital Necker Laennec (2)Un endocrinologue de Montpellier estime qu’en quinze ans le nombre de cas de pubertés précoces a augmenté de 100 %.

À l’hôpital Necker, le nombre de cas enregistrés aurait augmenté de 75 % en seulement cinq ans !

Ces chiffres ne sont pas forcément contradictoires mais, à supposer qu'ils soient statistiquement représentatifs, reflètent une accélération étonnante du phénomène. Ils ne conduisent pourtant pas le  journaliste à se questionner, qui ne fait que les rapporter et n’effectue aucune tentative, même timide, de rapprochement.


Il nous dit qu’en 2006, une étude danoise démontrait que le nombre de pubertés précoces semble littéralement exploser dans tous les pays développés.


Raffaello Sanzio L'école d'Athènes (1)
Démontrer qu’il semble que quelque chose arrive
, relève d’une rhétorique formidable ! Ou bien une chose est démontrée et alors il ne semble pas qu’elle arrive, elle arrive. Ou bien, s’il semble seulement qu’elle arrive, c’est qu’il n’est pas démontré qu’elle arrive.





Médecin contre la peste
Dans sa conclusion, revenant à plus de raison, l’article dit qu’alors que l'alarme a été sonnée en Scandinavie, les pouvoirs publics français, malgré les appels de nombreux médecins, font comme si le problème n'existait pas et qu’au minimum, on serait en droit d'attendre une enquête de l'Institut de veille sanitaire pour déterminer si épidémie il y a.

En fin de compte, le lecteur est légitimement en droit de se poser la question de savoir si cette épidémie est bien réelle.



Or, à la page précédente, qu’a-t-il pu lire, en intertitre, en caractères gras, bien mis en évidence entre deux colonnes ? 

"En cause, les perturbateurs endocriniens,
phthalates(**), pesticides, phénols
et autres horreurs chimiques
qui saturent notre environnement."

DDT (2)

Conclusion du lecteur qui a pris le temps de se livrer à une critique interne de l’article : 

Les horreurs chimiques qui saturent notre environnement

sont la cause certaine

d’une épidémie incertaine ! 

 

Ma conclusion personnelle.

mediaUn journal qui a plutôt moins tendance que ses concurrents à se livrer au marketing du sensationnel et de la peur, s’y livre néanmoins.



Raffaello Sanzio L'école d'Athènes (8)
Il faut donc toujours prendre, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, un article journalistique avec des pincettes et, plus qu'en toute autre occasion, exercer sa vigilance et son esprit critique. Sur les sujets où l’on n’a pas les informations ou la culture qui permettent de les exercer, il nous faut suspendre notre jugement.




Au-delà de cette conclusion générale sur l’utilité de procéder à une critique interne des textes, j’ajouterai deux considérations particulières.

DSC09763 (2) - Copie

Le principal perturbateur endocrinien de notre environnement, c’est la pilule contraceptive ! Outre le fait qu’elle est susceptible d’affecter les femmes à qui elle est prescrite, ses résidus se retrouvent dans les eaux usées, ne sont pas éliminés dans les stations d’épuration et sont susceptibles d’avoir des effets sur les populations. Chut ! Tabou !



Zurbaran
L’effet éventuel de la multiplication des traitements hormonaux dans le cadre de la procréation médicalement assistée, en pleine expansion, est évacué par l’article du Point d’un coup de cuiller à pot qui a plus à voir avec le micro-trottoir qu’avec une enquête journalistique rigoureuse.


________________


DSCF3294 (2)

*  Dans cette affaire l’âge d’apparition des règles n’est pas en cause mais seulement l’apparition précoce de caractères sexuels secondaires.



** Faute d’orthographe dans le texte original.


NB L'article est en ligne ici. La présentation et les insertions graphiques sont différentes de ce qu'elles sont dans la version papier. En particulier la mise en cause de la pollution chimique apparaît sous forme interrogative, au début de l'article, en première page dans la version papier, et la réponse affirmative à cette question, mise en évidence en deuxième page de la version papier, ne figure pas en intertitre gras dans la version en ligne mais est seulement rapportée dans le corps de l'article comme une opinion de l'endocrinologue de Montpellier, opinion qui est, selon lui, "sans aucun doute".
 

 


Par Laurent Berthod - Publié dans : Pesticides et contaminants chimiques
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Vendredi 8 juin 2012 5 08 /06 /Juin /2012 22:50

 

ministre

Il y a juste une semaine, le 1er juin, le ministre de l’agriculture a annoncé son intention d’interdire à brève échéance le Cruiser, insecticide utilisé pour la protection du colza.



Qu’est-ce que le colza ?

292 Chemin du Moulin, la fleur de colza

C’est une plante oléo-protéagineuse. Elle est cultivée en vue de produire de l’huile utilisée dans alimentation humaine ou dans l’industrie.




colza-grains2.jpg
Par l'opération par laquelle on en tire de l'huile, on obtient également un tourteau riche en protéines, utilisé dans l’alimentation animale.





colzas--2-.jpg
C’est une plante bien adaptée aux climats tempérés de beaucoup de régions européennes, contrairement au soja, autre oléo-protéagineux, qui demande un climat plus chaud et humide.



Fleur-de-Colza.jpg

L’huile de colza avait fait parler d’elle il y a quelques années, accusée, à tort ou à raison, d’être nocive pour le cœur parce qu’elle contenait trop d’acide érucique.





45 Colza
Très vite les sélectionneurs ont réussi à créer dès variétés à faible teneur en cet acide, variétés dites zéro-érucique. Plus tard ils ont réussi à créer des variétés dont les tourteaux sont exempts d’agents antinutritionnels (glucosinolates) qui posaient des problèmes en alimentation animale. On parle donc de variétés double-zéro.



Qu’est-ce que le Cruiser ?

grosse altise Le Cruiser est une préparation insecticide et fongicide, produite par la firme suisse Syngenta, qui, utilisée en enrobage des semences, protège le colza dans les premiers stades de sa vie végétative contre les attaques de certains ravageurs, tels que pucerons, tenthrèdes, petites altises, grosses altises adultes et contre le mildiou et la fonte du colza.



Colza-fleur3.jpg

Le principe actif insecticide du Cruiser est le thiaméthoxam. C’est un insecticide dit systémique, autrement dit qui pénètre les tissus de la plante ce qui rend sa protection persistante. Lorsque le colza arrive au stade le la floraison il y a un peu de thiaméthoxam dans le nectar des fleurs.






abeille butinant

Le thiaméthoxam est toxique pour les abeilles ; cela est écrit en toutes lettres dans la notice technique du Cruiser éditée par Syngenta.

Néanmoins le Cruiser a été homologué, car les essais préalables à son homologation ont montré qu’à la faible dose présente dans le nectar du colza on ne constatait pas de mortalité induite, autrement dit d’effet létal, chez les abeilles.




CaptureINRA.JPGDes essais conduits récemment par l’INRA ont montré que, nourries avec un sirop sucré contenant du thiaméthoxam en concentration inférieure aux doses létales, les abeilles transportées à distance de leur ruche avaient du mal à en retrouver le chemin.


Fort légitimement, les pouvoirs publics ont sollicité l’agence officielle habilitée à leur donner un avis, l’Anses, afin de savoir si cette étude remettait en cause l’homologation du Cruiser.


Que dit l’avis de l’Anses ?

anses1.JPG

L'avis de l’Anses est très argumenté (15 pages). Il est élogieux sur certains aspects novateurs de l’expérience conduite par l’Inra, notamment l’utilisation de puces RFID miniaturisées pour évaluer le nombre d’abeilles revenues à la ruche.



X-2.JPG
Il est critique sur les tests statistiques utilisés pour évaluer la significativité des écarts observés entre les lots d’abeilles exposées au thiaméthoxam et les lots témoins. Les tests utilisés ne sont pas les bons. Le nombre d’écarts significatifs diminue si l’on utilise les bons tests.




ruches4.jpg
Le modèle utilisé pour évaluer les conséquences démographiques sur la colonie des non retours d’abeilles est simpliste, purement théorique, n’est pas vérifié empiriquement et son utilisation dans le cas d’espèce n’est pas validée.





abeilleCependant la principale critique que l’on trouve résumée dans la conclusion de l’avis de l’Anses est la suivante : l’exposition des abeilles au thiaméthoxam dans la réalité au champ est inférieure à la dose à laquelle elles ont été exposées dans cette expérimentation, bien qu’une exposition à des doses de ce niveau ne puisse être totalement exclue dans des circonstances exceptionnelles.



En outre on n’a constaté aucune conséquence démographique négative sur les colonies d’abeilles que ce soit dans les essais préalables à l’homologation du Cruiser ou depuis son utilisation commerciale, et ce malgré la mise en place de dispositifs d’observation.

289 Chemin du Moulin, les colzasL’Anses propose donc de poursuivre les expérimentations sur la base de la technologie RFID en faisant varier les niveaux d’exposition pour se rapprocher davantage des doses auxquelles les abeilles sont communément exposées, et en approfondissant les conséquences des effets observés sur la dynamique de la colonie d’abeilles.


OSR.JPG

L’Anses ne propose en rien de revenir dans l’immédiat sur l’homologation du Cruiser.



Que dit le ministre ?

Ministre1 Alors que l’Anses émet les plus grands doutes sur les effets du Cruiser sur les abeilles en situation réelle, qu’il convient de distinguer de la situation expérimentale, le ministre déclare : L’avis de l’Anses confirme l’effet néfaste observé d’une dose sublétale du produit concerné sur le retour à la ruche des abeilles butineuses.



Ministre (3)

Le ministre joue sur les mots. Dans l’expérimentation de l’Inra la dose à laquelle les abeilles ont été exposées est bien sublétale, mais ce n’est pas la dose à laquelle elle sont exposées en situation réelle.



Le ministre se propose donc, après le délai légal de quinze jours accordé au fabricant pour répondre, d’interdire le Cruiser.

Chacun jugera.


Mon jugement personnel

diable (4)Les pesticides ont été diabolisés par la vulgate écologiste, diabolisation assez massivement adoptée par l’opinion.

Lorsqu’on est ministre d’un gouvernement issu d’une alliance entre un parti se prétendant encore progressiste et EELV, mouvement rétrograde et réactionnaire, trahissant ainsi les idéaux de progrès dont il se réclame, alors Vox populi, vox dei. J’appelle ça de la démagogie. Et ce n’est pas comme cela qu’on opérera le moindre redressement productif.
                      Ministre de l'agriculture terrassant le diable



Pour en savoir plus


Avis de l'Anses

Déclaration du minsitre de l'agriculture (communiqué)


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Pesticides et contaminants chimiques

Par Laurent Berthod - Publié dans : Pesticides et contaminants chimiques
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 18:00

 

CapturerLe 29 avril 2010, soit précisément, à quelques jours près, il y a deux ans, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) remettait à la présidence du Sénat et à la présidence de l’Assemblée Nationale un rapport intitulé Pesticides et santé.


Ce rapport qui faisait le point sur les connaissances scientifiques sur les pesticides et la santé ne pouvait bien évidemment pas satisfaire les préjugés et les idées préconçues des écologistes.


Le Luxembourg
Depuis lors la majorité du Sénat est passée à gauche. Il a bien fallu donner quelques satisfactions aux dix sénateurs écologistes qui n’auraient pourtant jamais été élus à cette magistrature si le PS ne la leur avait offerte.




bonnefoy nicole - Copie
Aussi la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy a-t-elle eu l’idée de lancer une « mission commune d’information portant sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement ».


Bon, reconnaissons qu’aux relations entre la santé et les pesticides, déjà traitées par l’Opecst, cette mission a ajouté la problématique environnementale.

La mission, qui devrait durer six mois, procède à des auditions et des visites sur le terrain.

Axe environnement3La mission entend Monsieur Émeric Oudin. Monsieur Oudin est chef d’une entreprise spécialisée dans la fourniture d'équipements de protection individuelle pour l’épandage des pesticides. Ce chef d’entreprise déclare qu’à son étonnement, outre les agriculteurs, ses clients sont aussi des collectivités territoriales.


À ce sujet Monsieur Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, lui oppose « De moins en moins… » Ce à quoi le chef d’entreprise rétorque « ...sur le papier mais pas sur le terrain ! » Le sénateur ne peut supporter un tel blasphème de lèse-majesté et lui répond de façon péremptoire : « Sur le terrain aussi ! »


labbe joel

Le sénateur, plein de la suffisance de celui qui sait, enfin, de celui qui croit savoir, ne peut laisser passer de s’être fait moucher par un petit chef d’une petite entreprise. Aussi, un peu plus loin dans la discussion, avec beaucoup de morgue, celle des ignorants, entraine-t-il son interlocuteur sur un terrain qui n’est pas le sien :  « Je souhaite que l'on ait de moins en moins besoin de vos produits ! Vous avez parlé tout à l'heure de "mauvaises herbes" mais cela n'existe pas en matière de biodiversité ! »




Emeric-Oudin6.JPGLa biodiversité et la science des mauvaises herbes, la malherbologie (oui, oui, la malherbologie existe, il y a des chaires de malherbologie dans les écoles d'agronomie et des unités de malherbologie dans les instituts de recherche) ce n’est pas le rayon de Monsieur Oudin. Aussi, devant tant de science, se sent-il obligé de s’excuser : « J'aurais dû parler d'adventices, d'herbes concurrentes aux productions. »




En matière de biodiversité, les mauvaises herbes, ça n’existe pas ?

Il est certain qu’en biologie et en botanique, les mauvaises herbes, ça n’existe pas. La biodiversité, je ne sais pas ce que c’est, j’en attends toujours la définition scientifique.

Ce qui est également certain c’est que pour Monsieur Joël Labbé, assistant de laboratoire de sa profession avant d’avoir embrassé la carrière politique, la biodiversité est une notion qui s’oppose aux intérêts et au bien-être de l’humanité.



Bourdichon

Car la science de Monsieur Joël Labbé est peut-être grande, mais elle ne va pas jusqu’à savoir que l’agriculture, qui nourrit les hommes depuis environ dix mille ans, c’est la lutte quotidienne contre la biodiversité, du moins telle que l’entend ce petit Monsieur.




Pour la clarté de l'exposé, je distinguerai l’agriculture au champ et l’agriculture en tant que secteur d’activité économique.


L'agriculture au champ


DSC08063-Au champ, quel est l’objectif de l’agriculteur ? Faire pousser, sauf quelques cas agronomiquement justifiés, une seule plante, en obtenir le rendement optimal et pour cela combattre ses concurrents (mauvaises herbes) et ses ennemis (insectes ravageurs, champignons et moisissures, bactéries, virus).

Dans ce combat, les pesticides sont une arme indispensable, même si elle n’est pas la seule.

DSC02734--2--copie-1.jpgParmi les autres armes on peut compter des techniques anciennes, comme la rotation des cultures qui rompt, plus ou moins bien, le cycle de reproduction des parasites, la sélection variétale, dont les techniques efficientes sont relativement récentes (années cinquante en France) et, dernière en date, la transgénèse (OGM).




L'agriculture en tant que secteur d'activité

 

cerisiers en fleurs (4)Pour ce qui concerne l’agriculture en tant que secteur d’activité, on entend la vox ecologistorum prétendre que l’agriculture moderne met en danger la biodiversité en ce sens que seraient cultivées de moins en moins de variétés et que les variétés traditionnelles seraient condamnées à disparaître.

Or, dans ce sens du mot biodiversité, les écolos nous racontent une fois de plus des calembredaines.

Qui fait le plus pour la diversité variétale ? Les sélectionneurs. Pour les seules plantes agricoles ou potagères le catalogue européen compte plus de 34 000 variétés .


variétés2De 1969 à 2005, le nombre de variétés de blé tendre dont plus de cent tonnes sont vendues annuellement sur le territoire français est passé de 30 à 150 et le nombre de celles dont moins de cent tonnes sont vendues annuellement est passé d’une vingtaine à 190.

Et la part de marché des vingt premières variétés vendues est passée de  presque 100 %  en 1974 à moins de 70 % en 2007.

collection2

En outre, au-delà du nombre de variétés commercialisées, les sélectionneurs savent que la création de nouvelles variétés, plus résistantes à telle ou telle maladie, plus adaptées à telle ou telle condition de sol et de climat, plus adaptées à l’évolution du goût des consommateurs, les conduit à conserver le plus grand nombre possible de variétés sauvages ou anciennes, dans lesquelles on ira un jour puiser les caractères recherchés.



coupe (5)


C’est ainsi qu’ont été créées récemment la pomme Ariane et la fraise Gariguette, deux réussites remarquables des sélectionneurs français, variétés ultramodernes auxquelles on a trouvé ces si jolis noms antiques ou fleurant bon le terroir qui plaisent tant aux bobos.


On a du mal à imaginer le nombre de collections de variétés sauvages ou anciennes ainsi constituées et l’âpreté des luttes pour la définition de leur statut, c’est-à-dire du droit d’y accéder. C’est dire si la biodiversité, je veux dire celle des variétés, est considérée comme un enjeu économique et stratégique important, donc comme une source de richesse pour l’humanité.

Comme d’habitude, les écologistes nous bourrent le mou*.

 

* Et le PS leur a offert contre moins qu’un plat de lentilles, à vrai dire contre rien, trente députés dans la prochaine Assemblée Nationale. Pauvre France ! Ajoutez-y une politique économique néokeynésienne totalement inadaptée à une économie mondialisée et vous obtenez un désastre annoncé. Ou bien elle sera appliquée et ce sera la misère, ou bien elle ne le sera pas et cela fera de nombreux déçus. Dans cinq ans la Marine nationale fera aux environs de 25 % au premier tour. Je prends date, et pas pour dans cinquante ans, contrairement aux prédicateurs de l’apocalypse giecienne !

 

NB Maj du 9 mai 2010

Les pop-up qui apparaissent avec certains mots du texte et qui renvoient à une publicité pour Apple ne sont pas de mon fait et sont publiés à l'insu de mon plein gré. Je tacherai de régler ça au plus vite, mais pas demain, avec mon prestataire, Over-blog. Toutes mes excuses à mes lecteurs.


 

Pour en savoir plus

Audition de Monsieur Oudin par la mission d'information sur les pesticides

Présentation de son entreprise par Monsieur Oudin (vidéo, durée 1' 23" )

Le catalogue des variétés sur le site du Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis).

Espace pédagogique du Gnis

Lire aussi

Pesticides, un remarquable rapport parlementaire

Pesticides, le rapport parlementaire (suite)

Chronique des boniments anti-OGM ‒ OGM, brevets, multinationales et agriculteurs

 

DSC08168--2-.jpg

  Rencontre d'une mauvaise herbe et d'un insecte  

 


Par Laurent Berthod - Publié dans : Pesticides et contaminants chimiques
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Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 21:00

 

 

anses3.JPGL’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) est née, en 2010, de la fusion de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset).

 

 

 

hamburger - CopieL’Anses vient de publier les résultats d’une étude nationale concernant l’exposition alimentaire aux substances chimiques. Cette étude a consisté à rechercher l’exposition des consommateurs français à un certain nombre de produits chimiques non pas du fait de la consommation de tel ou tel aliment, mais du fait de leur consommation alimentaire globale.

  

 

alimentsCette étude a concerné 212 familles d’aliments qui recouvrent 90 % de l’alimentation des Français.

 

445 substances chimiques ont été recherchées, dont 12 minéraux ne nécessitaient pas d’évaluation toxicologique.

 

 

pesticides (2)

 

C’est donc 433 substances qui ont été recherchées pour une évaluation toxicologique, parmi lesquelles on comptait 283 substances actives utilisées dans les pesticides.

 

 

 

Pour l’Anses, de manière générale, les résultats témoignent d’un bon niveau de maîtrise sanitaire au regard des seuils réglementaires et des valeurs toxicologiques disponibles.

 

dosage2

 Pour 72 substances, il n’a pas été possible de conclure quant au risque, soit du fait de l’absence de valeur toxicologique de référence soit du fait de méthodes analytiques insuffisamment puissantes pour caractériser complètement les expositions. Sur ces 72 substances 38 sont des résidus de pesticides.

 

 

Sur les 361 substances qui ont pu être évaluées, il y a 307 substances dont le risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence a pu être écarté pour l'ensemble de la population.

 

Café (4)Pour 15 % des substances évaluées, le risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence ne peut être écarté pour certains groupes de consommateurs. Parmi ces substances ou familles de substances on note d'abord les métaux, mais aussi les PCB, les dioxines, l’acrylamide (résultant de la cuisson, notamment des fritures et de la torréfaction du café), les sulfites.

 

Ne sont concernés par le risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence que les gros consommateurs des produits contenant ces substances.

 

saumon

 

Les gros consommateurs de poisson gras pour les dioxines et les PCB.

 

Thon (2)

 

Les gros consommateurs de thon pour le méthylmercure.

 

 

frites (2)Les gros consommateurs de fritures et les gros buveurs de café pour l’acrylamide.

 

DSC01800

 

Les gros buveurs de vin et/ou de certains alcools pour les sulfites.

 

 

 

cerisiers (2)

Sur les 245 substances pesticides qui ont pu être évaluées, une seule se trouve parmi les substances dont le risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence ne peut être écarté pour certains groupes de consommateurs. Il s’agit du diméthoate, utilisé contre la mouche de la cerise.

 

 

 

cerises3

 

Cependant le risque de dépassement doit être relativisé au regard de la consommation effective de ce fruit tout au long de l’année. Il ne concerne au plus que 0,4 % des adultes et 0,6 % des enfants.

 

 

 

cerisier (2)

 

Compte tenu des grandes marges de sécurité avec lesquelles sont arrêtés les seuils toxicologiques de référence, personnellement tout ça ne m’empêchera pas de continuer à manger des cerises à la belle saison !

 

 

 

Pour en savoir plus

Résumé de l'étude  

L'étude complète : 

Premier tome (344 pages)  

Deuxième tome (401 pages)

 

 

Lire aussi

Pesticides, le chiffre du jour qui ne veut rien dire !

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Pesticides, le chiffre du jour

 

 

 

Par Laurent Berthod - Publié dans : Pesticides et contaminants chimiques
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Dimanche 18 juillet 2010 7 18 /07 /Juil /2010 00:47

 

 

Capturer2 

Dans sa contribution au rapport de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques dont j’ai parlé dans mon article du 29 mai dernier, le groupe animé par les Professeurs Maurice Tubiana, André Aurengo et Paolo Boffetta a abordé cinq questions.

 

 

Caducee

 

Après l’impact sanitaire des pesticides, je résumerai ici la façon dont les auteurs envisagent les deux questions qu’ils abordent ensuite. 

 

 

 

Peut-on se passer des pesticides ?

 

araire en fer

 

 

La nécessité de protéger les cultures de leurs ennemis est aussi ancienne que l’agriculture elle-même.

 

 

 

   

coquelicots (16)En effet, les ennemis des cultures sont très nombreux : champignons, bactéries, virus, arthropodes, nématodes, oiseaux, rongeurs, mollusques, mauvaises herbes, etc. Ils sont susceptibles de diminuer fortement les récoltes et d’en altérer la qualité.

  

 

bio

 

Le rôle des produits de protection est de diminuer l’impact de ces agressions. À ce jour, aucune agriculture développée dans le monde, y compris l’agriculture biologique, n’a réussi à s’en passer.

  

 

 

 

 

pesticides

 

Les produits de protection des cultures, moyen moderne de cette lutte pour la vie, constituent un ensemble très varié de substances chimiques ou d’agents biologiques. On peut les classer selon leurs fonctions (fongicides, insecticides, herbicides…), selon leur nature chimique (substances minérales, organométalliques, organiques…), selon leur mode d’élaboration (extrait végétal, mimétique de substance naturelle, produit de fermentation, chimie de synthèse…) etc.

 

 

Cette extrême diversité de nature et de fonction vide de son sens toute critique globale a priori. Il n’y a pas de corrélation entre l’origine de ces substances, leur toxicité ou leur écotoxicité.

 

pesticides-applicateur.jpgAujourd’hui, une substance n’arrive entre les mains de l’utilisateur que dix à douze années après sa découverte, délai minimum nécessaire à la réalisation d’une longue série d’études concernant l’homme et l’environnement. Ces précautions mettent les consommateurs à l’abri d’intoxications chroniques. Néanmoins la manipulation est l’épandage de ces substances ne sont pas anodins pour l’applicateur.

 

 

riz (2)La population mondiale qu’il faudra nourrir passera de 6,5 milliards d’habitants aujourd’hui à 9,5 milliards avant 2050. Il faudra accroitre encore plus rapidement la production alimentaire, afin de mieux nourrir une fraction importante de l’humanité actuellement sous-alimentée et éviter de mettre en culture trop d’espaces vierges. Cela implique non seulement le maintien de rendements élevés mais leur augmentation sur les terres déjà cultivées.

 

 

moissonneuse-batteuse--27-.jpgOr, sans pesticides les rendements diminuent fortement. En effet les pesticides préservent de chutes de rendements allant de 20 à plus de 50 %. La protection des cultures est déterminante pour rentabiliser les investissements (semences, engrais, machinisme, irrigation, main d’œuvre…) nécessaires pour accroître la productivité.

 

 

 

Quelles seraient les conséquences d’une diminution de 50% de l’utilisation des pesticides en France ?

 

Borloo4.JPG

 

Un des objectifs assignés par le Grenelle de l’Environnement est de diminuer de 50 % l’usage des pesticides dans un délai de dix ans.

 

  

La mise en œuvre d’une directive européenne de 1991 a déjà éliminé bon nombre des 984 substances qui existaient dans l’UE en juillet 1993. Au terme de ce processus la pharmacopée sera réduite à moins de 250 substances fin 2010. C’est donc essentiellement sur ce reliquat que s’appliquerait la diminution de 50 % projetée. Ce genre de politique fragilise la protection et accroît le risque de résistances.

 

blé (12)C'est ce qui s'est passé au Danemark où, au terme d’une politique d’éviction, ce pays, auparavant autosuffisant en blés panifiables, en importe aujourd’hui la quasi-totalité et ne produit plus que des blés fourragers et du maïs destinés à l’alimentation animale, moins exigeants en produits de protection.

 

mais-epi.jpg

 

Les normes de qualité relatives à la présence de mycotoxines (toxines hautement cancérigènes produites par des champignons parasites) dans les produits alimentaires entrent actuellement en vigueur. Elles peuvent affecter les céréales et le maïs bien au-delà de 10 % de la production nationale.

 

 

pommes.jpgL’intensification des travaux mécaniques voire le recours à des sarclages manuels pour remplacer le désherbage chimique, des réfactions à la récolte, une augmentation des pertes au transport, la moindre tenue des produits frais à l’étalage, impacteraient les coûts alimentaires et toucherait d’abord les fruits et légumes, productions fragiles dont les nutritionnistes conseillent au Français, pour leur santé, d’augmenter la consommation.

 

Une surenchère purement nationale conduisant à éliminer un grand nombre de substances ayant satisfait par ailleurs aux normes européennes – les plus sévères au monde – amènera à délocaliser ces productions vers d’autres pays de l’Union ou du monde.

 

img008-Porto.jpgOr, dans tous les pays développés, les enquêtes sur les résidus dans les produits frais montrent des taux de dépassement plus élevés sur les produits importés, très souvent en raison des différences de réglementation d’un pays à l’autre. Le nombre de cas de dépassement devrait donc s’accroître.

 

 

chrysomele.jpgAvec la croissance des échanges intercontinentaux, la pression des organismes nuisibles est en constante évolution. Pour les seuls ravageurs des cultures, quarante-et-une espèces nouvelles ont été introduites sur le territoire français entre janvier 2000 et juin 2005. Cette mondialisation du parasitisme nécessite de maintenir disponible une gamme de produits diversifiés pour faire face à des situations imprévues.

 

 

dollarLa difficulté d’obtenir l’autorisation pour de nouveaux produits de protection des plantes et les coûts de la recherche ont beaucoup ralenti la création de nouveaux moyens ces dernières années. En 2000, les industriels estimaient qu’amener sur le marché une seule substance active coûtait aux alentours de 184 millions de dollars US et signalaient le net ralentissement de l’innovation depuis cinq ans.

 

 

Pour en savoir plus

Le rapport parlementaire

 

Lire aussi

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et

Pesticides, le chiffre du jour qui ne veut rien dire !

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Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides

Pesticides, le chiffre du jour 

Le médiatique Professeur Belpomme, lanceur de fausses alertes 

 

Van Gogh,2 champ de blé avec vol de corbeau, Amsterdam

 

 

 

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  • : Les idées d'un blogueur politiquement incorrect. Comment pourrait-il en être autrement, je suis un vieil humaniste kantien et qui dit kantien, dit con et réac !!! Histoire des idées, épistémologie, progrès technique, agriculture intensive, distinction homme/animal, réchauffement climatique, religion et science, etc. : ce blog n’épargne aucune des bienpensances de notre monde postmoderne idéologiquement formaté par l’émotion médiatique.
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