Partager l'article ! Les dessous pas très affriolants de votre facture EDF: On nous annonce ce mercredi à grand renfort de trompette ...

On nous annonce ce mercredi à grand renfort de trompettes que la sécurisation des centrales nucléaires coûtera un peu plus de dix milliards d’Euros d'investissements.

Mais, nous a-t-on jamais parlé du coût de l’électricité issue des énergies renouvelables ?
Il y a un dispositif en France, concernant la tarification
de l’électricité, dont la presse et les media ne parlent que rarement, sinon jamais.
Un commentaire ou un message du lecteur du présent article qui aurait une référence à m’opposer sera le bienvenu.
Le client d’EDF ou de tout autre fournisseur de courant électrique est soumis à une taxe, pudiquement appelée Contribution au service public de l’électricité (CSPE).
Cette contribution est destinée à compenser des surcoûts liés au service public.
Il s’agit pour l’essentiel des surcoûts liés aux dispositifs de soutien aux énergies renouvelables, des surcoûts de production dans les DOM, à
Mayotte, en Corse et dans les îles bretonnes, mais aussi de divers surcoûts dont, dans une très faible mesure, ceux résultant de tarifs spéciaux consentis aux pauvres.
Pour ce qui est des DOM, de la Corse et des autres îles,
dites zones non interconnectées, dans lesquelles le coût de production de l’électricité est plus élevé que la moyenne nationale, cette compensation est la manifestation d’une solidarité
nationale. Il en est de même pour les tarifs préférentiels accordés aux pauvres.
La CSPE est aussi destinée à couvrir les surcoûts résultant de l’obligation d’achat, par EDF ou les distributeurs non
nationalisés, de l’électricité produite par certains types d’installations (éoliennes, photovoltaïque, cogénération…)
La CSPE est fixée chaque année par arrêté ministériel, sur proposition de la Commission de Régulation de l’Énergie, en fonction d’une estimation pour ladite année du
montant total des charges de service public et d’une estimation de l’assiette de consommation soumise à contribution.
Elle fait l’objet d’ajustements a posteriori en fonction des charges et de la consommation réellement constatées. Chaque année cette contribution prend donc en compte une prévision pour l’année
et une régularisation du passé.
La Commission de Régulation de
l’Énergie a évalué que la contribution au service public de l’électricité nécessaire pour financer les charges prévisionnelles pour 2012 s’élève à 4,3 miliards d’Euros, soit 11,3 €/MWh, ce
qui représente environ 9 % de la facture moyenne TTC*.
Le coût lié à l’achat obligatoire de l’électricité produite par les énergies renouvelables compte pour 52 % du total** (32,3 % pour le seul photovoltaïque).
Le surcoût 2012 lié aux énergies renouvelables représente donc 4,7 % de la facture moyenne TTC !
(Et 3 % pour le seul photovoltaïque)
L’augmentation de la charge de service public, prévisionnel 2012/constaté 2010, est de + 60 % pour le total, de + 290 % pour les
seules énergies renouvelables et de + 610 % pour le seul photovoltaïque !
Avec les données collectées dans les documents cités, j’ai calculé qu’en 2012, le prix d’achat du kWh photovoltaïque revient environ huit à neuf fois plus cher que le kWh ordinaire
!
La Commission de Régulation de l’Energie estime d’ailleurs que l’augmentation de 60 % des charges prévisionnelles au titre de 2012 par rapport aux charges constatées au titre de 2010,
est due notamment à un très fort développement des installations photovoltaïques et, dans une moindre mesure, éoliennes.
A qui dit-on merci, en ces temps de crise économique et de rigueur ?
Merci qui ?
Merci l'écologisme !
* En y ajoutant les régularisations sur le passé, la charge de service public se monte à 5,2 milliards d’Euros, soit 11 % de la facture TTC ! Ce montant pour une année seule peut être comparé aux
dix milliards d’Euros d’investissements annoncés pour la sécurisation des centrales nucléaires.
** Zones non interconnectées : 28, 5 %. Dispositions sociales : 2,3 %
Pour en savoir plus
La CRE et les charges de service public de
l’électricité en 2012
Peu de responsables politiques, même de niveau local, ignorent ce problème de rachat à prix d'or de l'électricité produite par des installations photo-voltaïques privées, et par les éoliennes rassemblées en "fermes", que beaucoup de communes avisées ont permis d'installer sur leur territoire (à la campagne, le territoire des communes est assez vaste pour laisser de la place à des éoliennes, sans trop de nuisances). Le prix payé pour la production solaire a suffisamment baissé pour que les producteurs lésés avec un "b" fassent la moue, pour mettre en faillite des installateurs, et calmer les innombrables démarcheurs téléphoniques aux heures de repas. Pour l'éolien, après une période de "digestion" et d'adaptation parfois retardée des réseaux ERDF à la disponibilité de nouvelles fermes, de nouveaux projets prennent forme, plus calmement. Les écologistes ont la particularité d'être à la fois "pour", et "contre". Pour ...les voisins, contre...chez eux. Cela crée une certaine neutralisation, et le ralentissement qui en résulte. La pression des écologistes urbains se base sur la baisse à long terme du prix de revient des énergies renouvelables, et, surtout, sur l'accoutumance des français à payer plus cher leur énergie et à réduire leur consommation. Au fond, pour eux, l'énergie renouvelable doit d'abord "amuser la galerie", puis sérieusement, s'attaquer aux besoins créés par la "société de consommation". La nostalgie de la lampe à huile et de la marine à voiles a adapté son vocabulaire!
Selon vous:
"Le surcoût 2012 lié aux énergies renouvelables représente donc 4,7 % de la facture moyenne TTC !
(Et 3 % pour le seul photovoltaïque)"
Es ce si dramatique que cela?
Le photovoltaique et l'éolien même si en apparence coûte plus cher, ne seront jamais une charge( entretien,mise en norme,réparation) pour EDF puisque les centrales sont privés.
En clair, oui ces énergies vont coûter aux contribuables,mais sans mauvaises surprises!!!
Bien à vous
Mardi dernier je suis tombée sur une émission de télé-réalité, sur France 2, intitulée " Une semaine sans électricité " : coupure d'électricité le soir à la tombée de la nuit. On y a vu des volontaires ressortir vieux bougeoirs et autres lanternes, bassines et lessiveuses ( pr chauffer l'eau sur une antique cuisinière à bois ou à gaz...tiens, ça existe encore ?! ), et j'en passe. Les enfants ont eu droit au conte d'endormissement ( comme si, avec l'électricité, cette pratique était impossible ! ). L'expérience se déroule à Cabris dans les Alpes Maritimes, ça râle un peu, mais globalement "tout le monde il est content".
Ben oui, on peut vivre avec très peu et même dans le dénuement, et puis que ne ferait-on pas pour se mettre au chevet de la planète n'est-ce pas..?.L'essentiel étant d'avoir la foi ; en l'occurence, une foi bien verte...et, accessoirement, un estomac qui ne craint pas le végétarisme sans huile sans sel ni sucre...
p.s. j'ignorais les causes exactes de ces augmentations du coût de l'électricité mais, évidemment, ça sentait très fort la soupe écologique. Maintenant j'en ai les preuves ; merci, L.
Je vous cite : « globalement "tout le monde il est content" »
… de participer, pour les volontaires. En effet, pourquoi pas ?
Toutefois, cette expérience est-elle vraiment utile ?
Ces "idiots utiles" seraient-ils maintenant partants pour maintenir, sur leur lancée et pendant longtemps, ce mode de vie rétrograde, punitif, auto-flagellant (masochiste quoi…) et anti-humaniste ?
Contrairement à ce que disent vos interlocuteurs, ce n'est pas EDF qui fixe le prix d'achat de l’électricité d'origine photovoltaïque, mais l’État.
Les prix étaient fixés à un niveau très incitatif (le Grenelle de l’Environnement à joué un rôle important en la matière, mais je n'ai pas réussi à savoir précisément lequel). En octobre 2010 face à l'envolée des dépenses, l’État à commencé à baisser le prix de rachat. Puis le 2 décembre 2010 il a suspendu l'obligation de rachat par EDF de certaines installations (cette suspension ne concerne pas les petites installations, ce qui explique que vous puissiez recevoir, encore aujourd'hui, des coups de téléphone de prospecteurs cherchant à vous fourguer une installation photovoltaïque). Mais les projets d'équipements agréés avant cette suspension ont fait l’objet de réalisations ultérieures, ce qui a pesé sur l'évolution de la compensation évaluée pour 2011 et 2012.
Ah, oui, j'ai oublié. il va de soit que si EDF a besoin d'une compensation pour l'achat d'électricité d'origine photovoltaïque, c'est qu'il ne fait pas de bénéfice sur les producteurs, ni petits, ni gros. C'est plutôt les producteurs qui se font du beurre sur le dos des consommateurs appelés à payer la taxe-contribution au service public.
L'émission " une semaine sans électricité" pue la fameuse décroissance ; et, je peux vous dire que certaines personnes mettent en pratique, par exemple, le genre de vie "unwashed", et autres géniales trouvailles .
Je voudrais compléter votre très intéressant papier par quelques remarques. Il est en effet intéressant de comparer le surcoût du aux énergies "nouvelles" au montant de notre facture comme vous le faites, mais il est encore plus intéressant de rapporter ces coûts à l'énergie effectivement produite.
En 2010, la production photo-voltaïque a été de 572 GWh à comparer à une production globale de 550 000 GWh, soit un peu plus d'un millième. En 2012, la part du photovoltaïque devrait monter à 3025 GWh (prévision de la CRE), soit environ 5 millièmes de la production totale. Pour contrebalancer les surcoûts correspondant à cette filière, la CRE estime la charge à 4 €/MWh en 2012.
Dans le même temps, la CRE nous indique que le prix de gros est d'environ 47,9 €/MWh en 2010. Supposons qu'il soit de 50 €/MWh en 2012. Celà signifie que le consommateur va payer un surcout de 4 / 50 = 8% de sa facture pour 0,5% de son électricité (ou que l'électricité photovoltaîque nous revient à 17 fois le prix normal !).
Que l'on construise quelques unités expérimentales pour tester ces "nouvelles" technologies, je veux bien, mais que l'on investisse aussi massivement dans une filière aussi peu efficace, je trouve cela totalement indéfendable. Quant aux prétendus "emplois créés" pour obtenir si peu de résultats, c'est autant qui aurait pu être dépensé plus intelligemment pour payer des enseignants, des maçons pour construire des logements sociaux, du personnel pour les maisons de retraite, etc. (avec les 1500 M€/an de la CSPE "photovoltaïque", on pourrait payer 30 000 personnes à 50 k€ par an charges comprises, et cette contribution va encore augmenter !).
Papijo
NB1: Pour ceux qui pourraient s'étonner de ces attaques contre l'"énergie photovoltaïque", c'est tout simplement que j'ai passé une bonne partie de ma carrière à mettre en place des filières beaucoup moins subventionnées (de l'ordre d'une dizaine de %), mais qui produisent des MW même la nuit et les jours sans vent, notamment dans l'incinération des déchets et que j'ai vu toutes les "sources d'énergie gratuites" gaspillées car "pas assez vertes" aux yeux des agences telles que l'ADEME. Les unités d'incinération d'OM anciennes ne sont parfois pas équipées de turbines de production d'électricité, ou bien ont des machines obsolètes aux rendements déplorables, les unités d'incinération de déchets industriels ne bénéficient pas de l'obligation d'achat et donc envoient allègrement leurs calories aux petits oiseaux, très peu de production d'électricité dans l'industrie (seules les cogénérations avec biomasse sont subventionnables à l'heure actuelle).
NB2: En plus des liens que vous donnez, j'ai utilisé les données suivantes de RTE et de la CRE:
http://www.cre.fr/documents/deliberations/proposition/cspe-et-contribution-unitaire-2012/annexe-1-charges-previsionnelles-au-titre-de-l-annee-2012-cp-12
http://www.rte-france.com/uploads/Mediatheque_docs/vie_systeme/annuelles/Statistiques_energie_electrique/statistiques_annuelles_2010.pdf
Il y a quelque temps, j'échangeai quelques mots avec l'un de mes "mendiants attitrés" (je préfère donner aux associations, pour l'accompagnement, mais quand on voit régulièrement les mêmes, le contact finit par s'établir).
Ce mendiant, donc, n'est pas SDF, car il m'a confié que l'électricité lui avait été coupée. Qu'on se rassure, elle lui a été rétablie depuis.
Je me suis alors fait la réflexion suivante: vous avez les moyens d'investir dans le photo voltaïque, vous allez donc vous enrichir en revendant votre surplus de production à EDF à un tarif supérieur au tarif normal. Mais vous le faites au détriment des autres usagers, y compris les plus démunis.
Je ne suis pas certain que les pauvres bénéficiant des tarifs préférentiels soient soumis à la Contribution au service public de l'électricité. Cependant, vous n'avez pas tort, car les pauvres sont difficilement en mesure de connaître et de faire valoir leurs droits.
Bien à vous.