Dans un forum à propos du projet de décret sur l’étiquetage « sans OGM », un participant glissait
malicieusement : « (…) en attendant les hosties sans OGM. »
Je me préparais à répondre non moins malicieusement : « Et surtout, à quand les hosties bio ? » Avant de cliquer sur « envoyer », j’ai navigué un
peu sur Internet pour voir ce qui était dit de cette question.
Je n’ai vraiment pas mis longtemps pour trouver un Appel aux évêques pour
l'écologie, publié le 2 novembre 2011 dans La Vie.fr.
Après des considérations introductives, la première demande listée dans cette pétition est rédigée ainsi qu’il suit :
1. Commencer par le plus
saint, c’est-à-dire des hosties et du vin de messe issus de l’agriculture biologique est un premier pas essentiel. Le corps et le sang du Christ qui apportent la vie ne peuvent plus contenir des
substances dont nous savons à présent qu’elles sont susceptibles de la détruire. Soutenir par un accompagnement la conversion des communautés qui s’engageront dans cette voie est nécessaire.
Selon la foi catholique et la doctrine de l’Église, l’hostie consacrée est le corps du Christ.
Je pose donc la question très simple :
Le Christ était-il certifié bio ?
De la marque Lemaire-Boucher ? La Vie Claire ? Biocoop ?
On aura compris que je ne me moque pas là de la foi catholique mais de la naïveté des signataires de cette pétition, qui n’ont pas saisi que le bio est une vaste fumisterie à objectif
exclusivement commercial qui abuse les consommateurs en prétendant être meilleur pour la santé et pour l’environnement.
Il semble, je ne suis pas expert en la matière, qu’ils n’aient pas non plus assimilé la doctrine de l’Église. Sur cette question, les lecteurs intéressés pourront se référer au très savant
article de Stanislas de Larminat : Ecologie : « Ni un esthétisme
de luxe, ni un vague naturalisme ! » (Mgr Vingt-Trois)
En un mot : Stanislas de Larminat qualifie cette prise de position de syncrétisme. Qu’est-ce que le syncrétisme ? C’est, en l'occurrence, pour simplifier, servir à la fois Dieu et
Gaïa ! Ce qui est tout aussi impossible que de servir Dieu et Mammon.
Vade retro Satanas !

Pour en savoir plus :
Appel aux évêques
pour l'écologie
Ecologie : « Ni un esthétisme de luxe, ni un vague naturalisme ! » (Mgr Vingt-Trois)
Un excellent livre :
Les contrevérités de
l’écologisme, Stanislas de Larminat, Éd. Salvator, avril 2011.
Ma touche personnelle.
Cette demande d’hosties bio a
profondément choqué les convictions philosophiques les plus intimes de l’agnostique que je suis, qui plongent leurs racines dans l’humanisme chrétien. Je partage, à ma façon, l’accusation de
syncrétisme portée par Stanislas de Larminat. Je trouve assez lamentable, et ce d’autant plus venant de fidèles, d'assaisonner le plus sacré du christianisme d'une vinaigrette idéologique
bassement mercantile et terrestre, relevant tout au plus du paganisme, pour ne pas dire de l’animisme.
Bon, enfin, on me dira, sans doute à juste titre, que ce n’et pas à un agnostique de donner des leçons de religion à des croyants ! Mais de raison, un peu, non ?



C’est
pourquoi je dédie aux tenants actuels du protectionnisme et autre démondialisation, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg et, plus particulièrement encore – car il n’a aucun
intérêt électoral dans cette affaire – Emmanuel Todd, cette brève citation tirée du susdit ouvrage de Schumpeter.
« La toxine (Bt-toxin) produite par le maïs génétiquement modifié, censé s’éliminer dans le tube digestif humain, a été retrouvé dans le sang de 93% des
30 femmes enceintes étudié, dans 80% de leur enfant et dans 67% des 39 femmes non enceintes. Bt-toxin est un insecticide toxique qu’on retrouve aussi dans la viande d’animaux. (Étude de
l’université de Sherbrooke 2011) ».





La capacité d’absorption sous leur forme entière est restreinte aux rares protéines qui ne sont pas susceptibles d’être digérées lors de leur passage
dans l’estomac ou l’intestin. En fait, les tests de digestibilité sont devenus un critère permettant d’évaluer la capacité d’une protéine d’être absorbée sous forme intacte et le risque
allergénique en découlant.


C'est ainsi que trop d’enseignement tuerait l’enseignement (l’enseignement de masse abêtit), trop de médecine tuerait la
médecine (la médecine rend malade plus qu’elle ne guérit), trop de vitesse tue la vitesse, la généralisation de l’automobile crée les embouteillages et celle des moyens de transport
rapides fait perdre plus de temps que la marche à pied.

Ivan Illich a inventé le concept de vitesse généralisée. Selon ce concept, dans le temps mis pour parcourir une distance donnée en
voiture, il convient d'inclure le temps de travail nécessaire à gagner de quoi acheter et entretenir la voiture.
Selon les calculs d’Ivan Illich un Américain moyen
consacre, au début des années soixante-dix, environ mille six cents heures par an à sa voiture, que ce soit en temps de déplacement ou en temps de travail pour la payer. Il parcourt dix mille
kilomètres par an. Cela représente donc une vitesse moyenne d’environ 6 km/h.
Des décroissants « bien de
chez nous » ont actualisé et adapté le calcul à la France d’aujourd’hui. En incluant la construction et l’entretien des routes, avec en moyenne 14 000 km parcourus par an, à
la vitesse de déplacement moyenne de 50 km/h la vitesse intégrale est de 16,8 km/h. À la vitesse de 100 km/h elle est de 25,3 km/h.





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