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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 00:59

 

 

Darwin (3)

 

  

Charles Darwin a émis l’hypothèse que l’évolution des espèces résulte de mutations – autrement dit, comme on l'a compris plus tard, de modifications de gènes ou d’arrangements de gènes – intervenues de façon aléatoire et sélectionnées ultérieurement parce qu’elles rendent les individus qui les portent plus aptes à assurer leur descendance.

 



 

 

 

Darwin (6)

 

Cette théorie a été largement, bien qu’incomplètement, validée par les développements ultérieurs de la science. Qu’il y ait des mutations est une certitude. Les mécanismes selon lesquels elles sont sélectionnées dans la nature font encore l’objet de controverses.

  



 

Lion

 

Toutes les espèces, sauvages ou domestiques, toutes les variétés végétales et toutes les races animales, aujourd’hui présentes sur terre, sont donc issues, d’une façon ou d’une autre, de mutations.

 

 

Dans la nature, une mutation peut provenir soit d’un accident purement aléatoire de réplication des gènes, soit des effets d’un rayonnement ionisant ou d’un produit chimique, qu’on dit alors mutagène.



araire en bois

 

La sélection, non plus naturelle, mais exercée par l’homme, visant à l’amélioration des végétaux et des races animales, est aussi vieille que l’agriculture et que l’élevage. Elle remonte donc à environ une dizaine de milliers d’années.

 

 

 

Pour simplifier, les techniques de la sélection reposent sur quelques principes simples.



blé

La sélection massale

Dans une récolte, on réserve pour le semis suivant les grains qui présentent les caractéristiques recherchées – grains plus gros, plus riches, plus secs, etc. – ou issus de plantes dont les caractéristiques sont recherchées – paille plus courte donc plus résistante à la verse, fruit plus sucré, plus gros, plus coloré, etc.

 

 



petits pois

  

Le croisement et l’hybridation visent à obtenir un produit mariant les qualités de deux parents, par exemple, rendement et résistance aux maladies, etc.

  



 

Ces deux techniques sélectionnent, sans bien savoir, les caractéristiques issues de mutations naturelles, intervenues au hasard et au fil des générations précédentes.



tournesolC’est pourquoi, en production végétale, les sélectionneurs ont entrepris, il y a une cinquantaine d’années déjà, de provoquer des mutations par radiations ionisantes ou par des substances chimiques mutagènes. Il s’agit d’accélérer le processus de mutation au hasard, puis de sélectionner, dans la mesure où on en a obtenu, les produits présentant les caractéristiques recherchées.



C’est la technique qu’on appelle mutagénèse.

  

 

légumes (8)

 

Aujourd’hui, on peut dire qu’il n’existe presque aucune semence, en agriculture conventionnelle ou en agriculture biologique, qui ne soit issue de la mutagénèse pratiquée sur une génération plus ou moins ancienne.

 

 

  

 

Astérix2

 

Il y a une autre technique d’amélioration des plantes, plus récente, couramment employée dans le monde entier, sauf au pays d’Astérix et dans un ou deux autres pays aussi réactionnaires : la transgénèse.

 

 

 

 De quoi s’agit-il ?

 

2 microscope, circa 1745-65

 

 

C’est une technique qui, dans ma jeunesse étudiante, il y a des lustres, était utilisée dans les laboratoires à des fins de recherche comme, par exemple, l’étude des phénomènes d’antibiorésistance. Aujourd’hui, depuis une quinzaine d’année seulement, elle est utilisée commercialement pour l’amélioration des végétaux.

 

 

 

 

Cette technique consiste à injecter, par des techniques de laboratoire assez sophistiquées, dans le génome d’une espèce, un gène d’une autre espèce, gène codant une caractéristique recherchée.

 

Pyrale du maïs

Par exemple, on injecte à des maïs le gène d’une bactérie dénommée Bacillus thuringiensis, qui code une protéine mortelle pour certains papillons. Les maïs ainsi modifiés sécrètent cette protéine et deviennent résistants à un de leurs principaux ravageurs, la chenille d’un papillon qui s’appelle la pyrale. C’est ainsi qu’on parle de maïs Bt (Bt pour Bacillus thuringiensis, c’est plus court !)

 



Pourquoi, dans la pratique, n’utilise-t-on la transgénèse que pour l’introduction d’un gène d’une espèce différente ? Parce qu’introduire dans une variété un gène d’une autre variété de la même espèce par les techniques classiques de croisement ou d’hybridation est moins coûteux.



 

Petit Larousse 2012

 

Dans la vie courante et dans les textes réglementaires, on réserve le mot OGM (organismes génétiquement modifiés), ou encore plantes GM, aux produits issus de la seule transgénèse. Pourquoi ? Parce qu’en science on essaye de donner un nom distinct à des processus ou à des techniques différentes et que cette distinction a été reprise par les juristes, qui s’essayent eux aussi à parler clairement, et que cela est passé dans le langage commun.

 

 

 

Bon, tout cela peut vous paraitre un peu compliqué.

 

Mais si vous avez compris que :

 

bonimenteurmutagénèse et transgénèse sont des techniques bien différentes, que la première est utilisée commercialement depuis cinquante ans, que beaucoup des produits d'origine végétale que vous mangez en sont issus, que la seconde n'est sur le marché que depuis quinze ans et qu'elle a été diabolisée par les écologistes, qu’entre gens de bonne foi le mot OGM désigne uniquement des produits issus de cette dernière,

  

alors vous comprendrez facilement mon prochain article !

 

 

C'est tout pour aujourd'hui !

Suite au prochain numéro.

 



 

 

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Published by Laurent Berthod - dans OGM
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commentaires

Michel Julien 07/11/2011 02:48


Je ne vois pas le lien entre les modifications génétiques faites par l’intervention humaine qui ne sont pas possibles en milieu naturel avec l’évolution. De plus, dans la nature on n’a pas observé
de mutation bénéfique. Les mutations sont, soient mauvaises ou neutres.

Les sélections entre diverses races comme les chiens restent dans le cadre d’une même espèce et les éleveurs vous le diront il y a des limites.

La toxine (Bt-toxin) produite par le maïs génétiquement modifié, censé s’éliminer dans le tube digestif humain, a été retrouvé dans le sang de 93% des 30 femmes enceintes étudié, dans 80% de leur
enfant et dans 67% des 39 femmes non enceintes. Bt-toxin est un insecticide toxique qu’on retrouve aussi dans la viande d’animaux. (Étude de l’université de Sherbrooke 2011)

Aussi, les saumons d’Atlantique génétiquement modifié sont sujets au cancer. Des recherches de l’académie des sciences de Russie en 2005 sur des rats nouveau-nés qui ont été nourris par une mère
qui consommait du soya transgéniques rapportent que la moitié sont morts dans les 3 premières semaines. Le taux de mortalité est 6 fois plus que ceux nourris avec du soya naturel. Une étude
semblable par l’université italienne Urbino (2005) a également découvert du Bt-toxin dans le foie des souris. Une autre étude en a découvert dans les reins.

Les pinsons de Darwin

Les pinsons de Darwin des îles Galápagos qui à cause des variances de la taille de leurs becs, ont été considérées plus tard (non par Darwin) comme une preuve de l’évolution par la sélection
naturelle quoique ce ne sont pas des synonymes. On a observé le volume du bec de certains pinsons avait changés en période de sécheresse. Ils étaient mieux capables de se nourrir des graines
enveloppées dans une coquille très résistante qui avaient elles-mêmes mieux survécu à la sécheresse. Ce n’est pas un phénomène unique, on le trouve chez d’autres oiseaux. Cela n’explique pas
l’origine des espèces par la sélection naturelle, ces formes étaient potentiellement présentes dans la population originale, il n’y a pas de nouvelle information génétique. Ces changements sont
aussi réversibles après la sécheresse, aucune évolution n’a eu lieu.

Michel Julien


bob 04/10/2011 18:16


Je vous signale un autre lien (plus agronomique) sur ce maïs: http://www.inspection.gc.ca/francais/plaveg/bio/dd/dd0657f.shtml

Tant qu'à être dans les liens canadiens, voici une série de documentaires sur l'agriculture: http://video.telequebec.tv/video/8153

Les épisodes sur le bien être animal et sur l'endettement sont vraiment représentatifs de la situation au Québec.


Laurent Berthod 04/10/2011 22:17



Article sur les caractériqtiques agronomiques du maïs MON 88017 : cliquer ici.


Vidéos : cliquer ici.



bob 03/10/2011 19:26


J'ai hâte de la lire la suite ! Les mentalités sur les OGM doivent changer en Europe. Les politiques discutent encore du MON810 alors que le MON88017 (RR et BT) est déjà autorisé depuis quelques
années en amérique du nord (http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/gmf-agm/appro/nf-an124decdoc-fra.php).


Laurent Berthod 04/10/2011 09:20



Je mets donc le lien vers le très intéressant
article que vous signalez.


Je suis dans une période de déplacements qui se prolonge plus que prévu. Je n'ai donc ni le temps ni la disponibilité d'esprit permettant de tourner sept fois la souris dans ma main avant
d'écrire, afin d'éviter d'émettre des sottises ou du mauvais français. Je pense donc que la suite est pour la semaine prochaine seulement. Quel suspens insupportable !


Merci de votre intérêt.



charlotte 29/09/2011 14:52


Lu ( entre autres ), ce matin, dans mon journal local ,au sujet des faucheurs volontaires de Colmar, cette phrase : " Nous avons transgressé des lois. Mais les semences transgressent aussi des
lois, les lois universelles de la fraternité." Bon, je ne suis pas cette affaire de très près...et je pense n'avoir rien compris à cette déclaration...Une vidéo que j'ai regardée ne m'a guère plus
éclairée...?
http://colmar.dna.fr/


Laurent Berthod 25/09/2011 21:39


Merci. Rien ne pouvait me faire plus plaisir que d'être utile à un enseignant.

Bien à vous.


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