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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 21:48


Karl Marx (2)
Pourquoi l’idéologie écologiste est-elle aujourd'hui plus pernicieuse et, par certains côtés, plus totalitaire que l’idéologie marxiste ne l’a été il n’y a pas si longtemps ?





Le MondeBien que le journal Le Monde ait pu avoir des faiblesses pour certaines thèses marxistes à l’époque où cette idéologie tendait à l'hégémonie, il n’était pas marxiste.


le figaro
Le Figaro
quant à lui n’a jamais manifesté aucune faiblesse pour l’idéologie marxiste.



Aujourd’hui, Le Monde est acquis à l’idéologie écologiste. Le Figaro manifeste plus que des faiblesses à son égard.



Tous les partis politiques, de droite, de gauche, d’extrême-droite, d’extrême-gauche (à part peut-être le parti communiste, et encore) sont acquis à cette idéologie.



mediaTous les jours, à la télé, à la radio, dans nos journaux, dans les publicités, on nous assène des slogans écologistes qui prétendent nous dicter nos comportements.


St Sulpice, la chaire

Dans mon enfance je n'avais à supporter publiquement des leçons de morale que le jeudi au catéchisme et le dimanche à la messe. C’était acceptable, surtout de la part d'enfants qu’il convenait de civiliser.

 




Ecole, Anker, Die Dorfschule von 1848-1896
Avec mes condisciples  je n'ai pas eu droit de la part de mes maîtres de l'école publique à des leçons de morale régulières, seulement occasionnelles. En revanche ces maîtres faisaient règner la discipline.




Aujourd’hui, aux oreilles d’adultes normaux et civilisés, c’est tous les jours, toutes les heures, à chaque bulletin d’information à la radio, à tout instant, dans les émissions à caractère politique, scientifique, sociologique, économique, philosophique, littéraire, musical, pictural, de divertissement, j’en passe et des pires…


Ribes, saint

Ajoutons que les leçons de morale du catéchisme et du sermon du dimanche portaient sur nos rapports avec nos semblables, tandis que les leçons de morale écolos portent sur nos relations à la nature, sacralisée, hypostasiée, dans un revival animiste payen et antihumaniste.








rue poubelleSi aujourd'hui à l'école
le catéchisme, il n'y en a plus beaucoup qui y vontplutôt que de sensibiliser les gamins au respect de l'environnement, on essayait de leur apprendre la politesse et le respect d'autrui, nos trottoirs et nos bords de routes seraient sans doute un peu moins sales. Ce serait déjà ça, pour nous tous et, accessoirement, pour l'environnement.




Goulag baraquement

Certes, les thuriféraires les plus engagés de l'écologisme n’ayant pas encore réussi à conquérir le pouvoir dans notre pays, l’écologisme n’y a encore envoyé personne au goulag.






Jacobello del Fiore, Justice

Mais lesdits thuriféraires menacent ceux qui ne pensent pas comme eux d’un futur tribunal international des crimes contre la planète. En particulier, les climato-sceptiques sont à leurs yeux aussi condamnables que les criminels contre l'humanité jugés à Nuremberg ou à La Haye.

 

 



En attendant cet horizon indépassable de l'écologisme, dormons sans angoisse particulière. Il y a plus urgentes préoccupations : croissance, chômage, misère, djihad.

 

Grignan la collégiale, ange (2)


Lire aussi

Le Tartuffe ou L'imposteur, une interview d'Yves Cochet

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 00:30




Nico Koko 1er



Venise 2006 (11)Mes chers compatriotes, j’ai été informé que La Princesse de Clèves est au programme de nombre de concours administratifs. C’est un frein très important au recrutement de fonctionnaires sur la base de la compétence et de l’efficacité professionnelles. Cela nuit gravement au fonctionnement de l’Administration. Il est de mon devoir de mettre fin au plus vite à cette situation inadmissible. Aussi le prochain Conseil des ministres, qui se tient dans trois jours, examinera-t-il un projet de loi visant à supprimer La Princesse de Clèves des programmes de tous, je dis bien tous, les concours administratifs. Ce projet de loi sera soumis d’urgence à l'Assemblée nationale et au Sénat pour être adopté avant la fin de la session parlementaire dans trois semaines.




Bobo Fôku

Venise 2006 (4) - Copie


Aaargh ! Quel mépris pour la culture ! Quel inculte méprisable souverain !

 

 

 

Dick Coincoin

 
Venise 2006 (9)

 

La culture générale est discriminatoire. J’ai donc supprimé l’épreuve de culture générale au concours d’entrée à Sciences Po.




 

 

Bobo Fôku

 
Venise 2006 (4) - Copie


Ah ! Enfin ! C’est pas trop tôt ! À bas les discriminations ! À bas l’élitisme ! Vive l’égalité !

 

 

 

C'est tout pour aujourd'hui !


Venise 2006 (7)Bonne nuit les petits !


Venise 2006 (2)Dormez bien !



 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 00:03

 

Joseph Schumpeter. Source Volkswirtschaftliches Institut,


Joseph Schumpeter (1883 - 1950) a publié Capitalisme, socialisme et démocratie en pleine guerre froide.


 

schumpeter
À cette époque où, contrairement à aujourd'hui, la compétition entre socialisme et capitalisme était loin d’être tranchée, il y analysait de façon approfondie les chances de chacun de l’emporter. Pour ce faire il dépassait largement le strict champ économique. Il faisait appel à ses connaissances étendues, pour ne pas dire érudites, de l’histoire de l’Union soviétique et de l’Europe dans l’entre-deux-guerres et à un vaste corpus relevant de la philosophie politique.




Joseph Schumpeter maniait l’ironie et le sarcasme avec maestria.



Marine-copie-1.jpgMélenchon2Montebourg3-copie-1Todd3




DSC05802 (1)C’est pourquoi je dédie aux tenants actuels du protectionnisme et autre démondialisation, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg et, plus particulièrement encore – car il n’a aucun intérêt électoral dans cette affaire – Emmanuel Todd, cette brève citation tirée du susdit ouvrage de Schumpeter.



Comparant la rationalité économique de chacun des systèmes, capitaliste et socialiste, il écrit :

« Par exemple, dans une société socialiste  personne ne pourrait mettre en doute un seul instant que l’avantage tiré par une nation des échanges internationaux consiste dans les importations, les exportations représentant le sacrifice qui doit être consenti aux fins de se procurer les produits importés – tandis que, dans une société mercantile, cette conception de bon sens échappe, en règle générale, complètement à l’homme de la rue qui, en conséquence, accorde son appui empressé à des mesures protectionnistes qui tournent à son détriment. »




alcool
 Nico : Santé !
Angela : Prosit !

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 21:03

 

Ivan Illich (1926-2002) est un des pères fondateurs de l’écologie politique.



ISF2

 
Un de ses concepts fondamentaux est le prétendu « seuil contre-productif ». Au-delà d’un certain seuil de généralisation, un progrès, une technologie, deviennent contre-productifs. Un peu comme « trop d’impôt tue l’impôt », trop de progrès tuerait le progrès.

  

 

 

Périqphérique, embouteillageC'est ainsi que trop d’enseignement tuerait l’enseignement (l’enseignement de masse abêtit), trop de médecine tuerait la médecine (la médecine rend malade plus qu’elle ne guérit), trop de vitesse tue la vitesse, la généralisation de l’automobile crée les embouteillages et celle des moyens de transport rapides fait perdre plus de temps que la marche à pied.

 

  

Bruegel Danse paysanne

 

Illich développe une image idyllique du passé, l’opposant à la modernité qui tuerait toute convivialité.
 



 

 

Alexander Fleming reçoit le prix Nobel

Sa thèse sur l’effet contre-productif de la médecine sur la santé apparaît dès le premier coup d’œil comme une contrevérité évidente : l’allongement de l’espérance de vie des temps modernes dans les pays développés résulte, ce que personne ne peut raisonnablement contester, de l’amélioration de l’alimentation, des progrès de l’hygiène, privée et publique, et des avancées de la médecine. J’en suis un exemple vivant. Sans les antibiotiques j’aurais perdu la vie dès mon plus jeune âge. Je serais un petit ange au ciel et je ne vous emmerderais pas avec mes marottes !

 

 

Mais d’autres exemples peuvent sembler correspondre à une certaine réalité.
 

Je m’attaquerai ici à l’un de ceux parmi les plus subtils qu’il ait développé mais qui n’est, en vérité, qu’un sophisme soigneusement camouflé sous des airs de vraisemblance.



Sans-titre---1.jpgIvan Illich a inventé le concept de vitesse généralisée. Selon ce concept, dans le temps mis pour parcourir une distance donnée en voiture, il convient d'inclure le temps de travail nécessaire à gagner de quoi acheter et entretenir la voiture.  Ce n’est pas totalement dénué de sens.

 

 

Californie 1976Selon les calculs d’Ivan Illich un Américain moyen consacre, au début des années soixante-dix, environ mille six cents heures par an à sa voiture, que ce soit en temps de déplacement ou en temps de travail pour la payer. Il parcourt dix mille kilomètres par an. Cela représente donc une vitesse moyenne d’environ 6 km/h.



bagnole--2-.jpgDes décroissants « bien de chez nous » ont actualisé et adapté le calcul à la France d’aujourd’hui. En incluant la construction et l’entretien des routes, avec en moyenne 14 000 km parcourus par an, à la vitesse de déplacement moyenne de 50 km/h la vitesse intégrale est de 16,8 km/h. À la vitesse de 100 km/h elle est de 25,3 km/h.



 

Grignan, le château

 

Le voyage que Madame de Sévigné entreprit trois fois dans sa vie pour rendre visite à sa fille au château de Grignan, durait, depuis Paris, entre douze et quinze jours. Encore bénéficiait-elle de la possibilité, à l'aller, de charger son carrosse sur un coche d’eau de Lyon à Montélimar, ce qui était plus rapide que la route.

 

 

 

Paris, l'hôtel de Sévigné

 

Je ne sais quelle était la distance parcourue pour faire ce voyage. Aujourd’hui, de Paris à Grignan, il est, par l’autoroute,  de 640 km.
 

 

 

 

 

Madame de Sévigné

 

Considérant que Madame de Sévigné était livrée à tous les inconvénients et inconforts du voyage tout le temps qu'il durait, jour et nuit, sa vitesse de déplacement moyenne était donc de 640/12/24 = 2,22 km/h. Encore cette vitesse n’est elle pas la vitesse intégrale, qui devrait intégrer le prix de son carrosse, les gages de son cocher et des domestiques avec qui elle voyageait, le coût de son équipage et le prix des auberges dans lesquelles elle descendait.



 

 

 

la maison (4)

Notre vitesse intégrale est donc aujourd’hui environ dix fois supérieure à ce qu’elle était du temps de Madame de Sévigné. D’ailleurs, depuis quatre ans que mon épouse et moi avons une maison à huit kilomètres de Grignan, nos enfants sont venus nous voir, de Paris, bien plus souvent que les trois fois que Madame de Sévigné a rendu visite à sa fille en vingt-sept ans.

 

 

Mais Ivan Illich et les décroissants n’en sont pas à une omission près pour nous faire avaler leurs calembredaines sur les dégâts du progrès.
 

 

 bruckner 

 

NB. L’idée de cet article m’est venue en lisant le dernier ouvrage de Pascal Bruckner, Le fanatisme de l’Apocalypse, aux éditions Grasset, dont je ne saurais trop recommander la lecture.
 

  

 

 

 

Pour en savoir plus :

La vitesse intégrale ou l'automobile immobile

L'automobile vue par les décroissants

Les voyages du temps de Madame de Sévigné


 

Grignan,la collégiale, la pierre tombale de Madame de Sév

 

 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 22:49

 

 

225 Mue de cigale (3) - CopieL’État, ayant emprunté
Sans cesser,
Se trouva fort dépourvu
Quand ne se présenta plus
Aucun prêteur.
Ne trouvait plus preneur
Nul petit coupon de bon du trésor.
Il quémanda quelques pièces d’or
Au FMI son voisin par chance,
Le priant de lui prêter
De quoi acquitter
La prochaine échéance.
"Je vous paierai haut la main
Avant l'août, foi d’État souverain,
Principal et intérêt, si je puis."
DSC06610 (4)Le FMI
Est bon ménager,
C'est là sa plus grande qualité.
Que faisiez-vous au temps
De l’insouciance et de l’incurie ?
Dit-il à ce mendiant.
À tout venant, jour et nuit
Je dépensais, ne vous déplaise.
Vous dépensiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien ! économisez, maintenant !
Apprenez que tout emprunteur
Vit de la confiance des épargnants.
L’avance que je vous consens
Vaut bien cette leçon, je pense.

 

 

fourmi

 

 

Je dédie cette paraphrase du bon La Fontaine à la bécasse Clémentine Autain, pour sa chronique du 21 juillet de cette année, sur France Culture, et tout particulièrment pour ses "mécanismes économiques qui semblent non maîtrisés démocratiquement...". C'est comme les lois de la physique. Il est regrettable qu'elles ne soient pas maîtrisées démocratiquement. C'est pourquoi il faut mobiliser le peuple en lui redonnant de l'espoir, car le jour où il aura maîtrisé démocratiquement la loi de la gravitation, il pourra monter les escaliers sans effort !

 

 

Lire aussi :

Sous Tibère déjà, une crise des subprimes !

 

 

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 00:50

 

 Sans titre - 2 

 

 

Jeudi dernier, au Téléphone sonne, sur France Inter, le sujet de la conversation mondaine était : Questions sur l'état de la terre 2011 : climat, manque d'eau, risques industriels, biodiversité, ressources naturelles mais pas éternelles…

 

  

 

 

 

13 AI

 

 

Et encore : gros plan sur l'état d'une planète en devenir : changement climatique, risques industriels, industrie du nucléaire, biodiversité, ressources non renouvelables, pollution, alternatives économiques et changement de "modèle" de mode de vie.

 

 

 

 

Contrairement aux bonnes émissions, les invités étaient, à certaines nuances près, tous d’accord :

  

modèle

 

 

Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, revue de science économique dont le niveau scientifique ne dépasse guère celui de la science économique léniniste.

 

  

 

 

 

 

bosch paradis

 

 

Lucien Chabason, conseiller à la direction de l’Institut du développement durable et des relations internationales. Développement durable jusqu’à quand ? Le durable, c’est bien long, surtout vers la fin !

  

 

 

 

 

delacroix

 

Olivier Godard, Directeur de recherche au CNRS, économiste qui, dans sa jeunesse, n’a pas dit que des bêtises sur la gestion des risques mais qui, depuis, a tourné casaque versus « flatter l’opinion ». (Il devait avoir besoin de crédits pour son labo !)

 

  

En somme on s’est congratulé en famille, en se payant même le luxe de modérer quelques opinions écolo-extrémistes des auditeurs.

 

couv

 

Je ne reviendrai pas ici sur toutes les idées reçues et les préjugés, sans compter quelques solides contrevérités, mises en avant pour contribuer à la « prise de conscience » écologique. Chacun pourra s’amuser en écoutant l’émission Du pur jus mode Télérama ! L’aphorisme le plus souvent entendu : « Il faut changer notre mode de vie ». Merci pour la leçon de morale, qu’en tout état de cause personne, à commencer par ceux qui l’assènent, ne suivra !

 

 

Le point que je veux commenter aujourd’hui : les riches donnent le mauvais exemple.

 

À un auditeur qui s’indigne d’un projet de golf de trois cents hectares dans l’Allier, Guillaume Duval répond :

 

Bourdichon l'homme riche

 

« C’est une question centrale, celle des inégalités. Tant que les riches ne seront pas obligés de changer de mode de vie et auront des modes de vie aussi gaspilleurs, avec autant d’argent à dépenser, on évoquait tout à l’heure les hôtels à six cents Euros la nuit ou à onze mille Euros la nuit, on aura beaucoup de mal à limiter nos gaspillages dans l’ensemble, non seulement parce que les riches gaspillent beaucoup mais surtout parce que leur mode de vie sert de modèle à l’ensemble de la planète.

 

 Je ne sais pas pourquoi, mais Gala ou Voici vendent plus qu’Alternative économique et tant que les riches ne changeront pas de modèle ce sera très difficile de demander aux pauvres de se serrer la ceinture sur les émissions et de na pas rêver de vivre comme les riches, d’aller au golf en quatre-quatre à n’importe quelle saison et sous n’importe quelle latitude. »

 

Mes observations, en commençant par les accessoires et en terminant pas l’essentielle.

 

david

 

1° Que Monsieur Duval ne comprenne pas que Gala et Voici vendent plus qu’Alternative économique – que cela soit dit ironiquement ou non – montre sa profonde méconnaissance de l’âme humaine.

 

 

MG2° Les vrais riches, ceux qui se payent des hôtels à onze mille Euros la nuit, ne se rendent pas au golf en quatre-quatre mais en Porsche, en Lamborghini ou en Bentley. Ceux qui s’y rendent en quatre-quatre sont des classes moyennes supérieures. Monsieur Duval est un piètre sociologue.

  

  

murillo.jpg

 

3° Que le rédacteur en chef d’une revue qui se prétend de gauche regrette que le comportement des riches empêche de demander aux pauvres de se serrer la ceinture montre à quel point de déliquescence l’idéologie de gauche est tombée. Plus réactionnaire, c’est difficile à imaginer !

 

 

 

 

  

img026

 4° Monsieur Duval nous assène sans plus réfléchir que les riches donnent le mauvais exemple.

À la fin du quattrocento, lorsque les aristocrates florentins lancèrent la mode  importée de la cour ducale vénitienne  de l’usage de la fourchette dans les repas, que ne furent-ils vilipendés !

  

 

 

florence (2)

 

D’autant plus qu’user de la fourchette, quand on ne l’a pas appris dans l’enfance, est d’une difficulté qui conduit à des maladresses parfois ridicules. On accusa ces florentins d’excentricité, de dépravation et de décadence.

 

 

 

Aujourd’hui, cinq siècles plus tard, si, pour des raisons de sécurité par exemple, on interdisait la fourchette dans les prisons françaises, les belles âmes comme Monsieur Duval, à juste titre d’ailleurs, protesteraient contre une atteinte insupportable aux droits de l’homme et à la dignité des prisonniers.

 

Pascal a dit : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

En le paraphrasant, on pourrait dire :

« Privilège d'aujourd’hui, droit imprescriptible de demain. » 

Tel est l'un des moteurs du progrès social.

 

Le Nain

 

 

 

 

 Trident neptune

 

 

 

 

 

Lire aussi :

Le Tartuffe ou L'imposteur, une interview d'Yves Cochet

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Villeurbanne, la ville dont le maire voulait sauver la planète

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 00:00

 

épopée d'Atrahasis

 

Dans l’article L’explosion démographique, une peur vieille comme l’humanité, pour illustrer l'ancienneté de cette peur, je me suis tenu aux seuls éléments strictement nécessaires rencontrés dans l’un des plus vieux mythes connus, le mythe babylonien d’Atrahasis.

Ce mythe raconte à la fois l’origine de l’homme et le déluge. Il présente des similitudes avec le récit de la Genèse par des détails que j’ai passés sous silence.

 

 

Ghiberti création d'Adam

 

 

C’est ainsi que dans l’épopée d’Atrahasis, l’homme fut tiré de l’argile à laquelle on mélangea le sang d’un dieu et la salive d’une déesse. Dans la Genèse, Yahvé modela l’homme avec la glaise du sol et lui souffla dans les narines un souffle de vie.

 

  

 

 

 

Kyo, corbeauC’est ainsi que sept jours après que les pluies du déluge cessèrent, Atrahasis envoya une colombe à la recherche d'une terre émergée. La colombe revint au bateau. Puis il prit une hirondelle et la lâcha ; l'hirondelle revint aussi. Enfin, il envoya un corbeau ; le corbeau, ayant trouvé terre, ne revint pas. Il y avait donc une terre en vue, à laquelle le bateau d’Atrahasis aborda.

 

 

Heraklion tourterelle

 

Bien que l’épisode de la colombe de Noé revenant avec un rameau dans son bec soit formellement l’inverse, il est clair que l’inspiration littéraire de ces deux récits est la même.

  

 

 

 

Il y a quelques jours seulement, bien après la rédaction de mon article, je lisais dans un article* de la revue Commentaire :

 

Michel Ange création d'Adam

 (…) les cosmogénèses babyloniennes expliquent la création de l’humanité par la volonté des dieux d’établir entre eux la paix en se déchargeant sur les hommes des durs labeurs qui furent cause de leur discorde. À l’opposé, la cosmogénèse judéo-chrétienne place un Dieu personnel à l’origine de la création de la personne humaine faite à l’image de son Créateur qui ne la façonna point pour le suppléer dans des travaux ingrats. Le passage de l’Impersonnel au Personnel, du tout indifférencié au particulier bien défini induit une vision du monde contradictoire avec celle du monde babylonien antique.

 

 

Par où l’on voit que la même source d'inspiration littéraire peut illustrer deux visions opposées de la transcendance.

 

* Le catholicisme comme religion politique en France, Jean-Louis Clément, Commentaire, Numéro133/Printemps 2001

  

JoYeUsEs PâQuEs !

 

 

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 07:00

 

Dans une interview accordée au site Developpementdurable.com   Yves Cochet, député de Paris, déclare :

 

Sans titre - 1

 

« Je crois par ailleurs à un projet de société plus sobre, dans laquelle il y aurait moins de biens, mais plus de liens, c’est-à-dire moins de surconsommation. L’idée serait alors de partager avec nos frères du Sud. Notre mode de vie est en effet tout à fait inexportable à l’ensemble de la planète.

 

 

 

Sans titre - 2Pour les pays riches, il y a enfin ce que l’on appelle la baisse de l’empreinte écologique, qui est un critère bien plus intéressant pour mesurer la santé d’une population que le PIB. L’empreinte écologique de la France est beaucoup trop forte : comme le disait le président Chirac, il faudrait trois planètes Terre si tout le monde vivait comme un Français !

 

Mozart (2)

  

Il faut donc baisser notre exubérance consumériste, quitte à vivre avec moins de matériel et d’énergie. Car le bonheur n’est pas dans la surconsommation ! Il est dans les relations humaine, l’amour, le sport, les militantismes syndicale, associatif, politique, la méditation, la lecture et Mozart. »

 

 

 

Ecce homo

 

Encore un qui se prend pour Jésus, version soft. L’écolo-bobo n’est pas plus prêt à vendre tous ses biens et à tout quitter pour suivre Yves Cochet que le jeune homme riche pour suivre Jésus.

 

Alors, comme il faut essayer de lui soutirer sa voix à la prochaine élection, on arrondit les angles. En apparence seulement.

 

 

 

 

La Nain Famille de paysans

 

Ça fait longtemps qu’Yves Cochet méprise le peuple et les plus pauvres, qui ne rêvent pas de surconsommation mais simplement de bénéficier du minimum de confort souhaitable sans connaître pour autant des fins de mois difficiles.

 

 

  

 

marine nationale

 

Yves Cochet prend les électeurs pour des imbéciles. Après, il fera semblant de se lamenter de ce que la marine nationale fasse de plus en plus de voix dans l’électorat populaire.

 

 

 

pole emploi

Je propose à Yves Cochet de se rendre dans une agence de pôle emploi expliquer au chômeurs que ce n’est pas en trouvant du boulot mais en militant à Europe-écologie-les-verts qu’ils trouveront le bonheur.

 

 

 

Lunettes (6)

 

Je propose à Yves Cochet d’aller expliquer dans une manif pour les retraites que ce n’est pas en gagnant un peu plus d’argent que les retraités pourront s’acheter des lunettes et des sonotones mais en émettant moins de GES.

  

 

Shanghai Pudong

  

Je propose à Yves Cochet d’aller expliquer aux ouvriers chinois qui ont obtenu de très substantielles augmentations de salaire en faisant grève qu’ils ne devraient pas chercher à rejoindre notre niveau de vie.

 

 

 

missionnaires de la charité (3)

 

Je propose à Yves Cochet d’aller dans une réunion syndicale CGT proposer que les salariés français revendiquent une diminution de salaire pour donner la différence aux pauvres indiens de Mère Teresa, ce qu’il appelle « partager avec nos frères du sud ».

 

 

 

Assemblée nationale

 

Je propose à Yves Cochet de renoncer à la différence entre son revenu et le revenu moyen des intervenants habituels sur ce blog, pour le leur donner. Un parlementaire qui perçoit les indemnités d’un député français, donner des leçons de pauvreté à ses concitoyens, c’est quoi ça ? C’est inqualifiable.

 

 

 

Tartuffe Imposteur

 

 

Monsieur Yves Cochet ne fera jamais tout ça. Il ne fait ces belles déclarations que bien à l’aise face à un auditoire de bobo-nigauds convaincus d’avance. Monsieur Cochet est donc un hypocrite, un Tartuffe.

 

 

 

 

 

NB La rumeur voudrait faire croire que Monsieur Cochet est de gauche…

 

tartuffe

 

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 18:30

 

 

Il y a une obsession chez beaucoup d’écologistes : la démographie.

 

foule--5-.jpgC’était le cas de  pères fondateurs tels Julian Huxley, Aurelio Peccei, le commandant Cousteau, René Dumont - pour les défunts les plus connus - mais aussi d'autres encore bien en vie, comme James Lovelock, le Prince Philip, duc d'Édimbourg, Hubert Reeves, et pour un des plus jeunes d’entre eux, soixante cinq ans déjà, quand même, l’honorable parlementaire Yves Cochet.

 

Il n’y a pas que des vieux plus ou moins cacochymes qui redoutent une jeunesse trop nombreuse.

  

La Tour, le nouveau né, Musée des Beaux Arts, Rennes

 

Il y en a qui se sont constitués en secte, dont certains sont même venus protester véhémentement contre un ou deux articles de mon blog. Je pense ici à la secte Démographie responsable qui, ignorant la transition démographique et son universalité, se livre à une propagande antinataliste.

 

 

 

essai

 

 

 

Le fondateur de la crainte moderne de l’expansion démographique de l’humanité est sans conteste le vieux pasteur anglican Malthus, dont la première édition de l’Essai sur le principe de population date de 1798.

 

 

 

 

Mais cette crainte est bien plus ancienne. Elle est déjà présente dans un mythe mésopotamien, dont la première version écrite remonte à 1700 ans avant notre ère et dont les versions orales sont certainement bien antérieures.

 

diable

 

 

Selon ce récit, les dieux régnaient sur un univers dont s'occupaient des dieux inférieurs, les Igigi. Ces derniers se révoltèrent contre leurs conditions de travail et cherchèrent à détrôner le dieu suprême.

 

 

 

 

 

La mort d'Adam

 

 

Un des conseillers de celui-ci, Ea, lui suggéra de créer des remplaçants aux Igigi. Ce sera les hommes, qui seront mortels.

 

 

 

 

 

bataille-de-carnaval.jpg

 

Mais, les hommes se reproduisaient trop vite. Ils se multipliaient et se disputaient, et les bruits de leurs disputes étant devenus insupportables aux dieux, ils décidèrent de les éliminer. Ni les épidémies ni les sécheresses ne vinrent à bout de l’humanité.

 

 

arche

 

Alors, les dieux décidèrent de provoquer le déluge. Ea, pris de pitié pour un homme nommé Atrahasis, lui commanda de construire un bateau et de s'y réfugier, avec les siens et des animaux.

  

 

 

noe

 

 

 

La terre entière fut engloutie sous les eaux, seul surnageait le bateau d'Atrahasis, dont les passagers survécurent au déluge.

 

 

 

 

 

 

Brueghel Le triomphe de la mort (11)

 

Le dieu suprême était furieux que des hommes aient survécu. Son conseiller Ea lui expliqua alors que les hommes étaient nécessaires à la Terre, et qu'il fallait seulement en limiter le nombre. C'est pour cela que, depuis lors, certaines femmes sont stériles et que la mort fauche beaucoup d’enfants et nombres d’hommes et de femmes avant l’âge.

 

 

morts

 

 

C'est ainsi, qu’il y a plusieurs millénaires, ce mythe a tenté d'expliquer le mystère de la vie et de la mort et l’origine des maux de l’humanité.

 

 

 

 

foule (2)

 1700 ans avant J.-C, ce mythe exprime la crainte de la démographie « galopante ». Les malthusiens contemporains se rendent-ils compte qu’ils ne font que perpétuer une angoisse qui remonte à la nuit des temps et qui est certainement moins justifiée aujourd’hui que du temps d’Atrahasis ?

 

 

 

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À la faute morale, les écologistes ajoutent la faute intellectuelle

 

Pour en savoir plus

 

Frédéric Lenoir

 

 

Frédéric Lenoir, Petit traité d'histoire des religions, Plon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Laurent Berthod - dans Histoire des idées
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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 20:00

 

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Ce n’est pas à l'indignation qu’appelle Iegor Gran dans son dernier livre, L’écologie en bas de chez moi, c’est à la révolte.

Avec verve et humour, ce livre traite de l’omniprésence de la nouvelle religion écologiste, de la morale qu’elle prétend nous imposer, de l’exploitation commerciale sans vergogne qui en est faite. Il nous conte les démêlés de l'auteur avec ses voisins d’immeuble auxquels elle conduit et le délitement d’une vieille amitié que provoque la mal-pensance de l'hérétique.

 

 Sur ce terrain proprement littéraire, se déploient des analyses intéressantes et, pour certaines, originales. On appréciera tout particulièrement sa mise en pièce des modèles et des autres sortes de prédictions de l'avenir.

 

Quelques extraits pour donner envie

DSC05375

 

« Un voisin durable, c'est un voisin qui trie ses déchets et me surveille pour que j'en fasse autant. »

 

  

 

DSC05383« Depuis quelques années j’avais remarqué la pandémie, l’encombrement de vélos en bas de chez moi, les poubelles de tri sélectif et leurs mollahs, la dame du 3, escalier C, et le généraliste crétin, toujours aux avant-postes de la surveillance, du contrôle, et, bientôt de la rééducation forcée des récalcitrants… »

 

Nanook

« Home, en particulier, et le prurit écolo, en général, ne manquent pas non plus d’Africains ni d’Esquimaux, qu’ils appellent « populations su Sud », et qu’ils invitent à rester à l’état de sous-développement – message implicite du film ‒ parce que : 1) Ces braves bêtes réduisent leur empreinte carbone au strict minimum, en ne gaspillant pas les ressources fossiles comme le fait l’homme blanc, 2) ils ont appris à se contenter de peu – ils mangent très peu de viande, et 3) ils montrent l’exemple de ce que l’on peut obtenir avec un peu d’ingéniosité, d’huile de coude et de jeûne si l’on fait l’effort de dompter ses besoins consuméristes primaires. »

 

 

HomeOn apprend aussi pourquoi Iegor Gran avait commencé son article paru dans Libération le 4 juin 2009 à propos du film Home de Yann Arthus Bertrand par : « Leni Riefenstahl en avait rêvé, Yann-Dieu l’a fait ».

 

Et que cette entrée en matière sans ménagement a été censurée.

 

sucreDans le palmarès des ventes d’Amazon, L’écologie en bas de chez moi  occupe la 142ème place et la vingt-septième pour la catégorie de la seule litterature française . Si, comme Iegor Gran et moi-même, vous ne supportez plus ce totalitarisme qui nous enveloppe de sa sucrerie poisseuse quotidienne, vous pouvez faire progresser son livre dans le palmarès en l'achetant. À sa lecture vous ne vous ennuierez pas !

 

 

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