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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 21:37

 


J’entame un feuilleton, discontinu, que le lecteur se rassure, je ne souhaite pas le lasser par cinq ou six articles successifs sur le même thème, à savoir la distinction morale entre l’homme et l’animal. Au cours des épisodes j’aborderai ce que nous enseigne la tradition occidentale sur cette question : religion, philosophie, biologie, éthologie, et j’essayerai de faire entrevoir les risques encourus à vouloir abandonner ces enseignements au profit d’une confusion entre l’homme et l’animal.

 

L’épisode n° 1 de ce feuilleton parlera de ce que l’air du temps nous dit.


 


Fin 2001, le philosophe français mondialement célèbre, Jacques Derrida, répondait sur France-Culture à des questions sur sa position à propos du rapport aux animaux.








 
A la première question qui portait sur l’autorisation ou l’interdiction morale d’écraser des cafards, Jacques Derrida a répondu : « Non, il n’y a pas interdiction de tuer quand c’est nécessaire, je demande seulement qu’on éprouve un peu de compassion et de culpabilité ».



 




Puis un peu plus tard :

 

« Il faudra bien qu’on revoie l’élevage industriel concentrationnaire, qui constitue un véritable génocide animal ».

 




Sur France-Culture encore, en juillet 2002, un auteur italien est interviewé a propos du livre qu’il a écrit sur ce qui a précédé la Shoah et qui, sans en être la cause ou pouvoir l’expliquer, était un préalable indispensable à ce qu’elle puisse avoir lieu. Ce sont, nous dit-il, des choses qui ont marqué l’évolution en profondeur des mentalités. Il s’agit d’abord de l’invention de la guillotine, effort de rationalisation, quasi industrielle, de la mise à mort.






 
En second lieu il s’agit des abattoirs, qui au xixe siècle connaissent une rationalisation industrielle.












Ces deux phénomènes sont à rapprocher de la rationalisation et de l’industrialisation des moyens mis en œuvre pour réaliser la Shoah.

 






 





En 2003 une polémique s’est déclenchée en Californie à propos de la campagne publicitaire conduite par une association en faveur des droits des animaux, qui comparait la souffrance des animaux d'élevage à celle des victimes de l'Holocauste.








Cette campagne s'est attiré les critiques virulentes d'une importante association juive qui a dénoncé la « banalisation » de la Shoah. Le concepteur de la campagne a affirmé qu'il était juif et qu'il avait perdu plusieurs membres de sa famille dans les camps de concentration nazis. Il a déclaré s'être attendu à ces critiques. « Le fait est que tous les animaux ressentent la douleur, la peur et la solitude. Nous demandons aux gens de reconnaître que ce que les Juifs et d'autres ont connu pendant l'Holocauste est ce que les animaux vivent chaque jours dans les fermes industrielles ».
 


 







On peut m’objecter que ces références commencent à dater et qu’il n’est pas certain que ce ne fût pas un effet de mode passager. Je ne crois pas qu’il en soit ainsi. En janvier 2008 paraissait en français le livre de l’historien américain
Charles Patterson intitulé : Un éternel Treblinka, des abattoirs aux camps de la mort. Sur le site de vente en ligne d'Amazon, dans « le mot de l’éditeur », on lit :
Dans ce livre provocateur – que certains considéreront même comme scandaleux – mais courageux et novateur, l’historien américain Charles Patterson […] va jusqu’à établir un parallèle entre la façon dont l’homme traite les animaux d’élevage et la façon dont il a traité ses congénères pendant la Shoah. Cet ouvrage a fait l'objet de présentations et de débats dans des émissions de radio et  dans des quotidiens tous fort honorables.

 

Si vous naviguez sur Internet, vous constaterez que ce rapprochement entre élevage, abattage des animaux et Shoah est encore d’actualité, et pas seulement chez les antispécistes, les végétaliens et autres adeptes du veganisme.

 

Pour le moment, de ce constat je ne tirerai  aucune autre leçon que celle-ci : j’aimerais bien savoir ce que Claude Lanzmann et Elie Wiesel en pensent.

Mais j’y reviendrai dans un épisode ultérieur du feuilleton.




















                                                                                           Primo Levi




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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 00:14



Cet article sera bref en regard de l’importance du sujet. Il vise seulement à sensibiliser les lecteurs à l’une des plus grandes impostures écologiques et réglementaires jamais vues. En revanche les références bibliographiques seront nombreuses, pour qui souhaite vérifier mes dires et les approfondir.



 

La réglementation européenne, applicable en France, a édicté une norme pour l’eau potable, laquelle doit respecter un plafond de 50 milligrammes d’ion nitrate par litre.
 



 

Ce plafond réglementaire a été établi sur la base d’une publication scientifique imprécise de 1958 : une dose sans effet nocif de 50 mg/l avait été évaluée, mais sans que soient évalués les effets de doses supérieures. En 1982 on a mis en évidence que des doses cinq fois plus élevées étaient elles-mêmes sans effet négatif sur les consommateurs. Tout le monde peut se tromper, mais les institutions ont beaucoup de mal à le reconnaître lorsque ça leur arrive. C'est le refus par les institutions officielles, y compris des organisations internationales (OMS, Union Européenne...) de reconnaître cette erreur, laquelle a induit des contraintes et des coûts importants et inutiles pour de nombreux acteurs économiques, notamment les agriculteurs, qui constitue le mensonge.
 


On sait aujourd’hui que les nitrates sécrétés par l’organisme sont indispensables à une bonne protection contre les bactéries introduites dans le tube digestif à l’occasion des prises alimentaires. En effet, les nitrates sécrétés dans la salive sont transformés après plusieurs étapes en une molécule azotée qui se retrouve dans le suc gastrique et qui est  puissamment bactéricide. L’acidité seule du suc gastrique, sans les nitrates sécrétés dans la salive, est beaucoup moins efficace dans la protection antibactérienne. Ce processus protège tout particulièrement contre les germes provoquant des gastro-entérites.

 


Les effets prétendument cancérigènes des nitrates et des nitrites n’ont jamais pu être mis en évidence. Les connaissances les plus récemment acquises laissent même soupçonner un effet protecteur des nitrates contre certains cancers.


 


La maladie bleue (méthémoglobinémie) du nourrisson peut assurément dans certains cas s’avérer mortelle. Même avec des eaux ou des légumes, carottes du potage notamment, fortement chargés en nitrates, une hygiène normale du biberon évite tout risque d'accident.
 


 






L’eutrophisation des milieux aquatiques (asphyxie par prolifération d’organismes vivants, les algues vertes par exemple) est liée à la présence de phosphates.








L’expérience a montré que l’eutrophisation des milieux aquatiques a diminué consécutivement à la mise en place de procédés de déphosphatation dans les stations d’épuration des villes. Les phosphates présents dans les rivières ont une origine massivement urbaine et très minoritairement agricole.


 







Les milieux écologistes ont fait des nitrates un de leur terrain de bataille contre l’agriculture moderne, alors que même à des niveaux considérablement plus élevés que les niveaux actuellement constatés ils ne présentent aucun effet indésirable.




 

Une réglementation agricole très contraignante a été mise en place concernant l’usage des engrais azotés, minéraux et organiques. Les investissements imposés aux agriculteurs pour respecter ces normes réglementaires absurdes sont très lourds. Les subventions accordées aux agriculteurs pour les aider à réaliser ces investissements coûtent très cher aux contribuables. Pour abandonner des programmes coûteux, inutiles et vains contre la présence de nitrates dans l’eau il faudra très certainement du temps, car les institutions, plus encore que les individus, répugnent à reconnaître qu’elles se sont trompées.






Les nitrates n'empoisonnent ni l'homme ni l'environnement. Les nitrates ne sont pas des polluants. Les nitrates sont des éléments nutritifs indispensables au développement des plantes.
  






Citations


La toxicité pour l’homme des nitrates présents dans l’eau de boisson a été très largement surestimée. L’analyse des données disponibles, notamment les acquisitions récentes concernant leur métabolisme et les modalités de leur transformation en nitrites et en nitrosamines ainsi que la littérature épidémiologique accumulée depuis plus d’une trentaine d’années, montre que :

   - le risque de méthémoglobinémie du nourrisson est sans lien direct avec la teneur de l’eau en nitrates mais en rapport avec la pollution bactériologique de l’eau,

   - aucune association n’a pu être établie entre consommation prolongée d’une eau de boisson riche en nitrates et cancers dans la population générale.

Des travaux récents indiquent au contraire que les nitrates jouent vraisemblablement un rôle physiologique important par leur activité biocide vis-à-vis de nombreux germes impliqués dans la formation de la plaque dentaire, dans l’apparition de l’ulcère gastroduodénal ou encore dans la production de toxines.

Conclusion de la communication au 29ème symposium national de médecine agricole, tenu à Tours en juin 2002, faite par François Testud, Unité de Toxicovigilance, Centre antipoison, hôpital E. Herriot, Lyon.

                                                            ___

 

Lutter contre le nitrate pour résoudre le problème de l'eutrophisation est une solution à la fois pratiquement impossible car il faudrait rendre l'azote plus limitant que le phosphore au voisinage des concentrations naturelles, celles d'une eau de qualité, écologiquement dangereuse car elle stimule les proliférations cyanobactériennes, techniquement inefficace du fait de la réinjection automatique par les cyanobactéries de l'azote que l'on s'efforce d'éliminer et rationnellement douteuse : ne propose-t-on pas de traquer le nitrate pour lutter contre la pollution par les phosphates ?


Guy Barroin, INRA - Hydrobiologie et faune sauvage,  Thonon-les-Bains, Gestion des risques. Santé et environnement : le cas des nitrates. Phosphore, azote et prolifération des végétaux aquatiques. Assises internationales envirobio 13-14/11/2000 Paris.


                                                              ___


Ils ont des yeux et ne voient point. Ils ont des oreilles et n'entendent point.

Ancien Testament. Jr 5, 21



Bibliographie



François Testud,
Les nitrates dans l’eau : quels risques pour la santé humaine ?
communication au 29ème symposium national de médecine agricole tenu à Tours en juin 2002 :  http://www.salade.com/img/fr/savoir/a.pdf



Guy Barroin, Gestion des risques. Santé et environnement : le cas des nitrates. Phosphore, azote et prolifération des végétaux aquatiques : http://www.inra.fr/dpenv/barroc48.htm
 
 


Jean et Jean-Louis L’hirondel, 2004, Les nitrates et l’homme : toxiques, inoffensifs ou bénéfiques ? Préfaces des Pr. Christian Cabrol, Henri Lestradet et Maurice Tubiana. Les éditions de l’Institut de l’Environnement, 255 pages. Cet ouvrage peut être commandé à

http://www.institut-environnement.fr/nitratesetlhomme.pdf

 

Christian BUSON, Faut-il encore avoir peur des nitrates ? : http://www.institut-environnement.fr/peur_des_nitrates.doc

 

Tom ADDISCOTT traduit par Christian BUSON,
En faire tout un plat ? New Scientist - 5 février 2000 : http://www.institut-environnement.fr/tout_un_plat.doc








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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 00:46

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 00:11




Avec le retour du printemps, promenade à Nans-Sous-Sainte-Anne, petit village du sud du département du Doubs, près des sources du Lison, dans un site admirable.

 







A part l’agriculture on essaye de s’y livrer à des activités touristiques de faible ampleur : ski de fonds l’hiver et randonnée a pieds ou à dos de mulet l’été. Sur la porte du gîte d’étape, cette inscription : « Nature et Randonnée ».







Ça invite à réfléchir au concept de nature. Mis à part une ou deux falaises typiques du relief karstique jurassien, le paysage de ce coin de pays est entièrement façonné par le travail des hommes, agriculteurs et forestiers, travail sur, et contre, la nature.

 


Confusion mentale propre à notre postmodernité ou slogan commercial ? Il fut un temps où ce que l’on appelle aujourd’hui « la nature »,  nous l’appelions tout simplement « la campagne », réservant plutôt le mot de nature aux espaces restés sauvages : haute montagne, déserts, etc.


 




Au siècle dernier Tourgueniev intitulait une de ses pièces Un mois à la campagne  et, il n’y a guère que quelques années, le très beau film de Bertrand Tavernier s’appelait Un dimanche à la campagne.

 







Aujourd’hui on dit plutôt : « – Qu’est-ce que tu fais ce week-end ?  –  Je vais me ressourcer dans la nature », quand on ne va que musarder, après ou avant des embouteillages épuisants, dans le bocage normand ou gâtinais.

 








La Dombes est le résultat de l’aménagement entrepris depuis presque mille ans, peut-être plus,  de terres marécageuses tout ce qu’il y a de plus naturelles, en étangs parfaitement artificiels et minutieusement entretenus en vue d’approvisionner les lyonnais en poisson et de réduire la malaria.

 






Aujourd’hui les paysages d’étangs, Sologne, Brenne, Dombes, comptent parmi les plus beaux de notre pays, à cause de la lumière très particulière qui s’y déploie. Mais c’est presque le contraire de la nature : c’est la nature refaite par l’homme. Et c'est au nom de ce qu’ils imaginent être la protection de la nature que nos écolos veulent protéger les zones humides !




 

Il y aurait sans doute moins de confusion dans les débats sur l’environnement si l’on avait plus le souci de distinguer la nature sauvage de celle revisitée par l’homme.

 



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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 00:03


Ricarensis, le 12 mai 2009

 






Cher ami,

Le printemps est enfin arrivé. Bien tardivement, mais enfin ne nous plaignons pas, il est là.

 

Vous m'écrivez que lors de vos interventions en qualité d’agronome au café philosophique de votre ville ou à la MJC de votre quartier vous ne cessez de faire l’objet d’attaques qui visent l’agriculture moderne, qualifiée avec mépris de productiviste et d’intensive. Vos arguments rationnels, tels que ceux que vous avancez dans votre article  Vive l'agriculture intensive et productiviste , ne sont pas entendus, pas même écoutés. Dans notre monde à l’émotivité débridée, la raison n’est sans doute pas la meilleure façon de convaincre.

 

Puisque de nos jours la parole est chassée par l’image, le discours le plus susceptible d’être reçu est peut-être le langage imagé. Je vous suggère donc d’essayer de présenter les choses à vos interlocuteurs de la façon qui suit.

 

En France on compte un peu moins d’un demi-hectare de surface agricole utile par habitant. Un demi-hectare c’est très exactement 5000 mètres carrés.


Si vous avez la chance d’avoir un grand-père (ou d’en avoir eu un dont vous avez gardé le souvenir) qui dispose d’un potager à la campagne, 5000 mètres carré c’est un peu plus grand que son potager, mais à vrai dire ce n’est quand même pas très grand.




La prochaine fois que vous irez à la campagne, faites-vous montrer une parcelle d’un demi-hectare entourée de haies sur ses quatre côtés ; vous constaterez que ce n’est vraiment pas grand-chose.



Sur ces 5000 mètres carrés, on vous nourrit toute l’année.

 

On y produit :

 
- tout le lait que vous consommez sous toutes ses formes (lait, yaourt, fromages, crèmes dessert, beurre, beurre des galettes bretonnes et de toute la pâtisserie-biscuiterie),

 





- toute la viande et la charcuterie que vous consommez : bœuf, veau, porc, volaille,

 






- tout le vin que vous buvez,

 









- tous les fruits et légumes cultivables sous nos latitudes,

 









- toutes les céréales que vous consommez sous diverses formes : pain, pâtisserie, biscuits, pizzas …

 

- en plus de tout ça, on produit, sur ces malheureux 5000 mètres carrés, de quoi exporter suffisamment pour payer à l’étranger tout ce que vous mangez et buvez et qu’on ne produit pas en France : le riz, les oranges, les pamplemousses, les bananes, votre café et votre thé quotidiens, votre cacao, sans oublier votre whisky préféré, votre vodka et même le caviar des jours de (grande) fête.

 

Si vous voulez vous nourrir avec les produits d’une agriculture extensive, une vraie agriculture extensive, pas une agriculture extensive issue de réformettes à la bruxelloise ou à la José Bové, mais une agriculture où la France serait transformée en un vaste pâturage avec une vache pour trois hectares, il vous faudra vous nourrir presque en totalité avec des produits d’importation.

 

Evidemment la viande argentine et le lait de Nouvelle-Zélande vous reviendront moins cher et le mouton australien ne coûtera rien au contribuable européen.

Mais sachez qu’en Argentine la moitié du cheptel bovin à viande est élevé dans la pampa dans des conditions de parasitisme tellement lamentables qu’on passe régulièrement les animaux aux insecticides de choc et que l’autre moitié est engraissée dans de gigantesques feed-lots intensifs où il n’y a pas de raison qu’on n’y pique pas moins les animaux que dans ceux d’Amérique du nord.

Quant à la Nouvelle-Zélande, sachez que là-bas il n’y a pas que de vastes pâturages bien verts dans des régions pluvieuses, mais que l’agriculture extensive y consiste aussi, quand on exploite des terrains en bordure de l’océan, dans des régions plus sèches, à les irriguer avec de l’eau de mer et après quelques années, lorsqu’ils sont stérilisés par l’accumulation de sel, à les abandonner à la nature pour recommencer la même opération un peu plus loin.

 

Espérant vous avoir aidé dans votre rude tâche, j’attends avec impatience de vos nouvelles, tout en souhaitant vous revoir prochainement,

 

Votre ami de toujours,

 

Viticulteur à Ricarencis.


 

 

 


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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 00:42


Pour tenir sa place un titre doit être court. Le titre retenu pour cet article est donc Du danger des modèles en sciences, mais en toute rigueur il devrait être : Du danger de la mauvaise utilisation des modèles en sciences.

 

Le N° 35 des Dossiers de la Recherche de mai 2009 est consacré au Big Bang. Deux interviews ont particulièrement retenu mon attention.

 

Le grand astrophysicien indien  Jayant V. Narlikar a élaboré, avec  Fred Hoyle, décédé en 2001, et Geoffrey Burbidge, un modèle  d’Univers quasi stationnaire qui postule des processus permanents de création de matière. Narlikar n’est donc guère convaincu par les différentes variantes du modèle cosmologique standard, autrement dit le modèle du Big Bang. Il estime que ce modèle est en contradiction avec un certain nombre de faits empiriques et que plutôt que d’abandonner le modèle, ses partisans préfèrent le sauver par des concepts difficilement vérifiables.








 

 

Par exemple, on sait par les observations que la majeure partie de la matière composant l’Univers n’émet pas de rayonnement détectable. L’hypothèse la plus simple, à savoir que cette matière « sombre » pourrait être de la matière ordinaire, est rejetée parce qu’elle impliquerait une très grande quantité de deutérium dans l’univers, ce qui est en contradiction avec ce que prévoit le modèle. Pour Narlikar une attitude scientifique normale aurait voulu que la découverte de la matière sombre remette en question le modèle. Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé : pour sauver le modèle, on a préféré inventer une nouvelle forme de matière, dite « exotique », la matière noire dont on ignore en réalité à peu près tout et qui n'a jamais été observée.

 

Une autre contradiction entre le modèle du Big Bang est certaines observations empiriques a conduit les partisans du Big Bang à sortir de leur chapeau le concept d’énergie noire.

 

Narlikar estime que son modèle d’univers quasi stationnaire a un support empirique aussi solide que celui du modèle du Big Bang et qu’il mériterait que des observations susceptibles de trancher un jour soient conduites. Mais, nous dit-il, ce n’est pas si simple. Selon lui il est impossible d'obtenir des fonds pour réaliser des programmes d'observations qui seraient consacrés à une cosmologie qui n'est pas dans la norme. Un étudiant choisissant de travailler sur un modèle non standard n'aurait pratiquement aucune chance d'avoir un jour un poste. Narlikar estime qu’il n’y a guère eu de progrès depuis le temps de Copernic ou de Galilée et que l’arrogance conduit au fondamentalisme, non plus religieux, mais scientifique.



 

 

Loin de moi, qui n’ai aucune compétence, de vouloir trancher la querelle. Simplement une autre interview du même numéro de la revue me semble illustrer parfaitement le défaut méthodologique que Narlikar reproche à ses confrères.
 

 

Edgard Gunzig, professeur honoraire à l’Université libre de Bruxelles, travaille sur un scénario original de la naissance de l'Univers fondé sur l’énergie du vide quantique. Ce scénario a pour avantage  de ne plus avoir besoin d’un début au Big Bang, l’expansion de l’Univers produisant de la matière et la matière produisant l’expansion de l’Univers. Il n’est pas le lieu ici de rentrer dans les subtilités très séduisantes de ce scénario. Ce scénario s’appuie sur la théorie de  l’énergie du vide quantique (autrement dit : l’énergie du vide n’est pas nulle). Au cours de son exposé le professeur Gunzig dit textuellement : « L'énergie du vide est capable du pire comme du meilleur. Le pire, c'est un problème conceptuel majeur toujours irrésolu : sa valeur déduite de la théorie quantique des champs est colossale et totalement incompatible avec les propriétés de notre univers ». Une contradiction entre la théorie et la réalité qui, dans l’interview du moins, ne semble pas le troubler outre mesure, puisqu’il établit son scénario sur la base de ce concept plus que problématique. Je ne veux pas dire qu’il a tort d’explorer des pistes sur une sorte de pied d’argile. Apparemment il a la modestie de ne pas prétendre que son modèle détient la vérité. Mais cela illustre bien le danger mis en évidence par Narlikar : moins de modestie intellectuelle, plus d’arrogance et le fondamentalisme n’est pas loin.

 

Je crois que la mise en regard de ces deux interviews devrait nous conduire à une réflexion sur les dangers d’une mauvaise utilisation des modèles en sciences. Un modèle permet d’explorer une thèse, de la pousser jusqu’à ses conséquences lointaines, mais il ne peut prétendre représenter la réalité que lorsqu’il est empiriquement vérifié.


Ce qui est vrai pour la cosmologie l’est certainement au moins autant pour l’économie et pour la climatologie.

A propos de cette dernière, certains critiques du GIEC font observer que ses prévisions seront vérifiables dans cinquante ans, quand tout le monde, si elles ne se confirment pas, les aura oubliées. Je ne saurais trop conseiller la lecture du rapport, établi par un groupe international de scientifiques, intitulé C'est la nature, et non l'activité humaine qui détermine le climat. Ce rapport conteste les thèses du GIEC sur l'origine anthropogénique du réchauffement climatique, en particulier l’utilisation de modèles non vérifiés empiriquement, voire en contradiction avec de nombreux faits empiriques. Les douze premières pages de ce rapport sont accessibles à ceux qui n’ont pas de culture scientifique.

 

Une fois encore, loin de moi de vouloir trancher entre le GIEC et ce groupe de scientifiques ; je m’étonne seulement de l’assourdissant silence médiatique pesant sur les « hérétiques »  (enfin, rien concernant les media ne devrait plus m’étonner !).



 





Bibliographie

 

Les Dossiers de la Recherche, N° 35 – Trimestriel Mai 2009, Le Big Bang, Révélations sur l’origine de l’Univers. Egard Gunzig, Entretien, « L’espace-temps s’est créé lui-même », p. 32-36. Jayant V. Narlikar, Entretien, « Croire au Big Bang est un acte de foi », p.42-45.
 

 



C'est la nature, et non l'activité humaine qui détermine le climat, version française du Report of the nongovernmental international panel on climat change :
http://www.pensee-unique.fr/NIPCC


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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 00:04


Ricarensis,
in Comitatu Vendaxino
Le samedi 9 mai de l'an de grâce 2009 après N.S
. J-C
.

 

 

 


Très chère et vieille amie,

 

Vous ayant trop longtemps laissée sans nouvelles, vous m’en avez mandé, m’écrivant : « Je suis toujours en vie. C’est merveilleux , non ? Et vous ? »

 

C’est en effet merveilleux , pour ne pas dire miraculeux .  Je ne sais comment vous avez fait pour échapper à la vache folle, à la canicule, au tabagisme passif, à la grippe aviaire, à la grippe porcine, sans oublier la grippe humaine, à Listeria monocytogenes, à Salmonella typhimurium, à Legionella pneumophila, à l'amiante qui nous cerne de partout, aux pesticides, au bisphénol A, aux dioxines, aux phtalates, aux mycotoxines dans les produits bio, aux OGM fous fabriqués par des fous, aux antennes relais et à tout le reste.

Vous avez sûrement eu un sacré coup de chance. Ou alors vous avez été boostée par la parole du grand chaman Nico ou de la grande prêtresse Ségo, car l'on sait que face à la mort il n'y a que la foi qui sauve. 

 

S'il veut être élu, je pense que le prochain candidat à la présidentielle devra inscrire à son programme la promesse de l'immortalité pour tous. C'est ce que l'opinion attend avec impatience nous dit le dernier sondage Ipsos-Sofres commandé par l'épiscopat, qui voit ainsi le rôle de la religion amoindri au bénéfice de la politique et qui en a tiré des commentaires très amers.

 

Heureusement l'islam, en promettant ses houris aux jeunes mâles, sauvera la religiosité française de l'extinction. Ce sera la seule religion à survivre en France d'ici quelques décennies, car elle n'a pas d'états d'âme, elle ! C'est pourquoi l'épiscopat français s'est prononcé contre la loi interdisant le port du voile à l'école. Les évêques sont prêts à se convertir, ils préfèrent encore une autre religion que pas de religion du tout.

 

Bien à vous pour l'éternité,

 

Votre infiniment dévoué,

 

Lorenzo della Villa Urbana, pauper commilito Christi Templique Salomonici











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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 00:31


Au xixe siècle en Europe, la population des villes s’accroissait notablement et la consommation de viande se développait avec l’élévation du niveau de vie. Aussi, la destination des déchets des abattoirs, qui étaient installés aux portes des villes, était un problème d’hygiène publique difficile à résoudre. Il était devenu impossible de les jeter au caniveau comme au temps du roman de Süskind Le parfum et les jeter à la rivière ou au fleuve n’était pas non plus trop recommandable.

 



Un grand chimiste et industriel allemand, Liebig, celui des potages et des engrais, mit au point un procédé d’utilisation rationnelle de ces déchets : par dessiccation ils étaient transformés en farines, facilement stockées et transportées. Ces farines fournissaient une excellente source de protéines animales aux porcs et aux volailles, animaux omnivores, faut-il le rappeler ?

 

 


Je ne sais quand on eut la première fois l’idée d’en mettre dans la ration des vaches. Mais durant la guerre de 14-18 la pénurie de beaucoup de denrées agricoles et alimentaires s’était fait jour à cause du grand nombre de paysans et de travailleurs agricoles mobilisés. Dans cette situation, la récupération de toute matière utilisable est bienvenue. Aussi dans les almanachs agricoles de cette époque trouve-t-on des recettes pour l’incorporation de farines carnées dans la ration des vaches. On voit donc que nourrir les vaches avec des farines carnées n’a pas attendu l’agriculture  « productiviste » pour entrer dans la pratique.

 


Durant la deuxième guerre mondiale les Britanniques ont souffert d’une pénurie de biens agricoles et alimentaires, plus grave encore, du fait de leur grande dépendance, historique, d’approvisionnements extérieurs et du fait du blocus naval allemand (la fameuse bataille de l’Atlantique). A l’issue de la guerre, traumatisés par cet épisode, les britanniques ont conduit une politique de récupération de toutes les sources possibles de protéines.




Dans cette optique, pour l’alimentation du bétail, ils ont cherché à réduire le recours aux protéines végétales importées. La production de luzerne n’est favorisée ni par le climat ni par les sols britanniques. Dans ces conditions, les sujets de sa gracieuse Majesté ont recouru de façon généralisée aux farines carnées pour l’alimentation des animaux de rente de toutes espèces, y compris les bovins.

 



Pendant ce temps, les pays de ce qui s’appelait alors la CEE, ou plus communément le Marché Commun, avaient dû accorder aux USA une entrée libre aux tourteaux d’oléagineux américains, en échange de la mise en place de la politique agricole commune, fortement protectionniste. En Europe continentale, donc, la complémentation de la ration des bovins était à base de protéines végétales importées.



 

Les procédés d’extraction des graisses des déchets d’abattoirs pour obtenir des farines carnées maigres requerraient une extraction à chaud avec solvant cyclique (hexane). C’était un procédé dangereux pour la santé des travailleurs et en outre fortement soumis à des risques explosifs. Des accidents mortels étaient intervenus. Lorsqu’on réussit à mettre au point un procédé d’extraction des graisses par pression à froid, celui-ci se généralisa, et ce d’autant plus rapidement après le premier choc pétrolier, que ce dernier rendait plus facilement amortissable un changement d’équipement.

 



Certains scientifiques pensent que la diffusion de l’ESB dans le cheptel bovin britannique a trouvé son origine dans ce changement de procédé industriel. A froid et sans solvant organique, l’agent infectieux (qui pourrait être soit celui de la tremblante du mouton soit celui d’une ESB jusqu’alors sporadique) n’aurait plus été inactivé et se serait multiplié à chaque génération de bovins dont les déchets étaient transformés en farines carnées.

 

D’autres scientifiques, et c’est à ceux-là que le rapport de la commission d’enquête britannique officielle ‒ dite Commission Phillips – a donné raison, estiment que la transmission et le recyclage multiplicatif de l’agent n’ont rien à voir avec le changement de procédé de fabrication des farines de viande. Selon cette thèse, l’encéphalopathie spongiforme bovine serait issue d’une mutation de la protéine prion apparue tout à fait par hasard et, par malchance pour les britanniques, en Grande-Bretagne. Elle se serait propagée de façon indépendante du changement de procédé industriel.

 


Quelle que soit l’hypothèse retenue on voit que l’origine de cette maladie et de sa propagation assez foudroyante est fort peu explicable par le paradigme de l’agriculture « productiviste ».

 

Sa transmission au continent est une autre question, qui est elle-même à mettre en relation avec le commerce européen de produits carnés britanniques.

 

Il convient de noter au passage que les Britanniques ont été accusés d’avoir troqué un procédé de fabrication assainissant pour un procédé recyclant l’agent infectieux, pour des motifs d’ordre bassement lucratif, alors que ce changement trouve son origine dans des préoccupations de sécurité du travail (même s’il a pu être facilité ensuite par une modification des conditions économiques).

 

Ainsi naissent et courent les rumeurs…

 

Celles qui font plaisir à l’idéologie, c’est à dire aux croyances.


Bibliographie
 
Sur Justus von Liebig : Pierre Feillet, La nourriture des Français, Éd. Quæ, p. 55 et 56, http://books.google.fr/books?id=Sr8b-uK4w_8C

Le rapport de la commission Phillips : http://www.bseinquiry.gov.uk/


A propos du rapport de la commission Phillips, École vétérinaire de Lyon :
http://www2.vet-lyon.fr/ens/nut/webBromato/cours/farinean/legislat/Phillips.html

 

 

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 00:06

 

Il y a les climatologues du GIEC. Il y en a d’autres.
 

Il y a d’éminents scientifiques, qu’on ne voit pas à la télé, qui pensent que l’activité éruptive du soleil est un facteur clé des variations climatiques.

 

Les éruptions solaires induisent des orages magnétiques terrestres qui dévient les rayons cosmiques, venus des galaxies et du fond de l'univers, de leur trajectoire en direction de la surface de notre planète . 




Lorsque les éruptions solaires sont brutales, les orages magnétiques terrestres sont intenses et l’ionisation des molécules de notre atmosphère diminue en proportion de la baisse des rayons cosmiques qui l’atteignent.

 




Or, ceci influence la couverture nuageuse de basse altitude de la terre, donc son ensoleillement et sa température. En effet, les électrons, arrachés par l'effet ionisant  des rayons cosmiques aux molécules composant notre atmosphère, participent à la création de petits noyaux de condensation de la vapeur d’eau. Ces noyaux se rassemblent et forment des gouttelettes d'eau. Ces gouttelettes d'eau forment les nuages.

 

En résumé :

 



- forte activité éruptive du soleil = déviation des rayons cosmiques qui, de ce fait, atteignent en moins grand nombre les basses couches de l’atmosphère, la formation de nuages faiblit.

 









- faible activité éruptive du soleil = les rayons cosmiques atteignent en grand nombre les basses couches de l’atmosphère, la formation de nuages augmente.




 



Le soleil connaît des cycles au cours desquels son activité éruptive s'accroît, passe par un maximum puis diminue, jusqu’au début du cycle suivant. Ces cycles ont une durée moyenne de onze ans. Plus la durée du cycle est longue, plus l’activité éruptive moyenne est faible, et réciproquement.

 

Le cycle solaire que les spécialistes désignent par le numéro 23 a été faible. Les températures de la période correspondante ont, avec un décalage de quelques années, connu un tassement. Ce cycle s'est terminé au début de l'année 2008. Certains spécialistes de l’activité solaire prédisent que le cycle 24 sera particulièrement faible ainsi que les deux suivants.



 

En somme, une perspective de plus de  trente-trois ans de climat en net rafraîchissement. Moi qui faisais confiance aux experts du GIEC et espérais ainsi passer une retraite heureuse sous un climat tempéré, mes vieux os risquent d’avoir à subir les frimas pour plus de trois décennies. Autant dire jusqu'à ce que la camarde me mène à ma dernière demeure. Je garde cependant l’espoir que nos enfants connaîtront une retraite plus ensoleillée.



 



Le seul coup de chance ‒ du genre gros lot au loto ‒ que je puisse espérer, serait qu'après ce petit âge glaciaire le réchauffement climatique qui suivra me permette de survivre jusqu'aux environs de 110 ans. Je pourrais alors en bénéficier pendant quinze à vingt ans !








Bibliographie

 

http://www.pensee-unique.fr/index.html

http://climat-sceptique.over-blog.com/

Résumé et conclusion du rapport C'est la nature, et non l'activité humaine, qui détermine le climat : http://www.objectifliberte.fr/2008/07/le-rapport-du-n.html

 
Sur les modèles en climatologie, voir aussi mon article :
Du danger des modèles en sciences

Yves Lenoir, Climat de panique, Éd. Favre

Christian Gérondeau, Écologie, la grande arnaque, Éd. Albin Michel

Rémy Prud'homme, Dioxyde de carbone : raison garder, article publié dans le N°125, printemps 2009, de la revue commentaire


 

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 00:07

 



Le progrès de la productivité du travail humain remonte aux origines de l’humanité.




Les paléontologues ont montré qu’au paléolithique, déjà, sa vitesse n’était pas constante et qu’il allait toujours s’accélérant. Comme la productivité du travail humain à ces époques reculées ne peut être mesurée directement on l’a mesurée indirectement par l’efficacité ou la maniabilité des outils : c’est ainsi que les paléontologues ont constaté que le rapport entre la longueur utile du tranchant et la masse de la pierre taillée allait en augmentant et ceci de façon accélérée.

 


Lorsque j’entends les éternelles jérémiades contre le souci de rentabilité, contre la productivité, le règne de l’argent roi, etc. j’aime bien répondre :

 


L'homme est ainsi fait qu'il est
cupide et paresseux.

 

Il veut toujours consommer et posséder plus tout en travaillant le moins possible.

 

C'est le moteur du progrès technique, économique et social.

 

C'est à cela qu'on doit la richesse de nos sociétés actuelles et l'espérance de vie qui s'accroît sans cesse.


Evidemment il ne faut pas entendre ici par cupidité le désir de voler ce qui appartient à son prochain, ni par paresse celui de ne rien faire. Bien entendu, il s’agit là de la volonté d’économiser la peine et la sueur des hommes et de la volonté de lui procurer toujours plus d’aisance et de confort.

 

Au stade de développement dit des cueilleurs-chasseurs une chose est à peu près certaine : l’humanité était en équilibre écologique avec son milieu extérieur. Elle prélevait sur la nature fort peu de choses et si elle prélevait trop pour que le milieu se renouvelle, la survie des groupes devenait précaire et leurs effectifs étaient ramenés à un niveau assez bas pour permettre la reconstitution des ressources.

 

Certains paléontologues prétendent qu’à cette période bénie de l’histoire de l’humanité, le jardin perdu d’Eden, le temps de travail était faible et les famines n’existaient pas. On peut douter de ces deux affirmations : tout chasseur sait qu’il y a des bonnes saisons de chasse et de moins bonnes. Ce dont on peut être à peu près sûr c’est que le chômage n’existait pas et que l’espérance de vie était faible et, surtout, condamnée à le rester à travers les générations.

 


Lorsque l’humanité invente l’élevage et l’agriculture, que fait-elle ? Grâce à son génie elle trouve le moyen d’intensifier la production de la nature. L’intensification préside à l’activité agricole dès sa naissance.


 



L’agriculture et l’élevage permettent de dégager des surplus, qui sont eux-mêmes à l’origine du développement des villes et des premières grandes civilisations de l’antiquité, que ce soit en Amérique, au Moyen-Orient ou en Asie. Les surplus dégagés permettent dans un premier temps de ne nourrir en sus des producteurs agricoles qu’un relativement faible nombre de non-agriculteurs ; c’est néanmoins, sans doute, le début de la division du travail ou, sinon sa naissance, du moins la possibilité de son essor.





Ce sera aussi de grandes cités et de grands travaux, pour certains dits « pharaoniques ». Les ziggourats, les pyramides, les temples égyptiens : impossibles sans l’agriculture. Si la culture est fille de la ville, l’agriculture en est la mère.

 







Avec les progrès de l’agriculture, donc son intensification, la part de la population urbaine peut croître. Elle connaît même au cours du xxe siècle une véritable explosion, amorcée dans les pays développés dès les xviiie et xixe siècles. Cette explosion démographique des villes est-elle un bien ou un mal ? Chacun est libre de son opinion. Mais c’est un fait « incontournable » comme on dit dans le jargon d’aujourd’hui. Il faut bien nourrir cette population.





La population mondiale est globalement en croissance. On ne voit guère comment la nourrir sans une certaine intensification de l’agriculture mondiale. Remarquons au passage que grâce aux progrès de l’agriculture, les grandes famines ont disparu de la surface du globe. Il reste encore une certaine malnutrition à résorber et on voit mal comment l’extensification de la production agricole pourrait y aider.

 


Malgré la malnutrition persistante d’un peu plus de 10 % de la population mondiale, on peut dire sans aucune restriction, que l’agriculture moderne est, avec la médecine et l’hygiène publique, une des trois grandes réussites technologiques de l’histoire de l’humanité, enfin débarrassée du spectre de la disette et de la famine qui l’a accompagnée dans ses cauchemars depuis des millénaires.



 

 

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