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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 15:58

 

 

 

agriculteurJe me souviens de cet agriculteur bourguignon qui croyait en son métier et avait consacré sa vie à mener son exploitation sur les chemins du progrès. Je me souviens qu’à l’âge de dix ans, pendant la guerre, il avait été traité d’affameur. Je me souviens que, soixante ans ayant passé, il en avait encore des sanglots dans la voix.

 

  

usineJe me souviens de l’air catastrophé de Claire Chazal annonçant la fermeture définitive de l’usine AZF de Toulouse, fermeture contre laquelle des salariés avaient manifesté. Je me souviens de n’avoir pas douté qu’une décision de maintenir l’usine en activité, contre laquelle auraient manifesté des habitants inquiets, aurait été présentée sur le même ton accablé.

 

 

 

agricultureJe me souviens d’Albert Jacquard prétendant que la guerre avait été inventée avec l’agriculture, avant laquelle il n’y avait pas de possessions à défendre ou à conquérir. Je me souviens que Monsieur Jacquard est un grand enfant, son jeune âge l’a sans doute empêché d’entendre parler des guerres menées pour le contrôle des territoires de chasse.

 

 

 

NON (2)Je me souviens que Bernard Oudin a écrit en 1996 :

    En une vingtaine d’années, le mouvement écologiste est devenu un gigantesque lobby, qui s’est ingénié à décourager l’initiative, à réfréner l’imagination, à empêcher ou retarder les projets. Bref une formidable machine à dire non.

    Non à quoi ? La réponse tient en un seul mot : non à tout.

 

 

Le Bon MarchéJe me souviens d’un type d’Attac Lorraine déclarant : « Si on entend par mondialisation la généralisation de notre mode de consommation à l’ensemble de la planète, alors là, c’est clair, à Attac nous sommes contre ! » Je me souviens qu’en somme ce type nous a dit : « Que les pauvres du monde restent pauvres. Il n’y a aucune raison qu’ils deviennent aussi riches que nous, en tout cas je suis contre ! »

 

 

TER

 

 

Je me souviens qu’Antoine Waechter a déclaré un jour que, s’il y avait eu des écologistes au XIXe siècle, ils se seraient opposés au chemin de fer.

 

 

  

 

 

TGVJe me souviens qu’il y a déjà plusieurs années Antoine Waechter a déclaré : « Si l’on veut préserver l’avenir de la planète, il faut une croissance zéro. Si l’ont veut que cette croissance zéro soit effective et que les pays pauvres puissent avoir une croissance, il faut que les pays riches acceptent une croissance négative ». Je me souviens qu’à cette époque Monsieur Waechter était tenu pour réactionnaire par ses concurrents en écologisme. Je me souviens qu’aujourd’hui des écolos se prétendant à la pointe du progressisme ne tarissent pas d’éloges sur la décroissance. Je me souviens donc que Monsieur Waechter n’était pas un réactionnaire, mais un précurseur.

 

 

 

Michel Foucault

 

Je me souviens que Michel Foucault a apporté son soutien à la révolution iranienne des ayatollahs parce qu’elle était proche des pauvres. Je me souviens que les mollahs se sont soulevés contre le Shah parce que celui-ci avait entrepris une réforme agraire qui aurait dépouillé le clergé iranien des terres qu’il possède en grande quantité.

  

 

Sans-titre---4.jpgJe me souviens d’un article du journal Libération jugeant que la réforme accordant l’autonomie de gestion aux musées nationaux relevait d’un libéralisme tempéré et qu’elle était frappée au coin du bon sens. Je me souviens qu’avoir vu Libération défendre ainsi le libéralisme au nom du bon sens ne manquait pas de sel !

  

 

 

Pearl Harbor

 

Je me souviens d’une philosophe contestant que la guerre en Afghanistan fût une guerre, au motif que l’Afghanistan n’avait pas déclaré la guerre. Je me souviens qu’à Pearl-Harbor le Japon n’a pas déclaré la guerre non plus.

 

 

 

 

À suivre...

 

 

 

je me souviens  

 

 

 

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Published by Laurent Berthod - dans Progrès
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commentaires

JMK (the true one) 01/06/2010 14:54


Dear Virginia,
Notre royaume des ombres manque d’une autorité de régulation des esprits. C’est comme aujourd’hui sur l’internet des mortels : n’importe qui peut prendre l’identité de n’importe qui.
Un usurpateur qui vous écrit sous mon nom voudrait faire croire que je n’aimais pas l’inflation : je n’ai pourtant cessé de penser que l’inflation, à dose raisonnable, outre ses vertus
fluidifiantes, est un élégant moyen de sauver de la faillite ou de la misère tous ceux, entrepreneurs, ouvriers, agriculteurs, Etats souverains, qui s’endettent auprès des rentiers, et
d’euthanasier les rentiers, cette espèce inutile et parasitaire déjà dénoncée par nombre de mes prédécesseurs – et que le pire des maux, même à dose infime, c’est la déflation qui enrichit les
rentiers et appauvrit tous ceux qui sont utile à la prospérité d’une nation et à sa paix sociale. Sans doute, quelques pays peuvent-ils momentanément, et grâce à leur balance commerciale
excédentaire, s’offrir le luxe d’une croissance sans inflation : mais c’est toujours au détriment des pays qui sont leurs clients, et il ne peut en résulter que de dangereuses tensions
internationales.
L’usurpateur est-il un rentier que j’ai contribué à euthanasier pendant les trente glorieuses ou un exportateur chinois bien vivant doublé d’un rentier qui prête son argent aux américains ?
With love,
JMK


John Meynards Keynes 31/05/2010 21:12


Bien sûr l'inflation... "L'inflation, l'inflation, vous dis-je !"

Monsieur Poquelin n'a certainement pas lu le conseil que j'ai donné à Virginia Woolf. Il se serait rendu compte, en examinant les taux d'inflation et de croissance de la Chine et du Brésil, que le
dogme c'est que l'inflation serait indispensable à la croissance.

La Grèce n'est pas victime du FMI mais de sa propre impéritie, de sa gabegie et de sa corruption. Les pays qui ont été aidés dans le passé par le FMI n'en ont pas été victimes. Celui-ci a aidé
leurs gouvernants à faire face à leur opinion publique pour mettre de l'ordre dans les finances publiques, dans l'État et dans l'économie. Après quoi les peuples de ces pays s'en sont sentis
beaucoup mieux.

Je suis attristé de voire qu'on utilise trop souvent mon œuvre pour justifier la démagogie et les turpitudes de politiciens en manque de courage.


William Poquelin 31/05/2010 15:29


Bien sûr le curseur… « Le curseur, le curseur vous dis-je ! »
Pour doser l’aspirine dans le sang, ou l’huile dans le moteur, on a besoin d’un curseur, mais pour refuser la saignée, on n’en a pas besoin : le curseur de la saignée doit être sur zéro.
La question du curseur ne doit pas occulter celle du dogme. Le dogme monétariste, c’est que l’inflation est par nature mauvaise, et qu’il vaut mieux courir le risque de la déflation que celui de
l’inflation. Et c’est ce dogme qui conduit à saigner la Grèce, après bien d’autres victimes du FMI, avant bientôt l’Espagne et le Portugal et peut-être la France.
Je me souviens de la promesse de campagne de Sarkozy : augmenter le pouvoir d’achat. Alors, pour tenir sa promesse, ou faire semblant de la tenir, sans augmenter les salaires, il a essayé de faire
baisser les prix dans les supermarchés : c’était bien une démarche déflationniste, même si pendant ce temps les prix du gaz, de l’électricité et du métro continuaient d’augmenter, sans parler des
loyers. Heureusement, il n’a pas réussi : car ce qu’il faut faire avec la grande distribution, ce n’est pas baisser les prix, mais baisser les marges, pour augmenter le revenu des agriculteurs,
sans prélever sur celui des autres travailleurs – et malheureusement, il n’a pas réussi non plus à comprimer les marges, parce que « les marchés ont toujours raison », et qu’il faut tenir le cours
des actions Carrefour et Casino… « Les marchés, les marchés, vous dis-je ! »
Je me souviens du FMI du temps du Dr Camdessus–Diafoirus, mais je me souviens que l’enseignement du professeur DSK à Dauphine n’était pas monétariste, que la gestion du ministre DSK ne le fut pas
non plus, et qu’il n’y a pas longtemps, un haut fonctionnaire du FMI proposait de placer le curseur de l’inflation à 4% : donc "le pire n’est pas toujours sûr".


John Maynard Keynes 29/05/2010 23:55


En matière d'inflation il en est comme en matière de déficit et d'endettement, tout dépend des circonstances et la question essentielle est de savoir où positionner le curseur. Trop bas il
défavorise la croissance. Trop haut il devient un poison qui peut s'avérer très violent, il y a de nombreux exemples historiques à cela.

Mes correspondants qui ne gisent pas encore comme moi sous terre suggèrent d'examiner les taux d'inflation et la croissance de la Chine et du Brésil ces derniers temps.


Virginia Woolf 27/05/2010 11:35


Dear JMK,
Vos amis de Bloomsbury vous ont assez fréquenté pour ne vous avoir jamais confondu avec un adepte du déficit permanent.
Certes, en économie, la question du curseur est importante, comme en médecine celle du dosage du remède. Mais, comme en médecine, il est sûr aussi que la saignée ne guérit pas le malade : il peut
en mourir, et il ne meurt même pas guéri.
Nous n’avons pas oublié que vous avez toujours préféré euthanasier les rentiers par l’inflation, qui fluidifie l’économie et allège les dettes publiques et privées, plutôt que saigner les
travailleurs par le sous-emploi qui génère la décroissance et la misère.
La vieille Europe ne retrouvera pas la croissance si elle ne renonce pas au paradigme monétariste et à la religion du divin marché. La religion de la nature et celle du marché sont nées à la même
époque : Rousseau est le contemporain d’Adam Smith. Aujourd’hui, elles convergent pour refuser aux pauvres le droit de sortir de la pauvreté, au nom du respect des « lois naturelles ».
Best regards and love,


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