Pour être bref il faut être schématique. Cet article est donc susceptible de beaucoup de critiques de la part d'épistémologues et de philosophes.
Le point de départ de ma réflexion est dans trois concepts qui ont toujours tarabusté les théologiens, les scientifiques, les épistémologues et les philosophes :
- La nécessité.
- Le hasard.
- La liberté.
La nécessité
La nécessité, c’est ce
qui règne, aujourd’hui sans conteste, sur le monde physique et physico-chimique. C’est le déterminisme découlant des lois de la nature, qui rend les évènements et les effets d’une action
prédictibles. (N.B. Le hasard quantique n’est un hasard qu’au niveau de la particule individuelle. Au niveau statistique, il n’y a plus qu’un déterminisme absolu, ce qui explique que les lois
quantiques soient utilisables dans des applications technologiques extrêmement pointues. Il n’est pas le lieu de discuter ici du trouble intellectuel que le hasard quantique induit chez les
philosophes, les logiciens et les épistémologues, plus que chez les physiciens d’aujourd’hui).
Le hasard
Il y a le vrai hasard et le faux hasard.
Le faux hasard c’est l’imprédictibilité liée à un nombre trop important de facteurs déterminants et à une trop grande sensibilité d'un effet par rapport à une cause. C’est le fameux effet "papillon". Le faux hasard est dominant en météorologie et l'on cherche à repousser cette imprédictibilité par la puissance des ordinateurs et des logiciels .
Le vrai hasard peut être illustré par le hasard de la mutation génétique.
Le hasard est très important en biologie : le vrai hasard préside aux mutations et le faux hasard rend les résultats des mécanismes sélectifs imprédictibles. Ceux qui tirent de la
théorie darwinienne de la sélection l’idée de l’inéluctabilité, ou de la nécessité, d’une évolution de la vie vers des formes toujours plus complexes, avec comme aboutissement final la conscience
réflexive humaine se trompent, comme l’a bien montré le génial et regretté Stephen Jay Gould dans son ouvrage L’éventail du vivant, le mythe du progrès. Pour ceux que l’épistémologie et
l’histoire des sciences intéressent, je ne saurais trop conseiller également Les coquillages de Léonard, du même auteur. C’est une magistrale leçon d’épistémologie
appliquée.
La liberté
Beaucoup de philosophes et de théologiens estiment que la liberté est le propre de l’homme. Personne ne peut expliquer ses fondements biologiques. Mais il
semble bien qu’elle soit liée à la conscience réflexive, elle-même encore biologi-quement inexpliquée. L’erreur des philosophies matérialistes réside dans le fait qu’elles cherchent à appliquer à
l’Homme, social ou individuel, le déterminisme des sciences de la nature. Certes les sciences humaines nous apprennent des choses extrêmement intéressantes sur la société et l’individu, mais
elles ne peuvent en expliquer la totalité. Si le déterminisme est total, alors la liberté de l’homme, individuel ou collectif, est niée. Aucune
évolution des sociétés n’est concevable si elles obéissent intégralement à des lois dégagées par l’anthropologie, la sociologie ou l’économie politique.
Pire, si comme le marxisme le pense, l’évolution historique, qu’on ne peut nier, est déterminée par les lois de l’Histoire, alors l’humanité n’a aucun pouvoir sur
son destin. Si l’homme obéit à une nécessité qui lui est extérieure, alors le bien et le mal n’ont plus de sens, puisqu’il n’est pas libre de choisir. C’est la morale bolchevique : vous n’allez
pas dans le sens de l’Histoire, on vous envoie au goulag, ça n’a aucune importance aux yeux de l’Histoire.
La liberté de l’homme est irréductible aux lois des « sciences »
humaines. C’est ce qui explique, avec le faux hasard, l’imprédictibilité du déroulement historique. Il y a toujours eu des hommes, individus ou assemblées, qui ont délibéré, manifestant
ainsi la liberté de choisir d’aller dans un sens ou dans un autre.
Donc aussi de faire le bien ou le mal. Sans liberté, point de morale, puisqu’il n’y a plus ni bien ni mal, seulement des déterminations qui s’imposent à l’Homme.
Sans liberté, y a-t-il encore un sens au mot « décision » ?
Y a-t-il des philosophies matérialistes capables de penser la liberté humaine ? Y a-t-il contradiction dans les termes entre matérialisme et liberté humaine ?
Bibliographie
Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes.
Denis Diderot, Jacques le fataliste et son maître.
Stephen Jay Gould, L’éventail du vivant, le mythe du progrès, Éd. du Seuil.
Stephen Jay Gould, Les coquillages de Léonard, Éd. du Seuil.
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Il y a environ deux ans, la Région
Rhône-Alpes consacrait un numéro spécial de sa revue à glorifier les actions menées par elle ou avec son aide pour lutter contre le réchauffement climatique. Deux pages donnaient des conseils à
ses (é)lecteurs pour participer à ce grand mouvement indispensable au sauvetage de l’humanité.
C’est ainsi qu’il était suggéré aux habitants de la région
de
Pendant longtemps l’Église a enseigné aux populations du monde occidental les bases minimales et générales de la morale dans les rapports à autrui. Elle n’intervenait dans la conduite
de la vie quotidienne qu’en ce qui concerne la sexualité, chargée dans la plupart des cultures de culpabilité à l’égard des compor-tements considérés déviants selon des critères propres à chacune
d’elles.
Cette culpabilité n’a pas été inventée par les écolos, mais
par Malthus. Toute la philosophie des écologistes politiques se résume à la restriction : se restreindre, ne pas user de toutes les facilités ni du confort de la vie moderne, car s’y livrer,
voici le huitième péché capital, qui est d’ailleurs devenu non seulement le premier, mais quasiment le seul : le péché contre la nature…
L’Ancien Testament ne déclare-t-il pas : Dieu les bénit en leur disant :
« Croissez et multipliez ! remplissez la terre et soumettez-la ! commandez aux poissons de la mer, aux oiseaux du ciel, à tous les animaux qui se meuvent
Galilée avait observé les phases de Vénus. Les satellites de Jupiter. La rotation
des tâches solaires. Tout cela indiquait un vaste mouvement général de rotation des astres sur eux-mêmes et des uns autour des autres. La géniale intuition de Galilée le convainquit que
l'explication la plus sûre au jour et à la nuit et à la trajectoire du soleil dans le ciel n'était pas la rotation du soleil autour de la terre mais la rotation de la terre autour d'elle-même et
autour du soleil, c'est-à-dire la théorie héliocentrique de Copernic.
d’une telle position. C’est oublier que nous n’étions pas au XXesiècle, après que Newton,
Darwin, Einstein et Planck nous eurent appris que la marche de la nature n’était pas du ressort de la religion ni des textes sacrés. A cette époque, où les sciences de la nature émergeaient à
peine des limbes, on peut même estimer que cette position de l’Église était progressiste voire avant-gardiste. Elle offrait en effet la possibilité de réviser l’interprétation
des textes sacrés et, par-là même, ouvrait la porte à tous les progrès de la pensée scientifique. Sauf à ce qu’on me démontre le contraire, je ne sache pas qu’une autre religion dans le monde ait
eu une telle attitude d’ouverture dans ces temps reculés.
lisant la
démonstration de Galilée comprend immédiatement qu’elle est erronée et par où elle pèche. Pour essayer de faire simple, disons que le mouvement dissymétrique des marées ne peut être provoqué par
un mouvement circulaire symétrique de la surface de la terre autour de son axe. C’est d’ailleurs le mouvement de rotation de la lune autour de la terre, dissymétrique par rapport à la surface de
cette dernière, qui engendre le mouvement des marées. Cette explication des marées par la lune avait déjà été énoncée par Kepler, et fut explicitement réfutée par Galilée. Il fallut attendre le
XIXesiècle pour que la rotation de la terre autour de son axe fût physiquement matérialisée par le pendule de Foucault.
Galilée défendit sa démonstration erronée de la réalité de la rotation de la terre devant
le Saint-Office. Celui-ci, conformément à la doctrine de l’Église de l’époque, était disposé à admettre cette thèse à titre d’hypothèse et n’admit pas la démonstration - erronée - de la réalité
du mouvement de la terre.
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