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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 22:07

 

 

Sans titre - 3

 

Le Roundup est un herbicide à large spectre, dit « herbicide total », dont la molécule active est le glyphosate.

 

 

Sans titre - 1Cet herbicide a été mis au point par Monsanto, mais le brevet du glyphosate ayant expiré en 2000, cette molécule est maintenant dans le domaine public et utilisée dans des formulations mises sur le marché par des concurrents.

 

maïs (2)

 

Le glyphosate pénètre dans la plante par ses parties vertes. Aussi, épandu après levée, s’attaque-t-il non seulement aux mauvaises herbes mais également à la culture. C’est pourquoi Monsanto a mis au point des plantes OGM résistantes au Roundup (Roundup Ready), notamment soja, colza, maïs, betterave.

 

 

fleur-de-colza.jpg

À ce que je sache, et si je me trompe j’espère bien qu’un lecteur mieux informé me démentira, à ce jour aucune plante génétiquement modifiée Roundup Ready n’est autorisée à la culture sur le territoire de l’Union Européenne. Cela n’empêche pas le glyphosate, compte tenu des avantages qu'il offre par ailleurs, d’être largement utilisé par les agriculteurs européens.

  

 

Sans titre - 2

 

En outre, dans n’importe quelle jardinerie, vous trouverez pour votre jardin, vos allées dallées, votre terrasse, votre toiture, vos murs, vos escaliers extérieurs, des désherbants à base de glyphosate ; bien pratiques, ils éradiquent toutes les mauvaises herbes !

 

 

 

 

DSC03136

 Concernant les pesticides, la directive européenne 98/83/CE du Conseil fixe les paramètres chimiques de l’eau de boisson uniformément à 0,1 µg par litre quelle que soit la molécule en cause (sauf pour l’aldrine, la dieldrine, l’heptachlore et l’heptachloreépoxyde, pour lesquels la valeur paramétrique est 0,030 μg/l) et à 0,5 µg par litre pour la totalité des pesticides présents.

  

 

OMS

 

Bien que les considérants de cette directive expliquent que ces valeurs sont généralement établies en fonction des valeurs guide de l’OMS, cela est tout à fait inexact pour les pesticides, les valeurs guides de l’OMS étant spécifiques à chaque molécule et le plus souvent plus élevées que la norme européenne de 0,1µg/l.

 

 

Les valeurs guide de l’OMS sont fixées, par exemple, à 2 µg/l pour l’atrazine, le lindane et la simazine, soit vingt fois la norme européenne, à 7 µg/l pour le carbofuran, soit soixante-dix fois, mais à seulement 0,2 µg/l pour le chlordane.

  

Caillebotte, Rue de Paris, temps de pluie 

« Principe de précaution » de l’Union européenne et limite de détectabilité des molécules en question sont sans doute à l’origine de cette directive un peu ubuesque ! Si un lecteur en sait plus sur l’origine de ce chiffre quasiment magique de 0,1 µg/l, qu’il nous fasse partager ses connaissances, je lui en saurai vraiment gré.

  

Revenons-en au glyphosate. L’OMS a constaté que le glyphosate ne pouvait avoir d'effets toxiques chroniques sur l’homme en dessous de 0,9 milligramme par litre d’eau, soit  9000 fois plus que la norme de 0,1 microgramme par litre de la directive européenne ! Étant rapidement dégradé dans le sol, le glyphosate n'est présent dans les eaux de captage qu'à des concentrations bien inférieures à celle considérée comme pouvant être nocive. L'OMS a donc estimé INUTILE de fixer une valeur guide pour le glyphosate dans l’eau de boisson.

 

En conséquence des informations relatant des dépassements de la norme européenne pour le glyphosate, telles que celles signalées par Tony dans son commentaire et que l’on peut consulter dans l’article L’eau du robinet polluée par un pesticide encore très peu traité d’un site environnementaliste, ne doivent pas conduire à un alarmisme infondé, alarmisme qui n’est d’ailleurs pas dans ledit article auquel il faut, à cet égard, rendre hommage.

 

DSC03144Je ne parle évidemment pas du prétendu documentaire "audimatesque" et à sensation, Du poison dans l’eau du robinet, diffusé ce soir par France 3 et que je n’ai pas regardé. Je vieillis et mon cœur supporte de plus en plus mal l’indignation que suscite en moi le mensonge diffusé à grande échelle.

 

George Orwell, Arthur Koestler, revenez-nous vite ! Il n’y a plus de communistes sur terre, mais les autres sont tous devenus fous !

 

Bibliographie

 

1984

 

1984, George Orwell

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le zero et l infini

 

Le zéro et l'infini, Arthur Koestler

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire aussi :

Pesticides : une bonne nouvelle qu’on n’a pas entendue à la télé

Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides

Pesticides, le chiffre du jour 

Le médiatique Professeur Belpomme, lanceur de fausses alertes 

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 01:50

 

Bolivie

Récemment, dans une réunion internationale de militants, le président de la Bolivie Evo Morales a déclaré : Le poulet que nous mangeons est chargé d'hormones féminines. C'est pour cela que lorsque les hommes mangent de ce poulet, ils ont des déviations dans leur identité en tant qu'homme.

 

Cette déclaration a soulevé un tollé de certains bien-pensants postmodernes qui l'ont taxée d'homophobie.

 

Il y a quelques jours, avec un ami, la polémique à propos de cette déclaration est venue dans la conversation.

 

j0406601

Comme je disais que ce qui était le plus étonnant était que personne n’ait relevé que le poulet aux hormones n’était qu’un mythe, mon ami s’est montré fort étonné de mon affirmation : « Mais comment fait-on pour obtenir aujourd’hui des poulets en six semaines sans les pousser aux hormones ? »

 

 

Eh bien, oui ! Sans hormones, on fait des poulets abattus à six semaines et même à 40 jours, voire 39. Ces dernières décennies, c’est principalement la sélection de souches performantes qui a permis ce résultat.

 

poulet de chairSélection de souches de poulets pour leur appétit, l'instinct qui les pousse à picorer, leur bon coefficient de transformation alimentaire, ainsi qu’amélioration des techniques d’alimentation et progrès en santé animale ont permis de réduire chaque année d’environ un jour la durée d’élevage des poulets standards.

 

 

Les hormones dans l’élevage des volailles sont interdites depuis belle lurette en France et, plus généralement, dans l’Union européenne.

 

Antraigues sur Volane

 

Le mythe du poulet aux hormones doit beaucoup à la chanson de Jean Ferrat qu’on fredonne encore de nos jours, plus de quarante ans après sa sortie.

 

 

 

Mon ami n’en croyait pas ses oreilles. « Tu devrais raconter ça sur ton blog, car beaucoup de gens l'ignorent ! ».

 

Sans-titre---1.jpgMoi non plus je n’en croyais pas mes oreilles. Je pensais bien qu’il y avait encore quelques personnes un peu paumées qui croyaient que les poulets basiques étaient produits à coup d’hormones mais que, pour la plupart des gens, l’expression « poulet aux hormones » n’était qu’une figure de rhétorique, une métaphore pour dire « malbouffe ».

 

Commission parlementaireDans mes recherches sur Internet j’ai trouvé qu’Edgar Morin, ancien grand esprit tombé avec l’âge dans l’écolo-gâtisme, déclarait, il n’y a pas plus loin que le 11 octobre 2007, devant une commission de l’Assemblée nationale :

 

 "Mieux vaut un poulet fermier qu’un poulet aux hormones, un fromage fermier qu’un fromage industriel, etc." 

 Morin poulet aux hormones

 

 

poulailler2

 

Et puis, d’autres amis m’ont confirmé que dans leur entourage il y avait beaucoup de gens qui croyaient que les poulets standard sont produits grâce aux hormones.

 

 

poulet roti

 

Avant cette petite enquête, j’hésitais beaucoup à faire un article pour dire cette évidence : les poulets que vous consommez, même basiques, n’ont pas été engraissés à coup d’hormones !

 

 

Et bien voilà, je m’y suis résolu :

  

NON, EN AUCUN CAS, VOUS NE MANGEZ DE POULETS AUX HORMONES !

 

Et maintenant, un petit complément historique dont je ne suis pas certain, car je le tiens d’une tradition orale que je n’ai pu vérifier.

Sans titre - 3

 

Le poulet aux hormones de la chanson de Jean Ferrat ne serait pas le fruit de sa pure imagination. Une affaire ayant défrayé la chronique quelques temps avant sa création, en 1964, aurait inspiré le chanteur.

 

 

24 2 Vénus

 

Un volailler du marché Mouffetard à Paris aurait connu quelques problèmes de féminisation de sa morphologie pour avoir consommé des poulets hormonés. Il s’agissait de poulets issus d’expérimentations que l’institution qui conduisait cette recherche aurait commercialisés par son intermédiaire. Ce volailler était gros consommateur de volailles et se nourrissait en grande quantité de ces poulets à la tendreté très développée !

 

 

Rue Mouffetard

 

Une affaire qui remonte à la fin des années cinquante ou au début des années soixante, et qui traîne encore dans les discours d’Evo Morales et d’Edgar Morin ! Merci Jean Ferrat !

 

 

 

Je ne sais si les hormones pour l’élevage des poulets de chair furent seulement officiellement autorisées en France. En tout cas elles sont explicitement interdites depuis presque une cinquantaine d’années. (Au Canada il semble qu’elles furent utilisées de 1958 à 1962, abandonnées bien avant leur interdiction).

 

j0150058Je ne connais pas le statut officiel des hormones dans l’élevage des poulets de chair en Bolivie. Mais il me semble peu probable qu’elles soient effectivement utilisées, car le coût de leur utilisation (implant ou injection individuelle) ne compense sans doute pas le gain obtenu par leur utilisation. Je dis sans doute, parce que si cela est évident dans les pays développés, je ne sais pas vraiment ce qu’il en est dans des pays où le coût de la main-d’œuvre est faible.

 

Toute information complémentaire ‒ confirmation, infirmation, précisions ‒ que des lecteurs pourraient apporter sur ces derniers points, historiques et réglementaires, serait vraiment intéressante. Merci d’avance.

 

Bibliographie

 

Audition d’Edgar Morin par le groupe de suivi du « Grenelle de l’environnement » de l’Assemblée nationale 

Le poulet du Québec 

Point de vue d’un diététicien sur la viande de poulet 

Volaille, la fin des idées reçues 

Tout sur la volaille, foire aux questions (groupe Doux)

 

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 22:35

 

 

DSC02936

 

Le ministère en charge de la santé publie chaque année depuis 2003 un état des lieux de la conformité des eaux distribuées à l’égard des pesticides.

 

 

 Capturer 

 

Le dernier rapport concerne les observations conduites en 2008.

Je ne sais pas exactement quand il a été publié. Les journalistes ne lui ayant pas fait beaucoup de publicité j’en ai pris connaissance presque par hasard.

 

 

DSC02946

  

En 2008 les informations recueillies ont concerné plus de 25 000 unités de distribution, soit neuf unités sur dix, desservant près de 99,3 % de la population française.

 

 

Les situations de conformité de l’eau

 

DSC02937

 

 

En 2008, la situation de conformité permanente a concerné 91,9 % de la population entrant dans le champ d'observation, soit 56,4 millions d’habitants.

 

 

 

 

 

 

Les situations de non-conformité

DSC02943Les dépassements de la limite de qualité des pesticides dans l’eau ont concerné 4,98 millions d’habitants, soit 8,1 % de la population française,  pour lesquels l’eau du robinet a été au moins une fois non-conforme au cours de l’année 2008.

 

 

Le nombre de personnes concernées par ces non-conformités a diminué faiblement par rapport à 2007 (environ 0,3 %, soit 81 000 habitants).

 

tournesols

 

Cependant, un seul dépassement, très ponctuel, en Île-de-France, a conduit à classer en situation de dépassement environ 2,3 millions d’habitants ‒ ou encore 3,7 % de la population française ‒ soit presque la moitié de l’effectif classé dans cette catégorie.

 

 

DSC02937

 

Sur les 4,98 millions d’habitants dont l’eau a dépassé les limites de qualité, 4,92 millions (98,8 %) ont été alimentées par de l’eau non conforme n’ayant pas nécessité une restriction d’utilisation d’eau pour les usages alimentaires du fait que les dépassements  étaient limités soit au niveau des teneurs en pesticides mesurées (teneur inférieure à la valeur sanitaire maximale)  soit dans le temps (moins de 30 jours en 2008).

 

 

 

statsLes situations où la présence de pesticides a conduit à une restriction de l'utilisation de l’eau pour les usages alimentaires, ont concerné 96 unités de distribution alimentant environ 61 600 personnes (soit 0,1 % de la population française). La population concernée par ces restrictions d’usage a diminué de 31 300 personnes par rapport à l’année 2007 soit de 33,6 %.

  

 

coupe

 Dans sa conclusion le Ministère de la santé estime donc qu’au cours de l’année 2008, l’eau distribuée en France a été de bonne qualité eu égard aux pesticides et rappelle que l’alimentation (aliments solides et eaux de boisson) est le principal mode d’exposition aux pesticides, hors contexte professionnel.

 

 

DSC02924Mais comme il faut bien sacrifier à l’idole verte du moment, le Ministère ajoute que cette amélioration de la qualité de l’eau distribuée au robinet ne doit pas occulter la contamination des ressources en eau par les pesticides et qu’en complément de solutions curatives, la mise en œuvre de mesures de prévention doit permettre d'assurer de manière pérenne la reconquête de la qualité de ces ressources.

  

Ma conclusion à moi 

DSC02940

 

Une bonne nouvelle, même soigneusement cachée à l’opinion, ça se fête, non ? Mais pas au Château-Lapompe !

 

 

 

  

DSC02939N.B. Bien entendu on ne peut pas tout lire ni tout écouter. Donc, si un lecteur a lu dans la presse grand-public ou vu ou entendu à la télé ou à la radio un compte-rendu de ce rapport, je serai heureux de l'inviter à partager une bouteille de champagne et de faire connaître aux autres lecteurs de mon blog le très honorable titre en cause.

 

 

Bibliographie

Le rapport du Ministère de la santé est richement illustré de cartes et de graphiques.

On peut trouver les rapports des années précédentes ici. 

 

Lire aussi

Non, les produits alimentaires conventionnels ne sont pas « bourrés » de pesticides

Pesticides, le chiffre du jour  

Le médiatique Professeur Belpomme, lanceur de fausses alertes 

 

 

colza

 

 

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 13:38




Sur les cinquante dernières années les produits pesticides ont vu, en moyenne, au moment de leur mise en marché :



pechers5.jpg

 
   Leur dose d’utilisation divisée par 9.





cerises3


Leur dose journalière admissible (DJA)  multipliée par 5.






Dose épandue divisée par neuf, dose ingérée sans risque multipliée par cinq =  sécurité multipliée par 45 !*
Un progrès de 8 % par an.

L’agrochimie n’est pas vraiment l'empoisonneur irresponsable et avide de profit que prétend la vulgate écologiste !

* Oui, je sais, c'est une approximation conceptuelle, une image en quelque sorte, mais une image proche de la réalité.



abricotiers2






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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 22:55



img004

L’utilisation des pesticides organochlorés, et plus particulièrement de l’un d’entre eux, le chlordécone, a été intense aux Antilles françaises.




DSC01389Le chlordécone a été utilisé contre le charançon du bananier. Les risques de ces produits pour la santé, ainsi que leur grande persistance dans l’environnement ont entrainé des restrictions d’emploi à partir de 1969, puis leur retrait définitif. Le chlordécone a été définitivement interdit aux Antilles en septembre 1993.



Hopital Georges Pompidou
Dans Le Parisien du 17 septembre 2007 une interview du professeur Dominique Belpomme, cancérologue ayant exercé à l'hôpital Georges-Pompidou, très engagé dans la cause écologique, faisait l’effet d’une bombe.




img050Ayant conduit une mission à prétention scientifique à la Martinique, à propos de la pollution par les pesticides, il n’hésitait pas à déclarer : « La situation est extrêmement grave ! Les expertises scientifiques que nous avons menées sur les pesticides conduisent au constat d'un désastre sanitaire aux Antilles. Le mot n'est pas trop fort : il s'agit d'un véritable empoisonnement de la Martinique et de la Guadeloupe ». 

« Je pense que cette affaire se révèle être beaucoup plus grave que celle du sang contaminé. Cette fois, c'est toute une population qui a été empoisonnée : celle qui vit aujourd'hui, mais aussi les générations futures. »


Sans titre - 1
« Le taux de cancers de la prostate y est majeur : les Antilles sont au deuxième rang mondial ».
« Tout cela est scientifiquement établi, mais nous n'avons pas encore la preuve épidémiologique que les cancers de la prostate sont liés au chlordécone ».




logINLe lendemain 18 septembre 2007 l’Institut national de veille sanitaire (INVS) publiait un communiqué, dans lequel on pouvait lire :

Du fait de leur rémanence, ces [pesticides] sont toujours présents dans les sols et les habitants des Antilles peuvent être exposés par voie alimentaire principalement. Ceci a conduit l’Institut de veille sanitaire à s’intéresser à ce problème depuis plusieurs années.

(…)

Sans titre - 3A ce jour, aucun lien n’a été démontré entre l’exposition aux pesticides aux Antilles et les observations sanitaires qui y ont été effectuées : la plus grande fréquence absolue du cancer de la prostate aux Antilles par rapport à la métropole peut être expliquée par l’origine ethnique de la population (facteur de risque bien documenté aux États-Unis).

 

L’Institut indique que plusieurs études sont en cours concernant le lien possible entre les pesticides organochlorés et diverses pathologies.


rapport belpomme

Le même 18 septembre 2007 à l’Assemblée nationale le Professeur Belpomme donnait une conférence de presse présentant son "rapport". Après différentes rencontres avec des responsables des Ministères de la Santé et de l’Outre Mer, le Professeur Belpomme a été personnellement auditionné le 7 novembre 2007 par la Commissions des Affaires économiques de l’environnement et du territoire de l’Assemblée Nationale.





Du fait de l’émotion soulevée par cette agitation médiatique, l'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a été saisi, en octobre 2007, de deux demandes d’avis concernant cette question, l’une de la commission des Affaires économiques, de l'environnement, et du territoire de l'Assemblée nationale l’autre de la commission des Affaires économiques du Sénat


rapport OPECST synthèseLe rapport remis le 24 juin 2009 par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques fait le point de la question en 223 pages. Ce rapport se montre très sévère avec les gesticulations et l’absence totale de rigueur scientifique du professeur Belpomme.

On y lit :

Dans un article publié récemment dans l’« International Journal of Oncology », le Pr. Belpomme affirme que le taux de croissance du cancer de la prostate augmente plus vite en Martinique qu’en Métropole. En réponse, les scientifiques travaillant sur ces questions font valoir que la méthode de calcul employée par le Pr. Belpomme pour établir cette progression (…) n’est pas reconnue (…). Et qu’en employant les méthodes reconnues par la communauté scientifique, on obtient des évolutions comparées proches : 5,33 % sur la période 1978 – 2000 pour la métropole, et 5,65 % sur la période 1981-2000 pour la Martinique.

Et plus loin :

« Il est quand même surprenant que le Pr. Belpomme ait refusé d’être auditionné par vos rapporteurs, arguant du fait qu’il était déjà venu deux fois devant la Commission des Affaires Économiques de l’Assemblée Nationale en 2005 et en 2007. Il nous a même écrit qu’il ne s’occupait plus de ce sujet, alors que, dans les mêmes jours, en mars 2009, l’article cité précédemment dans le "Journal International Of Oncology" était publié ».

Et encore :

header-logo-lp« Il est quand même singulier que les médias aient donné sur ce dossier la parole quasi exclusivement à certains, alors que les scientifiques de l’INSERM, de l’INVS, de l’AFSSA ont toujours opposé des démentis aux affirmations du Pr. Belpomme. »


logINLast but not least, une des études en cours en 2007 a été rendue publique en septembre 2009 par l’INVS et l’Association martiniquaise pour la recherche épidémiologique en cancérologie.


carte pollution des solsIntitulée « Étude de la répartition spatiale des cancers possiblement liés à la pollution des sols par les pesticides organochlorés, en Martinique » cette étude s’appuie sur les données consignées de 1981 à 2000 au registre des cancers de la Martinique, un des plus anciens de France. Elles ont été rapprochées de  la cartographie des zones potentiellement polluées par la chlordécone, établie par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Les cancers retenus pour l’étude l’ont été sur la base d’une analyse bibliographique des cancers dont la survenue pouvait être liée à une exposition aux pesticides tant chez l’adulte que chez l’enfant.


carte couleur2Les conclusions de l’étude sont que, pour tous les cancers étudiés autres que le myélome multiple, aucune relation spatiale entre incidence et degré de pollution n’a été mise en évidence. Les résultats doivent être interprétés avec prudence compte tenu des données utilisées mais ils permettent de conclure à l’absence d’épidémie de cancers en rapport avec les pesticides organochlorés en Martinique « comme cela a pu déjà être déclaré dans les media ».

NB. Concernant le myélome multiple seule l’exposition professionnelle est mise en cause, dans des proportions qui n’ont rien à voir avec une sur-morbidité importante : « Au total, (…) le risque attribuable dans la zone 4 [la plus exposée aux pesticides] lié à ce type d’exposition [professionnelle] au cours des années précédentes pourrait s’être traduit par un excès de 12 cas de myélome multiple sur une période de 20 ans (1981-2000) »


logALa leçon que j’ai retenue de cette affaire, pour ma gouverne personnelle, est que lorsqu’à l’avenir j’entendrai le Professeur Belpomme à la radio ou à la télé, ou un porte-parole de l'association qu'il préside (Association de Recherche Thétapeutique Anti-Cancéreuse, ARTAC) je pourrai baisser le son et vaquer tranquillement à mes occupations.



Bibliographie

Le Parisien, interview du Professeur Belpomme du 17 septembre 2007

Communiqué de l’INVS du 18 septembre 2007

Rapport du professeur Belpomme  au nom de l’Artac

Rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques du   2009

Synthèse du rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques

INVS, Étude de la répartition spatiale des cancers possiblement liés à la pollution des sols par les pesticides organochlorés, en Martinique



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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 23:04

 

Pour un grand nombre de Français, les produits « bio » ont une image positive de produits naturels, car cultivés sans produits chimiques. Ils seraient donc meilleurs pour la santé que les produits issus de l’agriculture conventionnelle, dont il est dit couramment par les militants du « bio », qu’ils sont « bourrés » de pesticides.


Cette affirmation est totalement gratuite et parfaitement infondée.

L’utilisation des pesticides par les agriculteurs et les résidus de pesticides sur ou dans les produits agricoles sont étroitement réglementés et contrôlés de façon à protéger de façon très efficace la santé des consommateurs.


La réglementation édicte pour chaque pesticide et chaque médicament vétérinaire une dose journalière admissible (DJA). La DJA est la quantité d'une substance dans les aliments ou dans l'eau potable qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute une vie sans risque pour la santé. Elle est exprimée en milligrammes de substance par kilogramme de poids corporel et par jour.



C'est la référence de toxicité à long terme (encore appelée toxicité chronique) pour l'homme. La DJA et calculée a partir de la dose maximale ingérée quotidiennement par un animal sensible, durant toute sa vie, sans effet toxique observé sur lui ou sur sa descendance.



Pour extrapoler à l’homme, cette dose, observée expérimentalement selon une batterie de tests réglementés, est ensuite divisée par un coefficient de sécurité allant de 100 à 1000 selon la classification de la substance active. Les effets toxiques recherchés sont notamment les effets cancérigènes, mutagènes et les effets sur la reproduction (fertilité, développement et périnatalité).


La DJA est une dose admissible quotidiennement sur toute  une  vie.  Elle peut donc être occasionnellement dépassée. Une exposition à court terme à des niveaux supérieurs à la DJA ne présente pas un danger, à condition que, en moyenne, la dose ingérée par le consommateur sur de longues périodes de temps ne dépasse pas sensiblement le niveau fixé.



La présence de résidus de pesticides ou de médicaments vétérinaires dans les produits mis en marchés doit être inférieure à une limite réglementaire appelée limite maximale de résidus (LMR). La LMR est définie pour l’association d’une substance et d’un produit.




Cette limite maximale est calculée en fonction de différents critères dont celui qui vérifie qu’en consommant à leurs LMR respectives les produits d'une ration alimentaire normale , le consommateur n’ingère pas plus que la dose journalière admissible.




Le respect des LMR fait l’objet de contrôles par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
 


Lorsque ce service de l’État dispose d’informations sur le risque qu’une marchandise connaisse un dépassement de sa LMR, les contrôles, qui sont alors dits « ciblés », ne peuvent être considérés comme statistiquement représentatifs de la situation générale.



Mais cette administration réalise aussi un plan de surveillance au hasard, dont les résultats donnent une indication sur la situation française au regard des dépassements de LMR. La DGCCRF publie chaque année sur Internet les résultats de ce plan de surveillance. Chacun peut donc les consulter (voir bibliographie).



L’évolution de 2002 à 2007 des résultats de ce plan de surveillance sur les fruits et légumes frais figure dans le tableau suivant :


Année

Nb d'échantillons analysés

Nb d'échantillons non conformes

Pourcentage de non conformités

2002

3773

338

7,8%

2003

3375

235

7,5%

2004

3323

126

3,9%

2005

3098

214

6,7%

2006

3468

207

6,0%

2007

3742

-

7,6 %



Ces résultats portent sur des produits commercialisés en France, d'origine française ou étrangère. Pour avoir plus de détails sur les résultats de ce plan de surveillance on se référera aux liens indiqués en bibliographie.





Une chose est certaine, nous pouvons manger des fruits et légumes et de tous les produits alimentaires non « bio » sans crainte.








Bibliographie


Enquêtes 2006 sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes

Surveillance et contrôle des résidus de pesticides dans les produits d'origine végétale en 2007

Résidu, Limite Maximal de Résidu (LMR) : Qu'est-ce ?

Les méthodes d'études en toxicologie alimentaire
























                                                                            

                                                                           Monoculture du citronnier en Campanie





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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 19:05



En décembre 2007 l’UFC-Que choisir de Caen interroge l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (Affsa) sur les risques d’utilisation de poêles et de casseroles comportant un revêtement antiadhésif (disons pour simplifier, nom commercial : teflon, nom scientifique : PFOA).


En se préoccupant de cette question, L’UFC-Que choisir fait très normalement son travail de défense des consommateurs.

 

L’Afssa rend son avis en mars 2009. Cet avis est fondé sur les études disponibles portant sur les effets des substances en cause sur le développement, la reproduction, le cancer et les mutations génétiques, chez les rongeurs et les singes. Il prend également en compte des études épidémiologiques et les analyses faites par les instances compétentes de différents pays, de l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) et de l’OCDE. De plus l’Afssa évalue les risques sur la base d’une exposition des consommateurs résultant de la consommation quotidienne par personne d’un kilogramme d’aliments cuits au contact de ces matériaux.

 


L’Afssa publie ses conclusions dans le numéro de juillet 2009 de sa revue à - PROPOS destinée au grand public. L’exposition du consommateur liée à la migration des molécules concernées à partir des matériaux en cause reste largement inferieure à la dose journalière tolérable.

 


L’avis intégral est lui même mis en ligne sur le site de l’AFSSA le mardi 29 septembre 2009. La conclusion en est très claire :
le risque pour la santé des consommateurs relatif à la présence résiduelle de PFOA dans les revêtements anti-adhésifs des ustensiles de cuisson des aliments est considéré comme négligeable.

 




Ni dans l’article de sa revue, ni dans l’avis lui-même, l’Afssa ne passe sous silence les effets nocifs que peuvent avoir ces molécules, effets qui ne se manifestent pas aux doses extrêmement faibles (600 fois moins que la dose journalière tolérable) auxquelles sont exposés les consommateurs utilisant, même de façon intensive, ces ustensiles de cuisine.








En mars 2009 une organisation militante à prétention scientifique a vu le jour, le Réseau Environnement Santé, dont les principaux membres fondateurs sont WWF France, Fondation Sciences Citoyennes, MDRGF, Fac Verte, Objectif Bio et Nord Écologie Conseil et dont un des animateurs et porte-parole est
Monsieur Cicolella.
 

Le 30 septembre 2009 cette organisation pond un communiqué de presse alarmiste contestant les conclusions de l’AFSSA. Le réseau demande que l'expertise de l'Afssa soit revue et que ces substances soient « retirées dans tout ce qui est en contact avec les aliments ». Le « dossier » de l’association repose pour l’essentiel sur des études dont la présentation qui est faite est incomplète et, en particulier ne précise pas de façon claire si elles concernent des expositions liées à la vie domestique ou à la vie professionnelle. Le dossier argue en outre que les ustensiles de cuisine ne sont pas les seuls sources d’exposition, il faut aussi compter avec l’eau, certains textiles, des cartons alimentaires, certaines moquettes, les poussières domestiques… Il appelle l’attention sur une étude danoise montrant une diminution de la fertilité du sperme chez les hommes les plus imprégnés de PFOA. Dans quelle mesure l’utilisation d’ustensiles de cuisines antiadhésifs a contribué à cette imprégnation, on oublie bien évidemment de le préciser !
 



Monsieur Cicolella, lanceur d’alerte professionnel, suggère de revenir aux poêles en matériaux classiques, comme la fonte, l'acier ou l'inox.




Le 30 septembre une dépêche de l’AFP reprenant l’alarme de Réseau environnement santé met le feu aux poudres.


Le même jour, Libération.fr se fait l’écho de cette dépêche. Sur le forum, les intervenants se montrent plutôt dubitatifs et goguenards !



Le lendemain, 1er octobre, le Nouvel-obs.com met en ligne un article dont le titre est : L’Afssa épingle les poêles antiadhésives. Exactement le contraire de la vérité. De quoi inquiéter les honnêtes citoyens qui, comme moi, accordent à juste titre leur confiance à l’Afssa.





Le 1er octobre tou jours, Le Monde publie un résumé, d’ailleurs fort bien fait, de la dépêche de l’AFP. Le Monde a le culot de coiffer l’article de Pascale Santi du surtitre : Enquête ! alors qu’il ne s’agit que du résumé d’une dépêche d’agence.


Dans la pièce de Jules Romains, le docteur Knock engrange de fort confortables revenus en faisant croire à ses clients qu’ils sont des malades chroniques. Il a différentes maximes : « 
Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent. ».  « La santé est un état précaire qui ne laisse présager rien de bon. » « Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide ».

Autant de formules que Réseau Environnement Santé pourrait reprendre à son compte et transformer en slogans alarmistes : « Les produits inoffensifs sont des produits qu’on ignore être nuisibles. » « L’innocuité d’un produit est une qualification précaire qui ne laisse rien présager de bon. » et « Pour notre part nous ne connaissons que des produits présentant plus ou moins d’effets nocifs, plus ou moins nombreux, à plus ou moins brève échéance. »


Réseau Environnement Santé
est le docteur Knock d’aujourd’hui.

Merci à lui d’être plus utile à la notoriété de ses animateurs-militants qu’à l’information éclairée des citoyens et des consommateurs que nous sommes. Merci aussi à la presse de diffuser des informations si peu sérieuses sans  conduire de véritable enquête ni même y jeter un simple regard critique.


Sources 

à-PROPOS, juillet 2009 / numéro 25

Avis de l'Afssa du 13 mars 2009

Communiqué et dossier de presse de RES

L'article de Libération, Alerte aux poêles à frire

L'article de Nouvel Obs.com, L'Afssa épingle les poêles antiadhésives

« L’enquête » du Monde, Faut-il interdire l’usage du PFOA ?

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