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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:00

 

CapturerLe 29 avril 2010, soit précisément, à quelques jours près, il y a deux ans, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) remettait à la présidence du Sénat et à la présidence de l’Assemblée Nationale un rapport intitulé Pesticides et santé.


Ce rapport qui faisait le point sur les connaissances scientifiques sur les pesticides et la santé ne pouvait bien évidemment pas satisfaire les préjugés et les idées préconçues des écologistes.


Le Luxembourg
Depuis lors la majorité du Sénat est passée à gauche. Il a bien fallu donner quelques satisfactions aux dix sénateurs écologistes qui n’auraient pourtant jamais été élus à cette magistrature si le PS ne la leur avait offerte.




bonnefoy nicole - Copie
Aussi la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy a-t-elle eu l’idée de lancer une « mission commune d’information portant sur les pesticides et leur impact sur la santé et l’environnement ».


Bon, reconnaissons qu’aux relations entre la santé et les pesticides, déjà traitées par l’Opecst, cette mission a ajouté la problématique environnementale.

La mission, qui devrait durer six mois, procède à des auditions et des visites sur le terrain.

Axe environnement3La mission entend Monsieur Émeric Oudin. Monsieur Oudin est chef d’une entreprise spécialisée dans la fourniture d'équipements de protection individuelle pour l’épandage des pesticides. Ce chef d’entreprise déclare qu’à son étonnement, outre les agriculteurs, ses clients sont aussi des collectivités territoriales.


À ce sujet Monsieur Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, lui oppose « De moins en moins… » Ce à quoi le chef d’entreprise rétorque « ...sur le papier mais pas sur le terrain ! » Le sénateur ne peut supporter un tel blasphème de lèse-majesté et lui répond de façon péremptoire : « Sur le terrain aussi ! »


labbe joel

Le sénateur, plein de la suffisance de celui qui sait, enfin, de celui qui croit savoir, ne peut laisser passer de s’être fait moucher par un petit chef d’une petite entreprise. Aussi, un peu plus loin dans la discussion, avec beaucoup de morgue, celle des ignorants, entraine-t-il son interlocuteur sur un terrain qui n’est pas le sien :  « Je souhaite que l'on ait de moins en moins besoin de vos produits ! Vous avez parlé tout à l'heure de "mauvaises herbes" mais cela n'existe pas en matière de biodiversité ! »




Emeric-Oudin6.JPGLa biodiversité et la science des mauvaises herbes, la malherbologie (oui, oui, la malherbologie existe, il y a des chaires de malherbologie dans les écoles d'agronomie et des unités de malherbologie dans les instituts de recherche) ce n’est pas le rayon de Monsieur Oudin. Aussi, devant tant de science, se sent-il obligé de s’excuser : « J'aurais dû parler d'adventices, d'herbes concurrentes aux productions. »




En matière de biodiversité, les mauvaises herbes, ça n’existe pas ?

Il est certain qu’en biologie et en botanique, les mauvaises herbes, ça n’existe pas. La biodiversité, je ne sais pas ce que c’est, j’en attends toujours la définition scientifique.

Ce qui est également certain c’est que pour Monsieur Joël Labbé, assistant de laboratoire de sa profession avant d’avoir embrassé la carrière politique, la biodiversité est une notion qui s’oppose aux intérêts et au bien-être de l’humanité.



Bourdichon

Car la science de Monsieur Joël Labbé est peut-être grande, mais elle ne va pas jusqu’à savoir que l’agriculture, qui nourrit les hommes depuis environ dix mille ans, c’est la lutte quotidienne contre la biodiversité, du moins telle que l’entend ce petit Monsieur.




Pour la clarté de l'exposé, je distinguerai l’agriculture au champ et l’agriculture en tant que secteur d’activité économique.


L'agriculture au champ


DSC08063-Au champ, quel est l’objectif de l’agriculteur ? Faire pousser, sauf quelques cas agronomiquement justifiés, une seule plante, en obtenir le rendement optimal et pour cela combattre ses concurrents (mauvaises herbes) et ses ennemis (insectes ravageurs, champignons et moisissures, bactéries, virus).

Dans ce combat, les pesticides sont une arme indispensable, même si elle n’est pas la seule.

DSC02734--2--copie-1.jpgParmi les autres armes on peut compter des techniques anciennes, comme la rotation des cultures qui rompt, plus ou moins bien, le cycle de reproduction des parasites, la sélection variétale, dont les techniques efficientes sont relativement récentes (années cinquante en France) et, dernière en date, la transgénèse (OGM).




L'agriculture en tant que secteur d'activité

 

cerisiers en fleurs (4)Pour ce qui concerne l’agriculture en tant que secteur d’activité, on entend la vox ecologistorum prétendre que l’agriculture moderne met en danger la biodiversité en ce sens que seraient cultivées de moins en moins de variétés et que les variétés traditionnelles seraient condamnées à disparaître.

Or, dans ce sens du mot biodiversité, les écolos nous racontent une fois de plus des calembredaines.

Qui fait le plus pour la diversité variétale ? Les sélectionneurs. Pour les seules plantes agricoles ou potagères le catalogue européen compte plus de 34 000 variétés .


variétés2De 1969 à 2005, le nombre de variétés de blé tendre dont plus de cent tonnes sont vendues annuellement sur le territoire français est passé de 30 à 150 et le nombre de celles dont moins de cent tonnes sont vendues annuellement est passé d’une vingtaine à 190.

Et la part de marché des vingt premières variétés vendues est passée de  presque 100 %  en 1974 à moins de 70 % en 2007.

collection2

En outre, au-delà du nombre de variétés commercialisées, les sélectionneurs savent que la création de nouvelles variétés, plus résistantes à telle ou telle maladie, plus adaptées à telle ou telle condition de sol et de climat, plus adaptées à l’évolution du goût des consommateurs, les conduit à conserver le plus grand nombre possible de variétés sauvages ou anciennes, dans lesquelles on ira un jour puiser les caractères recherchés.



coupe (5)


C’est ainsi qu’ont été créées récemment la pomme Ariane et la fraise Gariguette, deux réussites remarquables des sélectionneurs français, variétés ultramodernes auxquelles on a trouvé ces si jolis noms antiques ou fleurant bon le terroir qui plaisent tant aux bobos.


On a du mal à imaginer le nombre de collections de variétés sauvages ou anciennes ainsi constituées et l’âpreté des luttes pour la définition de leur statut, c’est-à-dire du droit d’y accéder. C’est dire si la biodiversité, je veux dire celle des variétés, est considérée comme un enjeu économique et stratégique important, donc comme une source de richesse pour l’humanité.

Comme d’habitude, les écologistes nous bourrent le mou*.

 

* Et le PS leur a offert contre moins qu’un plat de lentilles, à vrai dire contre rien, trente députés dans la prochaine Assemblée Nationale. Pauvre France ! Ajoutez-y une politique économique néokeynésienne totalement inadaptée à une économie mondialisée et vous obtenez un désastre annoncé. Ou bien elle sera appliquée et ce sera la misère, ou bien elle ne le sera pas et cela fera de nombreux déçus. Dans cinq ans la Marine nationale fera aux environs de 25 % au premier tour. Je prends date, et pas pour dans cinquante ans, contrairement aux prédicateurs de l’apocalypse giecienne !

 

NB Maj du 9 mai 2010

Les pop-up qui apparaissent avec certains mots du texte et qui renvoient à une publicité pour Apple ne sont pas de mon fait et sont publiés à l'insu de mon plein gré. Je tacherai de régler ça au plus vite, mais pas demain, avec mon prestataire, Over-blog. Toutes mes excuses à mes lecteurs.


 

Pour en savoir plus

Audition de Monsieur Oudin par la mission d'information sur les pesticides

Présentation de son entreprise par Monsieur Oudin (vidéo, durée 1' 23" )

Le catalogue des variétés sur le site du Groupement national interprofessionnel des semences (Gnis).

Espace pédagogique du Gnis

Lire aussi

Pesticides, un remarquable rapport parlementaire

Pesticides, le rapport parlementaire (suite)

Chronique des boniments anti-OGM ‒ OGM, brevets, multinationales et agriculteurs

 

DSC08168--2-.jpg

  Rencontre d'une mauvaise herbe et d'un insecte  

 


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commentaires

Guy Ginon 20/11/2013 09:15

J'ai 64 ans et je sais à présent deux choses : la connerie n'a aucune limite et les écolos n'ont aucun bon sens, mais veulent nous imposer leur connerie et leur pseudo certitude..

Remi Aubry 02/11/2012 10:32

Cher Laurent, Je viens de retrouver l'usage de cette messagerie et je me délecte de vos articles. Je lis avec satisfaction que vous avez la pêche et je me permets de vous écrire ce billet pour vous
formuler tout mon soutien amical. Les sites comme le vôtres sont rarissimes et vous faites oeuvre d'une patiente pédagogie. Je suis de tout coeur avec vus contre ce mauvais vent "escrologiste" qui
fait actuellement fureur chez nous. Bien amicalement.

lainé 03/10/2012 22:44

Saint-Nolff reçoit un prix national de la biodiversité

La commune de Saint-Nolff vient de remporter le prix national 2012 de la biodiversité, dans la catégorie des villes entre 2 000 et 20 000 habitants. Cette récompense sera remise lundi 19 novembre
au Sénat. L’opération, lancée en 2010 et organisée par l’association Natureparif, vise à récompenser les efforts des collectivités en matière de protection de la biodiversité. Saint-Nolff a été
ainsi récompensée pour ses multiples actions, comme notamment son engagement à ne pas utiliser de pesticides sur les terrains publics.

commentaire

pourquoi avons nous passer notre jeunesse a biner les champs ?
pourquoi avons nous nettoyer les talus a la faucille ?
nous pensions que c'etais pour eviter que les mauvaises herbes ne grainent et polluent encore plus les champs de blé , de betteraves , de pommes de terre !

aujourdhui , on laisse grainer toute cette biodiversitée au bord des routes , et cela va forcement se retrouver partout

lainé 03/10/2012 14:09

joel Labbé est pour la biodiversité ,quand il s'agit de mauvaise herbes
mais a saint nolff , chez lui , il n'as pas hésiter a expulser 7 personnes agées et mettre au chomage leurs 7 employées
cout pour les cytoyen de saint nolff plus de 70 000 €

article du mensuel du golfe du 3 mars 2011
SAINT NOLFFAujourd'hui, 19h12 (Actualisé aujourd'hui, 19h27). Article lu 83 fois.La fermeture de la Maison des aînés provoque l’émoi
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IMAGES

Trois mois pour déménager. C’est ce qui a été laissé aux 7 résidents de la Maison des aînés pour partir. Ce domicile partagé pour les malades d’Alzheimer doit fermer ses portes. Une décision
rejetée par les familles, secouées par la nouvelle.
« On était vraiment mal. » Ce jeudi, Hervé Le roux était encore secoué. Depuis plusieurs années, sa belle-mère de 102 ans loge au sein de la Maison des aînés, à Saint-Nolff. Elle habite avec six
autres résidents un « domicile partagé ». Un logement non médicalisé destiné à des malades d’Alzheimer, où « on est comme à la maison », explique Hervé Le Roux. Les personnes âgées y vivent en
communauté, aidées dans leur quotidien par un personnel, le tout financé par les familles de malades et des aides. « Ça fonctionne super bien… »

Mais voilà, ce lundi soir, une réunion municipale les « a séchés » sur place. Convoquées en mairie, quatre des sept familles participantes à La Maison des aînés, ont appris que leur « domicile
partagé » allait fermer d’ici trois mois. Une heure plus tard, à 20 h, les sept salariés de la structure étaient eux aussi convoqués… pour être licenciés. « On a été fusillés… », explique une
employée. Le choc est d’autant plus rude que ni les familles, ni le personnel de s’attendait à la nouvelle. « Aucun ordre du jour ne nous avait été remis. Nous n’étions pas inquiets. »

NE RÉPOND PAS AU CAHIER DES CHARGES

Quelles sont les raisons de cette demande de fermeture soudaine ? La dépendance des personnes âgées dépend du conseil général. Toute structure de cette compétence doit intégrer le nouveau plan
gérontologique du Morbihan. Ainsi tout domicile partagé, pour être labellisé, doit répondre à un cahier des charges. Ce qui n’est pas le cas de la Maison des aînés. « Ce type de résidence doit
accueillir huit chambres. Celle de Saint-Nolff n’en compte que sept », explique le maire-conseiller général Joël Labbé. « Nous ne pouvons donc pas être labellisable. Ce qui rend le cadre juridique
fragile. »

Dès le soir même de l’annonce de la fermeture, une liste d’établissements morbihannais a été transmise aux familles afin de reloger les résidents. « Il s’agit d’une place ici ou une place là-bas, à
Remungol, à Larmor-Plage… Nous on ne veut pas », témoigne Marie-Lou Frégio. « J’habite à Saint-Nolff. Je n’ai pas de voiture. Ici, je suis proche de ma parente. » Depuis deux jours, pétitions et
lettres ont été lancées dans le bourg nolfféen. Les familles ont également contacté le conseil général afin de trouver une solution qui leur convienne. « Un nouveau domicile partagé doit voir le
jour d’ici un an et demi à Saint-Avé. Pourquoi ne pas attendre son ouverture plutôt que de partir d’ici trois mois ? »

« FACE AUX RÉACTIONS ET AUX ÉMOTIONS SUSCITÉES »

L’équation apparaît économiquement difficile au maire. « Durant un an, toutes les familles vont quitter la Maison des aînés les unes après les autres. Pour chaque place vacante, la mairie doit
assumer environ 2 000 € par mois. »

Toutefois, « face aux réactions et aux émotions suscitées », Joël Labbé a annoncé ce soir « une remise à plat ». Mercredi 9 mars devrait ainsi avoir lieu une nouvelle réunion, en compagnie cette
fois-ci du conseil général, « pour discuter avec les familles et trouver la meilleure solution possible ».

Quant à la méthode jugée « sèche » pour annoncer la fermeture de l’établissement ce lundi soir, le maire reconnaît que « ce n’était pas top ». « On voulait que tout le monde, famille et personnel
soient mis au courant en même temps. On n’avait pas d’autres solutions », regrette Joël Labbé. Mais l’élu insiste, de nouvelles pistes seront dégagées. « On en rediscutera avec le conseil municipal
et si on doit aller au bout de possibilités, on ira. » L’option d’un déménagement dans un an et demi à Saint-Avé n’est plus écartée.

ce domicile partagé a fermer fin octobre 2011

Laurent Berthod 03/10/2012 22:23



Merci de votre témoignage.


Il conforte ce que je crois, à savoir que les écologiste prétendent aimer ce qu'ils pensent être la nature et méprisent ce qui fait l'humanité.


Bien à vous.



malthusienet fierdeletre 30/07/2012 10:31

La "malherbologie" maintenant! sauf votre respect, je crois que vous êtes bon à enfermer!

Laurent Berthod 30/07/2012 11:28



Et vous, vous êtes un ignare ! Définition de malherbologie, mot
utilisé par tous les agriculteurs et agronomes.



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