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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 23:04

 

Pour un grand nombre de Français, les produits « bio » ont une image positive de produits naturels, car cultivés sans produits chimiques. Ils seraient donc meilleurs pour la santé que les produits issus de l’agriculture conventionnelle, dont il est dit couramment par les militants du « bio », qu’ils sont « bourrés » de pesticides.


Cette affirmation est totalement gratuite et parfaitement infondée.

L’utilisation des pesticides par les agriculteurs et les résidus de pesticides sur ou dans les produits agricoles sont étroitement réglementés et contrôlés de façon à protéger de façon très efficace la santé des consommateurs.


La réglementation édicte pour chaque pesticide et chaque médicament vétérinaire une dose journalière admissible (DJA). La DJA est la quantité d'une substance dans les aliments ou dans l'eau potable qui peut être ingérée quotidiennement pendant toute une vie sans risque pour la santé. Elle est exprimée en milligrammes de substance par kilogramme de poids corporel et par jour.



C'est la référence de toxicité à long terme (encore appelée toxicité chronique) pour l'homme. La DJA et calculée a partir de la dose maximale ingérée quotidiennement par un animal sensible, durant toute sa vie, sans effet toxique observé sur lui ou sur sa descendance.



Pour extrapoler à l’homme, cette dose, observée expérimentalement selon une batterie de tests réglementés, est ensuite divisée par un coefficient de sécurité allant de 100 à 1000 selon la classification de la substance active. Les effets toxiques recherchés sont notamment les effets cancérigènes, mutagènes et les effets sur la reproduction (fertilité, développement et périnatalité).


La DJA est une dose admissible quotidiennement sur toute  une  vie.  Elle peut donc être occasionnellement dépassée. Une exposition à court terme à des niveaux supérieurs à la DJA ne présente pas un danger, à condition que, en moyenne, la dose ingérée par le consommateur sur de longues périodes de temps ne dépasse pas sensiblement le niveau fixé.



La présence de résidus de pesticides ou de médicaments vétérinaires dans les produits mis en marchés doit être inférieure à une limite réglementaire appelée limite maximale de résidus (LMR). La LMR est définie pour l’association d’une substance et d’un produit.




Cette limite maximale est calculée en fonction de différents critères dont celui qui vérifie qu’en consommant à leurs LMR respectives les produits d'une ration alimentaire normale , le consommateur n’ingère pas plus que la dose journalière admissible.




Le respect des LMR fait l’objet de contrôles par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
 


Lorsque ce service de l’État dispose d’informations sur le risque qu’une marchandise connaisse un dépassement de sa LMR, les contrôles, qui sont alors dits « ciblés », ne peuvent être considérés comme statistiquement représentatifs de la situation générale.



Mais cette administration réalise aussi un plan de surveillance au hasard, dont les résultats donnent une indication sur la situation française au regard des dépassements de LMR. La DGCCRF publie chaque année sur Internet les résultats de ce plan de surveillance. Chacun peut donc les consulter (voir bibliographie).



L’évolution de 2002 à 2007 des résultats de ce plan de surveillance sur les fruits et légumes frais figure dans le tableau suivant :


Année

Nb d'échantillons analysés

Nb d'échantillons non conformes

Pourcentage de non conformités

2002

3773

338

7,8%

2003

3375

235

7,5%

2004

3323

126

3,9%

2005

3098

214

6,7%

2006

3468

207

6,0%

2007

3742

-

7,6 %



Ces résultats portent sur des produits commercialisés en France, d'origine française ou étrangère. Pour avoir plus de détails sur les résultats de ce plan de surveillance on se référera aux liens indiqués en bibliographie.





Une chose est certaine, nous pouvons manger des fruits et légumes et de tous les produits alimentaires non « bio » sans crainte.








Bibliographie


Enquêtes 2006 sur les résidus de pesticides dans les fruits et légumes

Surveillance et contrôle des résidus de pesticides dans les produits d'origine végétale en 2007

Résidu, Limite Maximal de Résidu (LMR) : Qu'est-ce ?

Les méthodes d'études en toxicologie alimentaire
























                                                                            

                                                                           Monoculture du citronnier en Campanie





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commentaires

ME 51 22/03/2010 13:03


@Philippe 13

Les anciens agri de ma région,la Marne,ont traité sans prendre de précaution dans les années 70,avec des produits autrement plus nocif que ceux d'aujourd'hui.
Pourtant,j'ai beau cherché,je n'en connais pas qui soit mort de cancer ou autres maladies bizarres.
Mon oncle qui a aujourd'hui 80 ans,traitait à ces débuts pour tout le village,tracteur sans cabine,pas de masque,pas de gant et pourtant il est en pleine forme,il a été opéré de la prostate il y a
10 ans,elle n'était pas cancéreuse.

Aujourd'hui et ceci depuis au moins 10 ans,la MSA,nos coopératives,distributeurs de phytos nous rabachent à longueur d'année,qu'il faut se protéger,mettre des gants(70% des éventuelles
contaminations pénètrent dans le corps par la peau),un masque et une combinaison.

Les vignerons,maraîchers et arboriculteurs sont plus exposés que les agris en grande culture et pourtant ils ne se protègent pas davantage pour autant.
Si le risque existe pour les applicateurs que nous sommes,les consommateurs sont à des années lumière d'en patir.
Bien Cordialement un agri marnais


pphilippe13 20/11/2009 21:30


Bonjour
Messieurs, j'ai lu avec attention l'article de Laurent Berthod. Je suis d'accord sur le suivi des pesticides, la notion de LMR et le reste...
sauf que voyez vous ce suivi existe depuis très longtemps, ce qui veut dire que ce est écrit là aurait pu l'être il y a dix ans . Que s'est-il passé depuis dix ans ? prêt de la moitié des produits
employés dans l'agriculture ont été interdits parce que la plupart soupçonnés cancérigènes !
Les pesticides se retrouvent dans les eaux de surfaces, dans les eaux souterraines, dans les tissus humains...je continue ?

- La limitation de l'utilisation des herbicides, insecticides et autres fongicides ne répond pas seulement aux aspirations des consommateurs. Elle est aussi imposée par la Commission européenne et
devrait bientôt aboutir en France.
LeFigaro sciences 12 décembre 2005

- L'épidémiologiste Isabelle Baldi prévient : "Il faut vingt à trente ans pour qu'apparaissent les maladies générées par l'introduction d'un produit cancérigène. L'usage des pesticides a explosé
dans les années 1970. On pourrait donc voir apparaître les conséquences maintenant . Le Monde.fr 11 juin 2007

à propos, ce sujet je le connais un peu, je suis vigneron, j'ai manipulé, respiré ces produits de l'arsenic au paraquat ! tiens, allez donc fouiner sur le site
http://e-phy.agriculture.gouv.fr/
et cliquez sur "produits phytosanitaires retirés" allez y c'est légal ;-)
ps : à propos Toupidek, je cultive des vignes sans cuivre ...si si !


Caquedrole 19/11/2009 22:54


Bonjour,
J'ai apprécié votre note qui est objective. Elle ne vient pas nier que la manipulation et l'utilisation des pesticides présente des risques. Elle ne vient pas nier que, comme les médicaments, comme
tant de produits chimiques, ces pesticides ne puissent être potentiellement, intrinsèquement des produits dangereux (sinon : pourquoi de telles procédures d'évaluation avant autorisation de mise
dur le marché ?). Elle n'est pas "pousse à l'usage de tels produits". Elle vient, objectivement, expliquer les garde-fous posés à la fois par la toxicologie et la bonne pratique d'utilisation de
tels produits. Elle explique quels contrôles sont opérés et comment. Avec des liens, elle renvoie à des résultats, au "réel".

En revanche, je suis en désaccord avec l'expression "sans produits chimiques" pour l'agrobio. Non synthèse organique effectivement ; pas de pétrochimie... Ce qui n'est pas une critique du mode de
production bio mais la rectification d'un leitmotiv, d'une sorte d'incantation (de mise dans toutes les radios par exemple au moment du salon de l'agriculture année après année). Même le mot
synthèse est litigieux... le H2SO4 du sulfate de cuivre de la bouillie bordelaise est lui-même obtenu par synthèse... mais minérale.

L'agriculture est multiple, et toutes les démarches et solutions qui permettent de conserver au sol ses caractéristiques biologiques, de maintenir et améliorer la biodiversité, d'éviter les
pollutions diffuses aussi bien que ponctuelles des eaux, voire de récupérer la qualité des eaux, etc, sont les bienvenues et doivent être encouragées. L'agriculture biologique en est une.


Laurent Berthod 19/11/2009 23:09



Merci de vos propos auxquels je suis sensible.

Vous avez raison dans votre critique à propos de l'agriculture bio et des produit chimiques, j'ai fait un raccourci qui prête à confusion. Je voulais dire que c'est "Pour un grand
nombre de Français" que les produit bio sont cultivés sans produits chimiques.



Leclercq 14/11/2009 05:15


@Toupidek
Quand je parlais de "billet honnête et courageux" c'était de celui de Laurent Berthod. Car il conteste le courant d'opinion qui prévaut aujourd'hui. Je ne conteste pas votre conviction, mais elle
procède d'un mode de pensée manichéen qui condamne en bloc une culture qui a pris un virage avec Galilée et a produit notre monde moderne. À en croire ses contempteurs, tout serait à jeter, et il
faudrait revenir à un passé le plus lointain possible.


Bémol 13/11/2009 11:23


@Toupidek:
L'usage de pesticides chimiques interdit en AB? Voici un bel exemple d'amalgame trompeur à l'usage sans doute du consommateur lambda médiatiquement bien... "drivé".
La bouille bordelaise est un pesticide chimique et le cuivre qu'elle contient s'accumule inexorablement dans les sols ce dont, pour paraphraser un film récent, nos enfants nous remercieront.
Peut-être faut-il rappeler qu'au-delà d'une certaine teneur en cuivre, les sols deviennent tout simplement impropres à la culture des céréales... Est-ce celà notre modèle de l'agriculture du
futur?
Si toutes les molécules issues de la pétrochimie sont à jeter (pardon, à recycler!) pourquoi l'AB s'autorise-t-elle la confusion sexuelle qui utilise de méchantes phéromones synthétiques?
Et ne parlons pas de la nicotine, autorisée en AB jusqu'en mars 2002 si ma mémoire est bonne, qui était comme chacun sait d'un profil toxicologique idéal..
Proposer l'AB comme modèle unique d'agriculture durable est scientifiquement risible, autant proposer la machine à vapeur comme seule alternative à la pile à hydrogène.


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