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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 00:03

 

Une pétition signée à cette date par plus de 500 chercheurs français a été adressée à Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, au président de l'Académie des sciences et à divers responsables d'organismes ou d'instances scientifiques. Par cette pétition les signataires se plaignent du dénigrement de leurs travaux par Claude Allègre et Vincent Courtillot et sollicitent le soutien des destinataires.

Le présent article est inhabituel pour mon blog. Il présente au lecteur l'intégralité de deux textes qui ne sont pas de ma plume : la lettre ouverte-pétition, publiée dans plusieurs journaux et en ligne sur Internet, qui a un caractère public indéniable, et la lettre ouverte que Benoît Rittaud adresse en réponse à ses collègues et qu'il a publié sur son blog, après qu'il m'y ait autorisé.

Je pense que ces deux textes éclaireront le lecteur sur la controverse en cours dans la presse et dans les media.

À la fin du présent article je donnerai les liens vers les sites originaux qui ont mis ces deux textes en ligne, un lien vers une interview sous forme audio de Vincent Courtillot, et je dirai un mot du documentaire sur les travaux d'Henrik Svensmark qu'Arte a diffusé ce vendredi soir.

 

La lettre-ouverte pétition

Destinataires :

img006Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN)
M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ces ouvrages n'auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu'à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.

Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.

Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS)

 

La lettre ouverte en réponse à ses collègues de Benoît Rittaud.

Sans titre - 1

 

Lettre ouverte aux signataires de l’appel « Éthique scientifique et sciences du climat »

Messieurs les Académiciens,
Mesdames et messieurs les directeurs de centres de recherches,
Chers collègues,

 

 

 

Vous êtes à présent environ cinq cents à avoir signé cette pétition dont l’objet est d’obtenir une mise à l’index des livres de Claude Allègre et Vincent Courtillot de la part de vos ministres et organismes de tutelle. Vous invoquez pour cela le « pacte moral » qui lie les scientifiques à la société, et vous vous indignez d’accusations d’impostures, qui constituent pour vous une insulte à votre intégrité.

Le débat qui nous agite autour du climat est un débat fondamental, car de la manière dont la société décidera de le trancher pourrait découler une modification profonde de notre organisation sociale. La rigueur scientifique y est donc plus que jamais indispensable, et vous avez raison de parler de pacte moral entre la science et la société. L’un des éléments les plus essentiels de ce pacte est la stricte séparation entre le travail scientifique et la parole politique. Comme l’histoire des sciences le montre aisément, et comme l’avait déjà compris Max Weber, le mélange entre science et politique conduit immanquablement à un affaiblissement de la première. Personne parmi vous, sans doute, ne souhaite voir se répéter les errements auxquels a parfois conduit un tel mélange.
C’est pourtant à cela que, de manière sûrement involontaire, votre initiative conduit inévitablement. Votre pétition, en effet, demande expressément une réaction des structures référentes de la recherche publique. Qui donc, parmi vous, pense que l’honneur des scientifiques repose dans une prise de position que pourrait prendre un ministre sur la théorie scientifique que vous défendez ? À l’évidence, tout appui que vous pourriez recevoir sera logiquement interprété comme étant de nature partisane, ne faisant que refléter la réalité de jeux de pouvoir qui vous échappent. Où est donc la science dans tout cela ?

La forme de votre initiative est donc une double méprise. La première méprise consiste à demander au pouvoir politique de prendre parti contre des personnes ayant publié des livres. Cela s’apparente fort à une tentative d’entrave à la liberté d’expression. Plus grave encore, cette velléité de censure qui ne dit pas son nom s’appuie sur une invocation du « filtre standard des publications scientifiques », rapprochant ainsi de façon coupable les procédés de revue par les pairs d’une censure légale.
Comment a-t-il pu vous échapper que les éditions Plon, qui publient le livre de Claude Allègre, aussi bien que les éditions Odile Jacob, qui publient celui de Vincent Courtillot, ne sont pas, n’ont jamais été, et n’ont pas à être soumis au processus de revue par les pairs ? Ces deux éditeurs ont leur propre politique éditoriale, qu’ils délimitent de la manière qu’ils veulent. Ils n’ont en aucune manière à rendre des comptes au CNRS, au ministère de la Recherche, ou à n’importe quelle autre structure institutionnelle. Ces dernières n’ont pas davantage à donner leur avis dessus, sollicité ou non.
Bien sûr, la liberté d’expression n’est pas absolue, et un cadre existe pour en délimiter les contours. C’est cela qui amène à votre seconde méprise : avoir ignoré le rôle de la justice. Celui qui estime être l’objet d’une diffamation peut demander réparation à la justice, seule habilitée à trancher ce type de litige. Si celle-ci n’a certes pas pour rôle de trancher un débat scientifique, elle a en revanche celui de déterminer si telle ou telle déclaration a un caractère infamant. Il existe des cadres pour régler certains différents ou infractions à la loi, des espaces pour débattre (les médias) mais il n’existe heureusement plus un quelconque « droit divin » en vertu duquel on pourrait sanctionner pour délit d’opinion.

En dévoyant le sens du processus de relecture par les pairs, aussi bien qu’en soumettant votre travail à l’imprimatur de structures politiques, vous ne réalisez sans doute pas la portée de votre geste. Votre assaut dérisoire se fait au prix d’un précédent extrêmement dangereux, qui fragilise la science dans son ensemble et va contribuer à affaiblir plus particulièrement la climatologie. Nous touchons là à des idées qui vont bien au-delà du seul débat sur le climat : la place de la science, la liberté d’opinion.
Ainsi, vous avez fait un pas de trop. S’il est parfaitement légitime de votre part de vouloir défendre la justesse de votre cause et la rigueur de vos travaux, en aucun cas tout cela ne peut justifier un appel à la censure et à l’arbitraire. Il n’y a pas de science officielle dans ce pays, fut-elle publique. En invoquer une ne peut qu’accroître le doute et la confusion. La légitimité des travaux menés en climatologie passe par d’autres voies que la désignation à la vindicte de boucs émissaires, et il nous revient à tous de faire en sorte que ne s’éteigne pas une certaine idée de la science.

Benoît Rittaud.

 

Lire la lettre pétition sur son site d'origine.

Lire la lettre de Benoît Rittaud sur son Blog

Interview de Vincent Courtillot sur RTL (6' 15")

 

HenrikSvensmark

 

Le documentaire diffusé par Arte ce vendredi 2 avril sur les travaux du danois Henrik Svensmark est, malgré quelques défauts de traduction, remarquable. Aurait-il pu être diffusé il y a seulement quelques mois, avant le climategate et les éclats de voix de Claude Allègre ? Les thèses d'Henrik Senvsmark sont résumées dans mon article Climatologie politiquement incorrecte . Un bref entretien avec Henrik Svensmark en suivant ce lien

 

 

 

Dans ce documentaire Henrik Svensmark indique le refus de publication injustifié qu'il a subi a plusieurs reprises de la part de revues scientifiques à comité de lecture, pratique dénoncée par Richard Lindzen, dont j'ai parlé dans mon article Réchauffement climatique : la science sacrifiée sur l’autel de la pensée unique

 

Et puis, cerise sur le gâteau, un éditorial très raisonnable de Laurent Joffrin, dans Libération. Sylvestre Huet devrait lire les éditoriaux de son patron avant de jeter ses articles fielleux sur la toile !

 

Le-proc-s.jpgLe titre que j'ai donné au présent article vient de ce que 500 scientifiques, qui devraient être les héritiers de la tradition maintenant multiséculaire qui revendique l'indépendance de la science vis-à-vis de tous les pouvoirs, politiques ou religieux, et qui font cependant appel à leur ministre de tutelle pour les défendre contre leurs contradicteurs, me font penser à Galilée qui demanderait au Saint-Office de le défendre contre les critiques de ses collègues. (Il y a cependant deux différences de taille à cette comparaison : sur le plan scientifique Galilée avait raison, ce qui est rien moins que certain pour ces quelques chercheurs, et Valérie Pécresse s'est refusée à jouer le rôle de censeur).

 

Le présent article est plus long, moins illustré et sûrement plus ardu que ce à quoi je m'essaye d'habitude, mais j'espère qu'en donnant les éléments essentiels de la controverse il aura néanmoins aidé les lecteurs à décrypter une chaude actualité !

  

Sans-titre---6.jpg

 

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Published by Laurent Berthod - dans Climat
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commentaires

MON810 05/05/2010 16:10


Oui, enfin, quand on vit longtemps au-dessus de ses moyens et qu'on est très endetté, il faut bien finir un jour par ajuster ses dépenses à ses ressources.

Pour avoir rappelé cette vérité très simple, Madame Thatcher a été vilipendée et traitée d'épicière par "l'intelligentsia" française. Mais, en vérité, les épiciers sont bien meilleurs économistes
que Monsieur Stiglitz.


Bloomsbury 05/05/2010 15:50


Avez-vous remarqué que, depuis quelques temps, le GIEC s'occupe aussi de bien d'autres choses que le climat : les retraites, la Grèce, etc.
Sur les retraites, le GIEC a créé une sous-commission qui s'appelle le COR, et qui a pour mission de créer la panique chez les français afin de leur faire accepter une décroissance douce de leurs
salaires et de leurs pensions. Pour la Grèce, même pas besoin de sous-commission, tout le monde s'y met, de l'eurogroupe au FMI, pour imposer à ce malheureux pays une décroissance bien plus brutale
: carrément la politique de Laval en 1935. On croyait pourtant que le FMI, dirigé par DSK, avait abandonné la politique de la saignée qui avait conduit bien des pays à mourir guéris...


Serge Le Doaré 11/04/2010 12:54


À découvrir sur Marianne, le point de vue de Axel Kahn :" La pétition contre les climato-sceptique est infantile"/
http://www.marianne2.fr/Axel-Kahn-la-petition-contre-les-climato-sceptiques-est-infantile_a190144.html


Laurent Berthod 11/04/2010 13:07



Oui, cette interview est très intéressante. Voic donc le lien pour y accéder directement.



jean 06/04/2010 21:35


Bonjour à tous,

Créationnistes et climatosceptiques: SI C'EST V!RAI!
Du moins d'après le New York Times, lire:
Darwin Foes Add Warming to Targets
By LESLIE KAUFMAN
Published: March 3, 2010

Qu'est-ce qu'on fait?

Pour les pétitions, expliquez-moi svp:

Laurent, tu avais mis en avant celle de l'Oregon avec 36 000 signatures adressées aux politiques pour dénier le réchauffement climatique et ici, ils demandent juste un débat. Pourquoi celle la
n'est pas bonne?

En plus, je suis allé sur le site de la pétition de l'Orégon: il n'y a que 36 climatologues à l'avoir signé! le reste n'a rien à voir: plus de 10 000 ingénieurs en technologie etc, etc.

Elle a été piratée?
pourtant le lien part de ton site.


Laurent Berthod 07/04/2010 17:25



Bonjour,


Je n'ai pas lu l'article du NYT. Je ne sais donc pas si ma réponse sera pertinente ou si je serai à côté de la plaque. Il est vrai qu'aux
États-Unis des créationnistes ont enfourché le cheval du climatoscepticisme. Ce n'est pas une raison suffisante pour penser que les sceptiques sont dans l'erreur. Comme avait dit une fois
Claude Allègre, quand Le Pen dira que la mer est salée, pour ne pas être traité de lepeniste, faudra-t-il nier qu'elle l'est ?


Je ne me souviens pas que la pétition de l'Oregon ait appelé au lynchage politique ou médiatique de collègues nommément désignés. C'est peut-être ça le problème de la pétition
Masson-Delmotte.


Je ne sais pas où vous avez lu qu'il n'y avait que 31 climatologue signataires de la pétition de l'Oregon, mais vous l'avez certainement lu. Que veut dire climatologue ? Jouzel n'est pas un
climatologue mais un chimiste qui s'est spécialisé dans la paléoglaciologie. Le Treut n'est pas un climatologue, mais un modélisateur. Des climatologues dans toutes cette affaire je n'en connais
pas beaucoup, peut-être seulement Richard Lindzen, sceptique, et Mojib Latif, gieciste. Y en a-t-il beaucoup d'autres ?


Par ailleurs, j'ai fréquemment remarqué la perspicacité des ingénieurs à mettre en doute de façon raisonnable les théories scientifiques récentes. Ils sont chargés de les mettre en pratique
et ils ne peuvent pas se permettre que leur pont s'effondre ou que leur navette explose, ce qui arrive néanmoins. Cela les conduit à examiner les thèses des chercheurs avec une
grande prudence et un regard critique sans lunettes déformantes. Les chercheurs, eux, pour faire avancer la science, doivent émettre et tester des hypothèses et publier des résultats et
leur interprétation, même encore quelque peu incertaine, pour les soumettre à la critique de leurs collègues. C'est cette mise sur la place publique et la discussion des résultats et de
leur interprétation qui fait avancer la science. Se réclamer d'un consensus et d'une unanimité dans une "science" aussi jeune que celle du "climat global" ne relève pas de la science mais de
la politique, celle des Onucrates, des militants et des ONG, ou plutôt des OND (Organisations Non Démocratiques).


Merci pour votre contribution.


  



ChanteurDeCharme 06/04/2010 10:07


Le plus drôle (si l'on ose dire), c'est l'acharnement de certains journalistes, dont Deborah McKenzie dans le NS, mais aussi d'autres et notamment dans Le Monde, à rapprocher les tactiques des
climato-sceptiques de celles des néo-créationnistes... "Ce sont les mêmes", l'extrême droite religieuse etc. Cette pétition tombe à pic pour démontrer d'où vient la manipulation ! Et merci à
"Véronique" d'avoir publié ces textes terribles.


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